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GAILLARD, GUILLAUME, homme d’affaires, seigneur de l’île d’Orléans et membre du Conseil supérieur, né vers 1669 à Villeneuve-la-Comtesse, évêché de Saintes, fils d’Hilaire Gaillard et de Catherine Leduc, mort en 1729.

À l’âge de 16 ans, il était passé en Nouvelle-France en qualité de domestique de Jean-François Hazeur, sieur de Petit-Marais, marchand de Montréal, mais, comme ce dernier était décédé dans l’intervalle, le jeune homme se rendit à Québec. À titre de marguillier, il signa, le 22 avril 1703, un accord entre le séminaire et la fabrique de Notre-Dame de Québec. L’intendant Jacques Raudot dit de lui, le 28 octobre 1709 : c’est « un homme capable qui entend fort bien les affaires de judicature, ayant même travaillé longtemps sous le feu sieur de Villeray, premier conseiller ». Son inventaire, dressé par le notaire Henry Hiché* le 11 janvier 1730, mentionne au-delà de 25 volumes de droit, ce qui prouve qu’il avait acquis une solide formation juridique.

Il épousa, le 27 mai 1690, Marie-Catherine Neveu (Nepveu), et ils eurent 13 enfants. Sa première femme étant décédée en 1715, il convola en 1719 avec Louise-Catherine Denys, veuve de Dominique Bergeron.

Dans un acte passé devant le notaire Chambalon le 6 mai 1707, Gaillard s’associe avec Alexandre Leneuf de Beaubassin, lieutenant des troupes de la marine, et Joseph Riverin, autre marchand, en vue de fréter le navire Nostre-Dame-de-Victoire « pour aller faire flibuste [...] sur et ez environs du Cap Breton, l’isle de Terre Neuve, le grand banc et lieux circonvoisins ». Beaubassin fournit le navire, de 80 à 90 tonneaux, en construction à Québec, armé de six pièces de canon de fer et monté de 100 hommes, officiers et marins. Gaillard doit procurer les vivres et « toutes les ustancilles qui seront nécessaires tant pour le service de la chambre que pour l’équipage ». Quant à Riverin, il grée le bâtiment de voiles, grappins, etc. Les profits sont à répartir entre les trois sociétaires et l’équipage. Thomas Moore, Irlandais de l’île d’Orléans, est engagé comme maître et pilote ; mais le vaisseau Prend la mer trop tard et revient à l’automne, sans aucune prise.

Gaillard fit l’acquisition, le 20 mars 1712, pour 24 000# cours de France, de la seigneurie de l’île et comté de Saint-Laurent (île d’Orléans), qu’il acheta de François Berthelot, conseiller au parlement de Paris [V. Charlotte-Françoise Juchereau]. Six ans plus tard, il acquit pour l’intendant Michel Bégon* le fief de Grandpré, dans la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, propriété de François Duquet, veuve d’Olivier Morel de La Durantaye.

Gaillard fut appelé, le 20 janvier 1710, à siéger temporairement au Conseil supérieur. Louis XIV signa les lettres de nomination le 5 mai suivant.

La mort de Mgr de Saint-Vallier [La Croix], le 26 décembre 1727, donna lieu à un conflit d’une violence extrême entre le haut clergé d’une part, l’intendant Dupuy et deux membres du Conseil supérieur, les sieurs Gaillard et Rouer* d’Artigny, d’autre part [V. Boullard et Louis-Eustache Chartier* de Lotbinière]. Gaillard, « chargé du pouvoir spécial de l’Hôpital Général », prit part à la préparation des funérailles de l’évêque dans la chapelle de l’institution, contre la volonté du chapitre. Le 16 février 1728, il fut chargé d’informer contre ceux qui avaient contrevenu aux arrêts du conseil vis-à-vis des chanoines. À la suite d’une longue série de péripéties, le gouverneur exila Gaillard à Beauport et d’Artigny à Beaumont, mais tous deux se réfugièrent chez l’intendant. Le roi désapprouva le gouverneur, tout en congédiant Dupuy pour le remplacer par Gilles Hocquart*. Celui-ci reçut instruction de chapitrer le conseiller Gaillard comme s’il avait été trouvé coupable.

Ce long imbroglio ébranla sa santé. Réintégré dans ses fonctions le 4 octobre 1729, il mourut le 12 novembre suivant et fut inhumé le lendemain dans la crypte de l’église de Notre-Dame de Québec.

Hervé Biron

AJQ, Greffe de Louis Chambalon ; Greffe de François Genaple.— AQ, NF, Ins. Cons. sup., VI : 6 ; NF, Registres du Cons. sup., 20 janv. 1727 au 28 juin 1728 ; NF, Ord. des int., XIV.— Caron, Inventaire de documents, RAPQ, 1941–42 : 285–290.— La flibuste du sieur Leneuf de Beaubassin, RAPQ, 1922–23 : 348–355.— Mandements des évêques de Québec (Têtu et Gagnon), I : 522.— RAC, 1904, Append. K, 113.— P.-G. Roy, Inv. concessions, I : 76.— J. Delalande, Le Conseil souverain de la Nouvelle-France (Québec, 1927), 213–227.— La famille Gaillard de Saint-Laurent, BRH, XLI (1935) :193–212.

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Hervé Biron, « GAILLARD, GUILLAUME », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/gaillard_guillaume_2F.html.

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Auteur de l'article:   Hervé Biron
Titre de l'article:   GAILLARD, GUILLAUME
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   25 octobre 2014