DCB/DBC Mobile beta
+

JAMES, PHILIP, ministre de l’Église Bible Christian, né vers 1800 dans la Cornouailles, Angleterre ; décédé le 1er mars 1851 dans le canton de Pickering, Haut-Canada, et inhumé à Columbus (Oshawa, Ontario).

C’est dans la Cornouailles, en 1820, que Philip James adhéra au mouvement évangélique, dans la circonscription ecclésiastique de St Ervan qui relevait de l’Église Bible Christian, secte méthodiste fondée cinq ans plus tôt dans le sud-ouest de l’Angleterre. Ce mouvement était caractérisé par le revivalisme, la présence de femmes parmi les ministres itinérants et la simplicité de l’habillement des fidèles. En 1825, James fut nommé ministre itinérant à l’essai et, en 1828, après avoir œuvré à Buckfastleigh, dans le Devon, à la mission de la forêt de Dean, dans le Gloucestershire, et à Bristol, il fut accepté comme ministre. Il obtint ensuite plusieurs postes d’une durée d’un an, y compris des nominations dans les îles Scilly, à Penzance et dans l’île de Guernesey, puis, en 1834, « après avoir sérieusement réfléchi à la question », il offrit ses services comme missionnaire et il fut envoyé à l’Île-du-Prince-Édouard pour assister le révérend Francis Metherall*.

L’arrivée de James, le 29 juillet 1834, permit à Metherall d’étendre vers l’ouest la mission de l’Église Bible Christian, dont les premiers avant-postes avaient été installés au nord et à l’est de Charlottetown. Affecté à la région est (comprenant Gallas Point, Rustico Road et Wheatley River), James constata que la plupart des habitants de l’île, en majorité de foi presbytérienne ou catholique, étaient presque entièrement privés de prédication chrétienne. Dans certains villages, les gens n’avaient qu’une ou deux occasions par année d’entendre prêcher l’Évangile, et un groupe de ses auditeurs n’avait pas entendu un sermon depuis plus de deux ans. S’acharnant à satisfaire les besoins de la population, James parcourut le rude pays à pied en toutes saisons. À New Bideford (Bideford), il forma une petite congrégation « composée de quelques-uns de [ses] is d’Angleterre », tout en déplorant ne pouvoir être parmi eux qu’à toutes les six semaines. Il y avait des endroits où il ne pouvait même pas aller prêcher aussi souvent. De toute évidence, les ressources de la mission ne permettaient pas d’exercer le ministère auprès des nombreux établissements de l’île, dont la plupart n’avaient pas de lieu de culte. James, qui était très pieux, écrivit en 1835 que souvent « il n’avait pas de chambre où se retirer pour prier ». En outre, il estimait que l’Église n’avait aucune idée des conditions dans lesquelles ses missionnaires travaillaient, en particulier de la rigueur des hivers canadiens, du besoin de vêtements chauds, de la pauvreté du logement et de l’isolement des prédicateurs, de la dissémination des circonscriptions et des problèmes de déplacement. Après deux années dans l’île, il écrivit : « J’aimerais bien que le comité des missions soit avec moi durant quelques jours, seulement quelques jours, lorsque je marche péniblement dans trois ou quatre pieds de neige et sur la glace, quand j’ai de l’eau et de la neige fondante [...] presque aux genoux durant six ou sept milles de suite, et qu’il [me] dise alors si un cheval est nécessaire. »

Un des inconvénients qu’il y avait à prêcher d’une manière sporadique était que les résultats se perdaient souvent avant que le prédicateur n’ait eu l’occasion de revenir sur les lieux. C’est ainsi que James écrivait : « Une pauvre Irlandaise a dit au frère Metherall que je venais si rarement chez eux que même s’ils étaient touchés par l’Évangile quand j’étais là, ils « recommençaient à faire les fous » avant mon retour. » Il était convaincu que si les dirigeants de l’Église pouvaient voir la déchéance spirituelle de certaines des régions où il travaillait, ils multiplieraient les efforts pour y faire connaître l’Évangile. Un troisième missionnaire était tout aussi nécessaire qu’un deuxième l’avait été. Le secours arriva en 1839, en la personne de Richard Cotton qui vint se joindre à eux, mais James ne devait pas bénéficier longtemps de cette assistance. L’arrivée dans le Haut-Canada d’immigrants de plus en plus nombreux venant du comté de Devon et de celui de la Cornouailles, où se trouvaient la plupart des adeptes de l’Église Bible Christian, rendit nécessaire la présence de missionnaires expérimentés à cet endroit. C’est pourquoi, en 1841, James quitta l’Île-du-Prince-Édouard pour aller rejoindre d’autres collègues, dont John Hicks Eynon*, son épouse, Elizabeth Dart, et, plus tard, Ann Robins [Vickery], et annoncer l’Évangile à leurs fidèles du Haut-Canada.

James fut d’abord nommé à Cobourg, où de nombreux immigrants de confession Bible Christian trouvèrent refuge avant de se diriger vers d’autres destinations. En 1842, il alla œuvrer dans la circonscription couvrant les cantons de Darlington et de Whitby, une autre région qui comptait un grand nombre d’immigrants du sud-ouest de l’Angleterre, puis il retourna dans la circonscription de Cobourg en 1844. Deux ans plus tard, il fut envoyé à Mitchell pour exercer son ministère auprès des fidèles de l’Église Bible Christian qui s’étaient établis dans la Huron Tract, sur la rive sud-est du lac Huron. En 1848, avec le concours du révérend Arthur Doble, James avait constitué une circonscription qui faisait 50 à 60 milles dans un sens et 40 à 50 dans l’autre, et couvrait 12 cantons. Sur les 38 premiers membres de son groupe de fidèles, il découvrit que 30 étaient d’origine anglaise et que 11 ou 12 avaient adhéré à l’Église Bible Christian en Angleterre. Malheureusement, à cause du manque de prédication et de soutien communautaire, plusieurs d’entre eux avaient perdu leur foi ; un peu plus tard, cependant, il signala que la plupart étaient en voie de « recouvrer leur perte » et semblaient « se diriger à pleines voiles vers le paradis ». La Huron Tract, dont certaines routes étaient les pires de la province, exigeait de lui des efforts physiques considérables. Le révérend Doble écrivait à son sujet en 1849 : « Les gens me disent qu’il a travaillé très fort chez eux, plus que ses forces ne le permettraient normalement. Il semble que sa santé baisse. » En dépit de l’inquiétude de ses fidèles, toutefois, James nota qu’il était difficile d’obtenir le concours des laïques, car il avait du mal à convaincre les gens qu’ils avaient le devoir de sacrifier même une seule heure de leur temps pour s’occuper des affaires de l’Église.

En 1850, Philip James quitta la rude mission de la Huron Tract pour la circonscription de Pickering, mais il découvrit aussitôt que son nouveau poste était trop exigeant pour ses forces déclinantes. Le soir du 28 février 1851, ne tenant pas compte des conseils de ses amis, il alla prononcer un sermon. On dût ensuite le transporter chez un de ses fidèles, où il déclara : « Comme il est bon d’être toujours prêt ! Que je vive ou que je meure, j’appartiens au Seigneur. » Malgré des soins médicaux, le lendemain, à midi, il « joui[ssait] de la vie éternelle ». Le ministre surintendant dont il dépendait, le révérend Paul Robins, lui rendit hommage en ces termes : « Nous avons perdu un excellent travailleur [...] On l’a beaucoup aimé [...] à tous les endroits où il a travaillé ; il était remarquablement fidèle à remplir ses devoirs, et son attitude directe, franche et chaleureuse lui a valu l’estime, la confiance et l’affection de tous. »

Albert Burnside

UCA, Bible Christian Church in Canada, Annual conference and district meetings, minutes, 1847, sect. 5, « Mitchell, Huron Tract ».— Bible Christian Magazine (Stoke Damerel et Shebbear, Angl.), 14 (1835) : 35–40, 106–109 ; 15 (1836) : 49–50 ; 28 (1849) : 43–44, 121–124 ; 30 (1851) : 161162, 204.— Bible Christians, Minutes of the annual conference (Shebbear), 1828 : 6 ; 1841 : 6 ; 1851 : 5–6.— United Methodist ministers and their circuits [...] 17971932, O. A. Beckerlegge, compil. (Londres, 1968).— John Harris, The life of the Rev. Francis Metherall, and the history of the Bible Christian Church in Prince Edward Island (Londres et Toronto, 1883), 36, 38, 45, 47, 5455, 109.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Albert Burnside, « JAMES, PHILIP », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/james_philip_8F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/james_philip_8F.html
Auteur de l'article:   Albert Burnside
Titre de l'article:   JAMES, PHILIP
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   2 septembre 2014