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AMBROSE, ROBERT STEELE, fermier, musicien et maître de musique, né le 7 mars 1824 à Chelmsford, Angleterre, fils de Charles Ambrose, organiste, maître de musique et compositeur, et de Sophia Stoneham ; le 28 juillet 1863, il épousa Elizabeth (Lily) Boyle, et ils eurent cinq fils, dont Paul Ambrose*, musicien réputé, et deux filles ; décédé le 31 mars 1908 à Hamilton, Ontario.

À Chelmsford, où il passa son enfance, Robert Steele Ambrose fréquentait l’église paroissiale St Mary the Virgin. Son père, qui l’initia à la musique, tenait l’orgue dans cette église, et Robert Steele y chanta probablement dans le chœur. En 1837, il immigra dans le Haut-Canada avec ses parents, cinq frères et une sœur. Son père acheta une propriété appelée Farm Hill, près de Guelph, dans l’intention de se faire fermier, mais, faute de préparation et d’expérience, il finit par renoncer. En 1845, il laissa Robert Steele exploiter seul la ferme et s’installa à Hamilton, pour devenir organiste de la Christ’s Church. La même année, Robert Steele commença à tenir l’orgue à l’église St George de Guelph et à donner des leçons de piano à plusieurs élèves de la localité. Dans ses lettres à son père, il ne cachait pas que cultiver la terre lui déplaisait ; le maniement de la charrue lui abîmait les mains, se plaignait-il, et nuisait à ses activités musicales.

Robert Steele quitta la ferme en octobre 1847 pour aller enseigner la musique avec son frère Charles à Kingston. L’année suivante, Charles quitta Kingston, et Robert Steele prit ses élèves. Au milieu du xixe siècle, gagner sa vie comme maître de musique et organiste d’église était loin d’être facile au Canada. Au début de 1851, Robert Steele reçut de son père, qui vivait encore à Hamilton et craignait toujours de manquer d’argent pour subvenir aux besoins de sa famille, une lettre qui disait : « Tu ferais mieux de creuser ta tombe que d’épouser une femme sans argent et de continuer à enseigner la musique. » Cependant, Robert Steele préférait de loin la musique aux travaux agricoles et prenait de plus en plus d’élèves à Kingston. Il desservait en outre les besoins de la collectivité dans le domaine musical ; dans l’annuaire municipal de 1857–1858, on apprend qu’il était « accordeur de piano-forte » et organiste de l’église St George. En mars 1862, il fut maître de chapelle à la consécration du premier évêque anglican du diocèse, John Travers Lewis.

En 1863, Ambrose s’installa à Hamilton, et devint organiste et maître de chœur à l’église Ascension ; il allait exercer ces deux fonctions durant 20 ans. Un an après, il fut nommé directeur musical du Wesleyan Female College (par la suite le Wesleyan Ladies College, puis le Hamilton Ladies College). Au cours des 25 années qu’il passa dans cet établissement, des centaines d’élèves chantèrent dans ses chorales et suivirent des leçons particulières avec lui.

Par ailleurs, Robert Steele Ambrose composa un grand nombre d’œuvres musicales. On lui en attribue plus d’une centaine, soit environ 80 chansons, 14 chants à plusieurs voix, divers motets et 25 pièces instrumentales. Il se fit connaître dans toute l’Amérique du Nord en mettant en musique un poème de Phoebe Cary, Nearer home. Publiée en 1876 par Samuel et Albert Nordheimer sous le titre One sweetly solemn thought, cette chanson fut l’une des plus populaires qui ait été signée par un Canadien du xixe siècle. Des artistes du Canada et de l’étranger, dont les cantatrices Ernestine Schumann-Heink, Alma Gluck et Louise Homer, allaient l’enregistrer en divers arrangements pour voix, harpe, orgue, trombone et piano. Parmi ses autres publications, on peut signaler deux chansons, Under the snow (not lost but gone before), dont les paroles étaient d’Alexander Hamilton Wingfield* et qui parut en 1878, et Abide with me, publiée en 1882, ainsi qu’un chant choral paru en 1886, May God preserve thee, Canada. Ambrose savait trouver des mélodies attrayantes et des accompagnements simples pour les textes qu’il mettait en musique, ce qui explique la popularité de ses compositions. En reconnaissance de son apport à la vie musicale, on l’élut en 1891 à la présidence de la Canadian Society of Musicians.

Frederick A. Hall

Deux chansons de Robert Steele Ambrose, One sweetly solemn thought et Under the snow, ont été publiées dans le Patrimoine musical canadien, Elaine Keillor et al., édit. (11 vol. en 14 tomes parus, Ottawa, 1983–  ), 3 : Chansons I sur textes anglais, F. A. Hall, édit. (1985) : 110–112 et 175–177, respectivement.

HPL, Arch. files, Ambrose coll. ; Wesleyan Ladies College ; Scrapbooks, Victorian Hamilton.— Daily Times (Hamilton, Ontario), 1er avril 1908.— Globe and Mail, 2 juin 1941 : 27.— Hamilton Herald, 1er avril 1908.— Hamilton Spectator, 17 juin 1879, 22 juin 1887, 24 août 1889.— E. S. Ambrose, Of seven sons, 1837–1923 (texte dactylographié, Hamilton, 1942 ; photocopie à la HPL).— Annuaire, Kingston, Ontario, 1857–1858.— The consecration of the Right Reverend John Travers Lewis, ll.d., first lord bishop of the diocese of Ontario (Kingston, 1862 ; exemplaire aux archives de l’EEC, Diocese of Ontario, Kingston).— DHB.— Encyclopedia of music in Canada (Kallmann et al.).— Mary Harrington Farmer, The Church of the Ascension, Hamilton : a short history, 1850–1950 (Hamilton, 1950).— Helmut Kallmann, A history of music in Canada, 1534–1914 (Toronto et Londres, 1960).— T. J. McGee, The music of Canada (New York et Londres, 1985).— E. B. Moogk, Roll back the years : history of Canadian recorded sound and its legacy, genesis to 1930 (Ottawa, 1975).

Bibliographie générale

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Frederick A. Hall, « AMBROSE, ROBERT STEELE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/ambrose_robert_steele_13F.html.

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Auteur de l'article:   Frederick A. Hall
Titre de l'article:   AMBROSE, ROBERT STEELE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   25 juillet 2014