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BRAY, ÉMILE-FRÉDÉRIC DE (parfois orthographié Debray), officier de marine français, membre d’une des expéditions qui avaient pour but de retrouver sir John Franklin*, né le 9 mars 1829 à Paris, l’aîné des trois enfants d’Achille-Hector-Camille de Bray, peintre paysagiste, et de Théophile-Marie-Louise Borrel, décédé le 19 mars 1879 à Brest (France).

Dès qu’il eut terminé ses études à l’école navale en 1846, Émile-Frédéric de Bray s’embarqua sur la corvette La Galathée pour un voyage de trois ans dans le Pacifique. Puis il servit deux ans en France et en Italie et, le 2 avril 1851, fut promu enseigne de vaisseau. À cette époque, l’intérêt que les Français portaient aux recherches des bateaux et des hommes disparus de sir John Franklin était accru par la participation de l’officier de marine français Joseph-René Bellot* à l’expédition de William Kennedy*, en 1851–1852, ce qui incita de Bray à se porter volontaire pour participer aux recherches dirigées par sir Edward Belcher. L’amirauté britannique accepta ses services et l’affecta au Resolute (capitaine Henry Kellett) qui quitta Londres le 21 avril 1852 et hiverna dans l’île de Dealy. Au cours des deux années qu’il passa dans l’arctique, de Bray commanda plusieurs expéditions en traîneau : à l’automne de 1852, il installa un dépôt au cap Providence, dans l’île de Melville, et, entre le 4 avril et le 18 mai 1853, il arpenta la côte nord-ouest de l’île de Melville alors qu’il commandait une partie de l’expédition de Francis Leopold M’Clintock* qui se dirigeait en traîneau vers l’île du Prince-Patrick. Le 8 mai 1854, il quitta le Resolute, qui devait être abandonné peu de temps après, et conduisit au North Star, ancré dans l’île de Beechey, un groupe d’invalides. Quatre mois plus tard, il partait pour l’Angleterre à bord du Phœnix.

De Bray fut un membre de l’expédition énergique et apprécié de tous, et Kellett, M’Clintock et Belcher lui prodiguèrent de chaleureux éloges pour ses services. C’est le seul Français à avoir reçu la médaille de l’arctique. La France le récompensa en le faisant chevalier de la Légion d’honneur dès le 12 août 1854 et en le nommant lieutenant de vaisseau le 5 octobre 1855.

À son retour en France, de Bray servit dans la Baltique. Après son mariage avec Lœtitia-Constance-Marie Le Bléis, le 20 mai 1856, il fut en station à Saint-Pierre et Miquelon et en Islande. Le 22 mai 1869, il fut promu capitaine de frégate et, le 23 janvier 1871, fut fait officier de la Légion d’honneur pour sa participation à la défense de Paris en 1870, au cours de laquelle il avait commandé un bataillon de marine et une brigade. Pendant le restant de sa carrière, il servit à terre, en France.

De Bray mourut prématurément à l’âge de 50 ans, alors qu’il était à la retraite depuis six mois seulement ; cette mort fut attribuée en partie à ses séjours prolongés dans les régions froides qui, comme on le nota, avaient miné son énergie et son enthousiasme. Il survécut six ans à sa femme et laissa quatre enfants : deux autres étaient morts en bas âge. À la différence de Bellot, qui mourut en héros, de Bray n’acquit jamais la considération générale pour avoir participé, en tant que représentant de la France, aux recherches pour retrouver Franklin ; en outre, le journal qu’il tint au cours de l’expédition n’a jamais été publié. Toutefois, son ami Jules Verne utilisa abondamment la connaissance que de Bray avait des régions arctiques dans Voyages et aventures du capitaine Hatteras : les Anglais au pôle nord – le désert de glace (Paris 1867), roman inspiré de l’expédition pour retrouver Franklin.

Clive A. Holland

SPRI, MS 864–1 (Émile-Frédéric de Bray, Journal de bord de l’enseigne de vaisseau Émile-Frédéric de Bray à bord de la frégate anglaise « La Resolue ». Expédition polaire de 1852–1853 envoyée à la recherche de sir John Franklin [copie dactylographiée de l’original qui n’a pas été trouvé]) ; MS 864–2–4 (George de Bray, Notice sur la participation de l’enseigne de vaisseau de Bray à l’expédition britannique de 1852–1854 envoyée à la recherche des navires de sir John Franklin perdus dans les mers polaires [La Rochelle, 1926] ; copies de documents au sujet de la vie d’Émile de Bray).— Further papers relative to the recent Arctic expeditions in search of Sir John Franklin and the crews of H.M.S. « Erebus » and « Terror » (Londres, 1855).— G. F. M’Dougall, The eventful voyage of H.M. discovery ship « Resolute » to the Arctic regions in search of Sir John Franklin and the missing crews of H.M. discovery ships « Erebus » and « Terror », 1852, 1853,1854 [...] (Londres, 1857).— Jules Rouch, Deux officiers de marine français Joseph Bellot et Émile de Bray, à bord de navires de S.M. Britannique dans les mers polaires (1852–1854), France-Grande Bretagne : bulletin des relations franco-britanniques (Paris), no 19 (mars 1945), 1–12 ; Émile de Bray, La Géographie (Paris), LXIX (1938), 257–263 ; Le journal inédit d’Émile de Bray, explorateur polaire français, Bulletin de la section de géographie (Paris), LIX (1944, pub. 1951) : 61–69.

Bibliographie générale

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Clive A. Holland, « BRAY, ÉMILE-FRÉDÉRIC DE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bray_emile_frederic_de_10F.html.

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Auteur de l'article:   Clive A. Holland
Titre de l'article:   BRAY, ÉMILE-FRÉDÉRIC DE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   2 août 2014