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BAUDRY, MARIE-VICTOIRE, dite de la Croix, sœur de la Congrégation de Notre-Dame, professeure et supérieure de la communauté (supérieure générale), née le 12 décembre 1782 à Pointe-aux-Trembles (Montréal), fille de Toussaint Baudry et d’Élisabeth Truteau ; décédée le 10 novembre 1846 à Montréal.

Marie-Victoire Baudry fit ses études au couvent de Pointe-aux-Trembles. Elle entra au noviciat de la Congrégation de Notre-Dame à Montréal en 1799 et fit profession deux ans plus tard sous le nom de sœur de la Croix. À partir de 1802, elle enseigna à la mission de Saint-Laurent, dans l’île de Montréal, et en 1804 elle était titulaire d’une classe dans la mission de la basse ville de Québec.

Membre d’une communauté vouée essentiellement à l’enseignement, sœur de la Croix aurait dû enseigner longtemps, mais dès 1809 on l’appela à diriger la mission de Pointe-aux-Trembles (Neuville), puis celle de Saint-François (à Saint-François-Montmagny) en 1811. Sept ans plus tard, elle devint maîtresse des novices à la maison mère à Montréal, fonction qu’elle remplit jusqu’à son élection comme supérieure en 1822. Au terme de son sexennat, c’est Marie-Catherine Huot*, dite Sainte-Madeleine, qui la remplaça. Elle devint alors première conseillère, poste qu’elle conserva jusqu’à sa mort.

Pendant ses six années à titre de supérieure, sœur de la Croix mit sur pied trois nouvelles missions, celles de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce (Sainte-Marie) en 1823, de Berthier-en-Haut (Berthierville) en 1825, et de Terrebonne l’année suivante. Comme les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame n’étaient pas cloîtrées, on faisait appel à elles en plusieurs milieux pour instruire et éduquer les jeunes. La supérieure décidait de l’orientation des programmes où la promotion des valeurs chrétiennes occupait une place importante. Sœur de la Croix ajouta au programme déjà existant l’étude de la langue anglaise, du dessin, des arts ménagers et diverses autres activités, selon les besoins.

Grâce au dévouement du sulpicien Jean-Baptiste Thavenet, représentant financier des communautés religieuses du Bas-Canada en Europe, la Congrégation de Notre-Dame put récupérer les rentes laissées en France depuis la Révolution française [V. Marie-Louise Compain*, dite Saint-Augustin]. Sœur de la Croix contribua encore à la tentative d’établissement des sœurs trappistines en Nouvelle-Écosse. En 1822, elle accueillit au noviciat trois jeunes filles choisies par le père Vincent de Paul [Jacques Merle*], qui voulait ajouter une branche féminine à la Trappe. L’année suivante, les novices retournèrent en Nouvelle-Écosse ; elles conservèrent une vive reconnaissance envers la Congrégation de Notre-Dame, spécialement à l’endroit de la supérieure.

Sœur de la Croix était douée d’un jugement solide et d’une forte constitution. Elle faisait preuve de bonté tout en se montrant ferme quant à l’observance de la règle et la fidélité aux usages alors en vigueur dans la communauté. À la suite d’un accident survenu dans sa jeunesse, elle boitait et, plus tard, elle devint sourde. Malgré cette double infirmité, elle était présente aux exercices de la vie religieuse et visitait toutes les missions. À son décès, l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget*, écrivait à la communauté : « J’ai toujours admiré dans la bonne Sœur de la Croix un zèle ardent pour le maintien de la discipline et l’exacte observance de vos saintes règles ; elle avait abondamment participé aux riches trésors cachés dans l’inestimable vertu de simplicité évangélique que vous a légués votre pieuse Fondatrice [Marguerite Bourgeoys*, dite du Saint-Sacrement...] Dieu [...] lui avait donné de grandes lumières sur tout ce qui intéress[ait] votre Communauté. » Le nom de sœur de la Croix reste attaché à la lignée de celles qui accomplirent une œuvre considérable en répondant aux appels de l’Église et de l’éducation.

Thérèse Lambert

ANQ-M, CE1-5, 12 déc. 1782 ; CE1-51, 12 nov. 1846.— Arch. de la Congrégation de Notre-Dame (Montréal), Marie-Catherine Huot, dite Sainte-Madeleine, Journal et notes hist.— [D.-A. Lemire-Marsolais, dite Sainte-Henriette et] Thérèse Lambert, dite Sainte-Marie-Médiatrice, Histoire de la Congrégation de Notre-Dame (11 vol. en 13 parus, Montréal, 1941-  ), 6–8.

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Thérèse Lambert, « BAUDRY, MARIE-VICTOIRE, de la Croix », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/baudry_marie_victoire_7F.html.

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Auteur de l'article:   Thérèse Lambert
Titre de l'article:   BAUDRY, MARIE-VICTOIRE, de la Croix
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   22 août 2014