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POMMEREAU (Paumereau), JEAN-BAPTISTE, garde-magasin, écrivain du roi, entrepreneur en pêcheries, né à Montréal le 15 avril 1702, fils de Pierre-Jacques Pommereau et de Françoise Nafrechoux, décédé à Québec le 26 mars 1742.

Le père de Jean-Baptiste Pommereau était commerçant et capitaine de milice à Montréal. Il remplissait, apparemment, des contrats d’approvisionnement pour le compte du gouvernement, et ses rapports avec les autorités de la colonie ont vraisemblablement permis à Jean-Baptiste d’obtenir des postes aux entrepôts du roi et au bureau de la Marine. Le 2 mai 1738, Jean-Baptiste Pommereau obtint pour une période de dix ans la concession d’un emplacement de quatre lieues pour la pêche au loup marin le long de la côte du Labrador au nord-est du cap du Gros Mécatina. On y ajouta, à l’automne, la jouissance de certaines îles au large ; un vaisseau et une chaloupe furent gréés au coût de 9 000# mais n’allèrent pas plus loin que Gaspé. Au printemps de 1739, Pommereau céda la moitié de ses intérêts à Guillaume Estèbe* et Daniel-Hyacinthe-Marie Liénard de Beaujeu. Estèbe inspecta la concession, et en septembre le domaine s’accroissait de trois ou quatre lieues pour atteindre la rivière Thekaapoin.

En 1740, une entreprise considérable fut établie à Gros Mécatina. On embaucha 14 hommes dont 2 tonneliers, qui travaillèrent sous les ordres de Charles Lecourt, patron de navire, et au cours des deux années qui suivirent, 16 puis 22 hommes furent engagés. De plus, le navire qui avait servi au cours de la première année fut mis de côté et la goélette Louise entra en service. Chaque automne, le vaisseau quittait Québec avec des hommes et des provisions à son bord ; on passait l’hiver au Labrador pour regagner Québec au printemps suivant, chargé du fruit de la pêche. En décembre 1741, Pommereau loua de François Margane de Lavaltrie au prix de 250# par année un autre poste à la rivière Saint-Augustin. Certains faits portent à croire que le père de Jean-Baptiste avait une part dans les entreprises de ce dernier. Il ne fait pas de doute que l’exploitation des pêcheries de phoques de Pommereau fut d’un bon rendement. Au cours des six années qui suivirent 1740, 2 730 tonneaux de loups marins et d’huile quittèrent Gros Mécatina ; au cours des trois dernières années, plus de 10 000 peaux de loups marins – à peu près la moitié de la production de la région qui s’étend de cap Charles à Mingan – furent tirées de cette exploitation. Pommereau, semble-t-il, était en passe de devenir un important commerçant canadien lorsque sa mort survint en 1742.

Son alliance avec une grande famille seigneuriale du Canada ne fut certes pas étrangère à sa réussite. Le 11 mars 1736, il épousait Claire Françoise, fille de Pierre Boucher de Boucherville. De ce mariage naquirent cinq enfants qui eurent pour parrains : François Foucault, membre du Conseil supérieur, l’intendant Gilles Hocquart*, les officiers Michel-Jean-Hugues Péan* et François Pécaudy de Contrecœur ; cette énumération prestigieuse, ainsi que la situation sociale des associés en affaires de Pommereau, indiquent bien que ce dernier s’identifiait à l’élite de la société. Plus tard, ses fils évolueront aussi dans cette société : Jean-François servira en qualité d’officier dans la milice coloniale au cours de la guerre de Sept Ans et de l’invasion américaine et Gilles-François occupera la charge de payeur aux forges du Saint-Maurice. Deux des trois filles de Jean-Baptiste, Catherine-Élisabeth et Françoise-Renée, épousèrent des officiers anglais : John Bruyeres*, secrétaire du gouverneur Ralph Burton, et John Gough, officier. L’influence dont avaient joui Pommereau et ses enfants s’éteindra avec la génération suivante.

Jean-Baptiste Pommereau précéda son père dans la tombe, et celui-ci resta bien nanti. En 1745, la femme de Pommereau épousa en secondes noces Joseph-Michel Legardeur* de Croisille et de Montesson ; ce dernier s’associa à Estèbe et Beaujeu dans l’exploitation des pêcheries de loups marins au Gros Mécatina.

James S. Pritchard

Inv. de pièces du Labrador (P.-G. Roy), I : 66–68, 71, 179 ; II : 11, 20–45, 50–53, 54–57.— La chasse des loups-marins autrefois, BRH, XXXIV (1928) : 734.— Gérard Malchelosse, La famille Pommereau et ses alliances, Cahiers des Dix, XXIX (1964) : 193–222 [le lecteur consultera avec profit cet article qui mentionne les sources manuscrites concernant la famille Pommereau].

Bibliographie générale

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James S. Pritchard, « POMMEREAU, JEAN-BAPTISTE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/pommereau_jean_baptiste_3F.html.

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Auteur de l'article:   James S. Pritchard
Titre de l'article:   POMMEREAU, JEAN-BAPTISTE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   2 septembre 2014