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SAVONNIÈRES DE LA TROCHE, MARIE DE, dite Marie de Saint-Joseph, ursuline, connue d’abord sous le nom de Marie de Saint-Bernard, née au château de Saint-Germain, en Anjou, le 7 septembre 1616, et décédée à Québec le 4 avril 1652.

Son père, Simon de Savonnières de La Troche, de Saint-Germain, des Hayes et autres lieux, et sa mère, Jeanne Raoul, étaient tous deux recommandables par leur noblesse et leur honnêteté. Dès son enfance, Marie de Savonnières manifesta beaucoup d’attrait pour la piété. Elle entra aux Ursulines de Tours à l’âge de 14 ans et fit profession religieuse sous le nom de Marie de Saint-Bernard. Vers 1636, elle entendit parler du Canada et son zèle pour les missions lointaines s’enflamma. Trois ans plus tard, elle s’offrit pour accompagner Marie de l’Incarnation [V. Guyart] en Canada. Désolés, ses parents s’opposèrent ouvertement à son départ. La jeune ursuline eut alors recours à saint Joseph pour changer les dispositions de la famille de Savonnières. En guise de reconnaissance, et pour s’acquitter d’un vœu, mère Marie de Saint-Bernard prit le nom de Marie de Saint-Joseph. Elle s’embarqua pour la Nouvelle-France en 1639. Une fois au pays, elle s’adonna à l’étude des langues huronne et algonquine. Au dire des témoins oculaires, la mère Marie de Saint-Joseph était de fort belle humeur, d’un esprit vif et éclairé. Aussi bien gagna-t-elle vite la confiance des Indiens qui l’appelaient leur mère.

Les quatre dernières années de sa vie furent un long martyre qu’elle supporta d’une façon héroïque. Après l’incendie du monastère (1650), ses parents la pressèrent de repasser à Tours, mais elle refusa, désirant souffrir pour la conversion des sauvages. Comme la communauté s’était réfugiée dans la maison de Mme de Chauvigny de La Peltrie, la malade fut très incommodée par l’exiguïté des lieux, le bruit, la fumée et l’odeur d’anguille. À la tuberculose vinrent s’ajouter l’hydropisie et la gangrène. Mère Marie de Saint-Joseph mourut le 4 avril 1652, regrettée de tous et spécialement des Hurons inconsolables de la perte d’une personne si sainte et si aimable. On l’inhuma le lendemain, dans le jardin du monastère. Au dire des contemporains, il ne s’était jamais vu de si beau convoi au pays. L’Histoire du Monastère rapporte plusieurs événements miraculeux attribués à l’assistance de mère Marie de Saint-Joseph. Pour honorer sa compagne et sa fille préférée, Marie de l’Incarnation écrivit une notice nécrologique, sorte de plaquette fort intéressante malgré son ton un peu conventuel. Cette pièce, insérée en grande partie dans la Relation de 1652, suffit à prouver que mère Marie de Saint-Joseph fut une femme exceptionnelle, une des gloires de l’Église canadienne.

Marie-Emmanuel Chabot, o.s.u.

Marie Guyart de l’Incarnation, Écrits (Jamet).— JR (Thwaites), XXXVIII : 79–91, 143.— Les Ursulines de Québec, I.

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Marie-Emmanuel Chabot, o.s.u., « SAVONNIÈRES DE LA TROCHE, MARIE DE, dite Marie de Saint-Joseph », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/savonnieres_de_la_troche_marie_de_1F.html.

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Auteur de l'article:   Marie-Emmanuel Chabot, o.s.u.
Titre de l'article:   SAVONNIÈRES DE LA TROCHE, MARIE DE, dite Marie de Saint-Joseph
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   22 décembre 2014