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CLENCH (Clinch), RALFE (Ralph, Rolfe), officier dans l’armée et dans la milice, fonctionnaire, juge, homme politique et fermier, né vers 1762 à Schenectady, New York, fils de Robert Clench et de Hannah Vernon ; il épousa Elizabeth Johnson, petite-fille de sir William Johnson*, et ils eurent au moins 12 enfants ; décédé le 19 janvier 1828 à Niagara (Niagara-on-the-Lake, Ontario).

Au début de la guerre d’Indépendance américaine, Ralfe Clench entra dans le 53rd Foot à titre de cadet et prit part à la campagne menée en 1777 par John Burgoyne*. Il échappa à la débâcle qui survint à l’armée de Burgoyne et, se joignant comme volontaire au 8th Foot, il servit dans la compagnie placée sous les ordres du capitaine Henry Bird. Il participa probablement aux raids effectués par Bird le long de l’Ohio supérieur en 1779, et le commandant du régiment le décrivit comme un jeune homme prometteur. Il fit partie des rangers de John Butler* en qualité de volontaire durant une brève période et, en avril 1780, il fut nommé lieutenant en second. Affecté à la compagnie de William Caldwell, à Detroit, il se distingua en 1782, lors de la bataille qui se déroula près de l’endroit qui porte aujourd’hui le nom d’Upper Sandusky, en Ohio, et au cours de laquelle le colonel américain William Crawford fut défait.

Lieutenant en premier en 1784, Clench fut licencié le 24 juin et il s’établit à Niagara. Il semble que ses états de service durant la guerre lui valurent les faveurs du gouvernement. En 1790, il obtint le premier poste de greffier de la Cour des plaids communs du district de Nassau. En 1800, il cumulait les fonctions de greffier de la Cour de surrogate, greffier de la Cour de district et greffier de la paix dans le district de Niagara. Il occupa beaucoup d’autres postes durant sa vie, dont ceux de juge du district de Niagara, membre de la Commission des héritiers et légataires, commissaire des douanes du Haut-Canada et commissaire chargé de faire prêter le serment d’allégeance. Il rechercha assidûment les postes de cette nature pour lui-même et pour son fils Joseph Brant Clench*. Avant la guerre de 1812, il était probablement le seul fonctionnaire du district de Niagara à tirer son revenu principal de ses fonctions.

Clench avait un intérêt marqué pour tout ce qui touchait le domaine social et politique. Dès 1792 il était capitaine et adjudant dans la milice de la région. En 1804, il obtenait le grade de lieutenant-colonel et, deux ans plus tard, il était promu colonel du 1st Lincoln Militia. Greffier du canton de Niagara de 1793 à 1807, il le fut de nouveau en 1812. Au cours des années 1793–1812, il remplit trois autres fonctions dans le canton. Membre fondateur de la loge maçonnique no 19 en 1787, il en devint plus tard le secrétaire, et il fit partie de la Niagara Agricultural Society, de la Niagara Library et du Turf Club. Il était également membre de la congrégation presbytérienne de la région.

Clench alliait les traits d’un homme raffiné avec ceux d’un pionnier – mélange que l’on retrouvait fréquemment chez les premiers habitants du Haut-Canada. En 1792, le célèbre voyageur Patrick Campbell le décrivit comme un « jeune homme de formation libérale », tout aussi capable de jouer de l’orgue pour distraire un groupe que de traduire des discours en iroquois. D’un autre côté, il pouvait aussi divertir ses auditeurs en évoquant pour eux les nombreux souvenirs étranges ou horribles qu’il gardait de sa participation à la guerre. Campbell était fasciné par le récit, fait par Clench et par Joseph Brant [Thayendanegea*], de ce jour où ils avaient « amené des garçons et un certain nombre de femmes et de filles comme prisonniers à Detroit, rend[ant] ainsi service à tout l’établissement, qui avait un grand besoin de femmes ».

Il semble que Clench fut mêlé pour la première fois à une controverse politique en 1795, lorsqu’il appuya Isaac Swayze dans une campagne régionale contre le libellé des titres de biens-fonds. En 1800, Clench et Swayze apparurent comme les chefs de file les plus actifs d’un mouvement d’opposition à l’élite régionale, dominée principalement par des marchands écossais tels que Robert Hamilton*. Cette année-là, ils furent élus à la chambre d’Assemblée comme représentants de la circonscription de 2nd, 3rd and 4th Lincoln, et ils furent réélus en 1804. Ils proposèrent conjointement des mesures législatives visant à défendre les intérêts des petits marchands, des fonctionnaires locaux, des loyalistes et des fermiers. Au début, Clench fut attiré par l’opposition parlementaire qui, sous la direction de Robert Thorpe* et de Joseph Willcocks*, demandait notamment que les terres soient accordées à des conditions plus libérales. Toutefois, comme il était fonctionnaire et, de ce fait, membre en quelque sorte de l’establishment conservateur, il évita généralement de se rallier à ce groupe. Les initiatives de l’opposition obligèrent Clench à se tenir sur la défensive et rendirent inefficace son action politique. La carrière qu’il connut par la suite à titre de représentant de la circonscription de 2nd Lincoln à la sixième législature (1812–1816) et à la septième (1817–1820) fut beaucoup plus calme, même s’il se montra un adversaire résolu de Robert Fleming Gourlay*.

Durant la guerre de 1812, Clench prit part à la bataille de Queenston Heights et il fut cité à l’ordre du jour. En mars 1813, il devint adjoint au quartier-maître général des troupes de la milice en poste à Niagara. Trois mois plus tard, il fut capturé par les troupes américaines et gardé prisonnier durant toute la guerre.

À Niagara, Ralfe Clench possédait une belle maison qui, en février 1820, fut détruite par un incendie en même temps que tous ses papiers personnels. Son verger, considéré comme le plus vaste et le plus beau de la ville, avait été dévasté durant la guerre ; il comprenait 114 arbres produisant six variétés de pêches et cinq de prunes, ainsi que des coings, des abricots et des brugnons. Sa deuxième maison, construite dans les années 1820, existe toujours, et Peter John Stokes, spécialiste en histoire de l’architecture, l’a décrite comme « le plus bel exemple du genre qui subsiste encore ».

Bruce G. Wilson

AO, RG 21, Niagara County, Niagara, Township, council minutes, 1793–1807, 1812 ; RG 22, sér. 138, box 1, R. v. Isaac Swayze, 1795, affidavits of John Young et al., 16 mars 1795.— APC, MG 23, HI, 1, sér. 3, 6 : 3 ; sér. 4, vol. 5, packet A7 : 65–66 (transcriptions) ; RG 5, A1 : 2054 ; RG 8, 1(C sér.), 690 : 125 ; 692 : 268 ; RG 19, E5(a), 3745, claim 324 ; RG 68, General index, 1651–1841.— BL, Add. mss 21761 : 41–42 ; 21762 : 70 ; 21765 : 211 ; 21786 : 100.— PRO, WO 28/4 : 13.— P. Campbell, Travels in North America (Langton et Ganong), 165–172.— Doc. hist. of campaign upon Niagara frontier (Cruikshank), 2 : 15, 151.— Farmers’ Journal and Welland Canal Intelligencer (St Catharines, Ontario), 30 janv. 1828.— Gleaner, and Niagara Newspaper, 21 janv. 1828.— U.ELoyalist (York [Toronto]), 2 févr. 1828.— Almanach de Québec, 1790.— Armstrong, Handbook of U.C. chronology (1985), 173–186.— Camochan, Hist. of Niagara, 179, 184, 251.— P. J. Stokes et Robert Montgomery, Old Niagara on the Lake (Toronto et Buffalo, N. Y., 1971), no 24.— London Free Press and Daily Western Advertiser (London, Ontario), 23 févr. 1857.)

Bibliographie générale

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Bruce G. Wilson, « CLENCH, RALFE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/clench_ralfe_6F.html.

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Auteur de l'article:   Bruce G. Wilson
Titre de l'article:   CLENCH, RALFE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   22 juillet 2014