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GROVES, ABRAHAM, médecin, chirurgien, auteur, homme d’affaires, homme politique et administrateur d’hôpital, né le 8 septembre 1847 à Peterborough, Haut-Canada, fils d’Abraham Groves et de Margaret Gibson ; le 22 octobre 1874, il épousa à Elora, Ontario, Jennie Gibbon (décédée en 1886), et ils eurent un fils et une fille, puis le 26 janvier 1911, à Toronto, Ethel May Burke (1877–1964), et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé le 12 mai 1935 à Fergus, Ontario.
Les parents d’Abraham Groves étaient encore enfants quand ils émigrèrent d’Irlande avec leurs familles respectives. Son père, qui portait aussi le prénom d’Abraham, venait de la paroisse d’Aghowle, dans le comté de Wicklow, et sa mère, Margaret, du comté de Down. En 1825, Abraham Groves père, ses deux frères, une sœur et leur mère devenue veuve, également prénommée Margaret, partirent de Cork à bord du navire John Barry au cours de la deuxième vague d’immigration dans le Haut-Canada dirigée par Peter Robinson* ; la demande d’émigration de la mère mentionne qu’elle « a[vait] été toute sa vie habituée au travail agricole, et [que] sa famille fai[sait] partie de la classe supérieure de tenanciers irlandais ». Les notes du bateau comprennent ce passage : « Une famille excellente, des protestants, la mère est une femme digne. Les garçons sont très enthousiastes et attentifs. » La famille s’établit dans le canton d’Emily, près de Peterborough. Abraham Groves père figurait parmi les loyalistes qui s’opposèrent à la rébellion de 1837 menée par William Lyon Mackenzie*. Il rencontra sa future femme à Peterborough : Margaret Gibson, fille de Gideon Gibson, instituteur et ancien combattant de l’armée britannique blessé à Queenston Heights, à proximité de l’endroit où l’on abattit Isaac Brock* pendant la guerre de 1812. Les Gibson étaient arrivés au Canada en 1832 ; au cours de leur voyage éprouvant avait éclaté une épidémie de choléra, dont la première victime expira sur les genoux de Margaret.
Abraham Groves père et Margaret Gibson se marièrent en 1839 et s’installèrent dans le canton d’Emily. Ils eurent 13 enfants ; parmi ceux qui ne moururent pas en bas âge, Abraham occupait le deuxième rang. En 1856, à bord d’un traîneau tiré par des bœufs, la famille partit s’établir sur un lot de forêt vierge de 200 acres, acheté au coût de neuf dollars l’acre, dans le canton de West Garafraxa et le comté de Wellington, près de Fergus. Abraham et son frère William John, qui avaient alors respectivement 9 et 12 ans, participèrent au défrichement et travaillèrent à la ferme. Leur père devint commissaire scolaire et marguillier de l’église anglicane St James à Fergus, et leur mère confectionnait des vêtements pour ses enfants à partir d’étoffes qu’elle tissait elle-même.
Abraham Groves fils étudia d’abord dans une école de rondins qui ne comptait qu’une pièce. Il poursuivit sa formation à la Fergus Grammar School, dont le directeur, Cyrus Miner, qui refusait d’infliger des châtiments corporels et détestait le tabac, l’impressionna fortement. Un recueil de lieux communs – qu’Abraham commença durant cette période et garderait toute sa vie – montre une connaissance approfondie du latin et du grec, et un intérêt pour la poésie, surtout celle de lord Byron. Quand le jeune reçut son diplôme en 1867, sa famille vendit alors un terrain pour lui permettre d’étudier la médecine à Toronto. Pensionnaire au Knox College, il entra à la Toronto School of Medicine. Plusieurs étudiants de sa promotion deviendraient d’éminents médecins, dont Thomas Joseph Workman Burgess* et William Osler*. Le nouveau test en anatomie du Medical Council of Ontario, introduit en 1870 par son examinateur en chef, le professeur Michael Sullivan, contribua peut-être en partie à leur succès. Les enseignants James Bovell* et William Thomas Aikins* exercèrent une profonde influence sur Osler et Groves. La fermeture du Toronto General Hospital pendant un an en raison de difficultés financières ainsi que des disputes entre les facultés des trois écoles de médecine de la ville perturbèrent leur éducation. Quelques étudiants, dont Osler, partirent s’inscrire à la McGill University de Montréal. Groves resta à Toronto pour étudier auprès d’un médecin du coin, avec qui il avait l’intention de s’associer une fois diplômé. Groves accéléra sa formation ; en 1871, il passa ses examens pour obtenir son permis de pratique en Ontario et reçut une licence en médecine de la University of Toronto. Le coût total de ses études, dont ses frais de pension, s’éleva à environ 740 $. À cette époque-là, il acheva également un entraînement d’officier de base à la School of Military Instruction de la ville. En 1873, il décrocha son doctorat en médecine ; il présenta sans doute une thèse, mais celle-ci semble disparue et on ignore son sujet.
Au sortir de l’université, Groves retourna à Fergus : le médecin avec qui il avait l’intention d’exercer était mort et il ne disposait pas des fonds nécessaires pour ouvrir son propre cabinet à Toronto. À Fergus, il travailla deux ans avec le docteur John Munro, à titre d’associé débutant, et logea dans une chambre au-dessus de la clinique de ce dernier. Groves forma ensuite un partenariat avec le docteur John Wishart ; celui-ci partit à London après un an et deviendrait le premier professeur de chirurgie de la University of Western Ontario. Le docteur Thomas Chisholm se joignit alors à Groves ; ils exercèrent ensemble pendant une année. Groves se mit subséquemment à pratiquer la médecine seul. À l’exception d’une courte collaboration avec le docteur Thomas F. McMahon, il travaillerait en solitaire durant 50 ans, puis son fils, Abraham William, s’associa à lui. D’autres médecins consultaient fréquemment Groves pour des cas compliqués, surtout s’il fallait opérer. Dans les années 1870, il se trouva en rivalité avec le plus éminent médecin de la région, George Turner Orton, aussi officier de milice et député de Wellington Centre. L’animosité entre les deux hommes, qui débuta peut-être quand Groves corrigea une erreur de diagnostic d’Orton, causa des problèmes à Groves jusqu’à l’établissement d’Orton dans l’Ouest canadien, au commencement des années 1880.
Pendant la majeure partie de sa carrière, et en particulier avant la fondation de son propre hôpital en 1902, Groves opéra ses patients à domicile, souvent après de longs déplacements à cheval, en calèche, en traîneau ou en automobile. Il continuerait de circuler ainsi tout au long de ses années de pratique : un jour d’hiver en 1926, alors âgé de plus de 75 ans, il parcourut 12 milles en traîneau pour se rendre à Arthur soigner une hernie, 22 milles de plus jusqu’à Harriston pour réaliser une intervention similaire, puis 34 milles pour retourner à Fergus. Il travaillait généralement sur la table de la cuisine ; s’il n’y avait pas de médecin ou d’infirmière des environs pour l’aider, il demandait parfois à un proche du patient de l’éclairer ou de maintenir l’anesthésique. Il utilisait les poils de la queue d’un cheval pour suturer les plaies et les incisions. Même s’il n’avait jamais vu un abdomen ouvert au cours de sa formation médicale, Groves se révéla vite un chirurgien adroit. Sa réputation s’accrut pendant son assistanat auprès du docteur Munro. Durant ces deux années, il empêcha un homme de mourir étouffé en faisant une trachéotomie, et une femme de succomber à une hémorragie post-partum en lui transfusant du sang de son mari. On procédait rarement à de telles interventions dans les années 1870 et Groves fut peut-être le premier à les faire au Canada.
Le 5 juillet 1873, Groves soigna une patiente pour un kyste ovarien volumineux qu’on avait traité par aspiration à de nombreuses reprises. Avec l’aide du docteur Wishart, et sous le regard de plusieurs médecins du coin, il anesthésia la femme et excisa le kyste par laparotomie. On venait probablement d’exécuter cette opération peu commune pour la première fois au Canada. Fait encore plus remarquable, Groves fut possiblement le premier médecin au monde à combiner des techniques d’asepsie et d’antisepsie pour prévenir les infections postopératoires, ce qui deviendrait et demeurerait la pratique courante. Il soupçonnait que les infections chirurgicales se propageaient par les fluides, comme dans le cas de la typhoïde. On tiendrait sa théorie et ses méthodes pour plus exactes que celles du médecin britannique Joseph Lister, qui employait une vapeur antiseptique pour empêcher la transmission des infections dans l’air.
Très tôt dans sa carrière, Groves adopta des techniques de stérilisation de l’équipement, de lavage des mains et d’irrigation chirurgicale. Des années plus tard, en commentant une opération réalisée en 1883, il affirma qu’il prenait alors déjà des mesures rigoureuses pour parer aux infections : « Avant cela, j’avais commencé à consacrer beaucoup de temps à nettoyer la peau à l’endroit de l’incision, par un brossage minutieux avec du savon et de l’eau. Pour que mes mains soient propres, j’utilisais six brosses ayant baigné dans de l’eau bouillante et je me les lavais au moins une demi-heure avec de l’eau préalablement bouillie. J’avais appris et appliqué le grand principe sur lequel s’appuie la directive “nettoyer et être propre”, et je n’ai jamais connu de meilleurs résultats qu’en suivant cette simple formule. » En 1885, il employait des gants d’équitation en caoutchouc stérilisés pour réduire le risque de transmettre une infection d’un patient à un autre. À l’époque, on ne rendit pas compte de cette pratique sans précédent, mais, de nombreuses années plus tard, des témoignages la confirmeraient.
Porté par ses débuts prometteurs, Groves continua de faire croître son cabinet. Il devint le premier chirurgien au Canada, et dans certains cas en Amérique du Nord, à réaliser des interventions particulières, dont une lithotomie sus-pubienne (1878), une appendicectomie (1883), une prostatectomie (1885) et une hystérectomie vaginale (1889). D’autres chirurgiens n’imitèrent pas certaines de ses opérations, pourtant couronnées de succès, comme la césarienne exécutée en incisant le dôme vaginal plutôt que l’utérus. Groves était doué techniquement, même selon les critères du xxie siècle ; par exemple, il retira un jour les calculs vésicaux d’un homme de 300 livres en l’opérant dans une chambre.
La plupart des publications de Groves, qui traitent d’un grand nombre de sujets relatifs à la chirurgie, consistent en des résumés de ses conférences prononcées devant des sociétés de médecine, principalement l’Ontario Medical Association, qu’il aida à mettre sur pied. Il fit paraître la majorité de ses articles dans le Canada Lancet, le Dominion Medical Monthly et le Canadian Practitioner de Toronto, ainsi que dans le Canada Medical and Surgical Journal de Montréal (connu à partir de 1888 sous le titre Montreal Medical Journal). Peu après la découverte des rayons X par le scientifique allemand Wilhelm Conrad Röntgen en 1895, Groves se procura une bobine d’induction et commença des expériences avec la radiation. Son texte publié dans le Canada Lancet en 1903 constitue le premier article sur la radiothérapie au Canada.
Malgré toutes ses réalisations, Groves se retrouva au cœur de plus d’une controverse. Dans les années 1880, son enthousiasme à résoudre les problèmes par la chirurgie lui attira les critiques de médecins de Guelph, qui se plaignirent de son « utilisation trop libre du scalpel » dans ses fonctions de médecin des pensionnaires de la House of Industry dans le comté de Wellington. À deux occasions, en 1879 et en 1887, on enquêta sur Groves à la suite d’accusations de vol de cadavres pour obtenir des os à des fins d’enseignement. Il échappa à la justice, mais, selon les documents disponibles, s’il ne pilla pas des tombes lui-même, il conspira avec d’autres en ce sens. Au cours de l’incident de 1887, son frère James Oliver, tout juste admis à la pratique de la médecine, et deux étudiants en médecine fuirent aux États-Unis après qu’on les eut surpris en train de livrer à un laboratoire d’anatomie de Toronto la dépouille d’une femme de Fergus récemment inhumée. James Oliver ouvrit un cabinet à Rochester, dans l’État de New York ; non seulement Abraham correspondit avec l’un des exilés, mais il lui donna de l’argent, le mit en contact avec un médecin de Detroit et lui fit parvenir des os d’un vol précédent.
Au fur et à mesure que sa clientèle augmentait, Groves utilisait ses gains pour investir dans sa région. Au début des années 1880, il fit construire un édifice commercial de style Second Empire dans la rue principale de Fergus et acheta une meunerie de l’endroit qu’il géra avec son frère Gibson. En 1890, afin de soutenir l’entreprise, Groves songea à mettre sur pied un système d’eau pressurisée qui aiderait le village à combattre les incendies ; il opta plutôt pour une centrale électrique, qu’il ouvrit en 1891. En 1893, l’année même où Gibson devint le directeur des installations, un litige relatif aux prix avec le conseil municipal incita Abraham à commencer à approvisionner également la localité voisine d’Elora ; cela constitue l’un des premiers exemples de transmission d’électricité d’une municipalité à une autre au Canada. Groves desservirait Fergus et Elora pendant plus de 20 ans. En 1913, Adam Beck* parcourut l’Ontario au nom de la Commission d’énergie hydroélectrique de la province afin de promouvoir une source d’énergie économique et plus fiable. Groves avait contracté plusieurs hypothèques pour la fondation de l’usine, qui avait coûté environ 40 000 $ ; or, la commission ne lui offrit que 2 900 $ pour son système de transmission et rien pour son système de production énergétique, considéré comme obsolète et cher à exploiter. À contrecœur, Groves vendit son entreprise selon ces conditions en mars 1914. Il plongea dans une dépression nerveuse et quitta brusquement le village. Il se reposa pendant un mois chez James Oliver à Rochester, puis retourna à Fergus, rasé de près pour la première fois de sa vie adulte.
Groves s’investit également dans la politique locale. Il devint conseiller municipal en 1882 et fut élu président du conseil trois ans plus tard. Cependant, il dut bientôt démissionner en raison d’un conflit d’intérêts avec ses fonctions de médecin à la House of Industry. Avant les élections fédérales de 1891, on le considérait comme un candidat potentiel pour les tories dans la circonscription de Wellington Centre, mais il ne participa pas au scrutin. Groves brigua toutefois un siège au Parlement en 1896, d’abord en se liant à la Protestant Protective Association, puis, gêné par les propos hostiles envers les catholiques et les immigrants tenus par certains membres de l’organisation, en se présentant à titre d’indépendant. Parmi les quatre candidats dans Wellington Centre, il arriva troisième en récoltant 16 % du vote populaire.
Groves avait un caractère romantique. Une mèche de cheveux, ayant vraisemblablement appartenu à un amour d’adolescence du nom de « Mademoiselle Baxter », se trouve dans le fonds Abraham Groves des Archives publiques de l’Ontario. Son recueil de lieux communs contient des conseils de séduction, de même que de tendres poèmes adressés à sa première femme, Jennie, dont certains paraîtraient dans un petit volume intitulé Stray thoughts. Il évoque l’amour qu’avaient ses parents l’un pour l’autre dans des réflexions accumulées pour son autobiographie, et conserva toute sa vie un profond attachement à son frère et ses sœurs, qui l’aidèrent à élever sa jeune famille quand Jennie mourut de la tuberculose en 1886. En 1911, il épousa Ethel May Burke, de 30 ans sa cadette, anciennement infirmière principale à son hôpital. Leur union affectueuse dura jusqu’à la mort de Groves, en 1935. Ethel May ne se remaria jamais et passa les 29 années suivantes à célébrer la mémoire et les projets de son défunt mari. Dans les dernières années de sa vie, Groves posséda deux animaux de compagnie inusités : un alligator, nommé Alpheus, qui disparut une nuit (on finirait par retrouver son squelette sous le plancher de la grange), et un perroquet parlant, Polly, sur lequel il écrivit des poèmes humoristiques et qu’il amenait avec lui dans ses tournées pour divertir les patients.
Groves entretenait un conflit de longue date avec les hôpitaux de Guelph, qui lui refusaient certains privilèges. En 1901, le conseil municipal de Fergus ne lui accorda aucun soutien financier pour la construction d’un hôpital. Groves fit alors rénover le manoir bâti par James Webster, cofondateur du village, puis, l’année d’après, y ouvrit le Royal Alexandra Hospital (il avait obtenu du palais de Buckingham la permission d’utiliser la désignation royale et le nom de la reine Alexandra). Éclairé à l’électricité, l’hôpital privé comprenait des salles d’opération, une chambre de radiologie dotée de deux appareils et un monte-charge. Tous les médecins de la région étaient invités à y traiter leurs patients. Groves y établit une école de soins infirmiers, où les étudiants en médecine et les internes pouvaient également suivre des cours. L’hôpital et l’école fonctionnèrent rondement jusqu’à ce qu’un sérieux conflit avec des régulateurs provinciaux pousse Groves à mettre fin à l’enseignement. Pendant qu’il dirigeait le Royal Alexandra Hospital, il devint membre de l’Ontario Hospital Association, où il défendait les intérêts de petits hôpitaux et luttait contre la domination des grands établissements urbains. En 1932, Groves fit don de l’hôpital, libre de dettes, au village de Fergus. (Le Groves Memorial Community Hospital, comme on le renommerait, poursuit toujours ses activités au début du xxie siècle.)
Quand Groves prit sa retraite en 1932, on lui rendit hommage au cours d’une grande réception organisée par la municipalité. Des commentaires sur l’événement parurent dans la presse torontoise. Durant ses dernières années, il effectua plusieurs séjours prolongés outre-mer avec sa femme. À la suite de sa mort (d’une pneumonie), des publications nationales et internationales, dont le New York Times, publièrent des articles nécrologiques détaillés.
De façon autonome, Groves avait conçu un système de chirurgie en asepsie. Ces techniques, qu’il utilisa pendant toute sa carrière, se différenciaient de celles de ses contemporains par leur approche bien plus moderne. Dans un contexte autre que le sien – il vivait dans un village et les revues médicales canadiennes avaient alors une diffusion limitée –, ses méthodes innovatrices auraient probablement connu plus de rayonnement et exercé plus d’influence. Groves déclara avoir fait la première appendicectomie en Amérique du Nord 20 ans après l’avoir réalisée ; même s’il conserva sa version des faits pendant les 30 années suivantes, son affirmation demeure impossible à vérifier. Selon des rapports détaillés produits à son époque, il y a de bonnes chances qu’il ait été le premier chirurgien au Canada à pratiquer plusieurs autres interventions importantes. Certains commentateurs du xxie siècle le considèrent non seulement comme l’une des figures pionnières notables de la chirurgie générale, mais aussi de l’urologie, de la gynécologie et de la radiothérapie au Canada.
En 1922, à la suggestion d’un collègue, Abraham Groves publia des souvenirs dans le Journal de la Canadian Medical Association. L’article servit de base à son autobiographie, All in the day’s work : leaves from a doctor’s case-book, parue en 1934. Des revues médicales au Canada, aux États-Unis et en Grande-Bretagne en reçurent des exemplaires, et de nombreux chirurgiens célèbres, dont Harvey Williams Cushing, William James Mayo et lord Moynihan, lui adressèrent des lettres de félicitations sincères. Le British Medical Journal et le Lancet de Londres saluèrent sa carrière de pionnier ; ils notèrent que, s’il avait été titulaire d’une chaire universitaire, on se souviendrait de lui comme l’un des fondateurs de la chirurgie moderne. Le Journal de la Canadian Medical Association loua son autobiographie, en la qualifiant toutefois d’entachée par certaines de ses déclarations insolites, celle, par exemple, que l’usage du tabac causait le cancer.
Abraham Groves est l’auteur de Stray thoughts (Fergus, Ontario, 1930) et de All in the day’s work : leaves from a doctor’s case-book (Toronto, 1934). Au total, 36 articles écrits par Groves ont été retrouvés, dont 5 sont des doublons (des revues de l’époque reprenaient souvent des textes parus dans d’autres publications). Certains peuvent être consultés en ligne, notamment son premier rapport sur la chirurgie aseptique, « Case of ovariotomy », Canada Lancet (Toronto), 6 (septembre 1873–août 1874) : 345–347, et un résumé de son expérience, « The evolution of surgery as I have seen it in my own practice », Canadian Medical Assoc., Journal, 12 (1922) : 527–531. Une liste complète de ses publications médicales figure dans C. R. Geddes et V. C. McAlister, « A surgical review of the priority claims attributed to Abraham Groves (1847–1935) », Journal canadien de chirurgie (Toronto), 52 (2009) : E126–E130.
Les Wellington County Museum and Arch. de Fergus conservent la plus grande collection de matériel et d’objets en lien avec la carrière de Groves ; le musée, situé dans l’ancienne House of Industry où Groves traitait ses patients, possède plusieurs photos numérisées de lui (ph 622, ph 3279, ph 3909, ph 6507, ph 9097), que l’on peut voir sur la page Web de l’institution : « Collections catalogue ». Le recueil de notes de Groves, ses licences, ses certificats, ses diplômes, ses notes autobiographiques et des documents de santé publique sont conservés aux AO, Abraham Groves fonds (C 303). L’un de ses couteaux à amputation se trouve au Dittrick Museum of Medical History à Cleveland, en Ohio. Le musée a établi que le couteau, qui porte des marques de fréquents lavages à l’eau bouillante, a été fabriqué en 1870. Cela est cohérent avec l’affirmation de Groves selon laquelle il a pratiqué la chirurgie aseptique au début des années 1870. Divers aspects de la vie et de la carrière de ce dernier sont abordés dans Wellington County Hist. (Fergus), 16 (2003) : 4–118.
Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), vol. 2.— J. M. Edmonson, « Grove’s amputation knife », Bull. canadien d’hist. de la médecine (Waterloo, Ontario), 8 (1991) : 289–291.— « The Groves family », dans Historical atlas of the county of Wellington, Ontario (Toronto, 1906), 31.— W. B. Spaulding, « Abraham Groves (1847–1935) : a pioneer Ontario surgeon, sufficient unto himself », Bull. canadien d’hist. de la médecine, 8 : 249–262.— « An unknown pioneer in surgery », British Medical Journal (Londres), 16 mars 1935 : 530–531.
Vivian McAlister, « GROVES, ABRAHAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 8 avril 2026, https://www.biographi.ca/fr/bio/groves_abraham_16F.html.
| Permalien: | https://www.biographi.ca/fr/bio/groves_abraham_16F.html |
| Auteur de l'article: | Vivian McAlister |
| Titre de l'article: | GROVES, ABRAHAM |
| Titre de la publication: | Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16 |
| Éditeur: | Université Laval/University of Toronto |
| Année de la publication: | 2026 |
| Année de la révision: | 2026 |
| Date de consultation: | 8 avril 2026 |