DCB/DBC Mobile beta
+

LOVITT, JOHN, capitaine, homme d’affaires et homme politique, né le 9 octobre 1832 à Yarmouth, Nouvelle-Écosse, fils aîné de John Walker Lovitt et d’Ann Jenkins ; le 28 janvier 1860, il épousa à Yarmouth Elizabeth Guest, et ils eurent trois fils et cinq filles ; décédé le 13 avril 1908 chez lui, dans la même ville.

John Lovitt fit ses études à la Yarmouth Academy. Issu d’une famille qui avait fait fortune dans le transport maritime, il s’embarqua très jeune et devint rapidement capitaine sur les navires de son père. À compter de 1856, il figure dans les registres de la marine marchande comme copropriétaire de plusieurs bateaux avec son père et son frère James J. À l’instar d’autres familles de Yarmouth dans les années 1860 et 1870, période où la ville connut sa plus forte croissance économique, les Lovitt n’étaient pas marchands, mais transportaient des cargaisons pour d’autres, par les principaux trajets du nord et du sud de l’Atlantique.

Après la mort de son père en 1874, Lovitt cessa de naviguer pour s’associer à son frère. Jusqu’au décès de James en 1892, la Lovitt and Company construisit et exploita plusieurs beaux navires. Elle devint à la fois l’une des entreprises les plus prospères de Yarmouth et l’un des plus gros transporteurs maritimes des provinces de l’Atlantique. Pendant cette période, John passa beaucoup de temps à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Il y équipait une bonne partie des navires de la compagnie et, quand ces derniers revenaient faire escale dans ce port, il agissait comme représentant. De plus, les deux frères investirent, à titre individuel, dans plusieurs compagnies d’assurance maritime. John détenait des actions de la Commercial Insurance Company, de l’Oriental Insurance Company et de la Pacifie Insurance Company. Il fit partie du conseil d’administration de cette dernière de 1870 à 1880.

Dès 1880, le transport maritime et les industries connexes se mirent à décliner à Yarmouth parce que les vapeurs déclassaient les voiliers. Les propriétaires de navires commencèrent donc à investir dans d’autres secteurs, les services publics et le transport terrestre par exemple. Lovitt était un farouche défenseur de la Western Counties Railway Company, constituée juridiquement en 1870 en vue de relier Yarmouth et Annapolis Royal, et en 1887, il en fut l’administrateur cantonal. Il avait aussi des intérêts dans la Yarmouth Water Company, la Yarmouth Street Railway Company et la Grand Hotel Company. En 1875, il était entré au conseil d’administration de la Bank of Yarmouth, où investissaient bon nombre des principaux hommes d’affaires de la ville. Lorsque la banque dut fermer, en 1905, il en était président. Une commission provinciale d’enquête trouva les administrateurs coupables de négligence et de mauvaise gestion, mais non de fraude.

Très impressionné par les œuvres de l’Armée du salut, Lovitt versa beaucoup d’argent à cet organisme. En outre, lui-même et James firent don d’un terrain pour l’Old Ladies’ Home. Il fréquentait assidûment les deux églises baptistes Zion de la ville et contribuait généreusement à leurs programmes.

En 1874, Lovitt fut élu, sous la bannière libérale, député du comté de Yarmouth à la Chambre d’assemblée. Il occupa ce siège jusqu’en 1878, moment où il refusa de briguer à nouveau les suffrages. Il souhaitait ardemment que la Nouvelle-Écosse se retire de la Confédération et appuyait la réciprocité avec les États-Unis. Ses opinions en matière de transport maritime avaient beaucoup d’influence sur ses collègues.

Le déclin du transport maritime fit de Yarmouth un foyer d’anticonfédérateurs. Aux élections fédérales de 1887, Lovitt se présenta dans Yarmouth en tant que candidat libéral-sécessionniste et remporta la victoire sur le député libéral sortant. Déchu de son mandat lorsqu’un de ses agents fut reconnu coupable de corruption, il regagna son siège à l’élection partielle de décembre. Jusqu’en 1891, il siégea au Parlement et continua de s’élever contre la participation de la province à la confédération. De décembre 1896 à sa mort, il fut sénateur.

Issu de l’une des familles les plus riches et les plus influentes de Yarmouth, John Lovitt exerça, par son labeur et son sens des affaires, une grande influence dans son milieu. Il fut aussi un tenant respecté et instruit du fort mouvement néo-écossais d’opposition à la Confédération.

Helen J. Hall

AN, RG 42, E1, 1186–1192, 1196–1198, 1200, 1439–1141 (mfm au Yarmouth County Museum and Hist. Research Library, Yarmouth, N.-É.).— PANS, MG 9, 194 ; MG 100, 179, nos 1–3.— V. S. Sweeney Limited (Yarmouth), Sweeney’s funeral records (photocopies de transcriptions conservées au Yarmouth County Museum and Hist. Research Library).— Yarmouth County Museum and Hist. Research Library, Arch. files, YMS 1-148 (John Lovitt) ; 4-6 (Bank of Yarmouth) ; 4-60 (Western Counties Railway) ; Clement Doane, cemetery records ; Lovitt geneal., G. S. Brown, compil.— Halifax Herald, 1887.— Morning Chronicle (Halifax), 7 avril 1908.— Weekly Herald (Yarmouth), 16 juill., 10 déc. 1874, 26 janv., 6 avril, 10 août, 28 sept. 1887, 7 mars 1905, 14, 21 avril 1908.— Yarmouth Telegram, 16 avril 1908.— R. M. Aitken, « Localism and national identity in Yarmouth, N.S., 1830–1870 » (thèse de m.a., Trent Univ., Peterborough, Ontario, 1975).— David Alexander, « Output and productivity in the Yarmouth ocean fleet, 1863–1901 », Volumes not values : Canadian sailing ships and world trades, David Alexander et R. [E.] Ommer, édit. ([St John’s], 1979), 63–91 ; « The port of Yarmouth, Nova Scotia, 1840–1889 », Ships and shipbuilding in the North Atlantic region, Keith Matthews et G. [E.] Panting, édit. ([St John’s], 1978), 77–103.— Annuaire, Yarmouth, 1890, 1895.— G. S. Brown, Yarmouth, Nova Scotia : a sequel to Campbell’s « History » (Boston, 1888).— Canadian annual rev. (Hopkins), 1908.— CPG, 1887, 1891, 1897–1898.— J. M. Lawson, Record of the shipping of Yarmouth, N.S., containing a list of vessels owned in the county of Yarmouth since its settlement in 1761 [...] (Yarmouth, 1876) ; Yarmouth past and present : a book of reminiscences (Yarmouth, 1902).— G. [E.] Panting, « Cradle of enterprise : Yarmouth, Nova Scotia, 1840–1889 », The enterprising Canadians : entrepreneurs and economic development in eastern Canada, 1820–1914, L. R. Fischer et E. W. Sager, édit. ([St John’s], 1979), 253–271.— F. W. Wallace, Wooden ships and iron men [...] (Londres, [1924]).— Marguerite Woodworth, History of the Dominion Atlantic Railway ([Kentville, N.-É.], 1936).

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Helen J. Hall, « LOVITT, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/lovitt_john_13F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/lovitt_john_13F.html
Auteur de l'article:   Helen J. Hall
Titre de l'article:   LOVITT, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   21 novembre 2014