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BISSHOPP (Bishop, Bishoppe, Bisshop), CECIL, officier, né le 25 juin 1783 à Parham House, Angleterre, fils aîné de sir Cecil Bisshopp et de Harriet Anne Southwell ; le 6 avril 1805, il épousa lady Charlotte Barbara Townshend, petite-fille du vicomte George Townshend ; décédé probablement le 16 juillet 1813 et inhumé le 17 à Stamford (maintenant partie de Niagara Falls, Ontario).

Cecil Bisshopp consacra sa vie à servir dans l’armée britannique. Jeune homme, il entra dans le prestigieux lst Foot Guards et reçut sa commission d’enseigne le 20 septembre 1799. Il reçut la promotion de lieutenant, qui menait au rang de capitaine, le 16 octobre 1800. Il fut mis à la demi-solde en 1802, mais il rejoignit le 1st Foot Guards le 3 septembre 1803. Promu major honoraire le 1er janvier 1812, il servit quelque temps comme major, dans le 98` d’infanterie, au printemps de la même année. En 1802, il avait été secrétaire privé du contre-amiral sir John Borlase Warren à Saint-Pétersbourg (Leningrad, Union des républiques socialistes soviétiques), puis, en janvier et juillet 1809, il avait pris part aux expéditions de La Corogne, en Espagne, et de Walcheren, aux Pays-Bas. Il fut député de Newport au Parlement en 1811 et 1812. Nommé officier supérieur chargé d’inspecter la milice du Haut-Canada le 6 février 1812, avec le grade local de lieutenant-colonel, Bisshopp s’embarqua pour le Canada en septembre, trois mois après le début de la guerre de 1812, « afin de combattre les Yankees ».

Bisshopp fit un bref séjour à Montréal avant de partir, avec une certaine appréhension, vers son poste dans le Haut-Canada, « parmi les Indiens ». En plus de l’inspection de la milice, Bisshopp reçut aussi la responsabilité de commander les troupes régulières et les miliciens stationnés entre Chippawa (maintenant partie de Niagara Falls) et le fort Erie. Considéré par le major général Roger Hale Sheaffe* comme « un officier actif [et] intelligent », Bisshopp se mit en marche « avec grande célérité », le 28 novembre 1812, pour repousser un grand corps d’armée américain au ruisseau Frenchman. Puis, pendant plusieurs mois, la situation fut tranquille ; mais, au printemps de 1813, les Américains entreprirent une offensive le long de la frontière du Niagara en s’emparant du fort George (Niagara-on-the-Lake). Conformément au plan préparé à l’avance par le général de brigade John Vincent*, Bisshopp retira ses troupes du fort Erie pour rallier le gros de l’armée à Burlington Heights (maintenant partie de Hamilton). De cet endroit, le 6 juin, le lieutenant-colonel John Harvey* attaqua avec succès les Américains à Stoney Creek, et, deux jours plus tard, la flotte de sir James Lucas Yeo bombarda et dispersa l’ennemi campé au ruisseau Forty Mile. Au cours de ces engagements, Bisshopp commandait la réserve. Plus tard, le même mois, il joua un rôle plutôt effacé lors de la victoire indienne de Beaver Dams (maintenant partie de Thorold) [V. William Johnson Kerr*] – épisode que l’on associe habituellement à l’héroïne Laura Secord [Ingersoll*].

Au milieu de l’été de 1813, les Britanniques avaient repoussé les envahisseurs jusqu’au fort George. Les Américains s’y mirent en position de défense, permettant ainsi aux Britanniques d’effectuer des raids occasionnels de l’autre côté du Niagara. Bisshopp fut choisi pour commander l’un de ces raids, contre Black Rock (Buffalo, New York). Tôt le matin du Il juillet, son parti de soldats réguliers et de miliciens [V. Thomas Clark*] prit d’assaut le fort, occupa les batteries et brûla les blockhaus, les casernes et l’arsenal maritime, de même qu’un gros schooner. On s’empara d’approvisionnements et de matériel en grande quantité, dont huit pièces d’artillerie. Jusque-là, selon le chirurgien William Hackett, le raid avait été, « à la lettre, un succès ». Mais Bisshopp décida de transporter 123 barils de sel, « article coûteux et très rare », ce qui occasionna un dangereux retard et permit aux Américains de se regrouper. Soutenus par un parti de Tuscaroras, ils attaquèrent les Britanniques sur la plage. Surpris, Bisshopp dit qu’« il se serait aussi facilement attendu à voir un corps de cosaques » que ces Indiens. Les Britanniques reculèrent précipitamment sous un feu nourri. Bisshopp fut blessé à la cuisse et au poignet gauches ainsi qu’à la partie supérieure du bras droit. Hackett, qui espérait une guérison complète, nota que cet officier était « un homme très jeune, d’une constitution intacte, quoique délicate en apparence ». Mais sa « constitution ne soutint pas le choc », et Bisshopp mourut après avoir langui de trois à cinq jours, pendant lesquels il parla presque sans arrêt de l’Angleterre et de sa famille.

Cecil Bisshopp avait écrit, le 21 mars 1813, qu’il voulait « vraiment servir » son pays. Effectivement, il contribua d’une façon notable aux succès de l’armée britannique, illustrant en sa personne les meilleures qualités de l’officier des troupes régulières en service dans les deux Canadas. Il était généreux, puisqu’il donna £100 pour « aider et secourir » les familles démunies, et jouissait d’une grande popularité auprès des miliciens et de la population civile. Les lettres qu’il adressa à sa sœur laissent entrevoir un naturel affable et affectueux. À Black Rock, un prisonnier civil américain le décrivait comme « un homme doux et d’apparence humaine [...] plutôt grand et bien fait et [...] extrêmement réservé dans ses paroles ». Le rector d’York (Toronto), John Strachan*, pensait qu’on pouvait tirer d’utiles leçons de sa conduite héroïque et, en décembre 1813, il rédigea une biographie intitulée « Life of Col. Bishoppe ». Il voyait dans cet officier l’émule « le mieux réussi » de sir Isaac Brock par ses « inestimables qualités », en particulier par sa volonté de « porter la guerre » aux États-Unis. En outre, soulignant qu’il n’y avait pas seulement les troupes régulières de l’armée britannique pour défendre le Canada, Strachan notait que Bisshopp « s’était attaché, à un degré remarquable, la milice du pays [...] ce corps négligé ». Parlant de l’apport décisif des Indiens, Strachan affirmait que Bisshopp « avait bien su comment utiliser au mieux ces enfants de la nature ». La vie de Bisshopp, comme celles de Brock et de John Macdonnell (Greenfield) avant lui, semble la substance même du mythe qui, au xixe siècle, entoura le rôle des miliciens pendant la guerre de 1812. Strachan chercha à l’utiliser à des fins politiques, certain qu’on « se souviendrait longtemps » et « avec les plus tendres regrets » du jeune officier.

Robert S. Allen

APC, MG 11, [CO 42] Q, 317 : 14–22 ; MG 19, A3, 13 ; MG 24, F4.— Doc. hist. of campaign upon Niagara frontier (Cruikshank), 3 : 319–322 ; 4 : 20, 225–233 ; 6 : 230 ; 9 : 359.— « Early records of Niagara » (Carnochan), OH, 3 (1901) : 70.— [John] Richardson, Richardson’s War of 1812 ; with notes and a life of the author, A. C. Casselman, édit. (Toronto, 1902 ; réimpr., 1974), 300.— Select British docs. of War of 1812 (Wood), 1 : 650s., 654–658 ; 2 :163s.— John Strachan, The John Strachan letter book, 1812–1834, G. W. Spragge, édit. (Toronto, 1946), 4–9, 52.— Burke’s peerage (1970), 2663, 2908.— G. E. Cokayne, The complete peerage of England, Scotland, Ireland, Great Britain and the United Kingdom, extant, extinct, or dormant (nouv. éd., Vicary Gibbs et al., édit., 13 vol. en 14, Londres, 1910–1959), 12, iie part. : 953–955.— G.-B., WO, Army list, 1800–1813.— M. A. FitzGibbon, A veteran of 1812 : the lifè of James FitzGibbon (Toronto, 1894 ; réimpr., 1972), 10s., 107–111.— Ernest Green, « Some graves on Lundy’s Lane », Niagara Hist. Soc., [Pub.], 22 (1911) : 4–6.

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Robert S. Allen, « BISSHOPP, CECIL », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bisshopp_cecil_5F.html.

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Auteur de l'article:   Robert S. Allen
Titre de l'article:   BISSHOPP, CECIL
Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   23 avril 2014