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BARNES, JOHN, officier et homme politique, né vers 1746 probablement en Grande-Bretagne ; décédé le 30 avril 1810 à Bath, Angleterre.

Le 16 août 1760, John Barnes entre comme cadet à la Royal Military Academy, à Woolwich (maintenant partie de Londres). C’est là que les futurs officiers de génie et d’artillerie de l’armée britannique reçoivent leur formation scientifique. L’année suivante, il obtient une commission d’officier dans le Royal Régiment of Artillery avec le grade le moins élevé, celui de lieutenant artificier. Il est promu lieutenant en second en 1771 et premier lieutenant en 1774.

Barnes arrive au Canada à l’été de 1776 avec les renforts militaires envoyés pour contrer l’invasion américaine [V. Benedict Arnold ; Richard Montgomery*]. Il est probablement officier dans l’une des quatre compagnies d’artillerie parties de Woolwich en mars 1776 et acheminées vers Montréal et Chambly. Vu l’état de guerre, l’armée britannique au Canada augmente son personnel d’état-major. Ainsi, le 8 septembre, Barnes est nommé adjoint au quartier-maître général Thomas Carleton. Le bureau du quartier-maître général comprend en outre un sous-quartier-maître général et trois autres adjoints choisis aussi parmi les officiers. Responsable du secteur de Montréal, Barnes a pour tâche d’organiser le transport des troupes, des armes et des provisions ainsi que de planifier le cantonnement des militaires.

À partir de l’automne de 1778, Barnes exerce les mêmes fonctions à Sorel. Cependant, avec l’arrivée des Loyalistes, ses tâches s’élargissent au casernement de ces nouvelles troupes et à l’accueil des réfugiés. Il doit aussi intervenir pour tenter de régler les problèmes causés par l’insubordination du soi-disant ministre de l’Eglise d’Angleterre à Sorel, Thomas Charles Heslop Scott. Il est promu capitaine en second en 1779, puis capitaine au mois de décembre 1782, et placé à la tête d’une compagnie d’artillerie cantonnée à Sorel. Même si sa compagnie retourne en Angleterre en octobre 1783, Barnes, qui reste au Canada, en demeure le capitaine jusqu’en 1794, car sa tâche dans l’état-major le dispense d’être présent dans sa compagnie.

Après la guerre d’Indépendance américaine, en 1783, Barnes devient responsable de la distribution des vivres aux Loyalistes dans la partie du Canada située à l’est de Cataraqui (Kingston, Ontario). Il doit aussi regrouper des Loyalistes pour les diriger vers des lieux d’établissement comme la baie des Chaleurs [V. Nicholas Cox*] et Cataraqui [V. Michael Grass]. De plus, le gouverneur Haldimand confie à Barnes la responsabilité de concéder des terres à un groupe de Loyalistes dirigés par Alexander White et auxquels il a donné la permission de s’établir dans la seigneurie de Sorel, située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. En septembre 1784, suivant les instructions du gouverneur, Barnes part en tournée d’inspection des établissements loyalistes situés dans la partie est du Canada. Il a pour mission de dresser la liste de ceux qui reçoivent des provisions, de déceler les abus et de repérer ceux qui ne font aucun effort pour s’établir. Cette tournée dure un an. À son retour, Barnes fait état de la satisfaction des Loyalistes, mais recommande que les allocations qu’ils reçoivent ne soient pas interrompues le 1er juin 1786, mais prolongées jusqu’au 1er septembre afin de leur permettre de subsister jusqu’aux récoltes.

En octobre 1785, Henry Hope*, qui occupe le poste de quartier-maître général, devient commandant en chef des troupes britanniques en remplacement de Barrimore Matthew St Léger*. Il décide de confier la direction du bureau du quartier-maître général à Barnes avec le titre de sous-quartier-maître général. Ce poste comporte également la tâche de superviser le département de la marne provinciale et le bureau du maître général des casernes. Après sa promotion, Barnes s’établit à Québec où est situé le quartier général des troupes.

Lors de la première élection tenue pour former la chambre d’Assemblée du Bas-Canada en 1792, Barnes est élu député de William Henry. Cette circonscription correspond alors à la ville de Sorel appelée, depuis 1787, William Henry. Il en demeure le représentant jusqu’à la fin de la première législature en 1796. Sa carrière parlementaire se résume à appuyer le parti des bureaucrates. Pendant ce temps, il est promu major en 1794 et lieutenant-colonel l’année suivante. Le 21 décembre 1795, il épouse à Québec, devant le ministre anglican Philip Toosey*, une jeune fille de 21 ans, Isabella Johnson, de Belmont, près de Québec, à qui Henry Caldwell, un ami de Barnes, sert de témoin.

En 1799, le poste de sous-quartier-maître général est transféré à Halifax ; Barnes résigne ses fonctions, mais obtient la charge de sous-maître général des casernes, ce qui lui permet de demeurer à Québec. En 1801, comme officier le plus haut gradé à Québec, il commande à la garnison. La même année, il obtient un congé pour se rendre en Angleterre et part le 15 août, après 25 ans de présence ininterrompue au Canada. Officiellement, il reste inscrit comme sous-maître général des casernes en Amérique du Nord jusqu’en septembre 1802, mais il ne reviendra jamais au Canada. Il est promu colonel d’armée en 1802, colonel de l’Invalid Battalion dans le Royal Régiment of Artillery en 1803 et, enfin, major général en 1809. Il meurt l’année suivante à Bath.

John Barnes est un officier d’état-major parmi tant d’autres. Formé dans le corps professionnel de l’artillerie britannique, il a passé la plus grande partie de sa carrière dans l’administration et la logistique. Comme dans le Royal Régiment of Artillery les promotions étaient accordées selon l’ancienneté, Barres en a reçu périodiquement même s’il n’était pas actif dans son régiment. Son ascension fut plus rapide en période de guerre, et il a profité de l’expansion de l’Empire britannique en Amérique du Nord pour se tailler une place dans la hiérarchie militaire.

Christian Rioux

ANQ-Q, CE1-61, 21 déc. 1795 ; CN1-256, 19 déc. 1795.— APC, RG 1, L3L : 43397 ; RG 8, I (C sér.), 29 : 56s. ; 209 : 62 ; 512 : 129 ; 744 : 57, 63s., 72, 74.— BL, Add. mss 21697 ; 21699 ; 21700 ; 21714 : 331–428 ; 21723 : 14, 298–300 ; 21724 : 251–256, 387, 399 ; 21744 : 82 ; 21796–21798 ; 21848 : 219–220 (mfm aux APC).— PRO, CO 42/46 : f.89 ; 42/48 : ff.201–203, 215 ; 42/49, 6 avril 1786 ; WO 17/1507 : ff.7–12 ; 17/1508 : ff.1–9 ; WO 28/6 : f.183 ; 28/7 : ff.71, 73, 90, 94 (mfm aux APC).— « Les dénombrements de Québec » (Plessis), ANQ Rapport, 1948–1949 : 16, 66, 119.— Kingston before War of 1812 (Preston), 1, 71.— Bath Chronicle (Bath, Angleterre), 10 mai 1810.— Bath Journal, 7 mai 1810.— La Gazette de Québec, index.— Almanach de Québec, 1792–1801.— F.-J. Audet et Fabre Surveyer, Les députés au premier Parl. du B.-C., 17–24.— Battery records of the Royal Artillery, 1716–1859, M. E. S. Laws, compil. (Woolwich, Angl., 1952), 47–83.— « Collection Haldimand », APC Rapport, 1887 : 411, 413, 433, 440s., 469, 471–475.— Desjardins, Guide parl., 143.— Kelley, « Church and state papers », ANQ Rapport, 1948–1949 : 332, 339.— List of officers of the Royal Regiment of Artillery [...], W. H. Askwith, compil. (4e éd., Londres, 1900), 12.— «Papiers d’État », APC Rapport, 1890 : 173s., 278.— Québec directory, 1790 ; 1791.— Azarie Couillard-Després, Histoire de Sorel de ses origines à nos jours (Montréal, 1926), 127, 133, 158–161.— Earle Thomas, « The loyalists in the Montréal area, 1775–1784 » (communication faite au congrès de la SHC, Halifax, 1981), 18–21.— Hare, « L’Assemblée législative du B.-C. », RHAF, 27 : 371–373.

Bibliographie générale

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Christian Rioux, « BARNES, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/barnes_john_5F.html.

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Auteur de l'article:   Christian Rioux
Titre de l'article:   BARNES, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   23 août 2014