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SLADE, JOHN, capitaine et propriétaire de navires, fonctionnaire et marchand, né en 1719 à Poole, Angleterre, l’un des huit enfants de John Slade, maçon, et de sa femme Ann ; il épousa Martha Haitor (Hayter), et de ce mariage naquit un fils ; décédé le 17 février 1792, à Poole.

Le père de John Slade vécut modestement et ne laissa à sa mort, en 1727, qu’une petite parcelle de terre, avec une maison, et un legs de £10 à trois de ses fils, John, Robert et Thomas. Même s’il devint orphelin à l’âge de huit ans, John reçut probablement une instruction élémentaire à la Free School et fit de bonne heure l’apprentissage de la mer, car, à Poole, les marins constituaient l’armature de la vie économique. Slade était encore enfant quand Daniel Defoe visita Poole, qu’il décrivit dans A tour through the whole Island of Great Britain comme le plus grand port de mer du sud de l’Angleterre, ajoutant que la cause principale de la croissance de cette ville avait été «l’armement annuel de navires de pêche destinés à Terre-Neuve ». Du temps de Defoe, Poole n’avait pas encore atteint l’apogée de son activité commerciale avec Terre-Neuve. Au début du xviiie siècle, le trafic consistait surtout en des entreprises saisonnières, avec des équipes de pêche formées à même les membres de l’équipage du navire et divisées, pour la saison d’été, en deux groupes : ceux qui capturaient le poisson et ceux qui le préparaient. Par la suite, le trafic s’étendit rapidement, eues marchands de Poole trouvèrent avantageux d’équiper ceux de leurs employés qui désiraient s’installer à Terre-Neuve ; le commerce qui s’établit avec ces pécheurs, à qui on fournissait les approvisionnements en échange de leurs stocks de poisson et autres produits, remplaça peu à peu la pêche saisonnière. C’est pendant ces années de croissance, de dynamisme et de changements profonds que John Slade commença de prendre part à ce commerce. Il en tira une respectable fortune, jouant, au sein de cette évolution, un rôle assez important, tant du point de vue économique que culturel, dans le progrès de la colonisation au nord-est de Terre-Neuve et au Labrador.

Les plus anciens documents relatifs à la carrière maritime de Slade remontent aux années 1740, époque où il fut capitaine à bord de plusieurs navires marchands de Poole, voyageant sur la Méditerranée ou se rendant aux îles Anglo-Normandes, en Irlande et à Terre-Neuve. C’est en 1748 qu’il fit son premier voyage à Terre-Neuve, du moins à notre connaissance ; il était maître à bord du Molly, un navire marchand qu’il commanda jusqu’en 1750, faisant la navette entre Poole, Terre-Neuve, Cork et Lisbonne. En 1750 seulement, il traversa trois fois l’Atlantique. À ce moment-là, il était apparemment à l’emploi de Joseph White, un quaker de Poole et le plus gros entrepreneur de cette ville engagé dans le commerce avec Terre-Neuve. En 1751, Slade prit le commandement du Dolphin, de 100 tonneaux, propriété de William Kittier, et, pendant deux ans, il suivit les routes familières qui reliaient Terre-Neuve, les marchés de poisson salé de la Méditerranée et Poole.

En 1753, Slade fit l’acquisition de son premier navire, le Little John, de 90 tonneaux, et se lança, à son propre compte, dans le commerce terre-neuvien. Ce pas fut sans aucun doute facilité par certaines ressources que lui apporta son mariage à Martha Haitor, la fille, apparemment, de John Hayter, marchand de Poole naguère intéressé dans ce commerce. Slade améliora son statut social à Poole, probablement grâce à l’héritage de sa femme, et alla vivre parmi les marchands de la rue Thames des Spurrier, Lester et Weston), dans une maison qui, pendant des décennies, fut identifiée sur le rôle d’impôt de Poole comme étant « la maison de M. Hayter ».

L’expérience antérieure de Slade à Terre-Neuve, en particulier lorsqu’il travailla pour Kittier, lui avait donné une excellente connaissance personnelle d’une « frontière » en pleine expansion, qu’exploitaient les Anglais, soit la région située au nord de la baie de Bonavista et, en particulier, le secteur, vaste et varié, de la baie de Notre-Dame. Jusqu’en 1728, cette région avait fait partie des territoires de pêche exploités d’une façon saisonnière parles Français, lesquels parla suite se déplacèrent peu à peu au nord du cap St John, probablement à cause du maraudage des Béothuks et de la poussée en direction du nord des Anglais, qui avaient coutume d’hiverner dans l’île et d’usurper les emplacements les plus poissonneux. De 1728 à 1732, les pêcheurs saisonniers anglais, la plupart en provenance de Poole, commencèrent à occuper la région ; après 1738, elle devint un lieu de séjour régulier. Non seulement ce territoire représentait-il un apport de zones côtières riches en morue, mais aussi y trouvait-on le long des rivières et des estuaires, au fond de la baie de Notre-Dame, des réserves de bois de construction, des territoires à fourrures et à saumon parmi les plus beaux de l’île. Des havres comme ceux de Fogo et de Twillingate, qui eurent d’abord la préférence des Anglais, représentaient des abris sûrs d’où l’on partait pour pêcher la morue en été et chasser les phoques du Groenland en hiver et au printemps, et bien placés au surplus pour favoriser les courses en direction du nord, et même jusqu’au Labrador.

À la fin des années 1750, John Slade travaillait à augmenter son commerce dans les régions du nord, en concurrence avec d’autres petits propriétaires de navires,— et à se tailler une place au sein de la communauté des marchands de Poole intéressés à Terre-Neuve. Il faisait partie des 30 « principaux marchands et trafiquants » de Poole qui, en 1758, demandèrent dans une requête que les pêcheurs fussent exempts du service naval et qu’on assurât une escorte pour la protection du trafic maritime entre Poole, Terre-Neuve et les marchés de poisson. Les registres portuaires de Poole montrent qu’en 1759 il exporta des approvisionnements divers à Terre-Neuve et en importa de l’huile de morue et des fourrures de castor, de renard, de loutre et de marte, de même que des. peaux de phoque. Entreprenant et tenace, Slade avait, dans les années 1760, donné de l’essor à ses affaires. De 1764 à 1770, il était propriétaire de trois ou quatre navires (jaugeant de 40 à 80 tonneaux, la moyenne étant de 60) qu’il utilisait lui-même, envoyant des équipes de pêcheurs de morue à Twillingate, à Fogo et à Tilting Harbour. Occasionnellement, il s’aventurait au nord du cap St John, contrevenant aux ordres du gouverneur Hugh Palliser de ne pas troubler les pêches françaises dans cette région. Slade, lui-même un intrus, alla jusqu’à saisir, en 1766, à Fleur-de-Lys Harbour, une grave construite par William Branscombe, capitaine de navire du Devon, qu’il considérait sans doute comme un trafiquant interlope. Vers la fin de la guerre de Sept Ans, d’autres marchands anglais avaient commencé à se déplacer au nord du cap St John ; seul Slade continua à fréquenter la région après la Révolution américaine. Au long des années, il devait y développer un commerce important et régulier avec les pécheurs de l’endroit. Beaucoup plus que la plupart des marchands de Poole, nettement orientés vers la pêche de la morue, Slade diversifia ses intérêts à Terre-Neuve, y exploitant les fourrues, le saumon et les phoques. À cet égard, il fut un pionnier.

Pendant les années 1760, Slade commença aussi à trafiquer sur la côte du Labrador. Le gouverneur Palliser désirait grandement faire revivre les pêcheries, cette « pépinière de marins », et, en 1765, il encouragea les marchands anglais à étendre leur activité jusqu’au Labrador. Slade suivit les autres marchands, parmi lesquels se trouvaient Jeremiah Coghlan, de Bristol, associé à Nicholas Darby, de Londres, John Noble, de Bristol, et Andrew Pinson*, de Dartmouth, de même que George Cartwnght*, de Londres, et y mit sur pied des établissements de pêche de la morue, des phoques et du saumon, de même qu’une affaire de fourrures. Le journal de Cartwright note la présence de Slade au Labrador, avec un équipage de chasseurs de phoques qui y hivernait en 1771, et signale le départ de Henley Harbour d’une autre équipe de Slade vers le nord, en septembre de l’année suivante.

Ses années les plus actives, John Slade les passa en partie dans son port d’attache et en partie dans ses établissements de Terre-Neuve, vivant habituellement en Angleterre en hiver et à Terre-Neuve en été, bien qu’il lui arrivât d’hiverner dans l’île. On est bien au fait de ses allées et venues grâce aux journaux d’Isaac Lester, qui habitait la maison voisine de la sienne à Poole, et du frère d’Isaac, Benjamin*. La compagnie des Lester tenait l’œil bien ouvert sur les affaires de Slade, et Benjamin, bien qu’il commerçât à partir de Trinity, travailla en étroite association avec lui à Terre-Neuve. Ces journaux font état du régime de vie saisonnier de Slade jusqu’en 1777, année où, apparemment, il se retira pour passer le reste de ses jours à Poole. Il était alors assez bien établi à Terre-Neuve pour remettre les aspects les plus exigeants de la gestion de ses affaires à des parents plus jeunes.

Quand éclata la guerre d’Indépendance américaine, Slade était solidement installé à Twillingate, sa base principale d’affaires, et disposait d’un système de fourniture de vivres et de ramassage de produits qui lui permettait de desservir les établissements et les postes d’exploitation écartés, tout le long de la baie de Notre-Dame et de la côte du Labrador. Plusieurs des apprentis et des engagés saisonniers recrutés par Slade dans le Dorset et l’ouest du Hampshire se fixèrent comme pêcheurs une fois familiarisés avec les techniques de base du pêcheur et du chasseur de fourrures ou de phoques. Slade avançait les marchandises, la nourriture, les vêtements et même de la main-d’œuvre aux pêcheurs, se remboursant à même leur production – de la morue et de l’huile, entre autres produits. Ainsi les pêcheurs dépendaient-ils de lui pour leur survie, et Slade disposait-il d’une unité de production assurée quand la main-d’œuvre se faisait rare – en particulier pendant les années de guerre – en plus d’augmenter ses profits en agissant à titre de marchand détaillant. Si ce système était pratiqué ailleurs, c’était une innovation dans la région, et la stabilité qu’il lui assurait permit à Slade de résister aux incursions des Lester, dont l’établissement principal était situé, à partir des années 1760, à Trinity. Le nombre de ses navires, modeste si on le compare aux 15 ou 20 vaisseaux de la flotte des Lester, était maintenant de cinq, qui jaugeaient de 30 à 120 tonneaux (93 en moyenne). Les plus gros bricks sillonnaient l’Atlantique ; les schooners reliaient Twillingate aux divers petits villages de pêcheurs de Slade. À l’occasion, il envoyait un navire chercher des vivres à New York.

En 1774, Slade avait sollicité l’aide d’Isaac Lester pour obtenir sa nomination au poste d’intendant du commerce maritime (naval officer) à Twillingate. Il reçut sa commission en moins de cinq jours, et fut renommé l’année suivante. Ce fut apparemment le seul poste politique qu’il sollicita ou qu’il obtint. À Poole, sauf le fait de s’être rallié au groupe de pression modéré des marchands qui, sous la conduite des Lester, des Spurrier et des Weston, exprimaient leurs vues sur les affaires terre-neuviennes, il n’eut rien à voir avec la politique. Même au cours de ses années actives, à la baie de Notre-Dame, il resta, à Fogo, dans l’ombre de Jeremiah Coghlan, propriétaire de huit à dix navires, qui jouissait d’une influence notablement plus grande que la sienne dans les domaines économique et politique.

Les années de la guerre d’Indépendance américaine furent difficiles pour Slade. Des corsaires américains pillèrent ses navires et attaquèrent ses établissements. En août 1778, le corsaire John Grimes s’empara de l’un de ses navires à Charles Harbour, au Labrador. Tôt, le printemps suivant, un autre navire de course, armé de quatre canons seulement, s’aventura hardiment dans Twillingate, s’emparant d’un autre navire de Slade, chargé de poisson, les magasins de celui-ci furent pillés et les marchandises distribuées aux « pauvres habitants du lieu ». Ce corsaire s’attaqua ensuite aux installations de Slade à Battle Harbour, au Labrador, s’empara d’un sloop chargé de 22 tonneaux d’huile de phoque et détruisit ses marchandises. Les caprices de la nature vinrent ajouter à ses problèmes. À l’automne de 1775, il perdit plusieurs navires et dix barques de pêche dans une tempête. Ses quais de Fogo furent détruits, à l’automne de 1782, par de forts vents qui emportèrent aussi ses échafauds de Twillingate, avec quelque 800 quintaux de poisson apprêté. Les conditions qui prévalurent à Poole, pendant la guerre, compliquaient beaucoup l’engagement de marins et d’employés, à cause des sergents recruteurs, et, à un moment donné, Slade fut assez désespéré pour souffler les hommes des Lester. En 1776, Isaac Lester nota : « John Slade, notre voisin, est assez mesquin pour embarquer nos gens sur ses navires, après qu’ils se sont entendus avec nous, et pour les y cacher. Lui ou son fils [en fait, son neveu, John] se tiennent tout le jour à la porte pour voir qui entre dans la maison et en sort et, se saisissant d’eux, les amène chez lui. » Pour toutes ces raisons, les affaires de Slade baissèrent sérieusement. En 1773, il était taxé, à Poole, sur la base d’un chiffre d’affaires annuel de £3 000 ; une décennie plus tard, il l’était sur une base de moitié inférieure.

Le fils unique de Slade, John Haitor, était naturellement destiné à succéder à son père. À l’âge de 15 ans, il commença de l’accompagner dans son voyage annuel à Terre-Neuve et, au bout de quelques années, durant les absences de son père, il le remplaçait en qualité d’agent en chef à Twillingate. Mais, en 1773, il mourut de la petite vérole. L’attention de Slade se porta alors sur ses neveux. Plusieurs d’entre eux, en particulier John, David, Robert et Thomas, avaient acquis une grande expérience avec lui à Terre-Neuve, comme mariniers et capitaines de navires. Selon Isaac Lester, il prit chez lui John Slade, fils aîné de son frère Robert, en 1776, et il aurait envisagé d’adopter un garçon que, selon la rumeur, il avait eu de la femme d’un pêcheur de Twillingate. De 1777 à 1792, le neveu de Slade, connu désormais sous le nom de John Slade, le jeune, fut l’agent en chef à Terre-Neuve de John Slade and Company, dont, en 1793, il devint le grand patron à Poole même. David Slade apporta son. concours comme agent de la compagnie à Twillingate, Thomas Slade fut commandant à bord de navires et Robert Slade assuma le gros de la responsabilité des affaires du Labrador.

Le fait d’avoir ainsi établi ses neveux se révéla une sage mesure, car, après 1783, le commerce de Slade connut un tournant qui apporta à celui-ci les plus grands profits de sa carrière. Quand Coghlan s’écroula en 1782, Slade ouvrit à Fogo un deuxième établissement de première grandeur. Sa compagnie ne fut pas sans concurrents sur la côte nord-est, et ce jusqu’à sa mort, mais elle était la plus importante à y être installée en permanence. Dans son testament, il divisa également entre ses quatre neveux et son cousin, George Nickleson Allen, ses « graves, établissements de pêche, entrepôts, échafauds, rivières à saumon, ports d’où l’on partait pour chasser les phoques à Terre-Neuve et sur la côte du Labrador [...] avec toutes [ses] chaloupes et petites embarcations, et toutes [les] marchandises et [les] biens qu’il y possédait » et « tous [ses] navires et vaisseaux ». Il était propriétaire de six navires, de 60 à 150 tonneaux (jaugeant en moyenne 90 tonneaux), et des postes de traite à Fogo, Twillingate, l’île de Change, Conche et Wester Head, à Terre-Neuve, et à Battle Harbour, Hawke’s Port, la baie de Hawkes, la baie de Lewis, l’anse de Matthews, Caribou Tickle et l’anse de Guy, au Labrador.

Le système commercial pratiqué par Slade favorisa l’émigration en provenance de Poole et du Dorset et le progrès de la colonisation à Terre-Neuve. Les noms de famille de plusieurs des résidants actuels de la région de Twillingate-Fogo sont ceux des colons qu’il recruta. C’est ainsi que l’aspect le plus important de sa carrière à Terre-Neuve fut le branle qu’il donna dans cette région à l’évolution de la pêche saisonnière vers l’occupation permanente ; ses héritiers et leurs successeurs allaient poursuivre cette œuvre. Comme le juge en chef John Reeves* le faisait remarquer en 1793, « les marchands [...] avaient été et étaient encore les principaux promoteurs de l’établissement permanent ». De fait, dans quelque district que ce soit, seuls les marchands qui avaient un négoce régulier, fondé sur l’approvisionnement des pêcheurs, survécurent. La persistance des marchands de Bideford et de Barnstaple à maintenir l’ancienne mode saisonnière, fut, a-t-on prétendu, la raison principale de la disparition de ces ports des pêcheries terre-neuviennes. La pêche pratiquée par les habitants assurait à des hommes comme Slade la source principale des produits qu’ils pouvaient mettre en marché pendant la guerre, et ceux qui survécurent à cette période furent en meilleure position pour étendre leurs affaires une fois la paix revenue.

Les livres de John Slade and Company à partir de 1783 montrent que, sous forme de crédit ou par le troc, la firme soutenait financièrement les entreprises de quelque 90 à 100 pêcheurs, au nord-est de Terre-Neuve, et employait directement de 150 à 200 hommes. En 1787–1788, Slade recueillit de ces pêcheurs et employés quelque 2 200 peaux de phoque, 200 tierçons de saumon, 400 paquets de cerceaux, 32 tonneaux d’huile de phoque, 2 000 gallons d’huile de morue, 3 000 quintaux de poisson, 24 000 douves de bois, 15 000 pieds de planches, 32 paires de rames, 30 livres de peaux de castor, 25 fourrures (renard, loutre et marte) et diverses choses de moindre importance. Dans son négoce, Slade fut aussi étroitement lié à des pionniers indépendants, comme John Peyton*, Henry Miller, William Hooper et William Cull*, lesquels, en tant que pêcheurs de saumon et trafiquants de fourrures, étaient amenés à entrer en contact et à avoir des conflits avec ce qui restait des malheureux Béothuks, dont le nombre allait décroissant.

Slade ne fit pas grand-chose, à Terre-Neuve, pour lequel on ne pourrait trouver d’exemples contemporains ou de précédents. Il appartenait à un groupe d’entrepreneurs dont chacun tentait d’avoir le dessus sur son concurrent en copiant les réussites des autres, que ce soit une innovation ou le fait de mettre l’accent sur une activité en particulier. Se disputant les mêmes ressources, les mêmes fournitures et les mêmes marchés, ils se haïssaient les uns les autres, mais formaient une communauté fortement unie quand il s’agissait de leurs intérêts communs et de leur survie comme groupe. C’est par sa ténacité et par la continuité de ses efforts que Slade se distingue ; l’attention exclusive qu’il portait à ses affaires explique sans doute pourquoi son entreprise se maintint alors que celle de Coghlan s’écroula en 1782. À sa mort, en 1792, sa succession fut évaluée, peut-être d’une façon trop modérée, à £70 000, provenant, selon les mots du Western Flying Post ; or, Sherborne and Yeovil Mercury, de « nombreuses années d’un commerce étendu et lucratif à Terre-Neuve et au Labrador ». Grâce à ses héritiers, sa compagnie continua d’être une force économique et sociale de première grandeur au nord-est de Terre-Neuve et au Labrador jusque dans les années 1860, époque où la famille s’en départit en la vendant.

W. Gordon Handcock

Archives privées, H. Johnstone (Poole, Angl.), Peter Thomson, Diary, 1762.— Dorset Record Office (Dorchester, Angl.), D365/F2–F10 ; P227/OV1.– Maritime History Group Archives, Memorial University of Nfld. (St John’s), Hayter name file ; G. N. Horvath, Social and economic background of Fogo Island as interpreted from the Slade Fogo ledgers, 1783–1792 (copie dactylographiée, 1973) ; John Slade name file.— PANL, GN 2/1, vol. 4, 6 (1766, 1769, 1774–1775) ; Slade & Sons, Fogo, Ledgers, 1782–1784, 1784–1786, 1787–1788, 1789–1792.— PRO, Adm. 7/87 ; BT 6/87, pp.2, 84 ; CO 194/21, 30 ; E 190 ; Prob. 11, 1 239/618.— George Cartwright, A journal of transactions and events, during a residence of nearly sixteen years on the coast of Labrador [...] (3 vol., Newark, Angl., 1792), II : 361s., 459s.— Daniel Defoe, A tour through the whole island of Great Britain, Pat Rogers, édit. (Harmondsworth, Angl., et Baltimore, Md., 1971), 206.— The third report from the committee appointed to enquire into the state of the trade to Newfoundland, G.-B., House of Commons, Reports from committees of the House of Commons (16 vol., Londres, 1803–1820), X : 470.— London Chronicle (Londres), 24 juin 1782.— Western Flying Post ; or, Sherborne and Yeovil Mercury (Sherborne, Angl.), 27 févr. 1792.— Register book of shipping (Londres), 1741–1775.— C. G. Head, Eighteenth century Newfoundland : a geographer’s perspective (Toronto, 1976), 57.— J. P. Howley, The Beothucks or Red Indians : the aboriginal inhabitants of Newfoundland (Cambridge, Angl., 1915 ; réimpr., Toronto, 1974).— Prowse, History of Nfld.— B. C. Short, Poole : the romance of its later history (Londres et Aylesbury, Angl., 1932), 155.

Bibliographie générale

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W. Gordon Handcock, « SLADE, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/slade_john_4F.html.

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Auteur de l'article:   W. Gordon Handcock
Titre de l'article:   SLADE, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   30 août 2014