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YOUNG, RICHARD, ministre et évêque de l’Église d’Angleterre, né le 7 septembre 1843, fils d’Anthony William Young, marchand, et de sa femme Mary ; baptisé le 4 octobre à Sculcoates, Angleterre ; en 1873, il épousa Julia Henstley Harrison, et ils eurent trois fils et une fille ; décédé le 12 juillet 1905 à Southborough, Kent, Angleterre.

Richard Young fit ses études à la Louth Grammar School, puis au Clare College de Cambridge, où il obtint en 1868 sa licence ès arts. Ordonné diacre la même année, il fut vicaire à Halesowen, puis, après avoir accédé au sacerdoce le 23 mai 1869, fut nommé curé de Fulstow. De tendance évangélique, Young s’intéressa aux missions dès le début de sa carrière. En 1872, il devint secrétaire à l’organisation pour la Church Missionary Society dans la circonscription ouest du Yorkshire. Il sollicitait des fonds pour les missions de la société dans le monde entier et recrutait des jeunes gens pour le travail missionnaire. Puis, en 1875, la Church Missionary Society le nomma dans la paroisse St Andrews (Winnipeg), au Manitoba.

À St Andrews, Young exerçait son ministère auprès d’une population où les colons sang-mêlé et les colons d’origine européenne étaient également représentés. Il faisait aussi du travail missionnaire auprès des Sauteux d’une réserve voisine. Il remplissait en outre la fonction d’inspecteur d’écoles, était membre du conseil de la St John’s College Ladies’ School et militait pour la tempérance. Moins de deux ans après son arrivée, il lança une campagne à long terme afin de favoriser un sentiment d’autosuffisance chez ses paroissiens. Son but était que la paroisse en vienne à subvenir aux besoins du ministre et de l’église au lieu de dépendre des subventions de la Church Missionary Society. Ses efforts ne donnèrent pas immédiatement de résultats, parce que les paroissiens n’avaient pas coutume de soutenir des institutions religieuses et parce que, à la fin des années 1870, ils subirent une série de mauvaises récoltes. Cependant, il semble que la paroisse ait acquis plus d’indépendance financière au début des années 1880.

Young fut nommé au comité des finances du diocèse de la terre de Rupert en 1877 et il y resta jusqu’en 1885. C’était un comité puissant : il rendait compte à la Church Missionary Society de la manière dont le diocèse avait dépensé sa subvention annuelle et s’occupait de toutes les questions relatives à l’administration des missions, notamment la nomination et l’affectation des missionnaires, la discipline du personnel, l’étude des problèmes et des possibilités liés au travail. L’expérience que Young acquit à titre de secrétaire correspondant (et, en réalité, de contrôleur) du comité des finances le prépara bien à ses futures responsabilités épiscopales.

Au début des années 1880, l’évêque d’Athabasca, William Carpenter Bompas, demanda à la Church Missionary Society de subdiviser son vaste diocèse à la hauteur du 60e parallèle. Il faisait valoir que les nombreux colons blancs dont on escomptait l’arrivée dans le district de la rivière de la Paix auraient besoin d’un évêque, et il décelait en Young un candidat possible. La Church Missionary Society approuva la subdivision en 1882 et le synode provincial du diocèse de la terre de Rupert l’entérina l’année suivante. Young, qui avait participé à la vérification du budget du diocèse d’Athabasca, se vit confier la tâche de faire une tournée en 1884 afin de déterminer les limites du nouveau territoire. Celui-ci devait correspondre en gros à la partie septentrionale de ce qui est aujourd’hui l’Alberta. Le 29 août 1884, Young accepta, non sans réticence, la charge du diocèse, qui conserva le nom d’Athabasca. C’est donc le 18 octobre, en la cathédrale St John’s de Winnipeg, qu’eut lieu la première intronisation d’un évêque anglican dans l’ouest du Canada. De tendance évangélique, comme Bompas, il s’insérait bien dans les traditions de l’Église de l’Ouest.

Après avoir accompli, de 1884 à 1886, une tournée en Angleterre au cours de laquelle il recueillit des fonds pour le nouveau diocèse, Young vécut avec sa famille au fort Vermilion (Fort Vermilion, Alberta), puis à Athabasca Landing (Athabasca). Pendant ses 20 années d’épiscopat, il prit diverses mesures pour assurer la survie du diocèse. Il s’efforça d’en consolider la situation financière et d’en réduire la dépendance à l’égard de la Church Missionary Society. Ainsi, il sollicita, auprès du commissaire des Affaires indiennes, des fonds pour les cinq ou six écoles de mission. Il continua de tenir des synodes diocésains régulièrement (tous les trois ou quatre ans) et visita fréquemment ses diverses missions, dont les plus éloignées étaient, à l’ouest, le fort Dunvegan (Dunvegan), au nord le fort Chipewyan et, dans le sud, Wabasca et le Petit Lac des Esclaves. Quand des missionnaires étaient en congé, il les suppléait.

Dès le début de son épiscopat, Young considéra le travail missionnaire auprès des peuples autochtones, population sang-mêlé comprise, comme le « premier et principal objet » de ses efforts et de ceux de son clergé. En 1892, il dota le diocèse d’une presse à imprimer afin de publier la Bible et d’autres documents religieux en écriture syllabique, dans la langue des Cris et des Castors. Il encourageait ses prêtres à apprendre les langues des Cris, des Castors et des Esclaves, et il les étudia lui-même, sans succès cependant. Bien disposé, dans l’ensemble, envers les autochtones, il reprochait au gouvernement du dominion de manquer de sincérité dans ses rapports avec eux, surtout dans les négociations relatives aux traités qui eurent lieu au cours des décennies 1880 et 1890. Il accusait le gouvernement de ne pas assez pourvoir à leur éducation et, rappelant l’exemple du Manitoba, s’opposait à la délivrance de certificats de concession de terre. Par contre, il ne croyait pas tellement à la possibilité de créer un clergé autochtone, même si telle était la volonté de la Church Missionary Society. Du temps où il desservait la paroisse St Andrews, il avait cru comprendre que ses fidèles sang-mêlé souffraient de leur ascendance autochtone, et il était convaincu que les Cris, les Esclaves et les Castors d’Athabasca avaient été corrompus par leurs relations avec les trafiquants blancs. Encore en 1900, il notait que l’« instabilité » de la vie des autochtones ne favorisait pas l’établissement d’« une Église autosuffisante et autonome ».

Pendant l’épiscopat de Richard Young, l’Église d’Angleterre gagna peu de convertis, sans doute parce que lui-même posait des exigences sévères quant au baptême et à la confirmation, mais probablement aussi à cause de la concurrence de l’Église catholique. Comme bon nombre de ses collègues protestants, il était férocement anticatholique, et il ne cessa jamais de lutter contre ce qu’il considérait comme des incursions de missionnaires catholiques dans son diocèse [V. Isidore Clut]. Bien que son sacerdoce et son épiscopat n’aient été marqués par aucun changement radical d’orientation ni par aucune nouvelle initiative évangélique, c’est grâce à lui que des missions et des églises vinrent à s’établir dans tout le diocèse. Il démissionna le 31 décembre 1903 pour des raisons de santé et se retira en Angleterre, où il mourut un an et demi plus tard.

Michael Owen

AN, MG 17, B2, C, C.1/O, Young à Wright, 18 juin 1877, 21 févr. 1880 ; Young à Fenn, 26 nov. 1879 ; G, C.1/O, Bompas à la Church Missionary Soc., 16 mai 1882 (mfm).— Hereford and Worcester County Record Office (Worcester, Angleterre), Ordination papers of Richard Young as deacon, 1868 (dont une copie de l’acte de baptême (Sculcoates, Yorkshire, RBMS, 4 oct. 1843).— Lincolnshire Arch. (Lincoln, Angleterre), LOUTH G S C/I/2 (Louth Grammar School records), 1853–1857.— Provincial Arch. of Alberta (Edmonton), ACC, Diocese of Athabasca records, A.280–281.— Edmonton Bulletin, 14 juill. 1905.— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898).— C. H. Mockridge, The bishops of the Church of England in Canada and Newfoundland [...] (Toronto, 1896).— O. R. Rowley et al., The Anglican episcopate of Canada and Newfoundland (2 vol., Milwaukee, Wis., et Toronto, 1928–1961).

Bibliographie générale

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Michael Owen, « YOUNG, RICHARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/young_richard_13F.html.

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Auteur de l'article:   Michael Owen
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   1 août 2014