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BLACKADAR, HUGH WILLIAM (on rencontre quelquefois Blackader, mais il signait Blackadar), imprimeur et éditeur de journaux, né le 13 janvier 1808 à Halifax, Nouvelle-Écosse, fils unique de Hugh et Amy Blackadar ; épousa vers le 18 février 1835, Mary Sharpless, qui mourut en 1839 sans lui laisser d’enfant, et, le 4 octobre 1840, Sophia Coleman, qui lui donna 11 enfants ; décédé le 13 juin 1863 à Halifax.

Issu d’une famille de charpentiers de navires et d’artisans qui travaillaient au chantier de construction navale de Halifax, Hugh William Blackadar devint apprenti imprimeur en 1820, sous la direction de John Munro, éditeur du Halifax Journal, créé en 1781 par John Howe, père. Il n’existe aucun document concernant les premières activités de Blackadar à Halifax. Nous savons cependant qu’en mars 1835, au cours du procès de Joseph Howe* pour libelle diffamatoire, il fut appelé à témoigner contre Howe pour faire la preuve que ce dernier avait publié le dit libelle dans le Novascotian. Blackadar s’étant abstenu de répondre, sans doute par sympathie pour un collègue imprimeur et un libéral, Howe lui-même soutint avoir publié la lettre dans son journal.

En juillet 1835, Blackadar devint un éditeur indépendant en achetant de John Bowes le tout nouveau Weekly Mirror. Le journal rejoignait cependant un public restreint et Blackadar n’apporta que peu de changements à la présentation plutôt terne de l’imprimé ; le dernier numéro, paru le 13 janvier 1837, fit savoir qu’on en discontinuait la parution en raison du très petit nombre d’abonnés.

En 1836, en société avec John English, Blackadar avait acheté l’Acadian Recorder de Philip J. Holland, frère du fondateur du journal, Anthony Henry Holland*. Leur association, marquée par le succès, allait se prolonger jusqu’à la mort d’English en juillet 1857 ; Blackadar devint alors seul propriétaire, et, après 1863, le Recorder fut publié par ses trois fils. Bien que diverses personnes aient occupé la fonction d’éditorialiste au Recorder, l’orientation du journal relevait en dernier ressort de Blackadar et d’English. Sous leur direction, le Recorder maintint l’attitude favorable aux réformes libérales que lui avaient donnée les frères Holland, se classant immédiatement après le Novascotian de Howe pour ses prises de position indépendantes. Alors que les frères Holland avaient délibérément, mais avec prudence, agité des idées nouvelles, Blackadar et English en vinrent à proclamer hautement leur appui à la lutte menée par Howe pour obtenir une plus grande autonomie coloniale. Le Recorder se fit également le champion du progrès social ; lorsqu’en 1842, l’organe baptiste Christian Messenger refusa de faire paraître les lettres controversées de Howe qui s’élevaient contre les collèges confessionnels, Blackadar, lui-même de religion baptiste, les publia. Bien que cette attitude indépendante leur ait créé de nombreux ennemis, Blackadar et English continuèrent à publier un journal connu pour ses principes de « justice et d’impartialité », prônés dans le prospectus du nouvel Acadian Recorder, le 14 janvier 1837.

Au cours des années 1850, le ton du Recorder devint cependant quelque peu conservateur. Les faveurs politiques que distribuait l’administration libérale, alors sous le régime du gouvernement responsable, indisposèrent Blackadar, en partie peut-être parce qu’on n’avait pas songé à lui pour le poste d’imprimeur de la reine. La campagne anticatholique menée par Howe déplut encore davantage au Recorder, probablement parce qu’English était catholique. Quoi qu’il en soit, durant les dernières années où Blackadar fut au journal, le Recorder, bien que continuant à soutenir un programme politique libéral, dénonça les vicissitudes de la politique de parti.

Dans sa vie privée, Blackadar n’avait guère le désir d’être une figure connue. L’édition fut son unique intérêt, et, jusqu’aux tout derniers jours de sa vie, on pouvait le trouver composant des textes typographiques dans les bureaux du Recorder. On a gardé de lui le souvenir d’un homme dont les connaissances de Halifax, de ses habitants et de ses activités navales étaient encyclopédiques. Cependant, si Blackadar n’est pas tombé dans l’oubli, ce n’est pas tant à cause de ce qu’il était, mais avant tout à cause du ton libéral et de l’impartialité de son journal, l’Acadian Recorder, deux qualités qui se maintinrent longtemps après son départ.

Lois K. Kernaghan

J. Murray Beck, Charles St C. Stayner et P. B. Waite ont fourni des renseignements et donné leurs avis pour la recherche concernant cette biographie.  [l. k. k.]

PANS, MG 5, Camp Hill Cemetery (Halifax), records, 1844–1878 ; RG 32, 151, 18 févr. 1835 ; 153, 3 oct. 1840.— Acadian Recorder, 16 janv. 1913.— Duncan Campbell, Nova Scotia in its historical, mercantile and industrial relations (Montréal, 1873).— Trait, Survey of N. S. newspapers.— D. C. Harvey, Newspapers of Nova Scotia, 1840–1867, CHR, XXVI (1945) : 279–301.— J. S. Martell, The press of the Maritime provinces in the 1830’s, CHR, XIX (1938) : 24–49.

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Lois K. Kernaghan, « BLACKADAR, HUGH WILLIAM », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/blackadar_hugh_william_9F.html.

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Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   25 avril 2014