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CARTIER, JACQUES, navigateur malouin, premier explorateur du golfe Saint-Laurent en 1534, découvreur du fleuve Saint-Laurent en 1535, commandant de la colonie de Charlesbourg-Royal en 1541–1542, né probablement entre le 7 juin et le 23 décembre 1491 à Saint-Malo (Bretagne) où il décéda en 1557.

Cartier navigue sans doute dès sa jeunesse, mais on ne connaît rien de sa carrière avant 1532. Suivant Lanctot, Cartier aurait fait partie des expéditions de Verrazzano en 1524 et en 1528. Les absences de Cartier qui coïncident avec les voyages du célèbre Florentin, l’objectif que l’on fixe à Cartier en 1534, son point d’arrivée à Terre-Neuve qui correspond au point ultime du voyage de 1524, une carte danoise de 1605 et une affirmation du jésuite Biard dans sa relation de 1614 amènent Lanctot à conclure que Cartier a longé le littoral de l’Amérique du Nord en 1524. Poussant plus loin, il affirme que Cartier, après la mort de Verrazzano, a pris le commandement du navire pour rentrer en France.

Plusieurs objections viennent ébranler cette théorie : si Cartier est absent de Saint-Malo pendant les voyages de Verrazzano, il peut facilement se trouver ailleurs que sur la Dauphine ; en outre, l’expédition part de Normandie et l’on voit mal un Breton, à cette époque, s’associer aux armateurs de Dieppe. Pourquoi, dans ses relations de voyages, Cartier ne fait-il jamais allusion à Verrazzano ou au littoral visité en 1524 ? Quand il compare les indigènes ou les produits du Canada avec ceux du Brésil, pourquoi ne mentionne-t-il jamais ceux du littoral nord-américain ? Si Cartier occupait un poste important à bord de la Dauphine, pourquoi son nom n’apparaît-il pas dans la toponymie verrazzanienne qui rappelle tant de personnes de l’entourage du Florentin ? Pourquoi enfin les cartes françaises qui s’inspirent de Cartier pour la vallée du Saint-Laurent laissent-elles de côté la toponymie verrazzanienne pour adopter systématiquement la toponymie espagnole ? La thèse de Lanctot est intéressante, bien qu’elle reste à prouver et qu’elle n’ajoute rien de certain à la connaissance de Cartier.

Lorsqu’en 1532 Jean Le Veneur, évêque de Saint-Malo et abbé du Mont-Saint-Michel, propose à François 1er une expédition vers le Nouveau Monde, il fait valoir que Cartier est déjà allé au Brésil et à la « Terre Neuve ». De fait, les relations de Cartier comportent plusieurs allusions au Brésil qui ne sont pas que des souvenirs livresques ; quant à Terre-Neuve, Cartier en connaissait les parages : un mois avant son départ, il sait qu’il doit atteindre la baie des Châteaux (détroit de Belle-Isle) et il s’y rendra en droiture comme à une étape familière.

La commission délivrée à Cartier en 1534 n’a pas été retrouvée mais un ordre du roi, en mars de cette même année, nous éclaire sur l’objectif du voyage : « descouvrir certaines ysles et pays où l’on dit qu’il se doibt trouver grant quantité d’or et autres riches choses ». La relation de 1534 nous indique un second objectif : la route de l’Asie. À ceux qui prêtent à Cartier en ce premier voyage une préoccupation missionnaire, Lionel Groulx répond : « L’or, le passage à Cathay ! S’il y a une mystique en tout cela. pour employer un mot aujourd’hui tant profané, c’est une mystique de commerçants, derrière laquelle se profile une rivalité politique. » La relation de 1534 ne mentionne aucun prêtre faisant œuvre d’évangélisation auprès des indigènes ; c’eût d’ailleurs été peine perdue, à cause de la barrière linguistique. Faute d’avoir trouvé le rôle de l’équipage, on peut croire à la présence d’au moins un prêtre : en présentant Cartier, l’évêque Le Veneur s’était engagé à fournir les aumôniers et la relation du voyage fait allusion au chant de la messe.

Cartier part de Saint-Malo le 20 avril 1534, avec 2 navires et 61 hommes. Favorisé d’un « bon temps », il traverse l’Atlantique en 20 jours. Du cap de « Bonne Viste » à la baie des Châteaux, il visite des lieux déjà connus et nommés ; puis il entre dans la baie qu’on lui a désignée comme première étape. À dix lieues de là, à l’intérieur, le port de Brest est un lieu d’approvisionnement en eau et en bois pour les pêcheurs de morues. À 100 milles à l’ouest de Belle-Isle, Cartier rencontre un navire de La Rochelle : il lui indique comment retrouver sa route. Cartier n’est pas encore dans un monde tout à fait inconnu, mais il coiffe de noms les accidents géographiques de la côte nord : île Sainte-Catherine, Toute-Îles, havre Saint-Antoine, havre Saint-Servan où il plante une première croix, rivière Saint-Jacques, havre Jacques-Cartier. Pour la terre qu’il voit, il n’a que le plus souverain mépris : « en toute ladite coste du nort, je n’y vy une charetée de terre », « c’est la terre que Dieu donna à Cayn ». Le 15 juin, il fait route « sur le su » et entre dans l’inconnu. Longeant la côte occidentale de Terre-Neuve et semant des noms français, il parvient à ce qui est aujourd’hui le détroit de Cabot, mais sans constater que c’est un passage, et il vire à l’Ouest.

Il rencontre des îles qui lui paraissent plantureuses par comparaison à Terre-Neuve, dont l’île Brion, où il a Peut-être planté une autre croix, et, le 26 juin, il arrive aux îles de la Madeleine, qu’il prend pour le commencement de la terre ferme. Le 29 juin au soir, il aperçoit une autre terre, « de la meilleure tempérance qu’il soict possible de voir, et de grande chaleur » : il découvrait l’île du Prince-Édouard, dont cependant il ne put constater l’insularité.

Puis, il visitera des baies décevantes, ouvertures qui laissent toujours espérer le passage vers l’Asie, mais qui se resserrent à mesure qu’il avance. À la pointe sud de la baye de Chaleurs, il donne le nom de cap d’Espérance « pour l’espoir que abvions de y trouvés passaige ». Du 4 au 9 juillet, il s’y livre à une recherche méthodique, pour constater finalement l’absence de tout passage, ce dont « fusmes dollans et masriz ». Le 14 juillet, il entre dans la baie de Gaspé (demeurée anonyme en 1534). Le séjour prolongé qu’il y fait, jusqu’au 25 juillet, lui permettra d’établir des relations fort importantes avec les Indiens.

Ce ne sont pas les premiers indigènes qu’il rencontre. Le 12 ou le 13 juin, il en avait vu à la « terre de Caïn », qui étaient venus de l’intérieur pour chasser le loup marin et en qui on a cru reconnaître des Béothuks, aujourd’hui disparus ; au début de juillet, il en avait aperçu d’autres sur la côte de l’île du Prince-Édouard ; le 7 juillet, dans la baie des Chaleurs, il avait fait la traite avec des indigènes, probablement des Micmacs. Ceux qu’il approche à Gaspé sont des Iroquois laurentiens, venus en grand nombre pour leur pêche annuelle. Cette nation, maîtresse du Saint-Laurent, entre dans l’histoire. Les Iroquois acceptent avec joie de petits cadeaux et l’alliance est conclue dans les danses et l’allégresse. Le 24 juillet, sur la pointe Penouille, Cartier fait dresser une croix de 30 pieds, aux armes de la France. Si la croix de Saint-Servan et celle de l’île Brion servaient plutôt de points de repère, celle-ci est beaucoup plus qu’une balise : l’importance de la cérémonie fait comprendre que la croix marque la prise de possession du pays au nom de François Ier. Le chef Donnacona proteste : il s’approche du bateau avec son frère et trois de ses fils, pour haranguer les étrangers. On feint de lui offrir une hache. Comme il veut la prendre, on retient son embarcation et on force les Iroquois à monter à bord du navire. Cartier les rassure et obtient d’emmener deux fils de Donnacona, Domagaya et Taignoagny, en promettant de les ramener. On festoie, on se quitte dans les meilleurs termes. Avec ces deux Indiens, qui pourront un jour servir d’interprètes, Cartier sort de la baie de Gaspé le 25 juillet.

Il aurait pu virer à l’Ouest, mais il vire à l’Est, ne croyant voir dans le détroit large de 40 milles, entre la Gaspésie et Anticosti, qu’une « terre rengée, faisant une baye, en manière de demy cercle ». Cartier rate donc la découverte d’un fleuve qui pouvait le conduire loin à l’intérieur du continent. Jusqu’au 29 juillet, il longe puis contourne l’île Anticosti, qu’il prend pour une péninsule. Du 1er au 5 août, il cherche à voir s’il est dans une baie ou dans un passage pour finalement se rendre compte que la terre « se rabat au surouest ». Encore une fois, il est tout près de la découverte du fleuve, mais le mauvais temps se met de la partie et Cartier choisit de se retirer. Après une rencontre avec des Montagnais à la pointe de Natashquan, il file en droiture sur Terre-Neuve et, le 15 août, il entreprend le voyage de retour.

Le premier, Cartier avait fait le tour du golfe. Peut-être Jean Cabot, les Corte-Real et Fagundes l’avient-ils vu avant lui, mais aucun document ne l’établit. Découvreur du golfe, dont il dressa la carte, Cartier avait entrevu l’arrière-pays. Certes, ses connaissances géographiques restent limitées : il n’a pas aperçu le passage entre Terre-Neuve et le Cap-Breton, il a pris les îles de la Madeleine pour la terre ferme, il n’a pas découvert l’entrée du fleuve. Pour Cartier, cette mer ne possède qu’une seule issue certaine, le détroit de Belle-Isle, et une autre possible, au nord d’Anticosti qu’il n’a pas eu le loisir d’examiner.

Découverte d’une mer intérieure, exploration d’un pays nouveau, alliance avec des indigènes venus de l’Ouest, possibilité immédiate de pénétrer plus avant, concours de deux Indiens qui apprennent à s’exprimer en français, tout cela rendait profitable une seconde expédition, même si Cartier n’avait encore trouvé ni or ni métaux. Rentré à Saint-Malo le 5 septembre 1534, il reçoit dès le 30 octobre une nouvelle commission pour parachever sa découverte, et François 1er verse 3 000# dans l’entreprise.

En 1534, Cartier n’avait que deux navires et 61 hommes ; en 1535, il a trois navires et un équipage de quelque 110 hommes. À bord de la Grande Hermine, Cartier a pour assistant le maître de nef Thomas Fromont ; il prend avec lui Claude de Pontbriand (fils d’un seigneur de Montréal, du Languedoc), Charles de La Pommeraye, Jehan Poullet, auteur présumé de la relation du deuxième voyage, et quelques gentilshommes. Guillaume Le Marié dirige la Petite Hermine sous le commandement de Macé Jalobert : l’Émérillon a pour chef Guillaume Le Breton Bastille et pour maître Jacques Maingart. L’entreprise a réuni une parenté nombreuse de Cartier et de sa femme, Catherine Des Granches : un neveu, Étienne Noël ; Macé Jalobert, un beau-frère ; Antoine Des Granches, Jacques Maingart et trois autres Maingart, Michel Audiepvre, Michel Philipot, Guillaume et Antoine Aliecte et Jacques Du Bog. Y avait-il des aumôniers ? Le rôle d’équipage présente l’un à la suite de l’autre Dom Guillaume Le Breton et Dom Anthoine. Or le mot Dom était alors réservé aux prêtres séculiers, à moins qu’il ne soit ici l’abréviation de Dominique. En fait, le voyage sera marqué de cérémonies religieuses, mais, lorsque Donnacona et les siens demanderont le baptême (à un moment qu’il est difficile de préciser), Cartier leur répondra qu’il compte, dans un autre voyage, venir avec des prêtres. Peut-être Dom Le Breton et Dom Anthoine étaient-ils déjà décédés ? Il est tout à fait naturel que dans une expédition aussi nombreuse il y ait eu des aumôniers, mais nulle part on a la preuve certaine de leur présence. Sont aussi du voyage Domagaya et Taignoagny. Pendant leur séjour de huit mois et demi en France, ils ont appris le français, mais n’ont pas encore été baptisés.

Parti de Saint-Malo le 19 mai 1535, Cartier se retrouve dans le golfe après une longue traversée de 50 jours. Il reprend tout de suite ses recherches, longeant la côte nord. Pour marquer le chemin, il plante une croix dans un havre, à l’ouest de Natashquan. Il s’arrête dans une baie qu’il appelle Saint-Laurent (aujourd’hui Sainte-Geneviève) dont le nom s’étendra bientôt au golfe, puis au fleuve. Enfin, sur l’indication de ses deux guides indigènes, il franchit l’étape capitale le 13 août. Cartier apprend tout le schème géographique du pays : les Indiens lui montrent « le chemin et commancement du grand fleuve de Hochelaga et chemin de Canada », qui va se resserrant à mesure qu’on avance ; de salée, son eau devient douce et provient de si loin qu’on n’a pas souvenance qu’un homme en ait vu la source. Pour Cartier, c’est enfin le passage qu’il cherche.

Tout en examinant les deux rives, Cartier remonte le fleuve. Il aperçoit sur sa droite une rivière « fort parfonde et courante » que ses guides lui disent être le chemin du Saguenay, royaume où l’on trouve du cuivre et sur lequel Donnacona racontera des merveilles. Le 7 septembre, Cartier arrive à l’archipel d’Orléans qui est « le commancement de la terre et prouvynce de Canada », le nom de Canada ne s’appliquant alors qu’à la région actuelle de Québec. Après avoir festoyé avec Donnacona, Cartier choisit de se fixer sur la rivière Sainte-Croix (Saint-Charles), à l’embouchure du ruisseau Lairet. En face s’élève le cap de Stadaconé, site d’une bourgade probablement ouverte à la mode montagnaise, bien qu’elle soit habitée par des Iroquois.

Cartier est impatient de se rendre à Hochelaga. Mais les deux interprètes indigènes ont déjà commencé à intriguer contre les Français. Stadaconé du reste s’inquiète de ce voyage. Donnacona veut s’assurer le monopole du commerce qui va s’organiser, dans l’espoir d’échapper à la domination exercée par Hochelaga sur les Iroquois de la vallée. Par des présents, puis par une mise en scène de sorcellerie, il tente de retenir Cartier. Le 19 septembre, celui-ci part, néanmoins, sur l’Émérillon, mais sans interprètes, ce qui diminuera grandement l’utilité de son voyage. S’arrêtant à Achelacy (région de Portneuf), il contracte alliance avec le chef du lieu. Parvenu au lac qu’il appelle Angoulême (Saint-Pierre), il laisse son navire à l’ancre et continue en barque avec une trentaine d’hommes. Le 2 octobre, il arrive à Hochelaga, ville close et fortifiée à la mode iroquoise, près d’une montagne qu’il nomme mont Royal. La réception est joyeuse, et prend même l’allure d’une cérémonie religieuse, les Iroquois présentant leurs malades à guérir. Cartier leur lit l’Évangile selon saint Jean et la Passion du Christ. Sans s’attarder davantage, il visite le saut qui, à l’ouest, bloque la navigation. Les Indiens lui expliquent par signes que d’autres sauts barrent la rivière et qu’un cours d’eau, par où on peut atteindre l’or, l’argent et le cuivre du Saguenay, vient du nord se jeter dans le fleuve. Sans pousser son enquête, Cartier quitte Hochelaga dès le lendemain, 3 octobre. Le 7, il s’arrête à l’embouchure de la rivière de Fouez (Saint-Maurice) et y plante une croix.

Quand Cartier revient à Stadaconé, ses hommes sont à se fortifier. Les indigènes simulent la joie de le revoir, mais l’amitié n’y est plus ; de nouvelles intrigues des interprètes provoquent bientôt une rupture complète. Les relations ne reprennent qu’en novembre, dans la défiance réciproque.

Puis, ce fut l’hiver, cet hiver laurentien que les Européens éprouvaient pour la première fois, et qui, par surcroît, fut rigoureux. De la mi-novembre à la mi-avril, les navires furent pris dans les glaces. La neige atteignit quatre pieds et plus. Le fleuve gela jusqu’à Hochelaga. Plus terrible encore que l’hiver, il y eut le scorbut. Il apparut en décembre chez les indigènes de Stadaconé ; malgré la clôture sanitaire qu’on voulut lui opposer. il s’attaqua aux Français. À la mi-février, des 110 hommes de Cartier, il n’y en avait pas plus de 10 en santé ; il en était mort 8, y compris le jeune Philippe Rougemont dont on fit l’autopsie. Et le mal continuait son ravage ; 25 personnes, au total, allaient périr. Cartier et ses hommes allèrent en procession prier devant une image de la Vierge et il promit de se faire pélerin à Roc-Amadour. Enfin, en questionnant habilement Domagaya, qui avait eu le scorbut, Cartier apprit le secret de la tisane d’annedda (cèdre blanc). L’équipage fut rapidement délivré.

Cartier s’occupait à enrichir ses connaissances, au contact des indigènes. Il est le premier à nous renseigner sur la religion et les mœurs des Indiens de la vallée du Saint-Laurent. Le réseau fluvial commence en outre à se dessiner dans son esprit : le Richelieu, alors anonyme, qui vient de la « Floride » le fleuve, sur lequel on peut naviguer trois mois au nord d’Hochelaga, une rivière (l’Outaouais ou Ottawa) qui conduit à de grands lacs et une « mer doulce » ; grandes routes d’eau qui prouvent que la barrière continentale est beaucoup plus large qu’on l’avait cru. Du fabuleux Saguenay, dont la légende était peut-être une survivance de la tradition norvégienne (à moins qu’il ne s’agisse de la région du Mississipi), Cartier note toutes les merveilles qu’on lui décrit. Ce continent est déjà tellement riche en surprises !

Le printemps venu, on prépare le retour en France. Faute d’un équipage assez nombreux, Cartier abandonne la Petite Hermine. On a cru en 1842 en avoir retrouvé les restes, dont une part fut déposée à la Quebec Literary and Historical Society et l’autre, envoyée à Saint-Malo. Mais, comme l’écrivait N.-E. Dionne, il n’a jamais été prouvé que ces débris étaient bien ceux de la Petite Hermine.

Avant de partir, Cartier veut consolider les positions françaises, déjà favorisées par l’unité ethnique, linguistique et politique de la vallée laurentienne, mais compromises par la conduite de Donnacona et de ses deux fils. Cartier apprend qu’un rival, Agona, aspire au pouvoir. Le plan de la révolution se dessine : éliminer le parti en place au profit d’Agona. Rusé, Cartier profite d’une cérémonie religieuse – l’érection d’une croix en la * fête du 3 mai – pour capturer Donnacona, les interprètes et quelques autres indigènes. Il apaise la foule en promettant de ramener Donnacona dans 10 ou 12 lunes, avec de grands présents du roi.

Le 6 mai, il quitte Sainte-Croix avec ses deux vaisseaux et une dizaine d’Iroquois, dont quatre enfants qu’on lui avait donnés l’automne précédent. Dans sa cargaison, une douzaine de morceaux d’or et des fourrures. Passant cette fois entre l’île Anticosti et la Gaspésie, il constate l’insularité des îles de la Madeleine, alors appelées les Araines, et découvre entre Terre-Neuve et le Cap-Breton le passage qu’il n’avait pas aperçu en 1534. Le 16 juillet 1536, il rentre à Saint-Malo, après une absence de 14 mois.

Ce deuxième voyage a rapporté beaucoup plus que le premier : Cartier a découvert un fleuve, par où on peut pénétrer très loin dans le continent il a inauguré une nouvelle voie d’accès au golfe il a vu les ressources naturelles du Saint-Laurent, il en a connu les habitants ; il rentre avec un vieux chef qui se vante d’avoir visité le pays fabuleusement riche du Saguenay ; et il a de l’or.

Dès son retour, Cartier présente un rapport à François Ier : il lui parle d’une rivière de 800 lieues qui peut conduire à l’Asie et fait témoigner Donnacona. Le roi, enthousiaste, lui donne la Grande Hermine.

Pourtant, le Malouin ne pourra pas reprendre tout de suite ses explorations. La guerre éclate entre François Ier et Charles Quint : la Savoie fit oublier l’Amérique. Que devient Cartier ? Lanctot lui attribue un mémoire de 1538, dans lequel est exposé un plan de colonisation. Mais aucune preuve documentaire ne vient étayer cette thèse. Lanctot a procédé de la même façon pour tenter de rattacher Cartier, d’une façon dramatique, à l’évasion de Gerald Fitzgerald, ce rebelle d’Irlande, qui se qualifie de roi. Un premier rapport d’espion affirme que Cartier s’est rendu en Irlande chercher Fitzgerald, version que Lanctot se hâte d’accepter ; or, dans un second rapport que rédige le même espion après une enquête plus poussée, le rôle de Cartier ne consiste plus qu’à faire au réfugié les honneurs de Saint-Malo.

Ce n’est que le 17 octobre 1540 que le roi délivre à Cartier une commission pour un troisième voyage. Le découvreur est nommé capitaine général de la nouvelle expédition, qui doit se rendre à « Canada et Ochelaga et jusques en la terre de Saguenay », avec des sujets de « toutes qualitez, artz et industrie », dont une cinquantaine d’hommes qu’il est autorisé à tirer de prison ; on fera de l’exploration et on habitera avec les indigènes « si besoin est ». Cartier se prépare : il entreprend de se faire remettre les 50 prisonniers, il demande à Rome certaines faveurs spirituelles et il fait intervenir le roi pour hâter le recrutement de son équipage Le 15 janvier 1541, une décision royale vient tout changer : le protestant Jean-François de La Rocque de Roberval reçoit une commission qui le substitue à Cartier à la tête d’une grande entreprise de colonisation. Lanctot a soutenu que Cartier restait sur un pied d’égalité avec Roberval, l’un s’occupant de colonisation, l’autre de navigation. Le texte de la commission est pourtant clair : Roberval est nommé « lieutenant général » du roi, « chef, ducteur, cappitaine » de l’entreprise, avec autorité sur tous ceux qui seront de « ladite entreprise, expedicion et armée », et tous devront faire « foy et serment » de lui obéir ; en outre, dans cette commission, le roi annule celle d’octobre. Cartier devient vraiment le subalterne de Roberval.

En mai 1541, Cartier est prêt, mais Roberval n’a pas encore reçu son artillerie. Comme le roi tient à ce que Cartier appareille tout de suite, Roberval donne au Malouin « pleine autorité de partir » et le charge de le représenter. Cartier fait son testament le 19 mai et fait voile le 23 avec cinq navires, dont la Grande Hermine et l’Émérillon. Un espion espagnol estime l’équipage à 1500 hommes. Des compagnons de Cartier, mentionnons deux beaux-frères : Guyon Des Granches, vicomte de Beaupré, et le pilote Macé Jalobert ; un neveu, Étienne Noël ; et la maître de nef Thomas Fromont, dit La Bouille, qui mourra au cours de ce voyage. Aucun des Iroquois qu’il a ramenés en 1536 ne rentre au Canada : ils sont tous morts, à l’exception d’une fillette.

Le 23 août 1541, Cartier reparaît devant Stadaconé. Les Indiens le reçoivent avec force démonstrations de joie. Cartier leur annonce la mort de Donnacona, mais il affirme que les autres Iroquois vivent en France comme des seigneurs et qu’ils n’ont pas voulu revenir, ce qui dut réjouir Agona. Les relations amicales ne tiennent pas pour autant. L’abandon du site de Sainte-Croix s’explique sans doute par cette défiance réciproque. Cartier remonte le fleuve et se fixe à l’extrémité occidentale du cap, à l’embouchure de la rivière du Cap-Rouge. La colonie porte d’abord le nom de Charlesbourg-Royal. Le site parut beaucoup plus avantageux que le premier ; on y trouvait aussi du cèdre blanc et surtout des pierres qu’on prit pour des diamants (d’où le nom de cap aux Diamants) et « certaines feuilles d’un or fin ».

Le 2 septembre, Cartier charge Jalobert et Noël d’aller, avec deux navires, faire rapport en France ; puis il commence deux forts, l’un au pied du cap, l’autre au sommet. Le 7, laissant la colonie sous les ordres du vicomte de Beaupré, il s’embarque pour Hochelaga, saluant en cours de route son ami le chef d’Achelacy à qui il confie deux garçons pour leur faire apprendre la langue. C’étaient les deux premiers Européens à se mettre à l’école des indigènes. Cartier se propose d’examiner les sauts d’Hochelaga afin de les passer le printemps suivant. Les Indiens s’y montrent accueillants comme en 1535, mais Cartier n’a pas d’interprètes. Il ne fait aucun progrès dans la connaissance de l’arrière-pays, en restant aux hypothèses de 1535.

À son retour, Cartier constate que la méfiance des Iroquois s’accentue. Le chef d’Achelacy lui-même l’abandonne. Les Français se mettent en état de défense. Comme la relation de ce voyage s’interrompt brusquement, on ne sait exactement ce qui s’est passé au cours de l’hivernement. Une phrase de cette relation permet de penser qu’il y eut du scorbut, facilement surmonté grâce à la tisane de cèdre blanc ; suivant certains témoignages, les indigènes auraient tenu la colonie en état de siège et se seraient vantés d’avoir tué plus de 35 Français. En juin 1542, Cartier lève le camp.

Au port de Saint-Jean (Terre-Neuve), il rencontre Roberval qui s’amène enfin avec sa colonie et qui lui ordonne de rebrousser chemin. Parce qu’il croit transporter de l’or et des diamants ou parce qu’il ne veut pas affronter de nouveau les indigènes, Cartier profite de la nuit pour filer vers la France, privant ainsi Roberval de ressources humaines et d’une expérience précieuses.

La flotte de Cartier était celle des illusions : le minerai d’or n’était que de la pyrite de fer, et les diamants, du quartz, d’où le proverbe « faux comme diamants de Canada ». On ignore si Cartier fut réprimandé pour son indiscipline ; on remarque, en tout cas, qu’il ne fut pas chargé de rapatrier Roberval en 1543 et qu’on ne lui confia plus d’expédition lointaine.

Au printemps de 1544, ayant à démêler ses comptes de ceux de Roberval, Cartier comparaît devant un tribunal spécial. Il prouve qu’il s’est montré fidèle dépositaire de l’argent du roi et de Roberval et il se fait rembourser près de 9 000#, bien que des marchands soutiennent en 1588 que les Malouins n’ont pas encore reçu ce que Cartier déclarait leur avoir payé.

En 1545 paraît le Brief Récit, relation du second voyage, publié sans nom d’auteur et qui ne porte qu’une seule fois, à l’intérieur du texte, le nom de Cartier. Le navigateur aurait à cette époque écrit un « livre en manière de carte marine », qu’on n’a pas retrouvé. Il reçoit le cordelier André Thevet à qui il donne d’abondants renseignements sur le Canada. On a émis l’hypothèse d’une rencontre dont Rabelais aurait tiré du découvreur de quoi alimenter son Pantagruel. Cette hypothèse reçoit de moins en moins de crédit, et le dernier critique à en faire mention, Bernard G. Hoffman, n’y croit pas du tout.

Désormais Cartier paraît se consacrer aux affaires et à la mise en valeur de son domaine de Limoilou. Il sert de parrain, il témoigne à la cour de temps à autre. Bon vivant, sans doute, Cartier, dans une note d’un registre d’état civil, est associé aux « bons biberons ». Les documents de cette période le qualifient d’ordinaire de noble homme, ce qui le situe dans la bonne bourgeoisie. Il meurt le 1er septembre 1557, âgé de 66 ans.

Il avait épousé en avril ou en mai 1520 Catherine Des Granches, fille de Jacques Des Granches, chevalier du roi et connétable de Saint-Malo ; elle meurt en avril 1575. Ils semblent n’avoir pas eu d’enfants. C’est un neveu, Jacques Noël, qui essaiera de poursuivre l’œuvre de Cartier.

On ne connaît aucun portrait authentique de Cartier. Suivant Lanctot, qui a fait une étude spéciale de l’iconographie de Cartier, huit portraits ont été retenus : un croquis d’environ deux pouces sur la carte dite Harléienne attribuée à Pierre Desceliers et postérieure à 1542 ; un dessin sur la carte Vallard de 1547 ; un croquis d’un pouce dans une édition de Ramusio en 1556 ; un portrait édité en 1836 et fait par Léopold Massard d’après le croquis de Desceliers ; un portrait par François Riss en 1839, reproduit par Théophile Hamel* ; un portrait publié par Michelant, tiré d’un dessin qui aurait appartenu à la Bibliothèque nationale et qui serait ensuite disparu ; un médaillon de bois de 20 pouces de diamètre, daté de 1704 et trouvé en 1908 par Clarke dans une vieille maison de la Gaspésie ; enfin, une copie d’un portrait qui appartient à un marquis de Villefranche. Lanctot incline à penser que, de tous ces portraits, le seul authentique serait « le croquis de la carte de Desceliers », les autres n’étant que des décalques plus au moins fidèles ou des représentations fantaisistes.

Les relations des voyages de Cartier posent un problème plus embarrassant encore. La relation du premier voyage a d’abord été publiée en italien par Ramusio en 1565, puis en anglais par Florio en 1580, enfin en français par Raphaël du Petit-Val en 1598 ; c’est ce dernier texte qui servit à Lescarbot. Un manuscrit, conservé à la Bibliothèque nationale (no 841 du fonds Moreau), a été édité par la Quebec Literary and Historical Society en 1843, par Michelant et Ramé en 1867, par H. P. Biggar en 1924, par J. Pouliot en 1934 et enfin par Th. Beauchesne en 1946. Mais ce manuscrit n’est que la copie d’un original aujourd’hui disparu.

La relation du second voyage a été publiée en français dès 1545, mais sans nom d’auteur. Le manuscrit original qui servit à cette édition n’a pas non plus été retrouvé. On conserve a la Bibliothèque nationale trois ‘manuscrits de la relation du deuxième voyage : le no 5 589, le meilleur, celui qu’avait publié Lescarbot et dans lequel Biggar crut retrouver l’original ; le no 5 644, qui est défectueux ; le no 5 653, publié à Québec en 1843 et que d’Avezac a pris pour l’original. Dans une étude récente, Robert Le Blant soutient qu’aucun des trois n’est l’original et que tous trois sont des copies d’un archétype disparu.

Enfin, pour la relation du troisième voyage, nous ne possédons qu’une version anglaise incomplète faite par Hakluyt en 1600 d’après un document aujourd’hui perdu qu’il avait trouvé à Paris vers 1583.

La paternité des relations est un autre problème qu’on ne parvient pas à résoudre. Le récit du troisième voyage, dont on n’a que la version anglaise, ne nous livre aucun indice. Pour celui du deuxième voyage, on a proposé comme auteur Jehan Poullet. Probablement originaire de Dol, en Bretagne, il est mentionné pour la première fois le 31 mars 1535, alors qu’il se présente à une assemblée de Saint-Malo pour déposer la liste des membres de la prochaine expédition. Son nom n’apparaît pas sur cette liste, mais on le retrouve quatre fois dans le Brief Récit, publié en 1545. C’est en 1888 que Joüon Des Longrais avance que Poullet, vu « l’exagération évidente de son rôle dans le Brief Récit » a dû participer à la rédaction, et il ajoute : « Peut-être même en est-il l’auteur ». En 1901, Biggar relance la même thèse. De plus, trouvant une certaine similitude de style entre les récits des deux premiers voyages, Biggar suppose que Poullet est aussi le rédacteur de la relation du premier voyage. En 1949, une autre hypothèse a surgi : Marius Barbeau soutient que Rabelais aurait récrit les relations de Cartier pour les présenter au roi. Bernard G. Hoffman répond qu’elles ne rappellent en rien le style de Rabelais, que la deuxième, relation a nécessairement été envoyée au roi dès 1536, que Rabelais n’a pas connu les voyages de Cartier avant 1538, qu’enfin l’hypothèse est sans fondement.

Le problème serait plus simple si on retrouvait les originaux et surtout si on connaissait mieux Cartier. Pour Biggar, il est évident que les relations, telles que nous les connaissons, ont été tirées d’un livre de bord tenu par Cartier et façonnées en un récit littéraire. Or, soutient Biggar, si Cartier pouvait tenir un livre de bord, il était incapable d’un récit littéraire. On n’a toutefois jamais démontré que Cartier n’avait pas les talents littéraires suffisants : prouver qu’il ne les avait pas serait aussi difficile que de prouver qu’il les avait... Pour l’instant, l’auteur des relations est inconnu et le problème demeure entier.

Cartier a longtemps été salué par les historiens de langue française comme le découvreur du Canada. Cartier a-t-il découvert le Canada ? Si l’on entend par Canada celui du xvie siècle, c’est-à-dire la région qui s’étend à peu près de l’île d’Orléans à Portneuf, c’est bien Cartier qui en est le découvreur, mais en 1535. Or le Canada a varié dans ses dimensions géographiques : sous le Régime français, il s’identifie à l’habitat du Saint-Laurent, de la Gaspésie à la région Vaudreuil-Soulanges ; le découvreur de ce Canada est toujours Cartier. Transformé en 1763 en province de Québec, ce Canada devient le Bas-Canada de 1791 et, en 1840, il se fusionne avec l’Ontario pour former le Canada-Uni : jusqu’à la Confédération, ce qu’on appelle Canada ne commence toujours qu’à la Gaspésie. Par conséquent, on pouvait affirmer jusqu’en 1867 que Cartier était le découvreur du Canada : les historiens de langue française avaient encore parfaitement raison. Mais le Canada n’avait pas fini d’évoluer : par la Confédération de 1867, il s’agrandit du Nouveau-Brunswick, et de la Nouvelle-Écosse ; si cette dernière n’a pas été visitée par Jean Cabot, elle l’a été certainement par les Corte-Real et par Fagundes ; elle est sur les cartes bien avant que Cartier franchisse l’Atlantique. Enfin, depuis 1949, année de l’accession de Terre-Neuve à la Confédération, la découverte du Canada tel qu’il est compose maintenant doit être attribuée à cet Italien Cabot passé au service de l’Angleterre.

Même si ses explorations n’ont pas l’envergure des travaux de Hernando de Soto ou de certains explorateurs sud-américains, Cartier figure parmi les grands noms du xvie siècle. Il est le premier à faire un relevé des côtes du golfe Saint-Laurent, à décrire la vie des Indiens du Nord-Est de l’Amérique du Nord, et, c’est bien là son plus grand mérite, il découvre en 1535 le fleuve Saint-Laurent qui sera l’axe de l’empire français d’Amérique, la route essentielle par laquelle les explorateurs s’élanceront vers la baie d’Hudson, vers l’horizon mystérieux de la mer de l’Ouest et vers le Mississipi. Découvreur d’un des grands fleuves du monde, Cartier est au point de départ de l’occupation par la France des trois quarts d’un continent.

Marcel Trudel

Les éditions suivantes reproduisent les divers documents relatifs à Cartier connus jusqu’ici : Biggar, Documents relating to Cartier and Roberval.— Hakluyt, Principal navigations (1903–05), VIII : 183–272 (les trois voyages de Cartier).— Jacques Cartier, documents nouveaux, éd. F. Joüon Des Longrais (Paris, 1888).— Précurseurs (Biggar).— À ces documents se rattache le témoignage d’André Thevet, Les singularitez de la France antarctique, autrement nommée Amérique : & de plusieurs Terres & Isles découvertes de nostre temps (Paris, 1558 ; autre éd., Anvers, 1558 ; éd * Paul Gaffarel, Paris, 1878).— Principales éditions des relations de voyages de Cartier : Jacques Cartier, Bref récit ; Brief récit & succincte narration [...] (Paris, 1545), reproduit en photostat dans Jacques Cartier et la « grosse maladie » (Pub. du XIXe congrès international de physiologie, Montréal, 1953) ; Voyage de 1514 ; [Cartier et al.], Voyages de découverte au Canada, entre les années 1534 et 1542, par Jacques Quartier, le sieur de Roberval, Jean Alphonse de Xanctoigne, etc. suivis de la description de Québec et de ses environs en 1608, et de divers extraits relativement au lieu de l’hivernement de Jacques Quartier en 1535–36 [...] (« Société littéraire et historique de Québec », 1843).— J.-C. Pouliot, La Grande Aventure de Jacques Cartier : épave bi-centenaire découverte au Cap des Rosiers en 1908 (Québec, 1934).— Voyages de Jacques Cartier au Canada, éd. Th. Beauchesne, dans Les Français en Amérique (Julien), 77–197.— Voyages of Cartier (Biggar).— V. aussi J.-E. Roy, Rapport sur les Archives de France relatives à l’histoire du Canada (« Pub. des APC », VI, Ottawa, 1911), 669–672, qui résume l’histoire des différents manuscrits des voyages de Cartier et expose les théories qui ont cours à leur sujet.

Des très nombreuses études publiées sur Cartier, on ne retiendra que les plus importantes ; d’ailleurs, certaines d’entre elles comportent une bibliographie abondante. Citons, dans l’ordre chronologique : N.-E. Dionne, Vie et Voyages de Jacques Cartier (3e éd., Québec, 1934) (la première éd. est de 1889) ; Étude archéologique : le fort Jacques Cartier et la Petite Hermine (Montréal, 1891).— Biggar, Early trading companies.— A.-J.-M. Lefranc, Les Navigations de Pantagruel (Paris, 1905).— [C.-J.-.F. Hénault], Extrait de la généalogie de la maison Le Veneur [...], NF, VI (l 931) : 340–343.— Marius Barbeau, Cartier inspired Rabelais, Can. Geog. J., IX (1934) :113–125.— Lionel Groulx, La Découverte du Canada, Jacques Cartier (Montréal, 1934).— Gustave Lanctot, Jacques Cartier devant l’histoire (Montréal, 1947) ; recension de cette étude par Lionel Groulx, RHAF, I (1947) : 291–298.— Les Voyages de découverte et les premiers établissements, XVe, XVIe siècles, éd. Ch.-A. Julien (« Colonies et empires », 3 e série, Paris, 1948).— Hoffman, Cabot to Cartier, 131–167 en particulier.— Robert Le Blant, Les Ecrits attribués à Jacques Cartier, RHAF, XV (1961–62) : 90–103. Pour la cartographie de Cartier, V. Marcel Trudel, Atlas historique du Canada français des origines à 1867 (Québec, 1961), cartes 14–23.

Bibliographie générale

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Marcel Trudel, « CARTIER, JACQUES (1491-1557) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cartier_jacques_1491_1557_1F.html.

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Auteur de l'article:   Marcel Trudel
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   24 juillet 2014