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SCOTT, GEORGE, officier ; on ignore le lieu et la date de sa naissance ; décédé à la suite d’un duel qui eut lieu probablement le 6 novembre 1767 à la Dominique, dans les Antilles.

On ne sait rien des premières années de George Scott. Il n’est probablement pas le George Scott détenant une commission dans l’armée dès 1721, officier dans le régiment d’infanterie (le 25e) du comte de Rothes qui fut nommé capitaine en 1742. Beckles Willson, biographe de Wolfe, semble avoir cru que le George Scott, qui fait l’objet de cette biographie, était le fils d’une certaine dame Scott, amie de la mère du général Wolfe ; ce dernier, en 1750, tenta d’obtenir, mais sans succès, des appuis afin de procurer de l’avancement dans l’artillerie au fils d’une certaine Mme Scott. Il semble toutefois assez peu vraisemblable que le Scott, fils, auquel Wolfe s’intéressait un peu à contrecœur, soit le George Scott qui, déjà en 1750, servait à titre de lieutenant-capitaine dans le corps d’armée de la Nouvelle-Écosse lequel devait bientôt devenir le 40e régiment d’infanterie. Il avait été capitaine dans l’armée depuis 1746, poste distinct de celui qu’il occupait dans le 40e régiment. En juin 1751, il obtint le grade de capitaine dans le 40e régiment.

Scott est mentionné pour la première fois dans les documents historiques au cours de l’été de 1753, au moment où il succède au colonel Robert Monckton* au poste de commandant du fort Lawrence, sur l’isthme de Chignectou, à une courte distance du fort français de Beauséjour. Quelques mois plus tard, il prit contact avec Thomas Pichon*, commissaire à Beauséjour, qui entra en correspondance avec lui et, traître à son roi, divulgua plusieurs renseignements militaires. Pichon déclara qu’il avait d’abord rencontré Scott à Louisbourg, île du Cap-Breton ; on ignore la nature des affaires qui y avaient amené Scott. Celui-ci abandonna le commandement du fort Lawrence à l’automne de 1754. C’était au moment des préparatifs en vue de l’attaque du fort Beauséjour, et Scott fut désigné pour prendre le commandement d’un des deux bataillons composés d’hommes du Massachusetts recrutés pour la circonstance, manifestement avec le grade provincial de lieutenant-colonel. Il joua un rôle important lors du court siège que dirigea Monckton et qui se termina par la capitulation de Beauséjour, par Louis Du Pont* Duchambon de Vergor, le 16 juin 1755. Même si ce fut l’autre bataillon du Massachusetts, sous les ordres de John Winslow*, qui fut affecté en grande partie, par la suite, à la triste besogne de déporter les Acadiens, c’est l’unité de Scott qui s’employa à détruire les villages (en particulier Memramcook) susceptibles de receler des réfugiés ou des résistants. Lorsque Monckton partit, en novembre, Scott demeura en charge de la région de Chignectou.

Scott avait probablement fait impression auprès de ses supérieurs par son efficacité en tant que commandant de troupes d’infanterie légère ou de troupes irrégulières ; lorsqu’on élabora les plans de l’expédition contre Louisbourg, en 1758, on lui confia le commandement (avec le grade local ou temporaire de major) de l’unité d’infanterie légère mise sur pied pour l’occasion, « un corps de 550 hommes, choisis parmi les tireurs d’élite des différents régiments ». Le journal du général Jeffery Amherst* rapporte qu’avant le débarquement des troupes Scott se livra à une audacieuse reconnaissance : avec un parti d’hommes, il alla examiner le sol au fond de la baie de Gabarus et, sur la foi de son rapport, Amherst décida que l’endroit était impraticable. Le débarquement eut lieu à l’anse de la Cormorandière (Kennington Cove) le 8 juin [V. Mascle de Saint-Julhien], et Scott, à la tête de troupes de l’infanterie légère, fut peut-être le grand héros du jour. Pichon, son peu honorable ami, « l’espion de Beauséjour », est celui dont le récit fait autorité ; il raconte en détail comment Scott, avec les cinq hommes qui avaient survécu au débarquement, avait su défendre jusqu’à l’arrivée des renforts, et contre des forces françaises grandement supérieures, la position où il avait pris pied sur la grève. L’auteur anonyme du « Journal of the expedition against Louisburg », trouvé parmi les papiers de Monckton, confirme le rôle capital qu’y joua Scott. Ce dernier continua de participer activement au siège qui suivit, combattant sous les ordres de Wolfe, tout comme au moment du débarquement.

Après la chute de Louisbourg, Monckton, demeuré à Halifax, reçut instruction de détruire les établissements français sur la rivière Saint-Jean, et Scott, sous ses ordres, commanda un détachement composé de soldats de l’infanterie légère et de rangers. Le 11 novembre, Monckton dépêcha Scott à la rivière Petitcodiac pour y raser les établissements. La mission fut accomplie intégralement au cours de la semaine qui suivit : un grand nombre de maisons furent incendiées, le bétail exterminé, les récoltes détruites et quelques habitants emmenés en captivité. La plus grande partie de la population réussit à s’enfuir. On accorda à Scott le grade de major dans l’armée ; sa promotion prit effet le 28 décembre 1758. Il demeura sur la liste des officiers du 40e régiment à titre de capitaine et, de toute évidence, il y fut jusqu’à sa mort un commandant de compagnie mais sans jamais être présent.

Scott servit sous les ordres de Wolfe, en 1759, au cours de la campagne contre Québec. Sa mission principale consistait à détruire, tout comme à Petitcodiac. Après avoir essuyé un revers à Montmorency, Wolfe entreprit la dévastation systématique des paroisses autour de Québec. Au début de septembre, il délégua Scott à la tête d’un fort détachement – 1600 hommes, selon certains témoignages – qui comprenait tous les rangers, des membres de l’armée régulière et des marins, avec instruction de détruire « les bâtiments et les récoltes de l’ennemi sur la rive sud ». Scott descendit le Saint-Laurent jusqu’à Kamouraska puis remonta par les terres, brûlant tout sur son passage. Le 19 septembre, il fit rapport : « En somme, nous avons marché sur une distance de cinquante-deux milles et, sur le parcours, nous avons brûlé neuf cent quatre-vingt-dix-huit bons bâtiments, deux sloops, deux schooners, dix chaloupes, plusieurs bateaux plats et petites embarcations, nous avons capturé quinze prisonniers (parmi eux, six femmes et cinq enfants), et fait 5 victimes chez l’ennemi ; il y a eu un blessé parmi nos réguliers et, chez les rangers, deux morts et quatre blessés. » Cette façon dégoûtante d’agir eut comme conséquence que Scott et ses hommes ne purent participer à la bataille des plaines d’Abraham, alors que la présence des rangers aurait pu être fort utile.

On ne connaît rien des activités de Scott au cours des deux années qui suivirent. Il fut nommé lieutenant-colonel dans l’armée le 11 juillet 1761. À la fin de cette année-là, Monckton entreprit une expédition d’envergure contre la Martinique. Scott était demeuré en bons termes avec Monckton et il était le parrain de sa fille illégitime. Scott prit part à l’expédition ; il commandait de nouveau une unité d’infanterie légère qui sut se distinguer. La Martinique capitula le 13 février 1762 et l’île de Grenade, qui en dépendait, se rendit le 5 mars. Monckton nomma Scott gouverneur de cette dernière île. Celui-ci rédigea son testament en décembre 1764, juste avant de partir pour la Dominique y remplir la fonction de lieutenant-gouverneur. Ce testament révèle qu’il avait acquis, on ne sait comment, des propriétés considérables à Grenade ; Scott, par cet acte, disposait de biens immobiliers situés à Boston et en Nouvelle-Écosse. À la Dominique, à une date qui semble être le 5 novembre 1767, Scott ajouta à son testament un codicille olographe dans lequel il déclarait qu’il avait été « grossièrement insulté » par un certain Alexander Campbell et qu’il était bien décidé à le rencontrer le lendemain matin. Annexé à son testament, il y a une attestation, sous la signature d’un autre officier, en date du 9 novembre 1767, où il est déclaré que le codicille est bien de la main de feu George Scott et lieutenant-gouverneur de la Dominique. Il est à présumer que Scott fut tué, ou mortellement blessé, au cours d’un duel le 6 novembre 1767.

Par testament, Scott laissait à sa femme, Abigail, une rente viagère et pourvoyait à son retour en Nouvelle-Angleterre, d’où elle était probablement originaire. Le couple n’eut vraisemblablement pas d’enfants. Le testament de 1764 prévoyait des legs en faveur du père de Scott, de trois frères (l’un d’eux, Joseph, habitait Halifax) et de trois sœurs. Une miniature représentant présumément le portrait de Scott est reproduite dans le Thomas Pichon de Webster* ; elle représente les traits anguleux d’un visage plutôt déplaisant.

C. P. Stacey

Le testament et le codicille de Scott sont conservés aux PRO, Prob. 11/943, f.394. Son rapport sur l’opération à Petitcodiac en 1758 est conservé aux APC, MG 18, M1, 21 et reproduit dans l’inventaire, Northcliffe coll. ; son rapport sur l’opération sur le Saint-Laurent en 1759 est conservé dans la même collection mais n’est pas reproduit en entier. On retrouve dans cette collection des documents concernant sa campagne en Martinique. On obtiendra des renseignements sur le siège de Louisbourg en consultant : Journal of Jeffery Amherst (Webster) ; Pichon, Lettres et mémoires ; et un journal du siège dans Gentlemans Magazine, 1758, 384–389. En 1762 (pp. 123–127), cette revue a aussi publié les dépêches de Monckton au sujet de la campagne en Martinique.  [c. p. s.]

Army list, 1740 ; 1756 ; 1760 ; 1761 ; 1763 ; 1767 ; 1768.— Diary of John Thomas, Coll. of the N.SHist. Soc., I (1878) : 119–140.— Gentlemans Magazine, 1767, 525.— Brebner, New Englands outpost.— Smythies, Historical records of the 40th regiment.— Stacey, Quebec, 1759.— J. C. Webster, Thomas Pichon, the spy of Beauséjour, an account of his career in Europe and America [...] (Sackville, N.-B., 1937).— Beckles Willson, The life and letters of James Wolfe [...] (Londres, 1909).

Bibliographie générale

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C. P. Stacey, « SCOTT, GEORGE », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/scott_george_3F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   18 avril 2014