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McCLURE, LEONARD, imprimeur, journaliste et homme politique, né le 25 décembre 1835 à Lisburn, près de Belfast (Irlande du Nord), fils d’Adam McClure et de Margaret Wilson, sa seconde épouse, décédé le 14 juin 1867 à San Francisco, Californie, en laissant une femme à laquelle il n’était marié que « depuis peu de temps ».

Leonard McClure fut élevé en vue de devenir imprimeur et il fit son apprentissage au journal Northern Whig de Belfast. Encore tout jeune, il quitta l’Irlande et, à ce qu’on dit, il devint sténographe au parlement de Londres, puis il émigra en Australie où il « exerça son métier », probablement dans la colonie aurifère de Victoria, entre 1855 et 1858. En novembre 1858, toutefois, il se trouvait à Sacramento, en Californie, où il entreprit la publication du Morning Star.

En septembre 1859, on retrouve McClure à Victoria, dans l’Île-de-Vancouver ; en association avec Edward Hammond King, il imprima la Government Gazette for the Colonies of Vancouver Island and British Columbia et le New Westminster Times (imprimé à Victoria, malgré son nom). Au mois de novembre, la première Victoria Gazette cessa de paraître ; King et McClure se servirent alors de ce nom pour publier un nouveau journal. Se séparant de King en mars 1860, McClure prit en charge le New Westminster Times dont il décida de déménager l’imprimerie dans la capitale de la colonie continentale.

McClure ne tarda pas à devenir un personnage important à New Westminster au moment où des gens réclamaient que la colonie continentale de la Colombie-Britannique ne fût plus soumise à l’autorité exercée, depuis Victoria, par le gouverneur James Douglas* et qu’elle fùt dotée d’institutions représentatives. Ces personnes firent valoir leurs revendications au sein du conseil municipal qui fut élu après que New Westminster fut érigé en municipalité au mois de juillet 1860. En août, McClure devint premier président de ce conseil. En décembre 1860, il fit circuler une pétition en vue de tenir un « congrès de la Colombie-Britannique » ; lors de l’élection des délégués, cependant, il y eut désaccord sur les tactiques à utiliser : les candidats « gouvernementaux » de McClure, pour qui le congrès devait être une législature non officielle ayant pour rôle de conseiller le gouverneur, furent défaits par un groupe de candidats « réformistes » qui voulaient obtenir un gouverneur distinct et des institutions représentatives. Ce furent probablement les partisans du groupe réformiste qui achetèrent l’imprimerie de McClure et installèrent John Robson* à la direction d’un nouveau journal, le British Columbian.

En février 1861, McClure avait acquis l’imprimerie de la défunte Victoria Gazette, journal auquel il avait travaillé précédemment en association avec King. Il démissionna de son poste au conseil municipal et ramena à Victoria le New Westminster Times. En mars, ce journal devint la Press de Victoria ; McClure le fit paraître trois fois la semaine, puis quotidiennement jusqu’en octobre 1862, alors qu’il vendit l’imprimerie à David William Higgins* et James Eliphalet McMillan. Ce même mois, les réformistes de New Westminster se préparaient à déléguer en Angleterre un homme politique canadien de passage dans la ville, Malcolm Cameron*, en vue de réclamer à nouveau un gouverneur distinct et des institutions représentatives. McClure, qui avait déjà l’intention de s’y rendre, semble-t-il, pour intéresser des spéculateurs en valeurs minières, parvint à se faire nommer « délégué » lui aussi de l’Île-de-Vancouver lors d’une réunion publique tenue à Victoria, mais il ne put obtenir l’appui officiel ni du conseil municipal de Victoria ni, il va sans dire, de l’Assemblée ou du gouvernement colonial. Il semble que Cameron joua un rôle peu important dans les décisions de relever Douglas de ses fonctions de gouverneur de la Colombie-Britannique en 1864 et de constituer un Conseil législatif dans cette colonie. Le ministère des Colonies ne retint pas non plus les propositions de McClure visant à apporter certaines modifications au Conseil législatif et à la chambre d’Assemblée de l’Île-de-Vancouver et à révoquer l’ensemble des fonctionnaires.

McClure était de retour à Victoria en février 1864 et, au mois de mars, il devint directeur d’un journal réformiste, le British Colonist, dont la gestion était passée, en 1863, du fondateur-directeur Amor De Cosmos * à un groupe de ses employés. Sous la « direction exclusive » de McClure, le Colonist de 1864 se fit l’écho du changement d’opinion des réformistes au sujet du nouveau gouverneur de l’Île-de-Vancouver, Arthur Edward Kennedy*, dont l’attitude relativement à la liste civile et au contrôle des revenus fonciers étouffa rapidement les espoirs de ceux qui avaient cru trouver en lui un administrateur plus libéral que son prédécesseur.

À la fin de 1864, alors que l’épuisement des mines d’or dans la colonie continentale avait entraîné une diminution des revenus de l’Île-de-Vancouver, la question des futures relations avec la Colombie-Britannique était devenue le principal sujet des débats politiques. En prônant une union législative et l’établissement des droits fiscaux, McClure obtint un siège à l’Assemblée en février 1865. Dès le mois de janvier, la chambre avait adopté une proposition visant à accepter « toute constitution que le gouvernement de Sa Majesté voudrait bien accorder », mais le ministère des Colonies tardait à agir, sachant qu’un bon nombre des habitants de la Colombie-Britannique n’étaient pas en faveur de l’union. Comme la situation financière empirait, l’Assemblée, sous la direction de McClure et de De Cosmos, s’opposa au gouverneur qui proposait des solutions de rechange visant à diminuer les dépenses. En 1866, une tentative faite par les députés en vue de réduire le nombre des fonctionnaires et d’accroître les sommes affectées aux travaux publics fut rejetée par le Conseil législatif ; il s’ensuivit une impasse dont on ne put sortir avant l’expiration de la législature, le 2 septembre. C’est pendant la session de 1866 que McClure fit le plus long discours qui fut jamais prononcé devant l’Assemblée de Victoria. Afin d’empêcher que des gens qu’il considérait comme des spéculateurs ne bénéficient d’un délai pour recouvrer des terrains sur lesquels les taxes étaient impayées, il parla durant 16 heures sans arrêt, de 2 heures de l’après-midi le 23 avril 1866 à 6 heures du matin le lendemain.

En août 1866, tout indiquait que le régime de l’union, qui était imminent, allait maintenir le système en vertu duquel le Conseil législatif de la Colombie-Britannique était composé de membres désignés ; ce fut en vain que McClure mena une campagne de dernière heure en faveur d’institutions représentatives dans la colonie de l’Île-de-Vancouver. Le refus d’accorder l’autonomie gouvernementale l’amena à considérer de plus en plus favorablement l’annexion aux États-Unis. En octobre, il posait l’alternative d’un « bon gouvernement à peu de frais, sous l’autorité britannique si possible, sous la république américaine s’il ne pouvait être obtenu d’une autre façon ». Cependant, l’annexion ne ralliait qu’une minorité de partisans, même à Victoria. McClure avait perdu une grande partie de son influence politique et son poste de directeur du Colonist lorsque ce journal, en juin 1866, avait fusionné avec un concurrent, le Chronicle. En juillet, il se joignit à W. Mitchell pour lancer l’Evening Telegraph, mais cette entreprise aboutit à un échec, au mois de décembre, ce qui était le pendant d’un autre échec, celui de sa campagne en faveur de l’annexion. À la fin de décembre 1866, McClure quitta la colonie et se rendit à San Francisco où il devint le rédacteur en chef du Times, poste qu’il occupa jusqu’au moment où il fut atteint d’une maladie qui l’emporta.

De l’avis de ses contemporains, Leonard McClure fut un écrivain et un orateur de talent, mais un homme qui manquait de principes politiques. Là où ses vues apparaissent plus nettement, il se révèle un démocrate quelque peu radical. L’inconséquence de son attitude tient principalement au fait que, dans un milieu journalistique marqué par une très forte concurrence, il ne fut pas en mesure d’appuyer son action sur une assise solide, contrairement à De Cosmos et Higgins. Durant une courte période, toutefois, il fut un homme public aussi important que ses deux confrères. Son adhésion au mouvement annexionniste a injustement terni sa réputation qu’il n’a pu rétablir à cause de son décès prématuré.

H. Keith Ralston

PABC, Colonial correspondence, Attorney general’s correspondence (B.C.), August-December 1862, Leonard McClure à H. P. P. Crease, 29 oct. 1862 (incluse avec la lettre de Crease au ministre des Colonies, 29 oct. 1862).— PRO, CO 305/21, pp.336–340 ; 305/25, pp.205s. (mfm aux PABC).— G.-B., Parl., Command paper, 1866, XLIX, [3 667] : pp.119–164, Papers relative to the proposed union of British Columbia and Vancouver Island ; 1867, XLVIII, [3 852] : pp.282–332, Further papers relative to the union of British Columbia and Vancouver Island [...].—Alta (San Francisco), 15 juin 1867.— British Columbian (New Westminster, C.-B.), 13 févr. 1862, 13 mai 1863, 21 mai 1864.— Daily British Colonist and Victoria Chronicle, 15, 16, 27 janv., 7, 27 févr. 1861, 20–30 oct., 5 nov. 1862, 4 mars, 6 oct. 1863, 22 févr., 21 mars, 9 juill., 10, 20, 23, 29 août, 5, 27 oct. 1864, janv.–févr. 1865, 25 avril 1866, 25 juin, 3 juill., 29 août, 2, 3 oct., 19, 24, 27 déc. 1866, 25, 26 juill. 1867.— Daily Chronicle (Victoria), 6 nov. 1862, 18 mars 1864, 25 avril 1866.— Evening Post (Victoria), 24 avril 1866.— Evening Telegraph (Victoria), juill–déc. 1866, plus particulièrement 5 juill., 20, 21, 29 août, 12, 25, 29, 30 sept., 1er–5 oct.— New Westminster Times (New Westminster, C.-B.), 24 sept.–24 déc. 1859, 3 mars 1860, 2, 13 févr. 1861.— Press (Victoria), 1861–1862, plus particulièrement 9 mars, 6 avril, 27 août, 15 oct. 1861.— Times (San Francisco), 15 juin 1867.— E. C. Kemble, A history of California newspapers, 1846–1858, H. H. Bretnor, édit. (Los Gatos, Calif., 1962), 165.— Barry Mather et M. [L.] McDonald, New Westminster : the royal city ([Don Mills, Ont.], 1958), 35s.— P. F. Palmer, A fiscal history of British Columbia in the colonial period (thèse de ph.d., Stanford University, Calif., 1932).— R. L. Smith, Governor Kennedy of Vancouver Island and the politics of union, 1864–1866 (thèse de {{m.a}}., University of Victoria, 1973).— L. A. Wrinch, Land policy of the colony of Vancouver Island, 1849–1966 (thèse de {{m.a}}., University of British Columbia, Vancouver, 1932), 123–168.

Bibliographie générale

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H. Keith Ralston, « McCLURE, LEONARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcclure_leonard_9F.html.

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Auteur de l'article:   H. Keith Ralston
Titre de l'article:   McCLURE, LEONARD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   24 juillet 2014