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SECCOMBE, JOHN (en Nouvelle-Écosse, il employa cette orthographe bien qu’auparavant il n’écrivait pas le « e » final), ministre congrégationaliste, né le 25 avril 1708 à Medford, Massachusetts, troisième fils de Peter Seccomb, marchand, et de Hannah Willis ; il épousa Mercy Williams le 10 mars 1736/1737 à Weston, Massachusetts, et ils eurent au moins cinq enfants ; décédé le 27 octobre 1792 à Chester, Nouvelle-Écosse.

Comme étudiant au Harvard College de Cambridge où il obtint son baccalauréat ès arts en 1728 et sa maîtrise en 1731, John Seccombe était mieux connu pour ses mauvais tours, ses démêlés avec les autorités et son esprit vif que pour son érudition. Parmi sa production littéraire de cette période, le texte le plus connu est « Father Abbey’s will », vers amphigouriques de 15 strophes exaltant le balayeur du collège, Matthew Abdy. Publié tout d’abord dans le Weekly Rehearsal (Boston) le 3 janvier 1732, réimprimé à Londres la même année, ce texte paraît dans des feuilles satiriques et des revues jusqu’en 1850. Une réponse du balayeur du Yale College de New Haven, Connecticut, souvent imprimée en même temps, a parfois été attribuée incorrectement à Seccombe.

En 1732, Seccombe fut invité à s’établir en qualité de premier pasteur de la nouvelle ville de Harvard où il reçut les ordres le 10 octobre 1733. Son entrée dans le clergé de l’Église congrégationaliste et son mariage avec la fille de l’influent révérend William Williams de Weston contribuèrent à son ascension sociale. Sa splendide propriété à Harvard témoignait du rang auquel il était parvenu vers la fin des années 1730. Son ministère ne fut toutefois pas à l’abri de controverses. Bien qu’il fût en accord avec ses paroissiens sur l’acceptation des principes du Grand Réveil, ses rapports avec les associations pastorales étaient parfois tendues à ce propos. Ses années à Harvard furent également assombries par des rumeurs d’infidélité conjugale qui semblent l’avoir amené à offrir « une expiation chrétienne à son offense » en janvier 1738/1739 et qui l’entraînèrent, peut-être, à solliciter son congé en 1757.

L’un des premiers propriétaires de Chester, Seccombe y prêcha en 1761 et y installa sa famille en 1763. Ses paroissiens, de nouveaux colons, ne lui offrirent pas un grand soutien mais, grâce à l’argent apporté de Nouvelle-Angleterre, il exploita une ferme familiale. Sa « situation financière précaire » en 1769 se redressa grâce à un héritage de famille. Seccombe prêcha également à l’église Mather (St Matthew), à Halifax, dès 1761 et régulièrement par la suite pendant 25 ans. Nul ne sait pourquoi il ne se vit jamais offrir officiellement le pastorat de l’église Mather. Chaudement accueilli et y ayant prêché en 1771 bien plus souvent que n’importe quel autre ministre dissident, il trouva « si naturel d’être avec ces fidèles qu’il lui sembl[ait] presque [être] leur pasteur ». Il se peut qu’une certaine tendance au presbytérianisme à l’église Mather ou bien son propre esprit évangélique l’en aient exclu mais, étant donné qu’il était un homme cultivé, intelligent et un bon prédicateur, il est probable que ce soient ses difficultés à Harvard qui l’empêchèrent d’être accepté par une partie influente de la congrégation. Cette dernière revendiquait la prééminence parmi les églises dissidentes de la province et cherchait à disputer la position de l’église St Paul, congrégation de l’Église établie d’Angleterre. Dans les années 1780, l’instituteur Joseph Peters estimait que l’on avait abusé des services de Seccombe, mais il lui reprochait d’être « trop facile ».

En juillet 1770, lorsque le premier consistoire presbytérien-congrégationaliste en Nouvelle-Écosse ordonna Bruin Romkes Comingo*, pêcheur de Lunenburg, comme pasteur d’une congrégation dissidente dans cette ville, Seccombe prêcha le sermon d’ordination sur le thème de la nécessité de la grâce sanctifiante pour les ministres. Ailleurs, dans ses homélies hebdomadaires comme dans ses oraisons funèbres, composées avec clarté, il suivait la doctrine calviniste de la foi. En dépit de son aversion pour la confusion doctrinale des disciples de Henry Alline, il salua en 1786 « le réveil et l’intérêt que certains parmi nous, disait-il, éprouvent ». Deux ans plus tard, il amena ses fidèles à accepter l’affiliation aux baptistes mais, quant à lui, il ne devint pas membre de l’Église réorganisée.

Le mandat de comparaître devant le Conseil de la Nouvelle-Écosse, que Seccombe reçut en décembre 1776 sous l’inculpation d’avoir prêché un sermon séditieux, le situe nettement dans les limites de la tradition congrégationaliste de la Nouvelle-Angleterre. Toutefois, ce mandat en dit davantage sur les craintes du gouvernement et sur le fait que Chester se trouvait proche de la capitale, que sur ses sympathies révolutionnaires. Non seulement lui fallut-il garantir sa bonne conduite future, mais il se vit interdire de prêcher avant d’avoir signé une rétractation dans les formes. Rien n’indique qu’il l’ait fait ; toutefois, on sait qu’il prêcha à Halifax en juin 1777. Après une visite en Nouvelle-Angleterre en 1769 et ayant une fois envisagé d’y retourner en cas de guerre, Seccombe demeura pourtant en Nouvelle-Écosse pendant la Révolution américaine, et y resta seul avec deux autres ministres congrégationalistes après la révolution.

“ Très saint homme » pour les baptistes, « véritable ministre de l’Évangile [...] ne cherchant ni pains ni poissons » aux yeux d’un anglican, « la première personnalité de cette province » et « le père de toutes [... ses] Églises [dissidentes] » selon un presbytérien, Seccombe fut considéré comme « dévoué à l’amour des hommes de bonne volonté de tous âges, de tous rangs et de toutes confessions ». Les contrastes et les luttes qui marquèrent sa vie attestaient sa conviction que « le Christ est le seul fondement du pécheur assoiffé ».

S. Buggey

John Seccombe est l’auteur de Father Abbey’s will [...] (Cambridge, Mass., 1854), publié pour la première fois dans le Weekly Rehearsal (Boston), 3 janv. 1732 ; « The diary of Rev. John Seccombe », C. B. Fergusson, édit., PANS Report (Halifax), 1959, app.B, 18–45 (l’original se trouve aux PANS, MG 1, 797C) ; A sermon preached at Halifax, July 3d, 1770, at the ordination of the RevBruin Romcas Comingoe to the Dutch Calvanistic Presbyterian congregation at Lunenburg [...] (Halifax, 1770) ; A sermon occasioned by the death of the Honorable Abigail Belcher, late consort of Jonathan Belcher, esq [...] delivered at Halifax [...] October 20, 1771 (Boston, 1772) ; A sermon, occasioned by the death of Mrs. Margaret Green ; consort of the late Honourable Benjamin Green, esq ; delivered at Halifax, in the province of Nova-Scotia, February 1st, 1778 (Halifax, [1778]).

Acadia University (Wolfville, N.-É.), Atlantic Baptist hist. coll., [John Seccombe], A sermon on Isaiah 55 : 1 preached at Halifax, April 24, 1779 [...]. Une note sur la copie du sermon l’attribue, par erreur, au révérend James Munro  [s. b.].

Beinecke Rare Book and Manuscript Librarale University (New Haven, Conn.), George Gilmore à Ezra Stiles, 12 nov. 1788.— PANS, MG 1, 797C (Rev. John Seccomb(e) docs.) ; RG 1, 212, 23 déc. 1776, 6 janv. 1777.— Protestant Episcopal Church in the U.S.A., Archives and Hist. Coll.— Episcopal Church (Austin, Tex.), Samuel Peters papers, I : no 95 ; II : nos 7, 56 ; III : no 118, sous la garde de la Hist. Soc. of the Episcopal Church (Austin) (mfm aux PANS).— United Church of Canada, Maritime Conference Archives, Pine Hill Divinity Hall (Halifax), McGregor papers A, Seccombe-Comingoe letters.— Congregational churches in Nova Scotia, Mass. Hist. Soc., Proc., 2e sér., IV (1887–1889) : 67–73.— Shipton, Sibley’s Harvard graduates, VIII.— H. S. Nourse, History of the town of Harvard, Massachusetts, 1732–1893 (Harvard, 1894), 178–195.— Baptist Missionary Magazine of Nova-Scotia and New-Brunswick (Saint-Jean et Halifax), I (1827–1829) : 317.

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S. Buggey, « SECCOMBE, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/seccombe_john_4F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   23 août 2014