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COX, ROSS, trafiquant de fourrures et auteur, né en 1793 à Dublin, fils de Samuel Cox et de Margaret Thorpe ; en 1819, il épousa Hannah Cumming ; décédé en 1853 à Dublin.

On ne sait pas grand-chose sur les jeunes années de Ross Cox et sur les circonstances de son arrivée en Amérique du Nord. Ayant quitté l’Irlande pendant sa jeunesse, il se trouvait à New York en 1811 lorsque la Pacific Fur Company de John Jacob Astor* prit des dispositions pour envoyer son second navire de ravitaillement, le Beaver, sur la côte nord-ouest de l’Amérique du Nord. « Gagné par l’amour de la nouveauté et par l’espoir d’accéder rapidement à l’indépendance dans le prétendu Eldorado » du commerce des fourrures dans le Nord-Ouest, Cox s’engagea à travailler pour la compagnie en qualité de commis au salaire de 100 $ par année. En octobre 1811, avec un groupe dirigé par John Clarke, il s’embarqua sur le Beaver à destination du fort Astoria (Astoria, Oregon). Le navire parvint au fort en mai 1812 et, à la fin de juin, Cox se mit en route pour la rivière Spokane avec Clarke et trois autres commis, dans le but de fonder un poste à proximité de Spokane House (près de Spokane, Washington), établissement de la North West Company. Le voyage fut long et périlleux, et Cox, homme de courte taille et un peu obèse, eut du mal à suivre l’allure de Clarke, qui avait plus d’expérience. Près du confluent du ruisseau Cow et de la rivière Palouse, il fut séparé des autres membres du groupe qui le cherchèrent en vain, puis continuèrent leur chemin. Après avoir erré durant 14 jours à pied, il réussit à se rendre à la rivière Spokane où, affamé et sérieusement exténué, il rejoignit le groupe.

Cox passa le reste de l’été à Spokane, le nouveau poste de la Pacific Fur Company, où il reprit lentement ses forces. En octobre 1812, il se mit en route avec un autre commis pour une expédition de traite au pays des Têtes-Plates afin de contrecarrer les activités de la North West Company à Saleesh House (près de Thompson, Montana). Il retourna à Spokane où il passa l’hiver et, à la fin de mai 1813, il fit le voyage de retour au fort Astoria avec le groupe qui transportait le produit de la traite hivernale. Le fort était à court de provisions et, par suite de la guerre entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, sa position était gravement menacée tant à cause du contrôle que les navires britanniques exerçaient sur la côte ouest que par la rude concurrence des trafiquants de la North West Company, travaillant sous la protection des Britanniques. Le 25 juin 1813, devant ces difficultés, les associés de la compagnie au fort Astoria offrirent d’annuler les contrats de Cox et de deux autres commis, s’il leur était possible de trouver un emploi ailleurs. Profitant de cette offre, semble-t-il, Cox signa un engagement avec la North West Company et, au début de juillet, il partit avec Joseph Larocque* pour approvisionner les postes de la compagnie à Spokane House et dans la région de l’Okanagan. Le groupe revint au fort Astoria à l’automne de 1813, et Cox se trouvait à cet endroit lorsque John George McTavish* négocia au nom de la North West Company l’acquisition de tous les biens de la Pacific Fur Company.

Au service de la North West Company, Cox remonta plusieurs fois le fleuve Columbia avec Finan McDonald, James Keith, Alexander Stewart, James McMillan et d’autres employés de la compagnie, avant de se voir confier la direction du fort Okanagan (Washington) en avril 1816. Vers la fin de l’été suivant, toutefois, il remit sa démission et, en avril 1817, après avoir passé l’hiver au fort Okanagan, il se joignit à un groupe de voyageurs, parmi lesquels se trouvaient Angus Bethune et Duncan McDougall*, qui se rendaient par voie de terre au fort William (Thunder Bay, Ontario), puis il poursuivit sa route jusqu’à Montréal. Après avoir vainement sollicité un poste au sein de la Hudson’s Bay Company par l’entremise de Colin Robertson*, Cox retourna à Dublin à la fin de 1818 ou au début de 1819 et obtint un emploi de commis dans le principal commissariat de police de la ville. Il fut également correspondant du Morning Herald (Londres) à Dublin jusqu’en 1837 et demeura en Irlande jusqu’au moment de sa mort en 1853.

En 1831, Ross Cox avait fait paraître Adventures on the Columbia ; c’était le second récit de voyage de la plume d’un employé de la Pacifie Fur Company sur la côte nord-ouest, puisque Gabriel Franchère* avait publié en 1820 Relation d’un voyage à la côte du nord-ouest de l’Amérique septentrionale [...]. L’ouvrage de Cox connut un succès immédiat et fut bientôt réédité à Londres et à New York. Rédigé dans un style journalistique, ce compte rendu est à la fois passionnant et très humain. Parce qu’il fut écrit de nombreuses années après que les événements eurent lieu et qu’il fut composé à partir de souvenirs et de ouï-dire, il accorde à Cox une importance souvent démesurée par rapport à ses fonctions et contient parfois des erreurs de chronologie. Contrairement à ce que le texte laisse entendre, par exemple, Cox n’était pas présent au fort Astoria lorsque le seul survivant du Tonquin arriva à cet endroit en août 1813 et raconta comment le malheureux équipage avait été massacré par les Indiens en juin 1811 [V. Jonathan Thorn*]. Mais en dépit des erreurs de faits, l’ouvrage possède une grande valeur. Il présente un compte rendu quotidien des activités de la Pacifie Fur Company et de la North West Company dans les premières années du commerce des fourrures à l’ouest des Rocheuses. Il suscite l’intérêt par ses descriptions des Indiens et du pays, ainsi que par le pittoresque tableau qu’il brosse de la vie des trafiquants avec ses fatigues, sa monotonie et ses dangers.

Eric J. Holmgren

Ross Cox est l’auteur de : Adventures on the Columbia. L’ouvrage parut également sous le titre de The Columbia River ; or, scenes and adventures during a residence of six years on the western side of the Rocky Mountains, among various tribes of Indians hitherto unknown ; together with a journey across the American continent, E. I. et J. R. Stewart, édit. (Norman, Okla., [1957]).

      Docs. relating to NWC (Wallace).— Gabriel Franchère, Relation d’un voyage à la côte du nord-ouest de l’Amérique septentrionale, dans les années 1810, 11, 12, 13 et 14, Michel Bibaud, édit. (Montréal, 1820).— HBRS, 2 (Rich et Fleming).— A. Ross, Adventures on the Columbia.— David Thompson, David Thompson’s narrative, 1784–1812, R.[G.] Glover, édit. (nouv. éd., Toronto, 1962).— H. H. Bancroft [et H. L. Oakes], History of the northwest coast (2 vol., San Francisco, 1884), 2.— Rich, Hist. of HBC.— Robert Rumilly, la Compagnie du Nord-Ouest, une épopée montréalaise (2 vol., Montréal, 1980).— W. S. Wallace, « A note on Ross Cox », CHR, 14 (1933) : 408.

Bibliographie générale

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Eric J. Holmgren, « COX, ROSS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cox_ross_8F.html.

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Auteur de l'article:   Eric J. Holmgren
Titre de l'article:   COX, ROSS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   22 décembre 2014