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COATS, WILLIAM, capitaine et explorateur au service de la Hudson’s Bay Company ; il épousa Mary McCliesh, fille de Thomas McCliesh ; décédé en janvier 1752.

William Coats entra au service de la Hudson’s Bay Company en novembre 1726, et, lors de son premier voyage à la baie en 1727, il dut abandonner le Mary, dont il venait de prendre le commandement, au large du cap Farewell, au Groenland. Cette mésaventure se reproduisit neuf ans plus tard, à l’entrée du détroit d’Hudson, lorsque le Hudsons Bay fut envahi par les glaces qui en « écrasèrent les côtés et le firent couler en vingt minutes ». Malgré ces désastres et en dépit du fait qu’il fut accusé en 1742 d’avoir trafiqué de l’eau-de-vie avec la garnison d’Albany (Fort Albany, Ont.) – où, selon l’agent Joseph Isbister*, le capitaine « peut en un jour réduire à néant une réforme de deux ans » – Coats sut conserver la confiance du comité de Londres. Il continua à conduire un des navires de la compagnie à la baie chaque année et, en 1744, reçut une gratification de 50 guinées pour ses « services et [sa] loyauté pendant de longues années ». À peu près à la même époque, il commença à compiler des données en vue d’établir la géographie de la région de la baie d’Hudson, puisque « personne d’autre avant [lui] n’avait jamais recueilli tant de notes, et que très peu de gens seulement avaient eu plus d’expérience que [lui] pour expliquer cette géographie et de meilleures possibilités de le faire ».

En 1749, Coats fut désigné par la compagnie pour reprendre l’exploration de l’East Main (côtes orientales de la baie d’Hudson et de la baie James) entreprise cinq ans auparavant par Thomas Mitchell et John Longland, qui participèrent également à cette nouvelle expédition. Des rumeurs circulant en Angleterre selon lesquelles l’on trouverait de l’argent et des fourrures le long de l’East Main et que le golfe Richmond (lac Guillaume-Delisle, Qué.), découvert en 1744, conduisait peut-être à la côte de l’Atlantique par la péninsule du Labrador, obligèrent la compagnie à compléter l’exploration de la région côtière. Quoique le journal officiel de l’expédition n’ait pas été conservé, les notes personnelles de Coats, ses magnifiques cartes manuscrites et le rapport qu’il présenta à la compagnie démontrent qu’il explora près de 500 milles de côte, du cap Digges, à l’entrée du détroit d’Hudson, jusqu’au golfe Richmond. Coats croyait avoir découvert dans les eaux protégées de ce golfe l’endroit propice à l’établissement d’un poste qui serait situé plus au nord que tous ceux qui existaient jusque là ; il y fut envoyé l’année suivante pour surveiller la construction du fort Richmond, et il y retourna avec des approvisionnements en 1751. Ce fut là son dernier voyage, puisqu’en novembre 1751, on informa le comité de Londres que Coats s’était adonné de façon régulière au commerce illicite pendant son séjour à la baie d’Hudson ; face à cette accusation, il s’avoua coupable et fut relevé de ses fonctions. Traité avec générosité par la compagnie qui lui avait accordé des gratifications s’élevant à £180, indépendamment de son salaire régulier des deux années précédentes, il avait abusé de sa position d’une façon constante et cynique.

Quelques semaines plus tard, Coats était décédé. II n’existe pas de preuve véritable de son suicide, et les registres de l’église St Anne’s, son église paroissiale à Limehouse (aujourd’hui dans la partie est de Londres), relatent, sans aucun commentaire, qu’il fut enterré le 13 janvier 1752. Les archives paroissiales et le testament de Coats laissent voir qu’il était un père de famille d’une certaine aisance. Il avait six enfants ; le père de sa femme avait été un important employé de la compagnie durant les années 1720. Il possédait trois maisons, dont deux étaient situées dans la partie est de Londres et une à Durham. Le fait qu’il possédait celle-ci, qui avait appartenu à sa mère, laisse supposer que la maison familiale de Coats se trouvait à Teeside, une pépinière de marins d’où étaient issus trois de ses collègues capitaines. Quelle qu’ait été la cause de sa mort, Coats connut une fin particulièrement triste. Il mourut dans la disgrâce et dans l’abandon. On ne publia ni les notes qu’il avait soigneusement rassemblées pour son projet de géographie de la baie d’Hudson ni ses cartes de l’East Main, qui furent vite oubliées ; ce n’est qu’au moment où la Hakluyt Society recueillit ses notes manuscrites, en 1852, que l’on commença à reconnaître ce marin entreprenant comme observateur et comme explorateur.

Glyndwr Williams

La carrière de Coats dans la compagnie est décrite dans les HBC Arch. A.1/34–38, A.1/120–22. On trouve des renseignements personnels sur Coats et sa famille dans son testament aux PRO, Prob. 11/792, et à la St Anne’s Parish (Limehouse, East London), Parish registers, 1734–1752. On a conservé six cartes manuscrites de Coats dont cinq se trouvent aux HBC Arch. 6.1/14–18, et une au G.B., Admiralty, Hydrographic department (Taunton, Angl.), A/344, Ai/1. Ses notes furent acquises par Sir William Edward Parry*, explorateur de l’Arctique, qui autorisa leur publication en 1852 sous le titre suivant : The geography of Hudsons Bay : being the remarks of Captain W. Coats, in many voyages to that locality, between the years 1727 and 1751, John Barrow, édit. (« Hakluyt Soc. », 1re sér., XI, Londres) ; puis on perdit de nouveau leur trace. Deux cartes de Coats sont reproduites dans un article de Glyndwr Williams, Captain Coats and exploration along the East Main, Bearer (Winnipeg), outfit 294 (winter 1963), 4–13. Le même auteur analyse la nomenclature de ces cartes dans East London narres in Hudson Bay, East London Papers : a journal of history, social studies and the arts (Londres), VII (1964) : 23–30.  [c. w.]

Bibliographie générale

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Glyndwr Williams, « COATS, WILLIAM », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/coats_william_3F.html.

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Auteur de l'article:   Glyndwr Williams
Titre de l'article:   COATS, WILLIAM
Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   24 novembre 2014