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AMYOT, GUILLAUME (baptisé Guillaume-Eusèbe-Damase), avocat, rédacteur en chef, homme politique et officier de milice, né le 10 décembre 1843 à Saint-Gervais, Bas-Canada, fils de Guillaume-Eusèbe Amyot, pilote, et de Louise Gosselin ; le 27 avril 1874, il épousa à Québec Marguerite-Alice-Gertrude Pennée, et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé le 30 mars 1896 à Québec.

Après des études classiques au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière (La Pocatière), où il fut inscrit de 1852 à 1862, Guillaume Amyot choisit la carrière d’avocat. À l’instar de plusieurs de ses confrères, il tâta du journalisme et de la politique tout en poursuivant ses études. Ainsi, en 1865, il lança à Québec l’Organe de la milice, hebdomadaire où se retrouvaient surtout des nouvelles politiques et des faits divers, et qui disparut l’année suivante. Admis au barreau en septembre 1867, Amyot fut de 1873 à 1875 rédacteur en chef du Courrier du Canada, publié à Québec. Adversaire malheureux de Henri-Gustave Joly* dans la circonscription de Lotbinière aux élections provinciales de 1875 et de 1878, il fut de nouveau candidat conservateur, cette fois dans Bellechasse, aux élections fédérales de 1878. Après une série de procès en contestation d’élection, il entra à la chambre des Communes en 1881, et y siégea à titre de député de Bellechasse jusqu’à sa mort.

De la carrière politique d’Amyot, il faut surtout retenir l’évolution parallèle de ses prises de position à propos du mouvement national et du libre-échange avec les États-Unis. Il refusa d’assumer la responsabilité de la pendaison de Louis Riel* qu’il croyait fou, et adhéra au mouvement national d’Honoré Mercier en novembre 1885. Cette adhésion l’amena à participer avec Louis-Philippe Pelletier* à la création, à Québec, en janvier 1886, du journal conservateur national la Justice. Fort de son expérience à la tête du 9e bataillon de milice de Québec pendant l’insurrection de 1885 dans le Nord-Ouest, Amyot défendit avec ardeur aux Communes les droits des francophones qui y vivaient. Il proposa même de renforcer leur position par le détournement vers l’ouest de l’émigration canadienne-française aux États-Unis. Il se fit également l’avocat de l’autonomie des provinces et du respect de leurs différences.

Les révélations de l’enquête sur l’affaire du chemin de fer de la baie des Chaleurs en 1891 lui firent perdre sa confiance en Mercier et, à la session de 1892, Amyot rejoignit les rangs du parti conservateur. Il disait alors que le mouvement national était mort à Québec et que la population de la province de Québec avait finalement approuvé la conduite du gouvernement conservateur dans l’affaire Riel.

La conversion d’Amyot aux vertus du libre-échange avec les États-Unis était survenue en 1888. La Politique nationale avait certes créé la prospérité dans le pays mais, disait-il, la montée du protectionnisme européen et l’indifférence de la Grande-Bretagne à l’égard des intérêts canadiens avaient encombré le marché canadien de produits manufacturés. Les États-Unis, avec leur marché de 60 millions d’habitants, représentaient désormais la solution aux problèmes économiques du Canada. Statistiques à l’appui, Amyot avait alors cherché à démontrer que plusieurs compagnies canadiennes étaient assez fortes pour résister à la concurrence et qu’elles deviendraient même encore plus prospères. L’année suivante, il avait invité le gouvernement à faire savoir aux États-Unis que le Canada était prêt à discuter de libre-échange avec eux.

En retournant au sein du parti conservateur en 1892, Amyot fut obligé de rejeter le libre-échange comme il avait retiré son appui au mouvement national de Mercier. Il justifia le renouvellement de son soutien à la Politique nationale par l’incapacité des libéraux de définir une politique cohérente sur le libre-échange et par le refus des Américains de signer un traité de réciprocité avec le Canada aussi longtemps que ce dernier demeurerait une colonie de la Grande-Bretagne. Or, à son avis, le Canada n’était pas prêt à s’en détacher.

Guillaume Amyot fut un député consciencieux, fortement préoccupé de la place des Canadiens français dans la Confédération, doté d’un esprit tolérant et très informé des questions économiques.

Louis Garon

Guillaume Amyot est l’auteur de : Adresse à MM. les électeurs du comté de Lotbinière [...] (s.l., 1878) ; la Protection au Canada : conférence [...] le 14 mars 1895 aux salles du club Cartier-Macdonald (Lévis, Québec, [1895]) ; Questionnaire politique (Lévis, 1895).

AN, MG 26, A : 43617, 43636, 84794.— ANQ-Q, CE1-1, 27 avril 1874, 1er avril 1896 ; CE2-17, 11 déc. 1843.— Arch. du collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière (La Pocatière, Québec), Fichier des élèves.— Canada, chambre des Communes, Débats, 1882–1896.— Le Courrier du Canada, 1873–1875.— La Justice (Québec), 9 janv. 1886.— La Presse, 30 mars 1896.— CPC, 1881 ; 1883 ; 1887 ; 1891.— Rumilly, Hist. de la prov. de Québec, 5–6.

Bibliographie générale

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Louis Garon, « AMYOT, GUILLAUME », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/amyot_guillaume_12F.html.

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Auteur de l'article:   Louis Garon
Titre de l'article:   AMYOT, GUILLAUME
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   30 août 2014