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DENYS DE LA RONDE, LOUIS (il signait La Ronde Denys), officier de marine et officier dans les troupes de la Marine, né le 2 août 1675 à Québec, fils de Pierre Denys* de La Ronde et de Catherine Leneuf de La Poterie ; il épousa à Québec le 20 juillet 1709 Marie-Louise, fille de René-Louis Chartier* de Lotbinière et cousine germaine de Louise-Élisabeth de Joybert*, femme du gouverneur Philippe de Rigaud* de Vaudreuil ; père de trois garçons et de trois filles ; inhumé le 25 mars 1741 à Québec.

Louis Denys de La Ronde entra au service de la marine comme garde-marine à Rochefort, France, en 1687. Au cours des 20 années qui suivirent, il participa à diverses campagnes : il accompagna en Irlande le roi Jacques II d’Angleterre, après sa destitution, et assista à la bataille de la baie de Bantry ; par la suite, il fut présent à l’engagement qui eut lieu au large de Béveziers (Beachy Head, Angleterre) ; participant, entre 1692 et 1705, à huit campagnes en Nouvelle-France, dont plusieurs fois sous les ordres de son frère aîné, Simon-Pierre Denys* de Bonaventure, il devint très familier avec les côtes de la Nouvelle-Angleterre ; en 1697, il accompagna Pierre Le Moyne* d’Iberville lors de sa dernière campagne, la plus dramatique, à la baie d’Hudson ; de 1699 à 1700 et en 1701, sur la demande expresse de d’Iberville, il participa aux expéditions du Mississipi. Il reçut son premier commandement en novembre 1701 quand d’Iberville lui confia l’Enflammé pour son voyage de retour en France. L’année suivante, en se rendant à Québec, il fut blessé grièvement à l’épaule au cours d’un engagement avec un vaisseau anglais. Il fut fait prisonnier par les Anglais en haute mer à deux reprises, en 1695 et en 1704.

La Ronde commença à faire son service dans la colonie en 1705, lorsqu’on lui confia le commandement d’une petite frégate pour harceler les vaisseaux anglais dans les eaux de l’Acadie et de la Nouvelle-Angleterre. Pour parer à l’incapacité croissante de la France de satisfaire aux besoins de la colonie en temps de guerre, le gouverneur de l’Acadie, Jacques-François de Monbeton* de Brouillan, avait décidé de faire construire, à Port-Royal (Annapolis Royal, N.-É.), la Biche, équipée de 18 à 20 canons. Constatant lors de son arrivée que la Biche n’était pas encore terminée, La Ronde prit le commandement d’un brigantin et entreprit de faire la guerre de course et la reconnaissance des effectifs anglais le long des côtes de la Nouvelle-Angleterre. En 1706, il poussa l’audace jusqu’à se montrer à Boston « sous prétexte de s’informer de ce qui s’estoit fait [...] pour les eschanges » de prisonniers. II se peut que ce soit à cette occasion qu’il noua les relations qui devaient lui être utiles par la suite.

Juste au moment où la Biche, avec un équipage de 60 Canadiens commandés par Charles-Joseph Amiot* de Vincelotte, était sur le point de quitter Port-Royal au printemps de 1707, une troupe levée en Nouvelle-Angleterre et commandée par John March*, arriva devant la ville. Grâce à l’énergie du nouveau gouverneur, Daniel d’Auger* de Subercase, soutenu fortement par La Ronde et ses hommes, les attaquants furent contraints de se retirer. C’est La Ronde lui-même qui rapporta la nouvelle de ce succès à la cour. Pendant son séjour en France, il fit remplacer la Biche par une frégate plus grande, la Vénus, et, après une traversée ardue, atteignit à nouveau Port-Royal le dimanche de Pâques de 1708. Anticipant une nouvelle attaque anglaise, Subercase lui ordonna de prendre le commandement de la compagnie d’infanterie qu’on lui avait donné en 1707, à la suite de la démission de Louis-Simon Le Poupet* de La Boularderie.

Ce ne fut qu’à la fin d’août, et malgré la désertion de la plus grande partie de son équipage, que La Ronde put reprendre la guerre de course. Prenant avec lui 40 hommes arrivés récemment des Antilles, il quitta Port-Royal à bord de la Vénus et captura rapidement deux navires d’une valeur totale de plus de 115 000#. Mais des vents contraires le forcèrent à faire escale à Plaisance (Placentia, T.-N.), où le gouverneur, Philippe Pastour* de Costebelle le persuada de se joindre à une expédition contre les forts anglais de St John’s. Abandonnant Port-Royal à son sort, La Ronde transporta des munitions et des approvisionnements par mer, pendant que les troupes, sous les ordres de Saint-Ovide [Monbeton] avançaient par voie de terre. Le premier de l’an 1709, quelques heures à peine après l’arrivée des Français, la garnison anglaise commandée par Thomas Lloyd* capitula. Lorsque les Français abandonnèrent les lieux au printemps et que les forts eurent été détruits, La Ronde ramena l’artillerie à Plaisance à bord de la Vénus. Ensuite, il accepta de transporter la garnison anglaise de St John’s à Québec et, une fois là, il se tint prêt pour l’invasion massive des Anglais, attendue pour 1709. C’est alors qu’il épousa Marie-Louise Chartier de Lotbinière. Lorsqu’il devint manifeste que le Canada jouirait d’un répit en 1709, La Ronde retourna avec son épouse à Plaisance au mois d’octobre.

Dès 1708, Subercase se plaignait amèrement, non seulement de l’insubordination dont avait fait preuve La Ronde en ne retournant pas à Port-Royal, mais aussi de ce qu’il avait malmené les petits fonctionnaires qui s’étaient opposés, au cours de cette année, à ses tentatives de sous-évaluer ses prises. Ce faisant, il fraudait le gouvernement auquel il devait des impôts sur ces vaisseaux, de même que les armateurs de son bateau. Bien qu’il eût consenti à ce que La Ronde fût sévèrement puni, le ministre de la Marine, Pontchartrain, faisait face à un dilemme. « Je ne scay pas bien quel chastiment luy faire s’étant depuis beaucoup distingué dans l’affaire de Saint-Jean », écrivit le ministre. La Ronde retourna en France en 1710 pour rendre compte de ses actes. Bien qu’à première vue il semble avoir réussi à esquiver la colère des autorités, le restant de sa carrière fut affecté défavorablement par son indiscipline. Malgré le rythme normal de ses promotions – sous-brigadier à 26 ans, enseigne de vaisseau dans la marine à 27, capitaine dans les troupes de la Marine à 32 – et ses états de service très impressionnants, il ne s’éleva jamais au dessus du rang de capitaine. On lui décerna, cependant, la croix de Saint-Louis en 1721.

En 1710, La Ronde appareilla à destination de Port-Royal pour apprendre, avant son arrivée, que la ville s’était rendue en octobre à Francis Nicholson*. Il resta donc à Plaisance, à la grande joie de son patron, Costebelle, qui devait bientôt lui confier sa plus spectaculaire mission. Le printemps suivant, La Ronde, qui, selon Costebelle, « posséd[ait] assez la langue anglaise pour l’entandre et s’expliquer sans interprète », se rendit à Boston, porteur d’un drapeau parlementaire, pour négocier officiellement un échange de prisonniers. En réalité, son rôle était de faire de minutieuses observations militaires et d’essayer en même temps de saper clandestinement et « avec beaucoup de circonspection » la combativité des habitants de la Nouvelle-Angleterre. Il devait suggérer « par manière de conversation » qu’en épousant la cause de la vieille Angleterre en Amérique, les colons ne faisaient qu’utiliser « leurs propres armes à l’aneantissement de la liberté de leurs républiques ».

Apparemment, personne ne s’opposa à sa présence à Boston, malgré les préparatifs en cours en vue d’une invasion massive du Canada. Il se peut que La Ronde ait eu antérieurement des contacts mais, de toute façon, c’était une personne engageante qui fit bonne impression, en dépit du malaise qu’il éprouvait à jouer son rôle. Sir Hovenden Walker* dut le prendre pour quelqu’un qu’on pouvait gagner car il lui suggéra d’aider la cause des Anglais en pilotant un vaisseau jusqu’au Saint-Laurent. La Ronde n’était pas probablement homme à dédaigner une telle offre si on y mettait le prix. Mais on ne tarda pas à découvrir une copie de ses instructions. Voyant sa popularité baisser considérablement à partir de ce moment et désireux, comme il devait le prétendre plus tard, de transmettre ses informations aux Français, La Ronde s’enfuit de nuit pour chercher la sécurité au large. La première des nombreuses difficultés « qu’il rencontra et qui mi[rent] plusieurs fois sa vie en danger » c’est qu’il fut arrêté et jeté dans le cachot de Castle William. Bien qu’il ait eu la prévoyance d’avaler le texte original de ses instructions, la General Court of Massachusetts le condamna, après une procédure sommaire, à la pendaison. Entre temps, cependant, la nouvelle de la déroute de Walker était arrivée à Boston. Par compassion, ou influencé peut-être par la pittoresque personnalité de La Ronde, le gouverneur Joseph Dudley intervint et donna au Français une occasion de s’évader. Autrement, il aurait pu payer cher sa téméraire intervention dans les intrigues de la diplomatie internationale en temps de guerre. Vers la fin de l’année 1711, après avoir été « balotté sur la mer comme un nouveau Thélémaque », il fut entraîné jusqu’à la Martinique. Il revint à Plaisance en juillet 1712.

Au printemps de 1713, à la paix d’Utrecht, l’Acadie et Terre-Neuve étaient cédés à l’Angleterre et, dans un effort de compenser ses pertes, la France décidait de se lancer dans une nouvelle aventure sur l’île Royale (île du Cap-Breton). Servant sous Saint-Ovide, La Ronde fit la reconnaissance de l’île, faisant des recommandations concernant les lieux de peuplement, dressant des cartes et faisant des rapports sur ses observations. Il est peut-être significatif qu’il releva avec quelque émotion les vestiges des efforts de colonisation de son grand-père, Simon Denys* de La Trinité qui, plus de 60 ans auparavant, avait construit un poste de traite à Sainte-Anne (Englishtown). Au cours de l’été suivant, La Ronde se joignit à Jacques d’Espiet* de Pensens pour un voyage en Nouvelle-Écosse afin d’y encourager les Acadiens à quitter la province et à émigrer à l’île Royale mais le voyage se solda par un échec.

En janvier 1715, La Ronde porta les dépêches de la colonie en France. À son retour, il commanda, avec des interruptions, de novembre 1715 jusqu’au printemps de 1720, le détachement de Port-Toulouse (St Peters). En 1719, à la demande du gouverneur général Philippe de Rigaud de Vaudreuil et apparemment contre sa volonté, on l’envoyait en garnison au Canada. En temporisant, cependant, il réussit à manquer le dernier navire en partance pour Québec en 1719. En 1720, Robert-David Gotteville* de Belile, envoyé par le comte de Saint-Pierre pour prendre le commandement de la garnison de l’île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard), obtint de Saint-Ovide, devenu gouverneur de l’île Royale, les services d’un La Ronde peu enthousiaste pour l’aider à fonder la colonie. En novembre 1721, celui-ci prépara un mémoire détaillé sur les progrès accomplis mais dont la crédibilité reste très suspecte, car La Ronde semble avoir été préoccupé davantage de sa réputation comme colonisateur que de l’exactitude des faits rapportés. En 1722, il profita d’un moment de confusion administrative à Versailles pour quitter l’île Saint-Jean et occuper le poste que Vaudreuil lui réservait au Canada depuis 1719.

La connaissance qu’avait La Ronde de l’anglais et ses contacts en Nouvelle-Angleterre en faisaient un plénipotentiaire particulièrement utile à Vaudreuil. En 1723, par exemple, le gouverneur l’envoya à Boston par voie de terre en mission diplomatique dont le but reste obscur. Il fit aussi très bonne impression sur le successeur de Vaudreuil, Charles de Beauharnois, qui le nomma le 6 juin 1727 commandant de Chagouamigon (près d’Ashland, Wisc.), un poste clé sur la route vers l’Ouest. Bien que cette nomination lui ait donné le droit de s’adonner à la traite des fourrures, pour des raisons qu’on ignore, La Ronde ne quitta pas Québec immédiatement.

En 1728, il fut mêlé à la lutte que Beauharnois et son intendant, Claude-Thomas Dupuy*, se livraient pour le pouvoir. Ce dernier accusa La Ronde de faire illégalement la traite des fourrures, apparemment avec les marchands qu’il connaissait à Boston, et Beauharnois, forcé de reconnaître le bien-fondé de cette accusation, lui refusa la permission d’aller à Chagouamigon. Le fait exceptionnel que le gouverneur et l’intendant étaient du même avis fut considéré apparemment comme une preuve de la culpabilité de La Ronde. Après avoir envisagé la possibilité de le congédier, le ministre de la Marine, Maurepas, ordonna à Beauharnois en 1729 de le garder à Québec : « Je ne puis prendre aucune confiance en luy », écrivit-il. En ce qui concerne La Ronde, ses chances d’avancement furent à jamais compromises, mais il put, surtout grâce à son amitié avec le successeur de Dupuy, Gilles Hocquart*, prendre le commandement à Chagouamigon en 1731.

Une nouvelle époque s’ouvre alors dans la carrière spectaculaire de Denys de La Ronde. Ayant appris des Indiens de la région et de Jacques Legardeur de Saint-Pierre, officier retraité demeurant sur les lieux, que les îles du lac Supérieur étaient riches en gisements de cuivre, il se mit à recueillir des échantillons et à dresser les plans d’une importante industrie. En 1732, il écrivit à Beauharnois et Hocquart en leur proposant de construire deux bateaux, l’un sur le lac Supérieur et l’autre sur le lac Huron, pour transporter le minerai à Niagara (près de Youngstown, N.Y.) où il serait transbordé sur des barges pour être acheminé à Montréal. En échange, il demanda pour neuf ans la concession à titre gratuit de la traite des fourrures à Chagouamigon pour l’aider à financer l’exploitation minière. Après que Maurepas eut approuvé le projet en 1733, La Ronde s’associa à Saint-Pierre et Louis-Mathieu Damours de Clignancour, se mettant d’accord avec eux pour avancer la moitié du capital. Comme, apparemment, il ne l’avait pas, il emprunta 25 411# en marchandises à un négociant montréalais, Louis Charly Saint-Ange. En 1734, il fit admettre dans l’association un autre marchand, Simon Guillory. Entre temps, Beauharnois et Hocquart modifièrent les clauses du monopole de La Ronde, en lui permettant de retarder la construction du vaisseau sur le lac Huron jusqu’en 1735 et de se servir du trois-mâts royal sur le lac Ontario.

Le navire du lac Supérieur fut construit par La Ronde et Guillory en 1734. Les échantillons de minerai envoyés en France et analysés à l’Hôtel des monnaies à Paris révélèrent un contenu de cuivre pur de plus de 90 p. cent, ce qui fit croire à Maurepas que « cette entreprise pouv[ait] devenir un objet très considérable ». La Ronde, qui, selon la remarque de Hocquart, ne possédait qu’une « simple industrie naturelle [...]secourue d’aucune teinture des arts », réalisa la nécessité de faire appel à des artisans expérimentés pour choisir le meilleur emplacement possible de la mine et pour installer le fourneau de fonte. En 1735, il demanda à Maurepas de lui envoyer de l’aide de France à ses frais. Mais le ministre préféra lui envoyer deux mineurs allemands, John Adam Forster et son fils Christopher Henry, en leur donnant simplement comme instruction de déterminer la praticabilité de l’entreprise. Les Forster arrivèrent au Canada à la fin de l’été de 1737 mais, par suite de diverses mésaventures, ils n’atteignirent le lac Supérieur qu’en juin 1738. Après avoir examiné les gisements de cuivre et prélevé des échantillons de minerai, ils retournèrent à Québec au début de l’été de 1739 ; ils y inspectèrent les gisements de cuivre de Baie-Saint-Paul avant de s’embarquer pour la France. Leur compte rendu de l’initiative de La Ronde confirma l’existence d’au moins trois riches gisements de cuivre au lac Supérieur mais ils considérèrent que le coût de leur exploitation serait prohibitif.

La Ronde prévit l’effet de ce rapport en France. En 1739, il écrivit à Maurepas en traçant un tableau optimiste de l’exploitation minière et en lui demandant l’envoi de quelques artisans, mais sa dépêche était rédigée en termes défensifs. Il chercha à justifier toutes ses actions depuis 1736 et donna un compte rendu détaillé de ses services depuis 1687. Mais en 1740 Maurepas lui répondit que l’affaire était classée et, sur un ton irrité, lui ordonna de rembourser au roi les sommes avancées aux Forster, dont le montant s’élevait à plus de 6 000#. La Ronde se conforma apparemment à cet ordre ; Beauharnois et Hocquart demandèrent qu’on lui accordât la permission d’exploiter la traite des fourrures à Chagouamigon pendant deux ou trois ans afin de pouvoir rembourser ses créanciers privés. La confiance qu’inspirait le rapport des Forster fit douter de la sincérité des plans de La Ronde concernant l’exploitation minière ; il ressortait si clairement que le coût de la main-d’œuvre et du transport serait prohibitif qu’on aurait pu s’attendre à ce que La Ronde, malgré son manque d’expérience dans ce domaine, en fût conscient. De plus, au cours des sept années qu’il passa à entretenir l’espoir des autorités quant au succès de son entreprise, sa seule réalisation fut la construction d’un vaisseau sur le lac Supérieur pouvant transporter aussi bien des fourrures et des articles de traite que du minerai. Le fait qu’il s’appuyait sur des apports financiers provenant de trafiquants de fourrures tous impliqués dans le commerce de l’Ouest est aussi suspect. Les documents officiels laissent supposer que La Ronde prit cette affaire au sérieux, qu’il subit des pertes et qu’en fin de compte il fut vaincu par la géographie du Canada, mais il faut ajouter qu’on peut interpréter les événements d’une autre façon. Une possibilité subsiste que La Ronde se soit servi de l’exploitation minière comme prétexte pour obtenir une concession de traite des fourrures à titre gratuit.

Après l’échec de son entreprise minière, La Ronde demanda d’être promu commandant dans les troupes de la Marine en Nouvelle-France, de même qu’une promotion pour deux de ses fils, Philippe et Pierre-François-Paul, tous deux officiers. Philippe avait servi à Chagouamigon pendant les absences de son père et lui succéda après sa mort en 1741. En 1734, Mme de La Ronde se rendit en France pour demander une nouvelle prolongation de la concession de son mari, afin qu’elle et ses fils puissent rembourser à Charly les 30 000# qui, d’après elle, lui étaient toujours dues. Il se peut que cette demande ait pu sembler dépourvue de sincérité, étant donné qu’elle et ses enfants avaient refusé auparavant leur héritage, pour éviter d’avoir à rembourser une dette de 1 100# à Thomas-Jacques Taschereau, agent des trésoriers généraux de la Marine au Canada. Malgré cela, on lui afferma la traite des fourrures à Chagouamigon pour 3 000#, de 1744 à 1748, et pour un tiers de sa production, de 1748 à 1751.

Il est difficile de porter un jugement sur la carrière de La Ronde. Ce fut incontestablement un courageux soldat de fortune dont le théâtre des exploits s’étendit à l’ensemble de l’empire français en Amérique et qui, à part ses faits d’armes, s’était engagé dans la diplomatie, l’exploration et l’entreprise industrielle. D’un autre côté, il se rendit coupable d’insubordination, se laissa guider, semble-t-il, par ses intérêts et fut pour le moins soupçonné à maintes reprises de manquer de loyauté. Le mystère qui entoure aussi bien les motifs sous-jacents à ses initiatives minières que les contacts qu’il eut en Nouvelle-Angleterre et la prétendue connivence qui le liait là-bas, rend sa carrière encore plus fascinante.

Donald J. Horton et Bernard Pothier

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Bibliographie générale

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Donald J. Horton et Bernard Pothier, « DENYS DE LA RONDE, LOUIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/denys_de_la_ronde_louis_3F.html.

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Auteur de l'article:   Donald J. Horton et Bernard Pothier
Titre de l'article:   DENYS DE LA RONDE, LOUIS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   22 septembre 2014