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DICKSON, JOHN ROBINSON, chirurgien et éducateur, né le 15 novembre 1819 à Dungannon (Irlande du Nord), fils de David Dickson et d’Isabella Robinson ; le 8 mai 1839, il épousa Ann Benson, de Kingston, Haut-Canada, et ils eurent quatre fils et quatre filles, dont Anne, une des premières femmes diplômées en médecine de l’Ontario, et le docteur Charles Rea Dickson* ; décédé le 23 novembre 1882 à l’île de Wolfe, près de Kingston.

En 1829, John Robinson Dickson était en apprentissage chez un pharmacien. Il ne termina pas le stage, d’une durée de six ans, mais étudia quelque temps à la Royal Belfast Academical Institution avant d’entrer à l’Anderson’s College à Glasgow pour y apprendre la médecine. En 1837, avant la fin de son cours, sa famille immigra au Haut-Canada et John Robinson entra en apprentissage chez le docteur John Hutchinson, de Peterborough. Insatisfait de la pratique médicale en milieu rural, il envisagea d’émigrer aux États-Unis. Il étudia à l’University of New York d’octobre 1841 à mars 1842 et y reçut un doctorat en médecine. Toutefois, les possibilités de carrière s’étant améliorées au Canada, Dickson rentra au pays. Il reçut sa licence du Medical Board du Haut-Canada en avril 1842 et ouvrit son cabinet à Kingston, alors capitale de la province du Canada. Vers la fin des années 1840, John Alexander Macdonald* devint son patient et un ami intime. Entre 1846 et 1849, Dickson prit son tour de « médecin du mois » à l’hôpital mis sur pied par la Female Benevolent Society, qui devint plus tard le Kingston General Hospital [V. Harriet Dobbs].

Dickson s’intéressait vivement au progrès de la formation médicale au Haut-Canada, qui était alors acquise en majeure partie par l’apprentissage et le service dans les hôpitaux. Afin que l’hôpital pût offrir de meilleurs avantages aux étudiants en médecine, Dickson, tout comme le docteur Horatio Yates, se présenta au poste d’échevin lors des élections municipales de 1853, en vue de faire partie du conseil d’administration de l’hôpital, car à l’époque seuls les représentants municipaux élus pouvaient y être admis. Ils furent élus tous les deux et Yates se chargea de la réorganisation de l’hôpital. Dickson invita les médecins de la région à une réunion à la maison de Macdonald en février 1854 dans le but de discuter de la fondation d’une école de médecine. Le mois suivant, les docteurs Dickson, James Sampson*, John Stewart* et Orlando Sampson Strange rencontrèrent des membres du conseil d’administration du Queen’s College et proposèrent le plan qui aboutit à l’organisation de la faculté de médecine de cet établissement, plus tard la même année. Dickson fut nommé professeur des principes et de la pratique de la chirurgie et, en 1861, devint vice-président de la faculté (le titre du poste fut changé pour celui de doyen deux ans plus tard). Il reçut un doctorat en médecine du Queen’s College en 1863.

En 1864, après une année de querelles, d’abord avec le docteur John Stewart, secrétaire de la faculté, concernant des questions personnelles et budgétaires, et, par la suite, avec William Leitch* et les membres du conseil d’administration au sujet des règlements, Dickson remit sa démission aux autorités du Queen’s College. Deux ans plus tard, il fonda une nouvelle école de médecine, le Royal College of Physicians and Surgeons of Kingston, affilié au Queen’s College pour l’attribution des diplômes. Le personnel se composait d’anciens professeurs de ce collège qui avaient préféré quitter l’université plutôt que de déclarer qu’ils croyaient aux doctrines de la profession de foi de Westminster, comme l’exigeaient les membres du conseil. Dickson, président du nouveau collège, y enseignait la chirurgie de clinique. Dans son discours inaugural, en octobre 1866, il recommanda fortement la création d’un seul jury d’examen pour toute la province afin d’assurer l’uniformité des qualifications médicales. Il parvint à faire reconnaître la validité des cours de médecine par les collèges royaux des chirurgiens d’Édimbourg et de Londres, dont il détenait des diplômes. En 1880, le collège chargea Dickson et Yates de donner une série de cours de médecine destinés aux femmes. Malheureusement, cette initiative fut de courte durée, principalement à cause des protestations qu’elle souleva chez les étudiants de l’autre sexe.

En septembre 1865, le Medical Board devint le Council of Medical Education and Registration du Haut-Canada, et Dickson en fut le premier président en juin 1866. Il remplaça James Sampson en qualité de chirurgien du pénitencier provincial et du Rockwood Asylum. Depuis quelques années, Dickson était membre de la commission provinciale chargée de se prononcer sur des cas présumés d’aliénation mentale et, en décembre 1869, on le nomma surintendant médical du Rockwood Asylum. Membre du conseil presbytéral de l’Église presbytérienne et ardent défenseur de la tempérance, il abolit l’usage de l’alcool dans cet établissement. Il fut vice-président de l’Association médicale canadienne et siégea au conseil de la Botanical Society of Canada.

Dickson mit sur pied la Cataraqui Medical Society, qui se réunissait chaque mois pour entendre des mémoires ; il en fut président de septembre 1880 jusqu’en mai 1881. Malade, il se retira alors dans la demeure de son fils à l’île de Wolfe où il mourut en 1882.

Margaret Sharp Angus

Plusieurs articles de John Robinson Dickson apparaissent dans le British American Journal [...] (Montréal), 1860–1862.

QUA, Queen’s Univ. médical faculty records, II, box 2, folder 16 ; X, box 8, 1 ; 8 ; XI, box 11, 1.— Macdonald : Letters (J. K. Johnson et Stelmack), II : 163.— Chronicle & Gazette, 8 mai 1839, 13 mai 1842.— Daily British Whig, 2 janv. 1854, 23 nov. 1882.— Canadian biog. dict., I : 348s.— Margaret Angus, Kingston General Hospital, 1832–1972 : a social and institutional history (Montréal et London, Ontario, 1973).— William Canniff, The medical profession in Upper Canada, 1783–1850 [...] (Toronto, 1894).

Bibliographie générale

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Margaret Sharp Angus, « DICKSON, JOHN ROBINSON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/dickson_john_robinson_11F.html.

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Auteur de l'article:   Margaret Sharp Angus
Titre de l'article:   DICKSON, JOHN ROBINSON
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   24 octobre 2014