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GORDON, DANIEL, instituteur, homme d’affaires, fonctionnaire et homme politique, né le 2 juin 1821 à Brudenell River, Île-du-Prince-Édouard, fils aîné de Henry Gordon, fermier, et de Margaret MacDonald ; le 27 juin 1854, il épousa Bridget E. Kearney (décédée en 1884), de Georgetown, Île-du-Prince-Édouard, et ils eurent deux filles et deux fils, puis en 1893, Matilda McGougan, de Princetown (Malpeque, Île-du-Prince-Édouard) ; décédé le 26 septembre 1907 à Georgetown.

Fils d’immigrants écossais, Daniel Gordon fit ses études à la grammar school de Georgetown. Il enseigna deux ans, puis ouvrit en 1841 un magasin général et une maison d’import-export dans cette même localité. Au moment de sa mort, 66 ans plus tard, il exploitait toujours cette double entreprise ; selon le Daily Examiner de Charlottetown, il était alors « le doyen des marchands généraux de la province ». Dans le courant de sa carrière, il devint aussi un grand propriétaire et constructeur de navires. Au moins 15 bateaux lui appartinrent en propre ; ils voyageaient dans le monde entier et la plupart avaient été construits par lui à Georgetown. Le Lady Napier, qu’il bâtit en 1902, fut l’un des derniers voiliers de bois à prendre la mer à partir de l’Île-du-Prince-Édouard.

Gordon occupa de nombreux postes de confiance sur la scène publique et fit une belle carrière politique. On le nomma juge de paix en 1851 et shérif du comté de Kings en 1863. Longtemps président du Board of Agricultural and Exhibition Commissioners de ce même comté, il fut aussi président du conseil scolaire de Georgetown durant plusieurs années. Il occupa les fonctions de juge de paix à la prison du comté et, avant la Confédération, veilla à l’application des lois de l’Île-du-Prince-Édouard sur la faillite, à titre de commissaire.

Libéral-conservateur, Gordon fit son entrée en politique en 1866 quand il fut élu conseiller législatif du 2e district de Kings. Réélu en 1870, il démissionna en 1873 pour des raisons obscures. Trois ans plus tard, en remportant la victoire dans Georgetown, il devenait l’un des conservateurs protestants élus à la Chambre d’assemblée en tant que Free Schooler (opposé au financement public des écoles confessionnelles) et partisan de la coalition protestante dirigée par le chef libéral Louis Henry Davies*. Nommé au cabinet de Davies avec trois autres conservateurs (George Wastie DeBlois*, John Lefurgey et Samuel Prowse), il en démissionna avec eux à la première occasion, en septembre 1878, après l’adoption du Public Schools Act de 1877. Leur départ provoqua la défaite de la coalition en mars 1879 et la formation d’un nouveau gouvernement, conservateur celui-là, dirigé par William Wilfred Sullivan*. Gordon fut réélu au scrutin général d’avril et ne subit jamais de défaite ensuite. Aux élections de 1904, à l’âge de 82 ans, il quitta la politique.

Gordon avait dirigé son parti de 1894 à 1903. Les conservateurs avaient fait piètre figure aux élections de 1893. Les vétérans de l’époque de James Colledge Pope* et de Sullivan ne se trouvaient plus parmi eux, et aucune nouvelle figure ne s’était encore imposée. Le parti avait donc confié ses destinées à un homme politique chevronné, Gordon, en attendant que la génération montante prenne la relève, ce qu’elle ferait sous la direction de John Alexander Mathieson*. Gordon s’éteignit chez lui en 1907 après quelques mois de maladie.

On tenait Daniel Gordon pour un orateur agréable et courtois. Le Daily Patriot écrivait en 1891 : « c’est vraiment un plaisir, même pour ses adversaires politiques, d’écouter M. Gordon ; ses phrases sont coulantes et toujours serties de joyaux poétiques qui en relèvent l’intérêt ». Dans sa nécrologie, le Daily Examiner nota que, malgré ses nombreuses occupations, Gordon avait réussi à « devenir l’un des esprits les plus cultivés des provinces de l’Atlantique » et que « sa bibliothèque était fort bien garnie ». Il avait conservé « son amour pour la littérature », signalait le Charlottetown Guardian, et « ses meilleurs discours étaient émaillés de citations des grands auteurs et des grands penseurs, preuve [de sa] vaste connaissance des classiques anglais ».

Frederick L. Driscoll

AN, RG 31, C1, 1861, 1881, Île-du-Prince-Édouard.— Georgetown United Church cemetery (Georgetown, Î.-P.-É.), Tombstone inscription.— Memorial Univ. of Nfld (St John’s), Maritime Hist. Group, Atlantic Canada Shipping Project database, Shipping registries of Atlantic Canada, Prince Edward Island – indexes of builders and owners (mfm aux PARO).— PARO, RG 1, 76 ; RG 5, minutes, 12 sept. 1878 ; RG 19, marriage licences, 23 août 1893.— P.E.I. Museum, Geneal. Div., Licence book no 6 : 4 ; Marriage book no 5 (1852–1857) : 334.— Charlottetown Guardian, 28 sept. 1907.— Daily Examiner (Charlottetown), 20 juin 1884, 12 mai 1899, 27 sept. 1907.— Daily Patriot (Charlottetown), 25 mars 1901.— Islander, 30 juin 1854.— Brudenell pioneers, 1803–1903 ; centenary celebration and unveiling of monument (Charlottetown, 1946 ; exemplaire à la Univ. of P.E.I. Library, Charlottetown, P.E.I. Coll.).— CPG, 1903 : 352.— Î.-P.-É., Legislative Council, Journal, 1867 : 1s. ; 1871 : 2s.— Past and present of P.E.I. (MacKinnon et Warburton), 77.

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Frederick L. Driscoll, « GORDON, DANIEL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/gordon_daniel_13F.html.

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Auteur de l'article:   Frederick L. Driscoll
Titre de l'article:   GORDON, DANIEL
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   19 décembre 2014