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SHEPARD (Shepheard), THOMAS, second et capitaine au service de la Hudson’s Bay Company ; passim 1668–1681.

Il était second à bord du Nonsuch (capitaine : Zachariah Gillam) lors du voyage que ce vaisseau fit à la baie James en 1668–1669, soit avant l’octroi de la charte. Il semble donc qu’il ait été témoin de la prise de possession du territoire de la rivière Rupert par Gillam et Chouart Des Groseilliers et qu’il ait participé à la construction du fort Charles, la première « habitation » anglaise sur le territoire actuel du Québec.

Le Nonsuch revint en Angleterre en octobre 1669 et, à ce moment-là ou quelque temps plus tard, Shepard chercha un autre emploi. Alors qu’il était capitaine du Golden Lyon, dont le port d’attache était Dunkerque, il affirma avoir redécouvert l’île Busse, une des îles « perdues » de l’Atlantique. On prétendait qu’elle avait été aperçue pour la première fois en 1578, d’un des vaisseaux de Sir Martin Frobisher, qui en était à sa troisième expédition à la recherche du passage du Nord-Ouest. On ignore en quelles circonstances Shepard aurait aperçu cette île mystérieuse, le 22 août 1671 ; mais, quoi qu’il en soit, le rapport qu’il fit retint l’attention du gouverneur et du comité lorsqu’il se présenta devant eux en décembre 1673. On lui demanda de faire une estimation du coût d’une expédition à l’île Busse et on fit les démarches voulues pour obtenir une charte royale. Cette charte fut enfin accordée le 13 mai 1675, date à laquelle le roi octroya à la Hudson’s Bay Company « tout le territoire de cette île appelée île Busse située approximativement entre les 57e et 59e degrés de latitude nord » ainsi que des privilèges comparables à ceux que comportait la charte du 2 mai 1670.

Entre-temps, en 1674, Shepard s’était rendu à la baie James comme commandant du Shaftesbury, pinque de la compagnie. Son voyage de retour en Angleterre fut retardé par les glaces jusqu’à l’automne de 1675, époque à laquelle on avait mis la dernière main au plan de l’expédition de l’île Busse. On ne connaît pas très bien la suite des événements, car il y a des vides dans les rapports et dans la correspondance de la compagnie. Les livres de comptes cependant indiquent que Shepard mit à la voile comme commandant du Prince Rupert en 1676 (HBC Arch., A.14/2, f.50) et que, le 16 octobre de la même année, on fit divers petits déboursés pour « faire expédier des lettres et autres documents, aux premières nouvelles du retour du capitaine Shepard de l’expédition qui avait pour but la découverte de l’île Busse » (ibid., A.15/1, p.4). La comptabilité ne mentionne aucune cargaison rapportée par Shepard, bien qu’elle fasse état de celle du Shaftesbury (capitaine : Joseph Thompson à son voyage de 1676. Cette omission, qui contraste avec l’inscription des menues dépenses, semble indiquer que Shepard ne se rendit pas à la baie James comme Thompson en 1676, mais qu’il se livra sans succès à la recherche de l’île Busse.

L’engagement de Shepard au service de la compagnie prit fin en 1676. Rengagé en février 1681, il fut renvoyé dès le mois de mai suivant pour ses écarts de conduite.

Alice M. Johnson

On peut retracer la carrière de Shepard au service de la HBC dans : HBRS, V, VIII (Rich).— On trouvera des témoignages sur sa redécouverte de l’île Busse dans : Miller Christy, On “Busse Island”, Danish arctic expeditions (Gosch), I : 164–202 et A. M. Johnson, The Mythical land of Buss, Beaver (Déc. 1942), 43–47.

Bibliographie générale

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Alice M. Johnson, « SHEPARD, THOMAS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/shepard_thomas_1F.html.

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Auteur de l'article:   Alice M. Johnson
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   20 avril 2014