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McLELLAN, JAMES ALEXANDER, éducateur, fonctionnaire et auteur, né en 1832 à Shubenacadie, Nouvelle-Écosse, fils de John McLellan et de Hannah Ellis ; frère de Mary McLellan ; en 1851, il épousa Harriet Tounsley, de Toronto, et ils eurent cinq filles et trois fils ; décédé le 11 août 1907 à Toronto.

Formé en Nouvelle-Écosse, James Alexander McLellan y commença sa carrière d’instituteur à l’âge de 15 ans. Dès 1856, il dirigeait l’école centrale d’Oshawa, dans le Haut-Canada. Il reçut son certificat de l’école normale de Toronto en 1857, et l’année suivante, il fut affecté à l’école centrale de St Mary’s. Les administrateurs de cet établissement déclarèrent par la suite qu’il correspondait « tout à fait à ce qu[ils pouvaient espérer] d’un instituteur » ; il était un exemple de ce que les écoles normales pouvaient produire de mieux, et c’était un gestionnaire compétent. En 1860, il quitta St Mary’s et s’inscrivit à la University of Toronto. L’année suivante, il enseigna à la St Mary’s Grammar School, dont il devint directeur en 1862, dès la réception de son certificat d’enseignant de grammar school. McLellan était un instituteur dévoué mais sélectif. En 1860, il tint dans le St. Mary’s Weekly Argus une chronique hebdomadaire, « Students’ Corner », qui visait le développement des aptitudes en grammaire et en mathématiques. Le samedi matin, il donnait des cours supplémentaires à ses meilleurs élèves. Les témoignages que l’on fit sur lui et qu’il publia par la suite indiquent que, dans l’ensemble, on reconnaissait la valeur de ses efforts. Cependant, en 1861, après qu’il eut nié se désintéresser des élèves moins doués, l’Argus l’accusa d’« égotisme et [d’]insinuations indignes d’un gentleman ».

McLellan continua d’être reconnu pour l’étendue de son savoir et la vigueur de son enseignement durant tout le temps où il demeura directeur d’école et où il étudia à la University of Toronto en vue d’une licence et d’une maîtrise ès arts, qui lui furent conférées en 1862 et en 1863. (Il allait obtenir une licence en droit en 1872 et un doctorat en droit en 1873.) Lorsqu’il quitta St Mary’s, en 1864, sa réputation était établie, et il emportait des lettres de recommandation des membres les plus prestigieux de l’élite du monde de l’éducation du Haut-Canada : Egerton Ryerson*, Thomas Jaffray Robertson* et Daniel Wilson*.

De 1864 à 1869, McLellan dirigea le Yarmouth Seminary, en Nouvelle-Écosse, où il enseignait les humanités, les mathématiques, l’histoire d’Angleterre et la grammaire. En outre, il milita pour la Confédération des colonies d’Amérique du Nord britannique. De retour en Ontario en 1869, il fut deux ans professeur de mathématiques à l’Upper Canada College. De plus en plus renommé pour l’originalité de ses idées, il était aussi de plus en plus sévère en classe.

En 1871, McLellan fut nommé inspecteur des écoles secondaires, sur la recommandation de Ryerson, et en 1875, il devint le directeur des écoles normales d’Ontario. Il fit l’objet d’une enquête publique en 1877, car on l’accusait d’avoir comploté avec l’instituteur Thomas Kirkland pour promouvoir la vente du manuel que celui-ci avait rédigé sur la statique. Le juge exonéra les deux hommes de tout blâme, mais peu après, McLellan se trouva au centre d’une autre controverse. En avril 1879, le Canada Educational Monthly, de Toronto, prétendit qu’il profitait de sa position pour mettre ses propres livres au programme d’étude, même s’ils n’avaient pas été approuvés par le département de l’Éducation.

Malgré les remous qu’elles causèrent, ces accusations ne nuisirent apparemment pas à l’avancement de McLellan. L’Ontario Educational Association, qui l’avait élu vice-président en 1861, le choisit comme président en 1878, 1879 et 1885. En 1890, il fut nommé directeur de la School of Pedagogy de Toronto. En 1897, cette école s’installa à Hamilton et prit le nom d’Ontario Normal College. McLellan continua de la diriger et y enseigna la psychologie, l’histoire et la philosophie de l’éducation jusqu’à la fin de sa carrière.

Exception faite de son rôle dans la formation des enseignants, McLellan contribua surtout à l’éducation ontarienne par son apport aux mathématiques et à la psychologie. Dans chacune de ces disciplines, sa devise était : La véritable connaissance trouve son origine et sa fin dans l’action, aphorisme qui confirme sa parenté d’esprit avec les pragmatistes américains, dont John Dewey. McLellan abordait les mathématiques en technicien et s’employait à relier la matière enseignée à l’expérience de ses élèves. Pour la solution des problèmes, il préconisait une méthode qui n’insistait pas sur les règles formelles. En 1878, il publia à Toronto Mental arithmetic (dont la quinzième édition paraîtrait en 1892) et l’année suivante, The teacher’s handbook of algebra [...].

Les idées de McLellan en psychologie avaient une portée plus large. Il croyait que, grâce à cette science, l’enseignement cesserait d’être un « simple métier » et deviendrait une profession vouée à la formation de la volonté, des émotions, de l’intellect et du corps, ainsi qu’au développement du « moi réel, individuel ». Toutefois, il souhaitait la voir pratiquée uniquement par des instituteurs qui auraient reçu une préparation intellectuelle et morale. Son manuel intitulé Applied psychology : an introduction to the principles and practice of education, qui parut à Toronto vers 1889, servit dans les écoles normales de 1895 à 1903. Dans la préface, il reconnaissait sa dette envers John Dewey. (Dewey n’était pas le coauteur du livre, mais son nom figurait aux côtés de celui de McLellan dans une édition américaine postérieure à 1892.) McLellan et Dewey collaborèrent cependant à The psychology of number and its applications to methods of teaching arithmetic, paru à New York en 1895, qui portait sur l’utilité de la psychologie dans l’enseignement des mathématiques. Au début des années 1890, McLellan était reconnu par des éducateurs américains tel William Torrey Harris, commissaire de l’Éducation, et des membres de la National Educational Association of the United States. D’ailleurs, sous les auspices de cet organisme, il fut vice-président du Congrès international d’enseignement qui se tint à Chicago en 1893.

À l’Ontario Normal College, James Alexander McLellan veillait particulièrement à ce que les étudiants connaissent l’organisation matérielle dont il convenait de doter les écoles, les méthodes disciplinaires et administratives, et les modes de transmission du savoir. Les méthodes pédagogiques qu’il appliquait étaient celles qu’il prônait pour la formation des enseignants depuis son premier rapport d’inspecteur. Sa propre psychologie, avec celles de Dewey et de Harris, était le fondement de la discipline intellectuelle qu’il donnait aux futurs instituteurs. À sa mort, le Globe de Toronto le décrivit comme « l’un des plus éminents éducateurs de l’Ontario ».

Robert Lanning

James Alexander McLellan a recueilli les hommages qu’on lui a adressés et les a publiés sous le titre de Testimonials of scholarship, etc., of J. A. McLellan, M.A. (Toronto, 1871). Outre les travaux mentionnés dans la biographie, il est l’auteur de nombreux manuels et d’autres publications sur l’éducation. Des listes figurent dans le répertoire de l’ICMH et Canadiana, 1867–1900.

Globe, 12 août 1907 : 12.— Hamilton Spectator, 13 août 1907.— St. Mary’s Weekly Argus (St Marys, Ontario), juill.–août 1860, 10–17 janv. 1861.— John Dewey, The early works, 1882–1898, J. A. Boydston et al., édit. (5 vol., Carbondale, Ill., 1967–1972).— Documentary history of education in Upper Canada from the passing of the Constitutional Act of 1791 to the close of Rev. Dr. Ryerson’s administration of the Education Department in 1876, J. G. Hodgins, édit. (28 vol., Toronto, 1894–1910), 23 : 161–179.— E. C. Guillet, In the cause of education ; centennial history of the Ontario Educational Association, 1861–1960 (Toronto, 1960), 80–83.— A history of Upper Canada College, 1829–1892 [...], George Dickson et G. M. Adam, compil. (Toronto, 1893), 120.— John Dewey : a centennial bibliography, M. H. Thomas, édit. (Chicago, 1962), 4, 10s.— Ontario, Legislature, Sessional papers, 1878, no 11 ; Minister of Education, Report (Toronto), 1901 ; 1907 : xxvi–xxvii.— Ontario Normal College handbook, containing a list of students in attendance, with their home addresses, and the officers of the various societies ([Hamilton, Ontario ?]), 1902–1903 (exemplaire aux AO, Pamphlet Coll., 1902, no 65).— Viola Parvin, The authorization of textbooks for the schools of Ontario (Toronto, 1965), 55–57.— Egerton Ryerson, My dearest Sophie : letters from Egerton Ryerson to his daughter, C. B. Sissons, édit. (Toronto, 1955), 204.

Bibliographie générale

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Robert Lanning, « McLELLAN, JAMES ALEXANDER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 17 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mclellan_james_alexander_13F.html.

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Auteur de l'article:   Robert Lanning
Titre de l'article:   McLELLAN, JAMES ALEXANDER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   2013
Date de consultation:   17 septembre 2014