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FRIEL, HENRY JAMES, journaliste, homme politique et fonctionnaire, né à Montréal en 1823, fils de Charles Friel, décédé le 16 mai 1869 à Ottawa, Ontario.

Henry James Friel était issu d’une famille catholique irlandaise. Ses parents émigrèrent en 1827 à Bytown (Ottawa), Haut-Canada, où son père exploita un « magasin général ». Devenu orphelin dans les années 1830, Henry Friel entra en apprentissage chez Alexander James Christie*, propriétaire de la Bytown Gazette. Friel démontra toutes les qualités nécessaires à un journaliste du xixe siècle : il possédait en effet un sens aigu de la politique, l’instinct de la controverse et une belle plume. Sa carrière littéraire débuta en 18451846 par la publication de quatre articles sur la vallée de l’Outaouais dans la revue montréalaise Literary Garland. Ces articles confirment le jugement du critique contemporain Henry James Morgan*, selon lequel Friel était « un écrivain précis et vigoureux, d’une incontestable habileté ».

En octobre 1846, Friel et John George Bell devinrent propriétaires du Packet de Bytown. Ce journal, polémique et tapageur, dirigé par Friel, exerça en faveur du parti réformiste une influence étonnante sur un milieu traditionnellement tory. Friel affermit sa position en 1848 en s’alliant par son mariage à l’une des familles les plus en vue de Bytown : son épouse, Mary Anne, était la fille de l’éminent marchand Daniel O’Connor. De leurs nombreux enfants, trois seulement ne moururent pas en bas âge. Friel commença également à s’occuper intensément de bien-être social : membre fondateur du Bytown Mechanics’ Institute, il en fut le président à plusieurs reprises. Il s’intéressa également aux affaires de la paroisse catholique St Joseph ainsi qu’à la Société Saint-Vincent-de-Paul. Durant les années 1860, il fut membre du conseil du Board of Trade d’Ottawa et l’un des administrateurs de l’Ottawa Gas Company.

Friel se trouva mêlé de près à la plupart des querelles politiques qui se déroulèrent à Bytown. En septembre 1849, lorsque des émeutes éclatèrent au sujet du projet de visite du gouverneur général Elgin [Bruce], Friel était au nombre de ceux qui furent arrêtés pour avoir encouragé le pillage de l’arsenal du gouvernement à Hull, afin de fournir des armes aux émeutiers réformistes. Il était toutefois entré de façon plus légitime dans la vie politique, lors de son élection au premier conseil de ville de Bytown en septembre 1847. Battu à l’élection de 1848, il devint commissaire d’école, l’année suivante.

Les efforts déployés par Friel pour maintenir un journal réformiste lui causèrent de lourdes pertes financières. Après l’élection du gouvernement libéral de Louis-Hippolyte La Fontaine et de Robert Baldwin* en 1848, Friel tenta avidement d’obtenir leurs faveurs. Cependant, comme les contrats d’imprimerie du gouvernement ne suffisaient pas à assurer la rentabilité du Packet, il le revendit à Robert Bell* en octobre 1849. Friel dirigea alors ses ambitions vers la fonction publique. Nommé greffier de la Cour du comté de Carleton et greffier adjoint de la couronne en 1850, il remplit ces fonctions jusqu’en 1857.

Élu échevin du quartier Bytown-Est en 1850, 1853 et 1854, Friel fut nommé maire de la ville par ses collègues échevins au cours de cette dernière année. Ses tentatives pour entrer dans la politique provinciale en 1854 se soldèrent par sa défaite dans la circonscription de Bytown. Il dut subir deux autres échecs, d’abord comme candidat dans Prescott en 1863, puis aux élections de la législature ontarienne en 1867, alors qu’il fut battu par Richard William Scott* dans la circonscription d’Ottawa. Sa carrière municipale demeura cependant fructueuse. Quand Bytown devint la ville d’Ottawa en 1855, Friel continua d’y jouer un rôle prépondérant. Il fut échevin de 1855 à 1858 et en 1864, 1865 et 1867, et maire à trois reprises en 1863, 1868 et 1869 ; il mourut durant ce dernier mandat.

Friel était retourné au journalisme en 1858, en fondant l’Union d’Ottawa, journal populaire réformiste à l’image de la « presse » américaine « à deux sous ». Il s’associa d’abord à son beau-frère, Roderick O’Connor, qui dirigeait également le journal catholique Tribune. En 1860, il eut comme second partenaire l’ingénieur civil George Hugo Perry*. D’abord un hebdomadaire, le journal finit par paraître trois fois par semaine au cours de l’année 1861 ; il devint la Daily Union en 1865. Le journal de Friel avait pour objectif principal de défendre la position d’Ottawa comme capitale et comme clavette de sûreté dans l’union des deux Canadas. L’Union devint par conséquent un adversaire résolu du projet de confédération, qui pouvait compromettre les intérêts d’Ottawa, et s’opposa également aux réformistes tels que George Brown* qui étaient partisans de la confédération.

En 1866, Friel vendit l’Union au quotidien rival, l’Ottawa Times. Il s’occupa de la politique locale et de son agence de la Royal Insurance Company. Le 10 mai 1869, l’épouse de Friel donna naissance à un fils. Le même soir, Henry Friel attrapa un mauvais rhume qui dégénéra rapidement en congestion pulmonaire. Le maire Friel mourut, le 16 mai, à l’âge de 46 ans. La ville qu’il avait servie si longtemps lui réserva des funérailles d’État grandioses ; il fut inhumé au cimetière catholique d’Ottawa à Sandy Hill, le 19 mai 1869.

Michael S. Cross

H. J. Friel est l’auteur de The Calumette : a passage from Tom Clifden’s Ottawa sketches ; Lake Colonge, from Tom Clifden’s Ottawa sketches ; Lake des Alumettes, from Tom Clifden’s Ottawa sketches ; et The misanthrope, articles publiés dans Literary Garland (Montréal), nouv. sér., III (1845) : 520–522 ; IV (1846) : 84–86, 235–237, 343–357.

APC, MG 24, B55 ; I9, 12, p.3 744 ; 20, pp.4 967–4 970 ; 32 ; I107 ; RG 8, I (C series), 617, pp.57–59.— MTCL, Robert Baldwin papers, 37, no 70 ; 46, nos 30–36 ; 60, no 32 ; 70, no 31.— Daily Union (Ottawa), 1865–1866.— Ottawa Citizen, 1851–1869.— Ottawa Times, 1865–1869.— Packet (Bytown [Ottawa]), 1846–1851.— Union (Ottawa), 1858–1865.— Illustrated historical atlas of the county of Carleton (including city of Ottawa), Ont. (Toronto, 1879 ; réimpr., Port Elgin, Ont., 1971), xix, xxviiis.— Morgan, Bibliotheca Canadensis, 131.— The province of Ontario gazetteer and directory [...], Henry McEvoy, compil. (Toronto, 1869), 352–358.— Alexis de Barbezieux, Histoire de la province ecclésiastique d’Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l’Ottawa (2 vol., Ottawa, 1897), I : 146s.— Lucien Brault, Ottawa old & new (Ottawa, 1946), 76s., 86–89, 115s., 200, 253.— M. S. Cross, Stony Monday, 1849 : the rebellion losses riots in Bytown, OH, LXIII (1971) : 177–190.— R. U. Mahaffy, Ottawa journalism, 1860 to 1870, OH, XLII (1950) : 205–211.

Bibliographie générale

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Michael S. Cross, « FRIEL, HENRY JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/friel_henry_james_9F.html.

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Auteur de l'article:   Michael S. Cross
Titre de l'article:   FRIEL, HENRY JAMES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   19 avril 2014