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Titre original :  Miss Mary Agnes Snively ca. 1901. Courtesy of City of Toronto Archives, Series 1201, Subseries 1, File 3.

Provenance : Lien

SNIVELY, MARY AGNES, éducatrice, infirmière et administratrice d’une école d’infirmières, née le 12 novembre 1847 à St Catharines, Haut-Canada, fille de Martin Snively et de Susan M. Copeland ; décédée célibataire le 26 septembre 1933 à Toronto.

D’ascendance allemande, le père de Mary Agnes Snively naquit à Niagara Falls, dans le Haut-Canada. Il dirigeait une entreprise de fabrication de meubles et de pompes funèbres à St Catharines. Les parents de sa mère avaient émigré d’Irlande quand celle-ci était jeune. Mary Agnes, la troisième de quatre filles survivantes, vécut une enfance heureuse et était très attachée à sa grand-mère Copeland, dont le sens profond de la foi personnelle l’influença considérablement.

Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, Mary Agnes accepta un poste d’institutrice que lui offrit le conseil des écoles publiques de sa ville natale. Selon un inspecteur, c’était une excellente enseignante et une travailleuse fidèle qui exerçait une « merveilleuse influence morale dans ses relations avec les enfants ». Elle enseigna pendant près de deux décennies. Au début des années 1880, ses amies et anciennes collègues enseignantes Louise Darch et Isabel Adams Hampton lui conseillèrent vivement de suivre leur exemple et d’aller étudier à la Bellevue Hospital Training School for Nurses à New York, conçue sur le modèle de l’école de Florence Nightingale, en Angleterre. La mère de Mary Agnes, veuve, refusa d’abord de laisser sa fille s’inscrire, puis revint sur sa décision après une visite de Mlle Hampton. Mary Agnes entra à Bellevue en octobre 1882. Son programme terminé, elle fut engagée, le 1er décembre 1884, comme surintendante au Toronto General Hospital (TGH), où la Training School for Nurses avait été fondée trois ans auparavant par le Dr Charles O’Reilly* et la première surintendante, Harriet Goldie.

Mlle Snively trouvait les conditions au TGH moins que satisfaisantes. L’établissement d’environ 400 lits ne comptait que 7 infirmières responsables des salles et 27 infirmières en formation. Il n’y avait pas d’horaire fixe pour le travail et l’étude, ni de bonne tenue de dossiers, ni de politique pour l’obtention de fournitures. Les infirmières vivaient dans des conditions pitoyables : elles logeaient dans des pièces mal chauffées, au hasard de l’espace disponible dans l’édifice, dormaient sur des paillasses et prenaient leurs repas au sous-sol, face à la salle des chaudières.

Armée de la volonté à toute épreuve qui caractériserait sa carrière de directrice des soins infirmiers, Mlle Snively commença à instituer des changements. Elle réorganisa le programme d’études : elle instaura des cours magistraux donnés régulièrement par des médecins et des cours sur des sujets tels que l’éthique des soins infirmiers, et mit en place un examen écrit à la fin de la période de formation de deux ans. Le lavage de la vaisselle et d’autres tâches domestiques furent confiés à d’autres personnes pour que les étudiantes puissent se concentrer sur leurs responsabilités médicales. Déterminée à améliorer leurs vies et consciente que le raffinement et le confort seraient essentiels pour transformer l’image des soins infirmiers et attirer des femmes de la classe moyenne, elle convainquit le conseil d’administration de l’hôpital de construire une résidence pour les infirmières. Le nouvel édifice, qui abritait une salle à manger, des salons et deux bibliothèques, fut achevé en juillet 1887 (à partir de 1897, Mlle Snively ferait campagne pour obtenir une résidence plus spacieuse, qui serait bâtie en 1900). Grâce à des améliorations graduelles, de jeunes femmes instruites commencèrent à montrer de l’intérêt. En 1891, l’hôpital avait déjà reçu 600 demandes d’admission, dont 57 furent acceptées. À l’instar de sa contemporaine, Gertrude Elizabeth Livingston*, nommée directrice de l’école d’infirmières du Montreal General Hospital en 1890, Mlle Snively s’évertua à renforcer continuellement la réputation de son école et de la profession. En 1894, la Toronto General Hospital Training School for Nurses était déjà la plus grande du pays, et les diplômées étaient engagées dans tout l’Ontario et ailleurs. Cette année-là, Mlle Snively collabora à la création de la Nurses’ Alumnae Association de l’hôpital, première de la sorte au Canada, dont elle fut élue présidente.

En 1897, Mlle Snively fut nommée présidente de la Society of Superintendents of Training Schools for Nurses of the United States and Canada, dont les membres travaillaient de concert pour élaborer des programmes d’études. Elle venait de porter la durée du programme de formation du TGH à trois ans et croyait que, pour atteindre de hauts niveaux en morale, éthique et éducation dans tout le Canada, les infirmières devaient être regroupées au sein d’une organisation : elle fit valoir l’importance d’un programme d’enseignement fixe, d’un examen uniforme et d’un processus d’autorisation. À cette fin, elle rassembla des organisations provinciales et des associations d’anciennes pour former, en 1908, la Canadian National Association of Trained Nurses (CNATN) (qui deviendrait la Canadian Nurses’ Association en 1924). Elle fut nommée première présidente de la CNATN et Flora Madeline Shaw*, de la Montreal General Hospital Alumnae Association, fut désignée secrétaire-trésorière. Mlle Snively créa alors des liens entre la CNATN et le Conseil international des infirmières, dont elle était membre du conseil de direction depuis sa fondation en 1899. Le Conseil international des infirmières accueillit officiellement la CNATN dans ses rangs en 1909, à sa réunion triennale tenue à Londres. À titre de présidente de l’organisme canadien, Mlle Snively fut invitée à déposer une couronne sur le tombeau de la reine Victoria et à prononcer une brève allocution.

Mlle Snively était reconnue pour son immense bonté et son dévouement au bien-être des patients. Elle était une partisane de la discipline stricte et nourrissait des idéaux tenaces valorisant fortement l’enthousiasme, le courage et l’inspiration. Dans un discours qu’elle livra en 1904 à une remise de diplômes à Cleveland, en Ohio (le texte serait publié dans l’American Journal of Nursing), elle parla de la profession comme d’une mission et la qualifia de « la plus noble, la plus féminine, la plus semblable à celle du Christ de toutes les professions ouvertes aux femmes […] Qu’est-ce qui fait d’une femme une bonne infirmière ? La pratique. Qu’est-ce qui fait d’une femme une bonne femme ? La pratique […] La vie n’est pas une sinécure, c’est une éducation. Le monde n’est pas un terrain de jeux, c’est une salle de classe, et le caractère se développe dans le courant de la vie du monde. » Mlle Snively incarnait cette conviction, tout comme la devise que l’école d’infirmières du TGH adopta en 1907, Augere quam acquirere, et traduisit ainsi : Être vaut mieux qu’acquérir.

Le 1er décembre 1909, la Nurses’ Alumnae Association du TGH tint une réception pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire de la nomination de Mlle Snively. On lui offrit un porte-cartes en argent et un chèque de 1 000 $. Puis, le président du conseil d’administration, Joseph Wesley Flavelle, annonça la terrible nouvelle : Mlle Snively avait décidé de prendre sa retraite. Il déclara que l’hôpital lui accorderait une rente viagère de 700 $. Dans une note écrite à son mentor ce jour-là, la diplômée Janet Neilson exprima son admiration : « Jamais nous ne vous avons vue choisir la voie la plus facile parce qu’elle était la plus facile. Nous vous avons toujours vue affronter l’impopularité lorsque la bonne cause était en jeu. Maintes et maintes fois, nous vous avons vue faire fi de la fatigue physique et nerveuse et hisser sur vos épaules votre fardeau, et nous vous savions toujours prête à tendre une oreille attentive et compatissante au cri de douleur. Même si nous avons été loin d’atteindre l’idéal que vous aviez envisagé pour nous, nous n’avons pu échapper à l’influence de votre esprit. » Quand elle quitta son poste l’année suivante, Mlle Snively laissa à celle qui lui succéda, Robina Lamont Stewart, une école reconnue à l’échelle internationale pour ses normes élevées et son influence sur les soins infirmiers d’un bout à l’autre du Canada et aux États-Unis par l’entremise de celles que l’historienne Pauline O. Jardine appellerait ses diplômées « missionnaires ».

Mlle Snively ne resta pas inactive. Une fois retraitée, elle voyagea à l’étranger pendant 14 mois, au cours desquels elle assista à la réunion de 1911 du Conseil international des infirmières, à Cologne, en Allemagne. Elle conserva des relations avec la CNATN ; elle fut archiviste et présidente honoraire de l’association qui la nomma membre à vie en 1921. Elle continua de se consacrer au bien-être des autres dans des œuvres religieuses et sociales. Pendant de nombreuses années, elle anima une classe du dimanche pour Chinois, accepta la présidence de la Woman’s Missionary Society de l’église presbytérienne St James Square et dirigea une mission infirmière qui soignait les pauvres de la ville. Sacrifiant son confort personnel, elle soutint financièrement des aspirants aux études de médecine et des missionnaires à Formose (Taiwan), en Inde et en Chine, et octroya une subvention à une école en Chine.

En prenant sa retraite, Mary Agnes Snively avait quitté son domicile dans la résidence des infirmières pour s’installer dans une pension. En 1931, le conseil d’administration du TGH lui ouvrit les portes du Private Patients’ Pavilion nouvellement construit. Ce fut là qu’elle mourut, à l’âge de 85 ans, après deux mois de maladie. La « mère des infirmières du Canada », comme la revue Canadian Nurse la qualifia, fut inhumée au cimetière Victoria Lawn, à St Catharines. Selon Pauline O. Jardine, elle légua un héritage remarquable : « études supérieures, éthique professionnelle, dévouement au travail et image publique acquise – les infirmières étaient désormais reconnues tant comme des dames que [comme] des professionnelles ».

Diana Mansell

Mary Agnes Snively a publié plusieurs articles, rapports et discours, dont : « Address of President Mary Agnes Snively : fifth annual convention of the Superintendents’ Society, 1898, Toronto, Canada », dans Legacy of leadership […], Nettie Birnbach et Sandra Lewenson, édit. (New York, 1993), 34–39 ; « President’s address », Canadian Nurse (Toronto), 4 (1908) : 524–528 ; et « What manner of women ought nurses to be ? », American Journal of Nursing (New York), 4 (1903–1904) : 836–840.

En 1925, la Nurses’ Alumnae Assoc. a offert un portrait de Mlle Snively au Toronto General Hospital. Le tableau, œuvre de John Wycliffe Lowes Forster, a d’abord été accroché dans la résidence des infirmières, avant d’être installé dans la Univ. Health Network Nursing Centre, situé dans l’Eaton Building de l’hôpital.

On peut trouver de l’information sur Mlle Snively aux City of Toronto Arch., Fonds 234 (Alumnae Assoc., School of Nursing, Toronto General Hospital) ; voir notamment les séries 895, 896, 948 et 1206, ainsi que l’exposition virtuelle des archives intitulée « That I may be of service – guiding hands ».

Daily Mail and Empire (Toronto), 2 déc. 1909, 27 sept. 1933.— J. E. Browne, « A daughter of Canada », Canadian Nurse (Winnipeg), 20 (1924) : 617–620, 681–684, 734–736 ; « In memoriam : Miss Mary Agnes Snively », Canadian Nurse (Montréal), 29 (1933) : 567–570.— Elvie Follett, « Mary Agnes Snively », Toronto General Hospital, School of Nursing, Alumnae Assoc., Quarterly (Toronto), automne 1984 (exemplaire aux City of Toronto Arch., Fonds 234).— History : the School for Nurses, Toronto General Hospital […], M. I. Lawrence, édit. ([Toronto, 1931]).— P. O. Jardine, « An urban middle-class calling : women and the emergence of modern nursing education at the Toronto General Hospital, 1881–1914 », Rev. d’hist. urbaine (Toronto), 17, (1988–1989) : 177–190.— Diana Mansell, « Mary Agnes Snively : realistic optimist », Canadian Journal of Nursing Leadership (Toronto), 12 (1999), 1 : 27–29.— Natalie Riegler, « Mary Agnes Snively, 1847–1933 : leading the way », Registered Nurse (Toronto), mai–juin 1999 : 5–7 (exemplaire aux City of Toronto Arch., Fonds 234).

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Diana Mansell, « SNIVELY, MARY AGNES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 12 déc. 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/snively_mary_agnes_16F.html.

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Auteur de l'article:   Diana Mansell
Titre de l'article:   SNIVELY, MARY AGNES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2017
Année de la révision:   2017
Date de consultation:   12 décembre 2017