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VINCENT, ROBERT, ministre de l’Église d’Angleterre, né vraisemblablement en Angleterre, décédé à Halifax, Nouvelle-Écosse, le 15 novembre 1765.

On ne sait rien de la carrière de Robert Vincent avant août 1761, date à laquelle le Conseil de la Nouvelle-Écosse, sur recommandation du lieutenant-gouverneur, Jonathan Belcher*, le nomma « ministre à Lunenburg [en Nouvelle-Écosse] au salaire de £70, plus £20 par année pour faire les fonctions de maître d’école ». Il avait pour tâche de seconder Jean-Baptiste Moreau, de l’Église d’Angleterre ; celui-ci était pasteur de l’église St John, et sa santé était défaillante. Vu l’insuffisance du traitement que recevait Vincent, Belcher demanda à la Society for the Propagation of the Gospel, en janvier 1762, de désigner Vincent comme missionnaire et instituteur à Lunenburg ; il fut nommé en mars.

Belcher avait un but précis en envoyant Vincent dans un établissement où la langue allemande dominait. Il voulait que les enfants des colons apprennent l’anglais afin que, le temps aidant, l’usage de l’allemand vienne à disparaître ; il escomptait que « la compétence reconnue et la vie exemplaire de M. Vincent le rendent parfaitement acceptable aux Allemands, que les enfants de ceux-ci soient formés par lui selon les principes de la Religion établie et que bon nombre de parents soient arrachés à leurs erreurs ». Au dire de Belcher, il y avait 596 enfants de moins de 12 ans dans l’établissement. À titre de maître d’école, Vincent leur enseignait le catéchisme de l’Église en même temps que la lecture, l’écriture et l’arithmétique. Dans une lettre à la société, Belcher fit aussi remarquer que « l’Assemblée générale de la province avait voté une loi qui faisait de l’Église d’Angleterre la religion officielle de la province ». Cela signifiait que les Allemands de Lunenburg pouvaient retenir les services d’un ministre luthérien de langue allemande mais à la condition d’assurer eux-mêmes son traitement, ce qu’ils refusèrent de faire. Cet appui financier réservé à la seule Église d’Angleterre devait être, par intermittence, la cause de frictions à Lunenberg au cours des quelque 60 années qui suivirent.

Peu après son arrivée à Lunenberg, Vincent prit comme « instituteur adjoint » Gottlob Neuman, qui faisait office de maître d’école auprès des Allemands depuis 1760. À titre d’adjoint de Vincent, Neuman reçut du gouvernement une allocation quotidienne d’un shilling. Vincent ignorait l’allemand et il ne fit aucun effort pour l’apprendre ; Neuman, pour sa part, parlait à peine l’anglais. Vincent insista pour que l’enseignement à l’école fût dispensé uniquement en anglais, ce qui eut pour effet d’éveiller l’hostilité des colons allemands qui avaient fait appel aux services de Neuman afin qu’il instruise leurs enfants des doctrines luthériennes, et ce, en allemand.

Dans son premier rapport à la société, en janvier 1763, Vincent indiquait que sa mission comptait 300 familles et que la plupart des jeunes parlaient anglais. Néanmoins, il est à supposer que leur vocabulaire ait été assez restreint. Vincent fit appel à la société afin d’obtenir une subvention spéciale pour Neuman à titre d’adjoint, et, en août 1764, il appert qu’un traitement annuel de £5 avait déjà été approuvé. En novembre, toutefois, Belcher et Vincent durent solliciter une aide additionnelle de la société, puisque le gouvernement anglais avait supprimé l’allocation qu’il versait à Neuman et interrompu le paiement du loyer de la maison qu’habitait Vincent.

Vincent éprouvait de la difficulté à gagner de nouveaux adhérents à l’Église d’Angleterre. Les Allemands étaient déterminés à rester fidèles à la religion luthérienne ; en avril 1765, Vincent fit rapport que les Allemands avaient « hâte d’avoir un ministre allemand et [qu’ils] avaient préparé le bois nécessaire à la construction d’un temple ». En septembre de l’année précédente, il s’était plaint qu’« un enthousiaste [calviniste] avait entrepris d’exhorter la congrégation après les offices religieux ». Vincent disait des Indiens de la région qu’ils étaient « une bande de nomades ne demeurant jamais longtemps dans une même place [...] réfractaires aux cérémonies de l’Église d’Angleterre lesquelles n’ont pas ce côté spectaculaire de celles de l’Église de Rome ».

En novembre 1764, Vincent commença à se plaindre de sa santé et, en mars 1765, il offrit d’abandonner son salaire de maître d’école car, disait-il : « de violentes fièvres ont affecté mes yeux et je ne puis plus agir comme surintendant de l’École ». En juin, le révérend John Breynton* de Halifax avertit la société que la santé de M. Vincent déclinait et il souhaita que celui qu’on désignerait pour lui succéder fût capable d’officier en anglais et en allemand. Breynton avertit la société en octobre que la santé de Vincent était maintenant tout à fait compromise et qu’il était rendu à Halifax « en route pour l’Angleterre, mais trop malade pour écrire à la Société ».

La gravité de son état empêcha Vincent d’entreprendre alors la traversée et il demeura à Halifax où il mourut de tuberculose le 15 novembre. Il fut inhumé dans le cimetière de l’église St Paul. La Society for the Propagation of the Gospel versa une allocation à sa femme pendant le temps qu’elle demeura encore à Halifax ; elle s’embarqua l’été suivant pour l’Angleterre.

C. E. Thomas et John St. James

PANS, RG 1, 164.— St Paul’s Church (Halifax), Parish registers, 15 nov. 1765. USPG, B, letters 15,16, 20, 50, 55, 59, 60, 61, 64, 65, 67, 71, 75, 95 (copies aux PANS, USPG mfm, reel 15).— Bell, Foreign Protestants.

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C. E. Thomas et John St. James, « VINCENT, ROBERT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/vincent_robert_3F.html.

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Auteur de l'article:   C. E. Thomas et John St. James
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   21 décembre 2014