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ROBERTSON, THOMAS JAFFRAY, éducateur, né à Dublin (République d’Irlande) en mars 1805, benjamin des fils de Charles Robertson, portraitiste de Dublin dont quelques œuvres sont conservées à la National Gallery à Dublin, et de Christiana Jaffray, décédé à Toronto, Haut-Canada, le 26 septembre 1866.

Dans sa jeunesse, Thomas Jaffray Robertson fréquenta le Frinaiglian Institute, à Dublin, où il remporta de nombreux prix avant d’obtenir son diplôme en 1820. Il entra ensuite à Trinity College, dans la même ville. Il ne put y être admis à un grade universitaire, « pour cause de maladie », mais se distingua dans l’étude des sciences et des humanités. En 1827, il retourna au Frinaiglian Institute pour enseigner les humanités et, l’année suivante, entra à l’Office of Education irlandais. Il y accéda à des fonctions importantes, celles d’inspecteur en chef des écoles nationales d’Irlande, en juillet 1845. Deux ans plus tard, il accepta le poste de directeur de la Toronto Normal School qu’on venait de mettre sur pied. Ce poste devait être assumé par le directeur des écoles nationales modèles à Dublin, John Rintoul, mais celui-ci fut obligé de retirer sa candidature par suite de la maladie de sa femme.

Arrivé à Toronto en septembre 1847, Robertson, qui était un homme « grand et de belle prestance, au tempérament ferme et énergique, et aux manières franches », dut préparer immédiatement la première session de la Normal School, qui commençait le 1er novembre. Quoiqu’il enseignât lui-même diverses matières pour un total de cinq heures par jour, il s’intéressait particulièrement à la grammaire, à la géographie physique, et à l’histoire, ancienne et moderne. Trois manuels qu’il a écrits pour la collection de manuels canadiens publiée par l’éditeur John Lovell* témoignent de son intérêt pour la grammaire : The general principles of language ; or, the philosophy of grammar (1860), An easy mode of teaching the rudiments of Latin grammar to beginners (vers 1860) et The rudiments of English grammar for beginners (1866).

Comme professeur, Robertson « se souciait peu des raffinements de la psychologie et des études sur l’enfant » ; il était plutôt connu comme partisan d’une stricte discipline et il enseignait à ses étudiants « des méthodes solides, énergiques et rigoureuses ». Dans un rapport daté de 1856 sur les écoles secondaires dans le secteur est du Haut-Canada, il déplora le peu d’attention portée à « l’inculcation d’habitudes de propreté, de régularité et d’ordre, si nécessaires dans la formation de la jeunesse ». Il critiqua aussi la trop grande « dépendance à l’égard des manuels et la récitation de leçons apprises par cœur ». De même, les préfaces de ses manuels révèlent qu’il s’opposait à la simple mémorisation et mettait sa confiance dans ce qu’il appelait la « méthode par la conversation ». Il condamnait l’enseignement « mécanique » parce que cette méthode négligeait la recherche des principes généraux qui servent de base à un sujet et parce qu’on avait tendance à utiliser « la canne et le fouet » pour renforcer cet enseignement. Une source affirme que l’ouvrage The general principles of language « fit beaucoup [...] pour que la grammaire ne soit plus une répétition mécanique de règles et d’exceptions, mais devienne « la logique de la classe » ». Malgré qu’il eût la réputation d’être très strict sur la discipline, ses étudiants le considéraient comme un éducateur sincère et un ami bienveillant. Pour récompenser le travail bien fait, il avait l’habitude d’emmener ses élèves favoris faire du yachting.

Ce sport était le principal passe-temps de Robertson, et « sa nature cordiale [s’y] révélait librement ». Il fut l’un des fondateurs, en 1852, du club qui, deux ans plus tard, devint le Royal Canadian Yacht Club. Dès les débuts du club, Robertson occupa diverses fonctions officielles importantes dont la plus élevée, celle de capitaine (titre qui fut par la suite changé en celui de commodore), et celle de vice-commodore. Il fit partie de l’exécutif du club jusqu’à sa mort et remporta, en outre, le premier trophée décerné pour une course tenue au club, la Queen’s Cup.

Robertson obtint un congé pour l’année scolaire 1865–1866 pour cause de maladie, et il était encore en fonction au moment de sa mort. Un de ses anciens élèves, John Herbert Sangster*, lui succéda au poste de directeur de la Normal School. Sa femme, Amelia Nelson, de Dublin, et six enfants lui survécurent.

J. Donald Wilson

T. J. Robertson est l’auteur de Chronological chart of contemporary dates in the history of Judea, Israel, Nineveh, Babylon, Egypt, Syria, Persia, Greece, Phœnicia, Carthage, Troy and Rome (Toronto, 1866) ; An easy mode of teaching the rudiments of Latin grammar to beginners (Montréal, [c. 1860]) ; The general principles of language ; or, the philosophy of grammar (Montréal, 1860 ; 2e éd., 1861 ; 3e éd., 1864) ; Grammar school tables for parsing Latin and English (Toronto, 1866) ; et The rudiments of English grammar for beginners (Montréal, 1866).

      Documentary history of education in U.C. (Hodgins), VII, VIII, XII.— Journal of Education for U. C., XIX (1866) : 140s.— Daily Telegraph (Toronto), 27 sept. 1866.— Leader, 2 oct. 1866.— David Fotheringham, Thomas Jaffray Robertson, m.a., Toronto Normal School, jubilee celebration, 1847–1897 : (October 31st, November 1st and 2nd; biographical sketches and names of successful stridents, 1847 to 1875 (Toronto, 1898), 10–12.— Past principals of Ontario normal schools, January, 1905 ([Toronto, 1905]).

Bibliographie générale

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J. Donald Wilson, « ROBERTSON, THOMAS JAFFRAY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/robertson_thomas_jaffray_9F.html.

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Auteur de l'article:   J. Donald Wilson
Titre de l'article:   ROBERTSON, THOMAS JAFFRAY
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   21 avril 2014