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McINTOSH, JOHN, soldat, capitaine de navire, homme d’affaires et homme politique, né le 4 mars 1796 à Colarich, dans la paroisse de Logierait, Écosse, fils aîné de John Macintosh et d’Ann Ferguson ; le 27 janvier 1824, il épousa Catherine Oswald Stewart (décédée en 1832), et ils eurent au moins deux fils et deux filles, puis le 12 mars 1833 Helen Baxter, veuve de David Ferguson, et de ce mariage naquirent au moins trois fils et quatre filles ; décédé le 3 juillet 1853 à Toronto.

Partie d’Écosse, la famille Macintosh immigra à Québec en 1800 ou 1801 et alla s’établir à York (Toronto) en 1803. Durant la guerre de 1812, John McIntosh combattit comme milicien à Detroit et à Queenston Heights, dans le Haut-Canada, et fut fait prisonnier lors de l’attaque d’York par les Américains en avril 1813 [V. sir Roger Hale Sheaffe]. Il prétendit plus tard avoir piloté à deux reprises des convois de bateaux depuis York jusqu’à Kingston. Les hostilités terminées, John et ses cinq frères (Robert, James, Charles, William et David) furent capitaines et parfois propriétaires de divers bâtiments sur les Grands Lacs. Parmi les navires que John commanda, il y eut un schooner, The Brothers (appelé The Three Brothers dans certaines sources), lancé à York au début de 1820 par une société par actions. Quatre ans plus tard, McIntosh, qui était presbytérien, épousa la fille d’Alexander Stewart, ministre de la première congrégation baptiste de la ville. En 1828, McIntosh reçut de son père plusieurs lots urbains de valeur. Apparemment, la location de ces lots et les revenus d’une ferme dans le district de London lui permirent, alors qu’il était encore jeune, d’abandonner son métier de navigateur et de consacrer beaucoup de temps au cours des années 1830 et de la décennie qui suivit aux causes défendues par les réformistes. Il tenait, semble-t-il, cette sympathie politique de son père.

Pendant toute sa vie publique, McIntosh fut un partisan de William Lyon Mackenzie*, auquel il fut étroitement lié, et sa deuxième femme, qu’il épousa en 1833, était la sœur de Mme Mackenzie. Toutefois, étant donné qu’il ne partageait pas certaines idées baroques de Mackenzie et qu’il était un homme d’affaires respecté de la capitale du Haut-Canada, on ne le considérait pas comme étant du même acabit que ce dernier. Pendant une grande partie des années 1830, il remplit les fonctions de président du Committee of Home District Reformers. En 1832–1833, pendant que Mackenzie se trouvait en Angleterre, luttant pour ne pas être expulsé de la chambre d’Assemblée, McIntosh présida aussi le Central Committee of One Hundred Freeholders of Upper Canada, organisme chargé de recruter des appuis pour Mackenzie ainsi que des opposants aux mesures du gouvernement provincial. En 1834, et de nouveau deux ans plus tard, il se porta candidat réformiste dans la circonscription électorale de 4th York, et il fut élu. En 1837, il présida une assemblée où des réformistes de Toronto rédigèrent un manifeste dans lequel ils demandaient à la population du Haut-Canada de s’unir politiquement afin de faire échec aux mesures du gouvernement britannique concernant la colonie et à celles du gouvernement provincial. À l’automne de la même année, McIntosh fut invité à une réunion de quelques réformistes éminents à qui Mackenzie proposa, mais sans succès, de s’insurger contre le pouvoir établi. Bien qu’il ait été au courant des plans de Mackenzie en vue d’une véritable insurrection, à laquelle d’ailleurs il ne prit aucune part active, McIntosh échappa à la persécution qu’eurent à subir un bon nombre de radicaux en vue [V. David Gibson*]. Il dut probablement cette chance à sa réputation d’homme qui, tout en étant préoccupé de la situation, était trop raisonnable pour participer à des menées de haute trahison. Il s’exprimait toujours avec modération sur les questions politiques et, quand l’intérêt général était en jeu, il ne se limitait pas seulement à des solutions politiques. Par exemple, en septembre 1836, son nom apparaissait en tête de la liste de ceux qui demandaient une réunion afin de créer une compagnie mutuelle d’assurance-incendie dans le district de Home.

En 1841, McIntosh se porta de nouveau candidat dans la circonscription de 4th York, mais cette fois il avait comme adversaire Robert Baldwin. Celui-ci affirma qu’il ne poserait pas sa candidature si McIntosh voulait le faire, mais il poursuivit quand même sa campagne, disant que tel était le désir des réformistes de la circonscription qui avaient auparavant demandé à McIntosh de se porter candidat. Plus tard, Mackenzie prétendit qu’en agissant de cette façon Baldwin voulait la défaite de McIntosh, parce que celui-ci s’opposait à l’union des deux Canadas. Quoi qu’il en soit, Baldwin aurait fort bien pu retirer sa candidature dans York (il était élu dans deux autres circonscriptions, celles de Hastings et de Rimouski), plutôt que de s’obstiner à vouloir vaincre un réformiste respecté.

Tout le reste de sa vie, John McIntosh continua à appuyer la cause des réformistes et, en particulier, à soutenir Mackenzie. En 1849, il lui donna asile quand ce dernier revint d’exil, ce qui provoqua une émeute devant sa résidence de la rue Yonge. Lors des élections générales de 1851, il ne se porta pas candidat dans son ancienne circonscription, malgré certaines pressions qui s’exercèrent sur lui, et il décida plutôt d’appuyer le réformiste Joseph Hartman. Au cours de ses dernières années, McIntosh dut restreindre ses activités en raison de la maladie.

Ronald J. Stagg

On trouve plusieurs références à John McIntosh dans les papiers Mackenzie-Lindsey aux AO : la correspondance de Mackenzie (MS 516) en fait plusieurs fois mention (les références les plus nombreuses et les plus utiles sont en 1841) ; les papiers C. B. Lindsey (MU 1947) constituent une petite source d’informations biographiques sur les relations de Mackenzie ; et les coupures de presse de Mackenzie (MU 1855, no 2056) fournissent aussi quelques renseignements. La notice nécrologique, intitulée « A memoir of John Mackintosh », qui parut dans le Mackenzie’s Weekly Message, 9 févr. 1855, contient plusieurs informations sur McIntosh. Son testament et le codicille qui l’accompagne se trouvent aux AO, RG 22, sér. 155. On consultera aussy Lindsey, Life and times of Mackenzie ; Scadding, Toronto of old (1873) ; et Robertson’s landmarks of Toronto, 1–3. Pour l’activité de McIntosh en tant que réformiste, voir : le Patriot de Toronto, 11 nov. 1836, le Constitution, 2 août 1837, et les papiers C. R. Dent, conservés aux AO (MU 837).  [r. j. s.]

AO, MS 2, baptisms and marriages performed by Presbyterian ministers in York, 1823–1829, baptême de Catherine et d’A. J. McIntosh, 9 févr. 1829.— APC, RG 1, L3, 332 : M6/57 ; 339a : M11/408.— MTL, Robert Baldwin papers.— St Andrew’s Presbyterian Church (Toronto), Reg. of marriages, 12 mars 1833 (mfm aux AO).— Town of York, 1815–34 (Firth).— Patriot, 20 sept. 1836.— History of Toronto and county of York, Ontario [...] (2 vol., Toronto, 1885), 2 : 96–97.— Officers of British forces in Canada (Irving), 209.— History of the Great Lakes, [J. B. Mansfield, édit.] (2 vol., Chicago, 1899 ; réimpr., Cleveland, Ohio, 1972), 1 : 801.

Bibliographie générale

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Ronald J. Stagg, « McINTOSH, JOHN (1796-1853) », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcintosh_john_1796_1853_8F.html.

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Auteur de l'article:   Ronald J. Stagg
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Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
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Date de consultation:   23 avril 2014