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DECOSTE, JEAN-BAPTISTE (appelé parfois sieur de Letancour), huissier, né à Paris en 1703, fils de Louis Decoste et de Catherine Coré, décédé à Pointe-Claire (Québec) le 26 février 1778.

Arrivé dans la colonie dans des circonstances inconnues, Jean-Baptiste Decoste épouse à Montréal, le 18 août 1725, Marie-Renée, fille mineure de Nicolas Marchand, tailleur d’habits. Âgé de 22 ans seulement, il semble posséder suffisamment de biens pour que le notaire fixe le douaire à 6 000#. Toutefois, il ne paraît pas que ses principales sources de revenus soient dans la colonie, puisque Nicolas Marchand, lors de la signature du contrat de mariage, s’engage à loger chez lui les futurs époux, à les « chauffer et nourir » pendant deux ans. De plus, il donne à sa fille un terrain situé rue Saint-Paul, voisin de la maison familiale.

Vers 1730, Decoste exerce les fonctions de capitaine des gardes du Domaine d’Occident. À ce titre, il veille à prévenir les fraudes sur les droits d’entrée et de sortie d’un certain nombre de produits. Il assiste également son beau-père, huissier dans la juridiction royale de Montréal depuis septembre 1727, lui servant soit de témoin, soit d’expert. Decoste est aussi praticien et procureur, s’initiant ainsi aux us et coutumes des cours de justice et à la procédure judiciaire. Aussi l’intendant Hocquart lui accorde-t-il une commission d’huissier dans toute l’étendue de la juridiction royale de Montréal le 22 novembre 1731. Ayant subi avec succès l’information de vie et mœurs, il commence à exercer ses fonctions le 3 janvier 1732. Six mois plus tard, le 23 juillet, il est nommé huissier audiencier de la juridiction royale de Montréal, ayant pour tâche d’assister aux séances du tribunal et de veiller au maintien du silence et du respect qui conviennent dans la chambre d’audience. Il exerce cette fonction jusqu’en 1757, date à laquelle l’huissier Nicolas-François Robert le remplace. Entre temps, le 8 juillet 1743, Jean-Baptiste Decoste avait remplacé Jean-Baptiste Adhémar* au poste d’huissier à Montréal du Conseil supérieur ; à ce titre, il doit exécuter, dans le gouvernement de Montréal, tous les « arrêts, jugements et autres actes » émanant du conseil. En 1746, François Dumergue viendra de Québec le remplacer dans cet emploi.

Le fils aîné de Jean-Baptiste Decoste, Jean-Christophe, suit les traces de son père. Né à Montréal le 14 août 1726, il reçoit dès son jeune âge les premiers principes de religion et de lecture d’un maître d’école laïc, Louis Fourier. Puis il est initié à l’emploi d’huissier par son père et, dès l’âge de 24 ans, le 9 février 1751, il est nommé notaire royal dans la juridiction de Montréal. Toutefois, comme cette commission ne semble pas avoir été enregistrée à Montréal et qu’il n’existe aucune trace d’un greffe Decoste, nous pouvons supposer que Jean-Christophe n’a jamais exercé cette profession. Deux ans plus tard, le 3 mars 1753, il devient « huissier exploitant », profession qu’il exercera jusqu’à la Conquête. Mais il semble que Jean-Christophe, dont les témoins à l’information de vie et mœurs vantent l’honnêteté et la fréquentation assidue des sacrements, ait peu à peu commencé à mener une vie libertine, au grand scandale de ses parents d’ailleurs, qui le poursuivent de leurs remontrances. Mais il ne s’en soucie guère et épouse une veuve sans bien et sans grand renom, Marie-Joseph Dumouchel, ce qui ne fait pas plus l’affaire des parents qui déshéritent leur fils par un acte passé devant le notaire Gervais Hodiesne*, le 22 novembre 1757, le mettant ainsi au ban de la famille. Jean-Christophe meurt le 18 novembre 1767 ; quelques jours avant sa mort, il peut écrire « qu’il n’a pas sujet d’être content de la conduite de ses frères et sœurs à son égard, qui lui ont fait en différentes occasions des avanies ».

André Lachance

ANQ-M, Doc. jud., Pièces détachées, 7 mars, 25, 27 avril, 3, 4 mai, 6 juin, 19, 27, 30 juill., 17 sept., 30 déc. 1731, 2, 3, 5 janv. 1732, 10, 13, 15 mars 1753, 5 janv., 27 mars 1759 ; État civil, Catholiques, Notre-Dame de Montréal, 18 août 1725, 15 août 1726, 18 févr., 2 mars 1728, 15 mars, 29 juill. 1729, 21 nov. 1757, 19 nov. 1767 ; Saint-Joachim (Pointe-Claire), 28 févr. 1778 ; Greffe de L.-L. Aumasson de Courville, 5 nov. 1767 ; Greffe de Gervais Hodiesne, 22 nov. 1757 ; Greffe de F.-M. Lepallieur de Laferté, 23 nov. 1738 ; Greffe de Michel Lepallieur de Laferté, 16 août 1725 ; Greffe de Pierre Panet, 18, 19 nov. 1757 ; Greffe d’André Souste, 17 sept. 1754. C.-J. Ferrière, Dictionnaire de droit et de pratique, contenant l’explication des termes de droit, d’ordonnances, de coutumes et de pratique (3e éd., 2 vol., Paris, 1749). É.-Z. Massicotte, Les tribunaux et les officiers de justice, à Montréal, sous le Régime français, 1648–1760, SRC Mémoires, 3e sér., X (1916), sect. : 291, 293. P.-G. Roy, Inv. ord. int., II :108, 126s., 272 ; III : 43, 154s., 205. Tanguay, Dictionnaire, III : 269. Vachon, Inv. critique des notaires royaux, RHAF, XI : 105.

Bibliographie générale

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André Lachance, « DECOSTE, JEAN-BAPTISTE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/decoste_jean_baptiste_4F.html.

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Auteur de l'article:   André Lachance
Titre de l'article:   DECOSTE, JEAN-BAPTISTE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   20 août 2014