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GRIGOR, WILLIAM, médecin, fonctionnaire et homme politique, né en 1798 à Elgin, Écosse ; le 14 avril 1827, il épousa à Halifax Catherine Louisa Foreman, quatrième fille de James Foreman, et ils eurent neuf enfants ; décédé le 24 novembre 1857 à Halifax.

William Grigor naquit en Écosse et y fit ses études. Comme bon nombre des premiers médecins de la Nouvelle-Écosse, il reçut sa formation médicale à l’University of Edinburgh qui, à cette époque, avait la réputation d’être la meilleure école de médecine de l’Empire. En 1819, peu après avoir obtenu son doctorat en médecine, Grigor immigra en Nouvelle-Écosse. Il exerça à Antigonish et à Truro avant de s’établir en permanence à Halifax en 1824.

Grigor entreprit sans tarder d’améliorer la qualité des soins médicaux à Halifax. De 1827 à 1832, il travailla bénévolement comme adjoint de l’officier de santé de la ville, Charles Wentworth Wallace. Après la démission de ce dernier en 1832, on se passa aussi des services de Grigor. Dans l’intervalle, Grigor et son collègue John Stirling avaient fondé en 1829 le premier dispensaire de Halifax, lequel était destiné aux pauvres et aux indigents, et l’avaient équipé de leurs propres instruments chirurgicaux. Dans leurs bureaux situés en arrière de l’église presbytérienne St Matthew, ils donnaient des consultations, administraient des médicaments et pratiquaient des opérations chirurgicales. Durant le seul été de 1831, ils vaccinèrent 464 enfants pauvres. La chambre d’Assemblée leur fournit une certaine aide, mais la réussite du dispensaire reposa en grande partie sur les sacrifices personnels des deux médecins.

En plus de maintenir une importante clientèle privée et de s’occuper du dispensaire, Grigor travailla en tant que coroner du comté de Halifax, de 1848 à 1857. À ce titre, ses efforts semblent ne pas avoir plu à tous. Le Novascotian du 3 mars 1849 écrit à son sujet : « en qualité de coroner, on dit qu’il se comporte si impoliment et si égoïstement envers ses collègues qu’ils ont l’intention de mettre en doute son droit de présider et de jouer aussi le rôle de médecin témoin lors des enquêtes ».

Par son mariage en 1827 avec la fille d’un marchand prospère de Halifax, Grigor entra de plain-pied dans le milieu dynamique des commerçants et des gens de profession libérale qui, dans les décennies 1820 et 1830, regardaient vers l’avenir avec un optimisme résolu. Durant cette période de réveil de la Nouvelle-Écosse, Grigor se trouva engagé, comme beaucoup de ses contemporains, dans un certain nombre d’organismes s’intéressant au progrès social. Promoteur de la première heure et premier président du Halifax Mechanics’ Institute lors de sa fondation en 1831, il se montra partisan d’une formation moins théorique pour les commerçants et les travailleurs que celle qu’avait mise de l’avant Joseph Howe*, demandant qu’une orientation professionnelle et scientifique soit donnée à leur formation. Grigor et sa femme s’intéressèrent aussi à la peinture et présentèrent tous deux des œuvres à l’exposition de Halifax en 1831 ; cinq ans plus tard, Grigor donna au Halifax Mechanics’ Institute une conférence sur la « perspective philosophique de l’art ». Lors de la première réunion annuelle de la Halifax Medical Society, le 5 octobre 1854, il fut élu président de cette association de médecins et de chirurgiens qui s’étendait à toute la province et constituait une restructuration de la Medical Society of Halifax fondée dix ans auparavant. Il fut aussi membre du conseil d’administration du Dalhousie Collège.

Le 21 février 1849, le lieutenant-gouverneur sir John Harvey avait nommé Grigor au Conseil législatif et l’avait décrit alors comme un « gentleman possédant une nombreuse clientèle à Halifax, des connaissances littéraires et scientifiques considérables, et [qui se montrait] disposé à donner au gouvernement un appui loyal et généreux ». Le nouveau membre avait auparavant appartenu au groupe The Club, qui était formé d’associés de Joseph Howe et dont le Novascotian avait présenté les satires politiques de mai 1828 à juin 1831 [V. Laurence O’Connor Doyle*]. Au Conseil législatif, bien qu’il ait été libéral et le médecin personnel de Howe, Grigor fit rapidement preuve d’une indépendance d’esprit sur le plan politique, qui pouvait finalement être gênante pour le gouvernement libéral. Peu après sa nomination, il vota contre le projet de loi visant à abolir la subvention permanente accordée au King’s Collège, geste qui en amena plusieurs à demander pourquoi « le gouvernement a[vait] comblé le docteur Grigor d’une foule d’honneurs pendant les douze derniers mois ».

William Grigor paraît avoir évité de soulever de nouvelles controverses politiques, tout en poursuivant ses efforts assidus en vue d’améliorer la qualité des soins médicaux dans la Nouvelle-Écosse coloniale. Réorganisé à plusieurs reprises après sa mort, le dispensaire offre encore aujourd’hui un service de consultations externes à l’Izaac Walton Killam Children’s Hospital de Halifax.

Colin D. Howell

Edinburgh Univ. Library, Special Coll. Dept., Medical matriculation records, 1814–1816.— Halifax County Court of Probate (Halifax), Estate papers, n° 755.— PANS, RG 1, 120 : 260 ; 182 : 82 ; RG 5, P, 80.— St Paul’s Anglican Church (Halifax), Reg. of marriages, 14 avril 1827 (mfm aux PANS).— N.-É., House of Assembly, Journal and proc., 1830–1831, app. 14 ; 1832, app. 44 ; Legislative Council, Journal and proc., 21 févr. 1849.— Acadian Recorder, 3, 10 mars 1849.— Liverpool Transcript (Liverpool, N.-É.), 3 déc. 1857.— Novascotian, 26 févr., 3, 12 mars 1849, 22 août 1853.— DBC, 9 (bio. de F. W. Morris).— M. W. Fleming, « The Halifax Visiting Dispensary – 100 years ago », Nova Scotia Medical Bull. (Halifax), 36 (1957) : 106–109.— Patrick Keane, « Joseph Howe and adult education », Acadiensis (Fredericton), 3 (1973–1974), n° 1 : 35–49.— D. S. McCurdy, « Growth of the medical profession in Truro », Nova Scotia Medical Bull., 44 (1965) : 163–167.— K. A. MacKenzie, « Founders of the Medical Society of Nova Scotia », Nova Scotia Medical Bull., 32 (1953) : 240–241 ; « Nineteenth century physicians in Nova Scotia », N. S. Hist. Soc., Coll., 31 (1957) : 119.— H. L. Scammell, « The legacy of Pictou County Scots to medicine, 1767–1914 », Nova Scotia Medical Bull., 53 (1974) : 71–73.

Bibliographie générale

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Colin D. Howell, « GRIGOR, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/grigor_william_8F.html.

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Auteur de l'article:   Colin D. Howell
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   18 décembre 2014