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LACOSTE, LOUIS, notaire et homme politique, né à Boucherville le 3 avril 1798, fils de Louis Lacoste et de Joséphine Dubois, décédé le 26 novembre 1878, à Boucherville.

Descendant d’Alexandre Lacoste, originaire du Gard, Louis Lacoste fit ses études secondaires au collège de Montréal ; il se dirigea ensuite vers l’étude du droit et reçut sa commission de notaire le 19 mars 1821. Il exerça à Boucherville.

En 1834, Louis Lacoste décidait de se lancer dans la politique. Il fut choisi comme député du comté de Chambly à la chambre d’Assemblée du Bas-Canada, poste qu’il conserva jusqu’à la suspension de la constitution, en 1838. Fervent partisan de Louis-Joseph Papineau, il participa à l’assemblée des six comtés, à Saint-Charles-sur-Richelieu, le 23 octobre 1837. Il y prononça un violent discours et proposa même une résolution dans laquelle on soulignait l’urgence de remplacer par des hommes dignes de confiance les officiers nommés par « une administration ennemie du pays ». À cette fin « toutes les paroisses des Six Comtés sont invitées simultanément, entre le premier décembre et le premier janvier prochains, d’élire des juges de paix et amiables compositeurs et des officiers de milice ». Cet engagement sans équivoque dans la lutte contre le gouvernement ne tarda pas à lui attirer des représailles : le 8 décembre 1837, un mandat d’arrestation fut émis contre lui. Il se livra lui-même au shérif, fut emprisonné à Montréal et ne fut libéré que le 7 juillet 1838, moyennant une caution de £1 000.

La tourmente passée, Louis Lacoste retourna à sa profession dont il était l’un des plus brillants représentants. Toutefois, le 23 octobre 1843, il fut de nouveau élu député de Chambly et il le demeura jusqu’au 6 décembre 1847 (Ægidius Fauteux* affirme cependant dans son ouvrage, Patriotes de 1837–1838, que Lacoste ne revint à la vie publique qu’en 1849.) Il représenta encore le même comté du 25 septembre 1849 au 23 juin 1854. Après une absence de quatre années, il revint au parlement de 1858 à 1861. Avec George-Étienne Cartier, Joseph-Édouard Cauchon* et Joseph-Édouard Turcotte*, il était un des derniers représentants des députés élus au début de l’Union. Ces libéraux avaient évolué sous la direction de Cartier et, vers 1856, ils étaient désignés comme des « bleus », par opposition aux « rouges », ou libéraux radicaux. Le Conseil législatif étant devenu électif, Louis Lacoste démissionna comme député et fut élu conseiller législatif pour la division de Montarville, poste qu’il garda jusqu’à la Confédération. En 1867, il fut nommé sénateur et le resta jusqu’à sa mort.

Louis Lacoste fut appelé à jouer en rôle important dans le domaine de l’éducation. En effet, le 22 février 1853, le gouvernement formait un comité spécial « pour s’enquérir de l’état de l’éducation dans le Bas-Canada ». Ce comité était présidé par Louis-Victor Sicotte*, député de Saint-Hyacinthe ; Lewis Thomas Drummond*, William Badgley*, Cartier, Antoine Polette, Louis Lacoste, John Sewell Sanborn, Jean-Charles Chapais* et Robert Christie* étaient chargés de l’assister. Cette enquête était rendue nécessaire par les critiques acerbes formulées contre le système scolaire du Bas-Canada et par les nombreuses frictions que suscitait l’administration du docteur Jean-Baptiste Meilleur. Le comité prépara un questionnaire qui fut adressé à tous les curés ou ministres du culte et aux secrétaires-trésoriers des municipalités. Plus de 400 personnes y répondirent, notamment Jacques Crémazie, avocat et membre du Bureau des examinateurs de Québec. Le rapport de l’enquête n’eut pas de suites immédiates : la principale conséquence des recommandations du comité Sicotte fut la démission du docteur Meilleur, le 19 juin 1855, et son remplacement par Pierre-Joseph-Olivier Chauveau*, qui devint ainsi le deuxième surintendant de l’Éducation au Bas-Canada. L’année suivante, deux lois scolaires très importantes furent adoptées par le parlement du Canada à l’intention du Bas-Canada : ces lois créèrent un conseil de l’Instruction publique, un Journal de l’instruction publique (dans les deux langues) et trois écoles normales. C’était la suite logique du travail du comité Sicotte.

Le 14 juillet 1823, Louis Lacoste avait épousé Catherine-Renée Boucher de La Bruère, qui mourut le 23 août 1832. Un fils, Louis-René, naquit de cette union : il donnait les plus grandes espérances lorsqu’il mourut jeune notaire à l’âge de 31 ans. Le 28 septembre 1836, Louis Lacoste se remariait à Charlotte Magenty Mount, mais peu après, il devenait veuf une seconde fois. Le 17 novembre 1838, il convolait en troisièmes noces avec Marie-Antoinette-Thaïs Proulx. C’est de ce troisième mariage qu’est né Alexandre Lacoste*, par la suite juge en chef de la province de Québec.

L’historien de Boucherville, le père Louis Lalande*, a pu écrire de Louis Lacoste qu’« il a été l’homme de son pays. Cinquante années durant, il a été pour ainsi dire l’âme dirigeante de la nombreuse population répandue entre le Saint-Laurent et le Richelieu jusqu’au bassin de Chambly, dans tous les grands mouvements qui intéressaient la nation ».

Louis-Philippe Audet

JALPC, 18521853, app. J.J., Rapport du comité spécial de l’Assemblée législative nommé pour s’enquérir de l’état de l’éducation et du fonctionnement de la loi des écoles dans le Bas-Canada.— Dom. ann. reg., 1878.— Le Jeune, Dictionnaire, II : 21 s.— Political appointments, 1841–1865 (J.-O. Coté).— P.-G. Roy, Les juges de la province de Québec, 283.— Turcotte, Conseil législatif de Québec, 249.— Audet Histoire du conseil de l’Instruction publique, 15–24.— Dent, Last forty years.— Fauteux, Patriotes, 280s.— Louis Lalande, Une vieille seigneurie Boucherville ; chroniques, portraits et souvenirs (Montréal, 1890), 211220.— J.-E. Roy, Histoire du notariat, III : passim.— J.-J. Lefebvre, Les députés de Chambly, 1792–1967, BRH, LXX (1968) : 1618.

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Louis-Philippe Audet, « LACOSTE, LOUIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/lacoste_louis_10F.html.

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Auteur de l'article:   Louis-Philippe Audet
Titre de l'article:   LACOSTE, LOUIS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   2 octobre 2014