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BURLAND, JEFFREY HALE, homme d’affaires, officier de milice et philanthrope, né le 19 mars 1861 à Montréal, fils de George Bull Burland et de Clarissa Healy Cochrane ; le 17 juin 1896, il épousa dans cette ville Isabel May Megarry, et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé le 9 octobre 1914 à Londres et inhumé au cimetière du Mont-Royal, Montréal.

En 1878, après des études à la Montréal Academical Institution, Jeffrey Hale Burland entra à la faculté des sciences appliquées du McGill College. Spécialisé en chimie appliquée, il reçut en 1882 une licence ès sciences ; selon l’annuaire du collège, cette formation le préparait tout à fait à une vie dans les « formes supérieures des arts industriels ». Par la suite, il appartiendrait à des organismes scientifiques britanniques telles la Chemical Society, la Society of Chemical Industry, la Royal Geographical Society et la British Association for the Advancement of Science, et représenterait la faculté des sciences appliquées au conseil du McGill College. Après avoir obtenu sa licence, Burland entra dans l’entreprise de son père, la British American Bank Note Company, établie à Montréal et à Ottawa. Il y demeurerait toute sa vie et en deviendrait président en 1907, à la mort de son père. Réputée pour la qualité de ses travaux, l’entreprise imprimait des billets de banque, des certificats d’action, des obligations, des timbres-poste et des timbres fiscaux.

Éminent homme d’affaires, Burland fut président ou président du conseil d’administration d’un certain nombre de sociétés, dont la Consolidated Lithographing and Manufacturing Company, la Prudential Trust Company Limited, la Dominion Trust Company, la Mount Royal Spinning Company Limited, la Central Canada Manufacturers Fire Insurance Company et la Noiseless Typewriter Company. Outre la réussite – le Montreal Daily Star le rangeait parmi les millionnaires –, il avait le respect de ses pairs. Élu en 1911 président du Bureau de commerce de Montréal, il en fut le délégué à des congrès internationaux en 1910 et en 1912 et le représentant permanent au British Imperial Council of Commerce.

Burland était très engagé dans les courants réformateurs de son époque. Le fait qu’il ait été membre à vie du conseil d’administration du Montreal General Hospital, de l’hôpital protestant des aliénés et du Western Hospital of Montreal montre qu’il se souciait de l’hygiène publique. Son désir de promouvoir la réforme urbaine l’amena à participer à la fondation de l’un des premiers comptoirs montréalais de distribution de lait et à œuvrer en 1914 au conseil d’administration de la National Housing Association. En tant que « progressiste », il prôna sans relâche le système métrique, à la fois comme membre de la Decimal Association de Londres et éditeur d’un tableau du système métrique.

Lorsque Burland hérita de la fortune paternelle, estimée à plusieurs millions de dollars, ses activités philanthropiques reçurent une impulsion formidable. À son ami Henry Dalby, rédacteur en chef d’un journal, qui lui demandait : « Qu’entendez-vous faire de tout cet argent ? », il répondit : « M’en servir pour faire le bien. » Deux œuvres de bienfaisance bénéficièrent de sa générosité plus que toute autre. La première était le Royal Edward Institute. Voué à l’étude, au traitement et à la prévention de la tuberculose, cet institut fut inauguré en 1909 dans un immeuble fourni par Burland et ses sœurs. À la cérémonie d’ouverture, on put constater que Burland savait marier ses préoccupations philanthropiques et sa passion pour la technique. Tirant parti des possibilités de l’électricité, il avait fait en sorte qu’Édouard VII, en Angleterre, appuie sur une touche qui, par le câble transatlantique, commandait automatiquement l’ouverture des portes. La foule des curieux en resta bouche bée.

Le Royal Edward Institute venait couronner la longue participation de la famille Burland à la lutte contre la tuberculose. Le père de Jeffrey Hale, George Bull, avait donné le coup d’envoi en novembre 1902 en participant à la fondation de la Ligue antituberculeuse de Montréal. Deux ans plus tard, il avait fourni des locaux au premier dispensaire antituberculeux de Montréal. En 1905, Jeffrey Hale entra au conseil d’administration du dispensaire. Il était plus qu’un personnage décoratif puisqu’il prit part à l’une des premières tentatives de la ligue de recueillir des statistiques sur la propagation de la maladie à Montréal. En 1909, la ligue s’affilia au Royal Edward Institute. Après la mort du premier président de l’institut, sir George Alexander Drummond*, en 1910, Burland lui succéda.

En 1909, Burland avait été nommé à la commission royale de la tuberculose formée par la province de Québec et présidée par Emmanuel-Persillier Lachapelle. Il était l’un des deux membres qui n’appartenaient pas au monde médical. Après avoir étudié la question dans une vaste perspective sociale, l’ensemble des commissaires recommandèrent entre autres des cours dans les écoles sur la maladie, l’inspection de tous les ateliers et manufactures, ainsi que des lois interdisant d’employer des enfants et limitant le nombre d’heures de travail des adultes dans les usines. Dans son troisième rapport annuel au Royal Edward Institute, Burland nota que le problème de la tuberculose était « inextricablement lié à des questions comme la réforme du logement, la planification urbaine, les lois de l’immigration, le réseau scolaire, le coût de la vie, l’organisation des œuvres de bienfaisance, le salaire minimum et les conditions de travail en général ».

La deuxième œuvre de bienfaisance importante à laquelle Burland se consacra beaucoup fut la Canadian Red Cross Society. Organisateur provincial en 1912, il fut nommé deux ans plus tard, le 25 septembre, commissaire canadien de la Croix-Rouge à Londres. Il se rendit en Angleterre pour y assumer ses fonctions, mais mourut peu après son arrivée.

En outre, Burland avait longtemps fait partie de la milice. Il avait obtenu en 1882 une commission dans le 6th Battalion of Infantry (Fusiliers) et, dix ans plus tard, il commandait son régiment. Lorsqu’il prit sa retraite, en 1908, il détenait le grade honoraire de lieutenant-colonel du 1st Régiment (Prince of Wales’s Fusiliers). En 1897, il avait été président du Montreal Military Institute. Amateur d’armes portatives, il avait été président de l’Amalgamated Rifle Association en 1895 et commandait l’équipe canadienne de tir en 1902, lorsqu’elle remporta la coupe McKinnon Challenge à Bisley, dans le Surrey, en Angleterre. Président de la Dominion Rifle Association de 1911 à 1913, il avait exercé des fonctions dans diverses associations locales, provinciales et fédérales de tir. Figure importante du mouvement des scouts, il en fut commissaire provincial de 1910 à 1914.

Jeffrey Hale Burland était à la fois un produit très conservateur de son époque et un partisan du changement et de la réforme. Le fil conducteur qui reliait ses nombreuses activités dans les affaires, les organismes de bienfaisance et le secteur militaire était peut-être son goût prononcé pour la précision et le contrôle.

Peter Keating

ANQ-M, CE1-132, 10 juin 1861.— Gazette (Montréal), 18 juin 1896.— Montreal Daily Star, 9, 24 oct. 1914.— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898 et 1912).— H. E. MacDermot, A short history of the Royal Edward Institute (Montréal, 1965).— McGill Univ., Annual calendar (Montréal), 1882.— Claudine Pierre-Deschênes, « la Tuberculose au Québec au début du xxe siècle : problème social et réponse réformiste » (mémoire de m.a., Univ. du Québec à Montréal, 1980).— Standard dict. of Canadian biog. (Roberts et Tunnell).— G. J. Wherrett, The miracle of the empty beds : a history of tuberculoses in Canada (Toronto, 1977).

Bibliographie générale

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Peter Keating, « BURLAND, JEFFREY HALE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/burland_jeffrey_hale_14F.html.

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Auteur de l'article:   Peter Keating
Titre de l'article:   BURLAND, JEFFREY HALE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   2 août 2014