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FILLIS, JOHN, homme d’affaires, fonctionnaire, né vers 1724 à Boston, fils de John Fillis, décédé le 16 juillet 1792 à Halifax.

Fils d’un prospère charretier de Boston, John Fillis arriva en Nouvelle-Écosse vers 1751. Possédant un assez gros capital, semble-t-il, il fonda à Halifax une florissante entreprise de transport maritime ; au moment où éclata la Révolution américaine, il avait une filiale à Boston. En versant une guinée par mois au fonds de secours des indigents, il eut droit à une licence qui l’autorisait à vendre des boissons alcooliques à Halifax et, en 1752, il mit sur pied une distillerie. Fillis et Joshua Mauger eurent le monopole de la vente en gros du rhum dans la province et il leur arriva souvent de se concerter en vue de protéger leurs intérêts communs. En 1767, par exemple, lorsque le gouverneur, lord William Campbell, appuya un projet de loi visant à réduire les droits d’accise sur les spiritueux importés et à augmenter la taxe sur ceux que l’on fabriquait sur place, Fillis et l’agent de Mauger, John Butler, protestèrent auprès du Board of Trade. Ils furent soutenus à Londres par Mauger et d’autres marchands britanniques qui avaient des intérêts en Nouvelle-Écosse. Campbell reçut bientôt l’ordre de rétablir les anciens taux. Au cours des trois décennies qui suivirent la fondation de Halifax, la demande de rhum provoquée par l’arrivée dans la province d’un grand nombre d’immigrants venus d’Europe, de Grande-Bretagne et de la Nouvelle-Angleterre assura la fortune de Fillis et de Mauger. Comme de nombreux habitants de la Nouvelle-Écosse, Fillis investit de fortes sommes dans les terrains et acquit des propriétés dans les localités de Halifax, Grand-Pré, Cornwallis, Horton (Wolfville), Granville et l’actuel Bridgetown. Quand il mourut, ses biens étaient estimés à près de £30 000.

La haute considération dont Fillis jouissait auprès de ses concitoyens lui valut d’occuper un siège à la première chambre d’Assemblée en 1758. Dix ans plus tard, il succéda à Benjamin Gerrish comme député du comté de Halifax et il conserva ce siège jusqu’en 1770. À la cinquième législature (1770–1785), il remplaça Richard Gibbons en tant que représentant du canton de Barrington, et, en 1784, il se vit offrir le poste de président de la chambre mais il refusa cet honneur. De 1785 jusqu’à son décès, il représenta le canton de Halifax. Il semble qu’il joua un rôle actif dans la société de Halifax. On le nomma juge de paix en 1771 ; il fut aussi un membre éminent de l’église Mather (St Matthew).

Comme plusieurs autres Néo-Écossais originaires de la Nouvelle-Angleterre, Fillis se trouva confronté à un dilemme lorsque les relations entre la Grande-Bretagne et les colonies américaines, dans les années 1760 et 1770, devinrent de plus en plus tendues. À l’été de 1774, le Conseil de la Nouvelle-Écosse recommanda que Fillis et William Smith, qui était lui aussi marchand et juge de paix, fussent destitués de leurs fonctions pour s’être opposés au déchargement dans le port de Halifax d’une cargaison de thé de l’East India Company. Les deux hommes furent associés à un autre geste de rébellion, à savoir l’incendie d’une certaine quantité de foin qui devait être expédiée aux troupes britanniques à Boston. Des rumeurs concernant leurs tendances révolutionnaires furent propagées par les rebelles en Nouvelle-Angleterre et elles finirent par arriver aux oreilles du lieutenant général Thomas Gage. En juin 1775, très inquiets, Fillis et Smith recoururent à l’Assemblée pour faire reconnaître leur innocence, et, au cours du mois, la chambre adopta une résolution attestant leur loyauté. C’est en partie pour rétablir sa réputation dans la province que Fillis devint l’un des dirigeants d’une campagne menée par les députés en 1775–1776 et qui permit d’obtenir le rappel du gouverneur Francis Legge. Cette opposition de Fillis au gouverneur peut également s’expliquer par le fait qu’un comité, mis sur pied par Legge en vue d’examiner les comptes de la province, l’avait accusé de concussion.

Dissident, propriétaire foncier, marchand et homme politique, Fillis fut l’un des plus énergiques émigrés de la Nouvelle-Angleterre à s’implanter solidement en Nouvelle-Écosse. Il se maria deux fois, d’abord avec Elizabeth Stoddard, à Boston le 24 décembre 1747, puis avec Sarah Cleveland (née Rudduck), à Halifax, le 19 octobre 1756. Il fut le père de dix enfants, semble-t-il, dont quatre moururent probablement en bas âge. Son fils John devint un gros marchand de Halifax.

A. A. Mackenzie

PANS, {{ms }}file, Fillis family docs. ; MG 9, nos 1, 4, 109.— PRO, CO 217/22.— St Paul’s Anglican Church (Halifax), Registers of baptisms, burials, and marriages.— Royal Gazette and the Nova-Scotia Advertiser, 17 juill. 1792.— Directory of N.S. MLAs.— Brebner, Neutral Yankees.— Acadian Recorder (Halifax), 29 mai 1926.— A merchant of the early days of Halifax..., Maritime Merchant (Halifax), XLIV (1935–1936), no 19 : 49, 86.— J. F. Smith, John Fillis, MLA, Nova Scotia Hist. Quarterly (Halifax), 1 (1971) : 307–323.— Yarmouth Herald (Yarmouth, N.-É.), 8 mai 1928.

Bibliographie générale

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A. A. Mackenzie, « FILLIS, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/fillis_john_4F.html.

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Auteur de l'article:   A. A. Mackenzie
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   20 décembre 2014