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GAUDAUR, JACOB GILL, rameur, hôtelier, loueur de bateaux et guide de pêche, né le 4 avril 1858 à Atherley, près d’Orillia, Haut-Canada, fils de Francis (François) Antoine Gaudaur, garde-pont, et de Jeanette (Janet, Jennet, Jessie) B. Gill ; le 7 novembre 1883, il épousa à Saint Louis, Missouri, Cora M. Coons (1859–1894), et ils eurent une fille, puis en 1894, à Orillia, Ida Elizabeth Harris (1867–1911), et ils eurent au moins cinq fils, dont un qui mourut en bas âge, et deux filles, et finalement, le 14 janvier 1913, à Halifax, Alice Grace Hemming (1880–1964), et ils eurent un fils et quatre filles, dont une mort-née ; décédé le 11 octobre 1937 à Orillia et inhumé au cimetière St Andrew’s-St James’ dans la même ville.

Pendant son adolescence, Jacob Gill Gaudaur reçut les encouragements d’Edward Hanlan* – champion du monde torontois qui domina l’aviron durant la période faste de ce sport, à la fin du xixe siècle – à devenir rameur professionnel. D’une taille de six pieds deux pouces et d’un poids maximal de 175 livres, Jacob Gill, que l’on surnommait Jake, était plus grand et plus lourd que son mentor ; il ne possédait cependant pas le sens du spectacle de l’exubérant « gars en bleu » et connut moins rapidement le succès. Gaudaur était extraordinairement travaillant, déterminé et persévérant. Après des années d’efforts, il sortirait de l’ombre de Hanlan pour devenir le meilleur rameur de sa génération : en 1896, à l’âge de 38 ans, il remporta le championnat du monde en simple que Hanlan avait perdu 12 ans plus tôt. En 1939, son ami Stephen Butler Leacock* proclamerait ceci : « Si vous ne connaissez pas le nom de Jake Gaudaur, cela signifie seulement que vous êtes nés 50 ans trop tard […] Jake Gaudaur était un héros pour des millions de personnes qui ne l’avaient jamais vu. »

Gaudaur (prononcé « Good-Oar », selon Leacock) avait une ascendance métisse et écossaise. Ses grands-parents figuraient parmi les premiers colons d’Orillia ; Jake naquit et grandit non loin de là, dans les Narrows, entre les lacs Simcoe et Couchiching. Dans sa jeunesse, il passa le plus clair de son temps autour ou à bord de bateaux. La famille Gaudaur comptait plusieurs athlètes. Le frère de Jake, Francis Ford, qu’on appelait Frank, était un excellent rameur, et quatre cousins remportèrent des championnats sportifs : deux au lancer du poids (George Reginald et Joseph Woods Gray), un à la course pour deux rameurs en couple (John Gray) et un autre dans une compétition multidisciplinaire (Harry Gill). Jake participa d’abord à des courses amateurs et ramait en double avec son frère Frank. En 1875, Hanlan, qui ne disputait plus de courses en skiff, invita Jake à le remplacer dans une compétition (dotée d’un premier prix de 500 $) contre Hugh Wise sur le lac Couchiching. Jake remporta facilement la victoire ; Hanlan le prit alors sous son aile et fit la promotion des frères Gaudaur dans les courses professionnelles de deux rameurs en couple durant plusieurs années. Néanmoins, jusqu’au début des années 1880, Jake ne concourut qu’occasionnellement. L’hôtelier de Toronto Richard Dissette accepta à ce moment-là de payer ses frais de subsistance, afin qu’il puisse se consacrer à temps plein à son sport. Gaudaur s’entraîna subséquemment deux fois par jour, ramant de sept à dix milles par séance. Il évoquerait ainsi ses souvenirs : « J’ai toujours été un partisan convaincu du travail acharné et de beaucoup de sommeil. Durant mon entraînement, je ne fumais pas et ne buvais pas d’alcool, à l’exception d’une pinte de champagne à l’occasion, que je trouvais bénéfique. Lorsque je ne ramais pas, je marchais dans la forêt en transportant des sacs. » Gaudaur ne tarda pas à concourir partout en Amérique du Nord, dans les régates et les joutes un contre un, en simple, en double et parfois à quatre, souvent au cours de la même régate, faisant équipe avec quiconque de disponible. Les athlètes disputaient la plupart de ces courses sur une distance de trois milles ou plus, soit une distance beaucoup plus longue que celle d’un mille et 427 verges, qui deviendrait la norme olympique. Après 1886, il vivrait à Creve Cœur, près de Saint Louis, puis s’installerait à Toronto avant 1891. Il participerait à plus de 200 courses durant sa carrière.

Au début, Gaudaur n’arrivait pas à maintenir son énergie au cours des grandes manifestations. Malgré sa victoire sur l’Américain John Teemer, au championnat des États-Unis à Pullman (Chicago) en 1886, des doutes persistèrent quant à son endurance. Quand il tenta sa chance pour gagner 5 000 $ et devenir champion du monde contre l’Australien William Beach, qui avait détrôné Hanlan, la Gazette de Montréal fit remarquer que Gaudaur devait encore prouver sa supériorité, même sur les rameurs canadiens. Beach accepta néanmoins le défi et, le 18 septembre 1886, les deux hommes s’affrontèrent sur la Tamise, à Londres, dans l’une des courses les plus serrées jamais tenues. Devant des spectateurs massés en plusieurs rangs des deux côtés de la rive, ils se retrouvaient à la tête à tour de rôle sur la distance de quatre milles et 374 verges entre Putney et Mortlake, à un rythme si épuisant qu’ils devaient tous deux s’arrêter régulièrement pour reprendre leur souffle. Gaudaur détenait une légère avance vers la fin de la course, mais Beach le dépassa près du pont Barnes et réussit à garder son titre.

Ensuite, Gaudaur perdit rarement des courses. En 1887, sur le lac Calumet, près de Chicago, il défendit son titre de champion des États-Unis contre Hanlan et gagna 5 000 $. Dans les années suivantes, il défaisait habituellement tous les grands rameurs, à l’exception du Torontois William Joseph O’Connor*. Les courses se disputaient parfois âprement, tant sur l’eau que sur terre. En septembre 1889, Gaudaur subit un violent malaise ; il se plaignit d’avoir été drogué avant une confrontation avec Teemer à McKeesport, en Pennsylvanie. Il parvint malgré tout à l’emporter, mais on accusa son entraîneur d’avoir ramé sur le parcours et bloqué le passage à Teemer. Une bagarre entre les partisans des deux hommes s’ensuivit et l’arbitre choisit de déclarer la course nulle.

Gaudaur améliora plusieurs fois le record du monde de la course sur trois milles ; son meilleur temps, de 19 minutes 1 seconde et demie, réalisé le 17 mai 1894 à une régate tenue à Austin, au Texas, demeura imbattu. Avec l’Américain George Hosmer, il avait remporté le championnat mondial de la course en double en 1892, détrônant Hanlan et O’Connor. Toutefois, il n’eut pas l’occasion de concourir de nouveau pour le titre de champion du monde en simple – alors détenu par l’Australien James Stanbury – avant 1896. La course eut lieu sur le parcours de Putney à Mortlake le 7 septembre. Gaudaur l’emporta par une marge impressionnante de 45 secondes sur un temps de 23 minutes 1 seconde. On l’accueillit triomphalement à son retour au Canada. La ville de Toronto lui offrit une réception officielle. À Orillia, il eut droit à un défilé de bateaux à vapeur en son honneur, à une montre en or en cadeau et à un hommage du maire. Gaudaur conserva son titre cinq ans. Il le perdit le 7 septembre 1901, au profit de l’Australien George Towns à Rat Portage (Kenora), où Jake vivait alors. Selon les auteurs Sydney Francis Wise et Douglas Mason Fisher, « Gaudaur partit en champion » : « Ramant jusqu’à Towns, il lui leva sa casquette et dit : “George, le meilleur homme a gagné”. » Ainsi se termina sa dernière course.

À la retraite, Jacob Gill Gaudaur tint un hôtel à Sudbury, où, comme le raconte Leacock, « des milliers de gens payèrent cinq cents pour un verre rien que pour pouvoir dire qu’ils avaient parlé avec Jake Gaudaur ». Il y amassa « un petit pactole », d’après Leacock, puis retourna chez lui, et devint loueur de bateaux et guide de pêche dans les Narrows. En septembre 1936, ses concitoyens érigèrent une plaque pour le remercier « d’avoir contribué à la notoriété d’Orillia plus que n’importe quel autre athlète dans l’histoire de cette ville ». Il mourut d’une leucémie lymphoïde le 11 octobre 1937, à l’âge de 79 ans. On l’admit au Temple de la renommée des sports du Canada en 1956. Son fils Jacob Gill*, qu’il avait entraîné à la rame, maintiendrait le patronyme Gaudaur dans les manchettes, à titre de joueur de football professionnel, de président et directeur général des Tiger-Cats de Hamilton, et de commissaire de la Ligue canadienne de football.

Bruce Kidd

Panthéon des sports canadiens (Calgary), Jake Gaudaur Sr. file.— Gazette (Montréal), 12 oct. 1937.— Globe, 18 mai 1894, 8 sept. 1896.— Globe and Mail, 12 oct. 1937.— Pittsburg Dispatch (Pittsburgh, Pa), 14–15 sept. 1889.— Times (Londres), 20 sept. 1886, 8 sept. 1896.— Toronto Daily Star, 14 janv. 1913.— S. A. Brooks, « An athletic biography of a champion Canadian sculler, Jacob Gill Gaudaur 1858–1937 » (mémoire de m.a., Univ. of Western Ontario, London, 1981).— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898, 1912).— R. S. Hunter, Rowing in Canada since 1848 […] (Hamilton, Ontario, 1933).— S. [B.] Leacock, « Bass fishing on Lake Simcoe with Jake Gaudaur », dans son Too much college or education eating up life : with kindred essays in education and humour (New York, 1939), 241–255.— S. F. Wise et D. [M.] Fisher, Canada’s sporting heroes (Don Mills [Toronto], 1974).

Bibliographie générale

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Bruce Kidd, « GAUDAUR, JACOB GILL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 févr. 2024, http://www.biographi.ca/fr/bio/gaudaur_jacob_gill_16F.html.

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Auteur de l'article:    Bruce Kidd
Titre de l'article:    GAUDAUR, JACOB GILL
Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    2023
Année de la révision:    2023
Date de consultation:    29 février 2024