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Titre original :  The Year Book 1913: Toronto Normal School, Public domain, via Wikimedia Commons.

Provenance : Lien

PYNE, ROBERT ALLAN, médecin, homme politique et fonctionnaire, né le 29 octobre 1853 à Newmarket, Haut-Canada, fils de Thomas Pyne et de Hester Jane Roberts ; le 17 novembre 1880, il épousa dans le canton d’East Zorra, Ontario, Mary (Minnie) Isabel McQueen (Macqueen), et ils eurent une fille et deux fils ; décédé le 18 juin 1931 à Toronto.

Robert Allan Pyne, dont le père médecin venait de Waterford (république d’Irlande), fit ses études primaires à Newmarket et Hagersville. Il fréquenta ensuite la University of Toronto, où il obtint une licence en médecine en 1878 et un doctorat en cette matière en 1880. Dans une notice biographique de 1912, l’auteur Henry James Morgan* le décrirait comme un passionné des sports de plein air et « un formidable joueur de cricket ». Pyne commença à exercer dans la ville et succéda rapidement à son père à titre de registraire du College of Physicians and Surgeons of Ontario. Il fit également partie du bureau d’éducation et du bureau de santé de Toronto. À l’occasion des élections provinciales du 1er mars 1898, il se porta candidat pour les conservateurs et devint député à l’Assemblée législative. Il y resterait pendant 20 ans, pour y représenter Toronto East (1898–1914) et la nouvelle circonscription de Toronto Northeast (1914–1918). Il siégea d’abord dans l’opposition sous les gouvernements libéraux d’Arthur Sturgis Hardy* et de George William Ross*. Quand les conservateurs prirent le pouvoir en 1905, le premier ministre James Pliny Whitney* le nomma ministre de l’Éducation.

Successeur de Richard Harcourt, Pyne dirigerait le ministère de l’Éducation pendant les 13 années suivantes. Épaulé dès 1906 par le sous-ministre Arthur Hugh Urquhart Colquhoun, il entreprit d’améliorer les écoles de l’Ontario. Le Department of Education Act de 1906 fixa des exigences minimales pour la reconnaissance des enseignants, et des modifications au Public Schools Act firent augmenter le salaire des instituteurs et des inspecteurs en milieu rural. On instaura ces changements malgré l’opposition généralisée des commissaires locaux. La même année, après qu’une commission provinciale eut rapporté le coût élevé et la piètre qualité des livres scolaires, Pyne mit en place un système d’appel d’offres pour rehausser les normes par la concurrence et rendre les manuels plus abordables. En outre, il remplaça progressivement les écoles modèles traditionnelles par des écoles normales plus rigoureuses, afin de mieux former les enseignants, et, en 1915, il majorerait les pensions des instituteurs.

D’autres réformes importantes virent également le jour. L’Industrial Education Act de 1911, soutenu par le surintendant du ministère, John Seath*, autorisait les municipalités à fonder des écoles techniques et engageait le gouvernement à leur fournir du financement à cette fin. L’Auxiliary Classes Act, qui suivit en 1914, allouait des fonds pour la construction d’écoles spécialisées consacrées aux enfants affligés de handicaps physiques ou mentaux. Pyne croyait que ceux-ci avaient droit à une instruction publique, quoique dans des établissements séparés ; la docteure Helen MacMurchy*, renommée pour sa défense de la protection de l’enfance, partageait son opinion. La loi haussait le financement accordé à l’Ontario Institution for the Education and Instruction of the Deaf and Dumb de Belleville [V. Robert Mathison*] et à l’Ontario Institution for the Education and Instruction of the Blind de Brantford [V. Alfred Hutchinson Dymond*].

Pyne souleva la controverse en instaurant des réformes relatives aux écoles bilingues de la province, qui éprouvèrent les relations entre anglophones et francophones au pays. En 1910, il subit des pressions de l’ordre d’Orange (dont il était membre fidèle), de certains évêques catholiques de l’Ontario sous la direction de Michael Francis Fallon, et de confrères conservateurs, dont le futur premier ministre George Howard Ferguson*, pour supprimer les écoles bilingues. Après une rencontre entre Whitney, Pyne, Colquhoun et Seath, on chargea l’inspecteur en chef de Pyne, Francis Walter Merchant, d’enquêter sur des allégations voulant que ces établissements donnaient une éducation de qualité inférieure aux normes. En 1912, le rapport de Merchant souleva des problèmes dans leur fonctionnement et recommanda d’offrir une meilleure formation aux enseignants. Il suscita toutefois des appels à leur abolition pure et simple. En réponse à ces demandes, Pyne émit la « Circular of Instructions, 17 ». Mieux connue sous le nom de Règlement 17, la nouvelle politique interdisait l’emploi du français comme langue d’enseignement et de communication après les deux premières années d’études, limitait l’enseignement de la matière du français à une heure par jour, et autorisait la tenue de ces leçons seulement à la requête parentale et dans les écoles où on avait enseigné le français avant 1912. Afin de s’assurer que toutes les écoles bilingues obtempèrent, les inspecteurs des écoles séparées, normalement francophones et catholiques, se virent placés sous l’autorité des inspecteurs des écoles publiques, à l’époque tous anglophones et protestants. Tout au long de la bataille entraînée par ce qu’on appellerait la question des écoles de l’Ontario, Pyne continuerait de défendre le Règlement 17. « Même s’il [était] né au Canada, relaterait le Toronto Daily Star, son point de vue était celui d’un orangiste de l’Ulster. »

Devant la décision du gouvernement Whitney de restreindre l’enseignement du français, des parents protestèrent en retirant leurs enfants des écoles. En février 1913, après que Pyne eut publié un décret ordonnant que « les règlements désormais en vigueur soient appliqués à tous les égards », Charles Siméon Omer Boudreault, président de l’Association canadienne-française d’éducation d’Ontario [V. Napoléon-Antoine Belcourt], déclara au Toronto Daily Star : « En aucun cas les Canadiens français de l’Ontario n’accepteront le Règlement 17 [...] Nous ne consentirons à rien d’autre qu’à la reconnaissance des droits des parents. Le remplacement des inspecteurs francophones par des inspecteurs anglophones protestants sera accueilli de la même manière qu’auparavant : les enfants déserteront les écoles. » Deux ans plus tard, après le refus du conseil des écoles séparées d’Ottawa de mettre en œuvre la nouvelle politique [V. Samuel McCallum Genest], le successeur de Whitney, William Howard Hearst*, lui substitua une commission spécialement nommée, geste ultimement jugé inconstitutionnel par le comité judiciaire du Conseil privé. Le Règlement 17 resterait en vigueur jusqu’en 1927, année où un rapport coécrit par Merchant conclut à ses effets néfastes sur les écoles de la province.

Les connaissances médicales de Pyne lui servirent parfois en politique, surtout au début de 1914, quand il organisa les soins prodigués à Whitney, souffrant, et assuma la direction du gouvernement. En octobre, quand Hearst devint premier ministre, peu après la mort de Whitney et le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Pyne conserva son poste de ministre de l’Éducation. Nommé lieutenant-colonel dans le Corps de santé de l’armée canadienne le 22 juin 1915, il s’embarqua pour l’Angleterre deux mois plus tard pour superviser la mise sur pied de l’Ontario Military Hospital à Orpington (Londres), qui recevait des soldats blessés du Canada et d’autres pays alliés. Ouvert en février 1916, l’établissement fut rebaptisé No. 16 General Hospital en septembre 1917, et il accueillerait plus de 2 000 patients. Pyne, dont les deux fils, Frederick Roberts et Francis Herbert Wandaford, servirent dans le Corps expéditionnaire canadien, passa beaucoup de temps en Angleterre durant la guerre pour piloter l’agrandissement de l’hôpital dirigé par le colonel David William McPherson.

À son retour définitif au Canada, épuisé par son horaire chargé et ses longs séjours outre-mer, Pyne décida de se retirer de la vie politique. Il quitta le cabinet et le Parlement en mai 1918 ; Henry John Cody* lui succéda. Par la suite, Pyne servit à titre de greffier du comté d’York, puis de shérif de Toronto, poste qu’il occupa de 1923 jusqu’à sa mort subite d’une crise cardiaque en 1931.

Médecin, fonctionnaire, patriote britannique et fier orangiste, Robert Allan Pyne dirigea le système d’éducation de l’Ontario à une époque de profonds changements sociaux. Il ne craignit pas de défendre les réformes en éducation qui, selon lui, rehaussaient les normes pour les enseignants et les élèves. Ses politiques sur les écoles bilingues soulevèrent une telle controverse qu’on en débattrait encore au début du xxie siècle.

Jack Cecillon

Toronto Daily Star, 17 févr. 1913 ; 29 avril 1914 ; 8 avril, 26 mai 1915 ; 26 avril, 2 nov. 1916 ; 19 juin 1931.— J. D. Cecillon, Prayers, petitions, and protests : the Catholic Church and the Ontario schools crisis in the Windsor border region, 1910–1928 (Montréal et Kingston, Ontario, 2013).— Robert Choquette, Langue et Religion : histoire des conflits anglo-français en Ontario (Ottawa, 1977).— C. W. Humphries, « Honest enough to be bold » : the life and times of Sir James Pliny Whitney (Toronto, 1985).— F. W. Merchant, Report on the condition of English-French schools in the province of Ontario (Toronto, 1912).— Ontario, Committee appointed to enquire into the condition of the schools attended by French-speaking pupils, Report (Toronto, 1927).

Bibliographie générale

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Jack Cecillon, « PYNE, ROBERT ALLAN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 févr. 2024, http://www.biographi.ca/fr/bio/pyne_robert_allan_16F.html.

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Auteur de l'article:    Jack Cecillon
Titre de l'article:    PYNE, ROBERT ALLAN
Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    2023
Année de la révision:    2023
Date de consultation:    24 février 2024