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Titre original :  Dr Charles R. Dickson - CNIB (Canadian National Institute for the Blind)

Provenance : Lien

DICKSON, CHARLES REA, médecin, électrothérapeute, radiologiste et défenseur des personnes non voyantes, né le 16 ou le 18 décembre 1858 à Kingston, Haut-Canada, fils de John Robinson Dickson*, médecin, et d’Ann (Anne) Benson ; décédé célibataire le 9 juillet 1938 à Toronto et inhumé au cimetière Mount Pleasant, dans la même ville.

Charles Rea Dickson, cofondateur du Canadian National Institute for the Blind (CNIB), obtint son premier doctorat en médecine au Queen’s College de Kingston en 1880. Sa famille entretenait des liens étroits avec l’établissement : son père y cofonda la faculté de médecine, dont sa sœur Anne fut l’une des premières femmes diplômées. En 1881, Charles Rea entreprit une formation postdoctorale à la University of the City of New York. Il acquit sans doute son intérêt pour la santé publique plus tard, pendant ses stages au Bellevue Hospital de New York, établissement pionnier dans le domaine.

Revenu au Canada, Dickson pratiqua la médecine sur l’île Wolfe, près de Kingston. Vers 1889, il s’installa à Toronto, où il commença à se pencher tout spécialement sur l’électrothérapie (application de courant électrique à des parties malades du corps), technique populaire préfigurant la physiothérapie et utilisée entre autres par la docteure Jenny Kidd Trout [Gowanlock*]. Dickson accepta la position d’électrothérapeute au Toronto General Hospital et à l’Hospital for Sick Children. Il acquit une réputation internationale pour ses travaux médicaux avec l’électricité et serait nommé trois fois à la présidence de l’American Electro-Therapeutic Association. Philanthrope dans l’âme, il traita beaucoup de patients incapables de payer ses services.

La découverte des rayons X par le physicien allemand Wilhelm Conrad Röntgen, en novembre 1895, revêtirait une importance historique pour la médecine. Des médecins et des hôpitaux dans le monde entier réclamèrent ces appareils à rayons X, qui leur permettaient pour la première fois de voir à l’intérieur du corps de leurs patients et d’améliorer leurs diagnostics. Le Toronto General Hospital et l’Hospital for Sick Children en achetèrent rapidement. Choisi en raison de ses aptitudes technologiques, Dickson supervisa leur utilisation. Comme d’autres radiologistes pionniers, il pratiquait la radiologie thérapeutique, à propos de laquelle il publia des articles, en plus de la radiologie diagnostique.

La nouvelle technologie produirait un impact significatif sur la santé et la carrière de Dickson. Dans leur empressement à utiliser les rayons X, les médecins n’en étudièrent pas les dangers potentiels ; de nombreux praticiens tombèrent malades ou moururent après des expositions fréquentes aux radiations. Dickson ne fit pas exception et devint aveugle. Selon certains récits sur sa vie, il aurait perdu la vue à cause de ses travaux avec les rayons ultra-violets (utilisés pour un type de physiothérapie) ou au cours d’une expérience avec les rayons X, en 1908, qui tourna mal ; la cause la plus probable reste toutefois une exposition prolongée aux radiations, susceptible de provoquer des cataractes même à faible dose. La notice nécrologique de Dickson dans le Journal de la Canadian Medical Association laisse entendre que la cécité l’avait frappé avant 1918. Il souffrait peut-être déjà de troubles visuels en 1909, lorsqu’il écrivit : « Nous savions que nous avions affaire à un agent extrêmement puissant, mais nous ne savions pas qu’il pouvait exercer des effets délétères sur les tissus exposés à son action […] personne assurément ne songea un instant à essayer de se protéger contre d’éventuelles lésions. »

Le handicap de Dickson le transforma en un défenseur passionné des personnes non voyantes. Sa détermination à poursuivre ses objectifs représentait un atout précieux, mais son irascibilité lui nuisait parfois. Une lettre qu’il adressa en 1916 au ministre de l’Éducation de l’Ontario, Robert Allan Pyne (alors en Angleterre), le pressant de nommer un directeur qualifié pour l’Ontario Institution for the Education and Instruction of the Blind, à Brantford, illustre ces deux traits de caractère :

Je vous implore de ne pas répéter la combine stupide des grits en plaçant à un poste d’une telle importance pour ceux qui sont déjà terriblement handicapés, un homme dont la seule qualification est d’être membre de notre parti. Je suis un conservateur de la tête aux pieds et je ne veux pas que mon parti commette un tel crime, car cela n’est rien de moins qu’un crime à l’égard des aveugles […] Vous aurez une occasion splendide pendant [votre séjour] en Angleterre […] d’aller voir des écoles pour aveugles et de prendre des notes. Et quand vous reviendrez, soyez un humain civilisé doté d’une conscience, et non une marionnette de parti !

Dickson déplorait l’absence d’une organisation nationale pour coordonner les services aux personnes atteintes de cécité, situation qui s’aggrava durant la Première Guerre mondiale alors que des milliers de soldats revenaient aveugles du front de l’Ouest. Dans une lettre écrite en 1916 à l’un de ces anciens combattants, Alexander Griswold Viets, Dickson déclara : « Nous voulons absolument un institut national canadien et nous le voulons MAINTENANT. Aussi, nous l’obtiendrons – bientôt. Je ne porte aucune attention aux obstacles, mais je commence par nos provinces de l’Est et continue vers l’ouest ! […] L’institution sera constituée, que tous acceptent de s’y joindre ou non, mais nous préférerions que chacun y soit représenté. Nous devrons surmonter des jalousies mesquines et le provincialisme et toutes ces absurdités si nous souhaitons arriver un jour à quelque chose, et nous y arriverons. »

Les pourparlers qui menèrent à la fondation du CNIB se déroulèrent autour de la table de cuisine chez Dickson, au 192, rue Bloor Ouest. L’un des sept signataires originaux de la charte de l’organisme en mars 1918 et doyen du groupe, Dickson s’imposait logiquement comme le premier président. Sa personnalité combative l’empêcha néanmoins de bien travailler avec les autres, et il dut démissionner de son poste au mois d’août. Il deviendrait le premier président du Blinded Soldiers Committee du CNIB et président honoraire du Sir Arthur Pearson Club of War Blinded Soldiers and Sailors. Afin d’assurer un traitement approprié à ces anciens combattants aveugles, Dickson exerça de fortes pressions auprès du Corps de santé de l’armée canadienne, mené par le major-général Gilbert Lafayette Foster, et du ministère du Rétablissement civil des soldats, dirigé par sir James Alexander Lougheed*. En une vingtaine d’années, selon l’historien Serge Marc Durflinger, Dickson « se lierait d’amitié avec pratiquement chacun des soldats canadiens ayant perdu la vue ».

Les premiers soins constituaient l’autre grand intérêt de Dickson. Ami de l’infirmière américaine Clarissa Harlowe Barton, fondatrice de la Croix-Rouge américaine, il l’aida à mettre en place un système de formation national en premiers soins aux États-Unis. Dickson cofonda la section canadienne de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem (voué à la prévention et aux soins des maladies et des blessures). Avec le docteur George Ansel Sterling Ryerson*, il contribua à la création de la Société canadienne de la Croix-Rouge et à l’Association ambulancière Saint-Jean en Ontario.

Malgré ses relations internationales, Charles Rea Dickson choisit de demeurer au Canada, préférant, comme il le mentionna un jour, « vivre sous le drapeau britannique ». La reconnaissance de ses réalisations se concrétisa quand on le nomma, en 1910, membre à vie de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et lorsqu’il reçut, en 1937, la médaille du couronnement du roi Georges VI. Célibataire endurci, il mourut à Toronto le 9 juillet 1938 d’une « tumeur maligne de la vessie et de la prostate », selon son acte de décès. Sa santé déclinait depuis longtemps ; il traversait peut-être aussi des difficultés financières, car le CNIB assuma le coût de ses funérailles. Dans ses dernières années, il déclara apparemment : « J’ai passé ma vie à faire ce que les gens disaient impossible de faire. »

Charles Hayter

Charles Rea Dickson est l’auteur de : « Some uses of the X-ray other than diagnostic », Dominion Medical Monthly (Toronto), 19 (juillet–décembre 1902) : 72–76 ; « X-rays and cancer », Canadian Journal of Medicine and Surgery (Toronto), 26 (juillet–décembre 1909) : 80–85 ; et « Radium in the treatment of carcinoma of the cervix uteri », Univ. of Toronto, Medical Journal, 10 (novembre 1932–mai 1933) : 136–140. Le 28 janvier 1905, à Toronto, Dickson a présenté, devant le Canadian Instit., sa communication sur Niels Ryberg Finsen, récipiendaire du prix Nobel de physiologie ou médecine ; celle-ci a d’abord paru sous la forme d’une brochure (Toronto, 1905), puis dans Canadian Instit., Trans. (Toronto), 8 (1910) : 99–135, sous le titre « Niels R. Finsen – his life and work ». Le DCB possède une copie dactylographiée d’une courte biographie inédite écrite par D. C. Nesbit, intitulée « Dickson, Charles Rea, m.d., c.m. » (s.l.n.d.).

AO, RG 80-8-0-1798, no 004951.— BAC, R3647-0-9 (Canadian National Instit. for the Blind fonds).— CNIB Foundation (Toronto), Arch.— Percy Brown, American martyrs to science through the Roentgen rays (Springfield, Ill., et Baltimore, Md, 1936).— J. T. H. Connor, Doing good : the life of Toronto’s General Hospital (Toronto, 2000).— J. T. H. Connor and Felicity Pope, « A shocking business : the technology and practice of electrotherapeutics in Canada, 1840s to 1940s », Material Hist. Rev. (Sydney, N.-É.), 49 (printemps 1999) : 60–70.— « Dr. Charles Rea Dickson », Canadian Medical Assoc., Journal (Toronto), 39 (juillet–décembre 1938) : 303.— S. M. Durflinger, Veterans with a vision : Canada’s war blinded in peace and war (Vancouver et Toronto, 2010).— Euclid Herie, Journey to independence : blindness – the Canadian story (Toronto, 2005).— A new kind of ray : the radiological sciences in Canada – les Sciences radiologiques au Canada, 1895–1995, J. E. Aldrich et B. C. Lentle, édit. (Vancouver, 1995).— Edward Shorter, A century of radiology in Toronto (Toronto et Dayton, Ohio, 1995).

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Charles Hayter, « DICKSON, CHARLES REA », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 9 déc. 2022, http://www.biographi.ca/fr/bio/dickson_charles_rea_16F.html.

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Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/dickson_charles_rea_16F.html
Auteur de l'article:    Charles Hayter
Titre de l'article:    DICKSON, CHARLES REA
Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    2022
Année de la révision:    2022
Date de consultation:    9 décembre 2022