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WILLIAMSON, GEORGE, officier, né vers 1704, probablement en Angleterre ; il eut au moins un fils, Adam, qui, à titre d’officier du génie, servit en Amérique du Nord pendant la guerre de Sept Ans, et qui par la suite s’éleva jusqu’au grade de lieutenant général ; décédé le 10 novembre 1781 à Woolwich (Londres).

George Williamson entra dans le Royal Regiment of Artillery comme cadet le 1er février 1722 et reçut une commission d’enseigne le 1er novembre 1727, de lieutenant en second le 1er octobre 1731 et de lieutenant le 1er décembre 1737. Stationné à Minorque de 1731 à 1746, il fut promu capitaine le 1er juillet 1740. Williamson participa aux campagnes des Flandres de 1746 à 1748, devenant major le 22 juin 1747. Dix ans plus tard, il était promu lieutenant-colonel.

En 1756 ou au début de 1757, Williamson se porta volontaire pour servir en Amérique et, à cause de sa réputation d’ « officier excellent et soigneux », il fut nommé commandant de l’artillerie dans l’armée de lord Loudoun, qu’on était à rassembler en vue d’une expédition contre Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton). Williamson arriva à Halifax, Nouvelle-Écosse, le 8 juillet 1757 avec 76 pièces d’artillerie ; grâce à ce renfort, l’armée disposait d’environ 100 canons, obusiers et mortiers, que servaient environ 300 hommes. Pendant l’été, Williamson éleva une batterie pour protéger l’entrée du port de Halifax.

Après que ses supérieurs eurent décidé, en août, de ne pas attaquer Louisbourg cette année-là, Williamson partit pour New York et Albany. Il passa l’hiver à ce dernier endroit à inspecter, à organiser et à réquisitionner armes, munitions, équipement et provisions pour la prochaine campagne. À l’instar d’autres officiers d’artillerie de son temps, il se trouvait dans une position plutôt difficile, car il relevait à la fois du commandant en chef pour l’Amérique du Nord et du Board of Ordnance d’Angleterre. Mais, officier de longue date bien au fait des habitudes de l’armée, Williamson agit diplomatiquement avec l’une et l’autre autorité, si bien qu’aucune difficulté inhabituelle ne se présenta. Dans sa manière de commander, il cherchait à la fois à maintenir une stricte discipline et à traiter ses officiers et ses hommes avec justice et impartialité. Une de ses préoccupations constantes, au cours de cette période, fut d’obtenir une promotion au poste de colonel commandant du nouveau bataillon qu’on était sur le point d’adjoindre au Royal Regiment of Artillery. Williamson fut toujours très sensible aux questions d’ancienneté, de préséance et d’éventuels profits ; il cherchait les promotions avec avidité, probablement parce qu’il paraît avoir été un peu plus âgé que d’autres officiers du même grade que lui.

À l’été de 1758, Williamson commanda l’artillerie au cours du siège de Louisbourg, effectué par Amherst. Il disposait d’environ 300 hommes et de 145 pièces d’artillerie, dont 85 canons de gros calibre et mortiers. Technicien expert, tout à fait rompu aux nombreuses complexités de son arme, Williamson eut, semble-t-il, la responsabilité de préparer le principal bombardement de la forteresse, qui commença le 22 juillet. À la reddition de Louisbourg, cinq jours plus tard, commanda le détachement qui hissa le drapeau britannique sur ses remparts. Il fit ensuite l’inventaire de l’artillerie, de l’équipement et des provisions, tant britanniques que français, en vue de la campagne projetée contre Québec, et travailla à remettre en état de défense les fortifications endommagées. Quand on eut décidé de ne pas attaquer Québec avant 1759, l’armée fut dispersée ; Williamson, pour sa part, reçut l’ordre de se rendre à Halifax afin de préparer la campagne suivante. Il y arriva au début de septembre mais, ayant trouvé les magasins et les casernes inadéquats, il se rendit à Boston. Il passa l’hiver aux préparatifs de l’expédition contre Québec. En février 1759, il était à New York ; il se rendit aussi à Newport (Rhode Island), Boston et Louisbourg, au printemps. Très occupé, il ne l’était pas assez toutefois pour ne point continuer à solliciter le commandement d’un bataillon, en même temps que sa promotion au grade de colonel en titre de l’armée (il avait été nommé au grade de colonel en Amérique à la fin de 1758). Le 4 juin 1759, il quittait Louisbourg avec l’armée de Wolfe*.

Au siège de Québec, cet été-là, Williamson commanda le détachement des 330 artilleurs. En juillet, sur les ordres de Wolfe, il mit en place trois batteries, formées de sept mortiers et de 12 canons de gros calibre, sur les hauteurs de Pointe-Lévy (Lauzon), face à la ville. Ces pièces tirèrent près de 4 500 obus et plus de 11 500 boulets, qui infligèrent à la haute comme à la basse ville de sérieux dommages. Au début de septembre, Williamson ajouta aux batteries huit canons ; et, en dépit de problèmes de santé continuels, il resta à son poste à Pointe-Lévy. Quand l’armée atteignit les plaines d’Abraham, au matin du 13 septembre, son chef artilleur commandait un petit détachement de canonniers, qui entretinrent un feu nourri tout au long de la bataille. Williamson affirma que Montcalm* avait été blessé à mort par la mitraille d’un canon. Bien qu’il ait dit qu’il y avait sur le champ de bataille six canons légers et deux petits obusiers, la plupart des récits ne font état que de deux canons légers ; il n’est pas impossible que Williamson ait cherché, en grossissant les chiffres, à attirer l’attention du Board of Ordnance sur la diligence dont il avait fait preuve. Il attribua le succès de cette journée à une combinaison de chance, de calcul et de persévérance, et il rapporta comme suit les derniers mots de Wolfe : « Je remercie Dieu pour [la victoire] et maintenant je meurs content. » Après la reddition de Québec, Williamson, de nouveau, dirigea l’installation des couleurs britanniques, puis, comme à Louisbourg, il s’occupa à évaluer l’équipement et les provisions tombés aux mains il des Britanniques, et à remettre la ville en état de défense. Il reçut ensuite l’ordre de partir pour Boston. De là, il écrivit au marquis de Granby, commandant du contingent britannique en Allemagne, et au vicomte Ligonier, commandant en chef et maître général du Board of Ordnance, deux vieilles connaissances du temps des campagnes des Flandres, pour demander leur aide en vue d’obtenir le commandement d’un bataillon. Pendant que ses lettres voyageaient sur l’océan, il fut promu colonel commandant du nouveau troisième bataillon (20 novembre 1759), sans doute sur la recommandation d’ Amherst. En apprenant sa promotion en février 1760, le nouveau colonel entreprit immédiatement une campagne pour obtenir le grade de général de brigade. Il passa un hiver affairé à préparer la prochaine campagne ; de janvier à août 1760, ses fonctions l’amenèrent à New York, Albany et Oswego.

Ayant reçu le commandement de l’artillerie dans l’armée d’Amherst, cet artilleur compétent et grand travailleur s’intéressa à la guerre navale pendant la remontée du Saint-Laurent, en août 1760. Il arma d’un canon, avec les hommes pour le servir, cinq embarcations à rames ou canots qui, le 17 août, attaquèrent l’Outaouaise, un navire français de 150 tonneaux, portant un équipage de 100 hommes et armé de 10 canons, dont ils s’emparèrent. Amherst fut si content de ce succès qu’il baptisa la prise la « Williamson Frigate ». De retour à une routine plus familière, le colonel commanda les batteries au siège du fort Lévis (à l’est de Prescott, Ontario), où un feu continuel de 60 heures, nourri par 16 canons, força le capitaine Pierre Pouchot* à se rendre. De nouveau, Williamson dirigea la pose du drapeau britannique.

Après la capitulation de Montréal, en septembre, Williamson partit pour New York. Il eut alors le commandement de détachements dispersés dans divers forts ; son temps était consacré à des questions de routine concernant l’administration, la discipline et l’approvisionnement. Au printemps de 1761, il entreprit la tâche difficile de tirer des forts et des garnisons des hommes, des canons, de l’équipement et des ravitaillements pour les diriger sur New York, où ils devaient être rassemblés en vue d’une expédition contre les Antilles françaises. Ce travail, qu’il mena surtout à partir d’Albany, comportait aussi une redistribution considérable des ressources parmi les postes. Williamson n’accompagna pas l’expédition du major général Robert Moncicton, qui mit à la voile pour la Martinique en novembre ; il resta avec Amherst à New York. En octobre 1762, il fut remplacé, semble-t-il, comme commandant de l’artillerie en Amérique du Nord, puisqu’il devait rentrer en Angleterre ce même mois.

Le 20 novembre 1762, Williamson fut promu major général. Pendant tout le reste de sa carrière, il fut stationné au quartier général et dépôt du régiment, à Woolwich, où il resta le commandant actif de son bataillon. L’un des principaux informateurs de John Knox dans la rédaction de son récit de la guerre en Amérique du Nord, il donna aussi son appui à William Congreve, un innovateur, qui travaillait à améliorer l’artillerie sur le plan technique. Le 25 mai 1772, il était promu lieutenant général. Commandant d’artillerie compétent, dont le travail fut un élément important dans les batailles décisives de Louisbourg et de Québec, George Williamson contribua d’une façon significative à la victoire britannique au cours de la guerre de Sept Ans.

Peter E. Russell

Les APC conservent un portrait de George Williamson reproduit dans Knox, Hist. journal (Doughty), II.

APC, MG 18, N21.— PRO, WO 34/78 ; 34/82–83 ; 34/119–121 ; 34/127 ; 34/129 ; 34/135–136 ; 34/147 ; 34/153–154.— Knox, Hist. journal (Doughty), I : 7, 209 ; II : 541, 552s. ; III : 87, 339s.— G.-B., WO, Army list.— Officers of the Royal Regiment of Artillery, John Kane, compil. (4e éd., Londres, 1900), 2.— McLennan, Louisbourg, 262s.

Bibliographie générale

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Peter E. Russell, « WILLIAMSON, GEORGE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/williamson_george_4F.html.

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Auteur de l'article:   Peter E. Russell
Titre de l'article:   WILLIAMSON, GEORGE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   30 août 2014