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REID (Reed, Read), GEORGINA STANLEY (Riches), institutrice, née le 10 février 1842 à Hull, Angleterre, fille de Mary Wiseman et de John Reid, tailleur ; le 19 octobre 1865, elle épousa à Port Hope, Haut-Canada, Richard Henry Riches, et ils eurent deux fils ; décédée le 24 février 1915 à Toronto.

Georgina Stanley Reid immigra au Canada avec ses parents, qui s’établirent à Port Hope. En 1860, elle entra à la Toronto Normal School, où elle obtint un brevet d’enseignement de deuxième classe. Elle donna ensuite des leçons chez elle à Port Hope manifestement avec une autre institutrice. En 1865, elle épousa Richard Henry Riches, du comté de Simcoe ; âgé de 40 ans, il avait déjà des enfants d’un précédent mariage. En 1871, les Riches vivaient à Toronto et tenaient une pension rue Adelaide Ouest. Quelque temps après la naissance de leur deuxième fils, en juillet 1872, Richard quitta Georgina, mais elle continua de tenir la pension.

En septembre 1875, Mme Riches fut engagée par le Toronto Public School Board pour enseigner aux élèves de cinquième à la Niagara Street School. Institutrice de mérite, elle fut promue à la junior second-book class à la même école en 1876, à la senior second-book class de la George Street School en 1877, puis à l’école de l’Orphans’ Home en 1878. Une pétition présentée en 1878 par 37 personnes et demandant son retour à la Niagara Street School témoigne dans une certaine mesure de sa compétence. Quatre ans plus tard, elle fit donner un concert par 24 enfants de l’Orphans’ Home devant les membres de l’Ontario Educational Association réunis en congrès.

Le 6 septembre 1882, Georgina Stanley Riches accéda à la direction de la Palace Street School, à l’angle des rues Front et Cherry, ce qui suscita immédiatement la controverse. Un certain nombre d’institutrices détenant des brevets plus élevés parlèrent de « favoritisme malavisé ». En outre, deux groupes déposèrent une pétition contre la nomination d’une femme à la direction, soit les contribuables du quartier St Lawrence et les parents des élèves de l’école. Par contre, 97 autres résidents et contribuables se dirent heureux de la nomination de Mme Riches. On découvrit cependant que cette nomination allait à l’encontre d’une directive du conseil scolaire. En effet, la Palace Street School comptait une senior third-book class, et la directive en question disait : « un instituteur ne détenant pas un brevet de première classe ne peut être promu à une position plus élevée que celle d’instituteur de junior third book class ». Un commissaire qui n’avait pas la langue dans sa poche, le marchand torontois William Lamb, aurait déclaré que c’était un « scandale » que Mme Riches reçoive 750 $ par an alors que sa propre femme, du temps où elle enseignait, ne recevait que 250 $. À cela, Mme Riches aurait rétorqué : « peut-être ne valait-elle pas davantage ». Finalement, le 18 octobre, à la suite d’une décision de l’inspecteur James Laughlin Hughes*, la Palace Street School fut reclassifiée junior third-book school et Mme Riches, dont le salaire en 1881 avait été de 475 $, fut réinstallée dans ses fonctions de directrice à un salaire de 650 $.

Selon la tradition, Mme Riches aurait été la première femme à diriger une école publique à Toronto et la première directrice d’école de cette ville à toucher le même salaire qu’un homme. Aucune de ces deux assertions n’est juste. En 1882, le conseil scolaire comptait 186 enseignants et directeurs. Les hommes, au nombre de 27, gagnaient pour la plupart entre 850 $ et 1 100 $ ; la majorité des 159 femmes recevaient entre 350 $ et 500 $. La femme la mieux rémunérée, Mlle Charlotte Madeline Churchill, directrice depuis 1876, gagnait 700 $ en 1882, soit 50 $ de plus que Georgina Stanley Riches. Lorsque Mme Riches prit sa retraite, la moyenne du salaire des institutrices n’équivalait qu’à 48 % de celui des instituteurs.

Il y avait eu un débat sur la rémunération selon le sexe en janvier 1882, quand une hausse de 25 $ par an avait été accordée aux institutrices à la suite d’un vote. Un certain nombre d’entre elles avaient réclamé davantage, mais en mars, le conseil scolaire avait invité celles qui n’étaient pas d’accord avec l’échelle salariale à démissionner. À Toronto, comme dans d’autres centres de l’Ontario, les commissaires d’écoles admettaient pouvoir épargner en engageant surtout des femmes pour enseigner. D’une façon générale, les hommes occupaient des postes de surintendant, de commissaire et de directeur tandis que les femmes étaient institutrices assistantes. Mme Riches échappa à cette règle, mais elle ne semble pas avoir participé à l’association des institutrices formée en 1885. Cette absence pourrait s’expliquer par ses obligations de chef d’une famille monoparentale ou par des divergences d’ordre professionnel dont témoignerait le fait qu’elle accepta avec gratitude l’augmentation salariale en 1882. Quoi qu’il en soit, son cas n’était pas unique, car environ la moitié des femmes admissibles n’appartenaient pas non plus à l’association.

En 1887, Georgina Stanley Reid Riches devint directrice de la Sackville Street School, qui remplaçait la Palace Street School. Elle exerça cette fonction jusqu’à sa retraite en 1912 ; elle travaillait alors pour le conseil scolaire depuis 37 ans et demi. Le 24 février 1915, après avoir souffert de rhumatismes durant trois ans, elle mourut chez elle, au 453, Dovercourt Road.

Nancy Kiefer

AN, RG 31, C1, 1871, Toronto, St Andrew’s Ward, div. 2 : 12 (mfm aux AO).— AO, RG 2-12, box 33 ; RG 2-114, 27 nov. 1912 ; RG 22-305, no 29930 ; RG 80-2-0-29, no 18251.— Toronto Board of Education, Records, Arch., and Museum, Hist. Coll., Toronto Board of Education, minutes, 1882 ; Vert. files, biog., Georgina Riches.— Annuaire, Toronto, 1873–1883.— Centennial story : the Board of Education for the city of Toronto, 1850–1950, E. A. Hardy et H. M. Cochrane, édit : (Toronto, 1950).— E. C. Guillet, In the cause of education : centennial history of the Ontario Educational Association, 1861–1960 (Toronto, 1960).— Alison Prentice, « Friendly atoms in chemistry » : women and men at Normal School in mid-nineteenth-century Toronto », dans Old Ontario : essays in honour of J. M. S. Careless, David Keane et Colin Read, édit. (Toronto, 1990), 285–317 ; « Themes in the early history of the Women Teachers’ Association of Toronto », dans Women’s paid and unpaid work : historical and contemporary perspectives, Paula Bourne, édit. (Toronto, 1985), 97–121.— Thomas Riches of Barningham, Norfolk, England, and descendants, 1793–1978, G. H. Riches, compil. (Toronto, 1978).— Toronto Public School Board, Annual report, 1876–1903, par la suite rapport annuel du Toronto Board of Education, 1904–1912.— Women who taught : perspectives on the history of women and teaching, Alison Prentice et M. R. Theobald, édit. (Toronto, 1991).

Bibliographie générale

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Nancy Kiefer, « REID, GEORGINA STANLEY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/reid_georgina_stanley_14F.html.

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Auteur de l'article:   Nancy Kiefer
Titre de l'article:   REID, GEORGINA STANLEY
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   24 octobre 2014