DCB/DBC Mobile beta
+

McKENNEY, HENRY, marchand et fonctionnaire, né vers 1826 à Amherstburg, Haut-Canada, second fils de Henry McKenney, loyaliste, et d’Elizabeth Reily ; le 20 août 1845, il épousa Lucy Stockwell, et ils eurent deux fils et deux filles ; décédé à la fin de l’année 1886 dans le Territoire de Washington.

Nous savons peu de chose sur les premières années de la carrière de Henry McKenney, si ce n’est qu’il exploitait à Amherstburg un modeste « magasin général » et qu’au moment où il se trouva en difficultés financières, il décida d’aller refaire sa vie dans l’Ouest. Profitant du voyage inaugural de l’Anson Northrup, premier vapeur à naviguer sur la rivière Rouge, il arriva à Upper Fort Garry (Winnipeg) le 10 juin 1859, en compagnie de sa femme et de son fils aîné. Peu de temps après, il loua d’Andrew McDermot un immeuble qu’il convertit en hôtel. Le Royal – c’est le nom que McKenney lui donna – fut le premier hôtel au Manitoba.

On mit sur pied la firme McKenney and Company en vue de faire le commerce des fourrures et d’exploiter un magasin général situé dans l’hôtel. McKenney prit son demi-frère, John Christian Schultz*, comme associé en second dans cette entreprise. En 1862, il vendit son hôtel à George Emmerling et, au mois de juin, toujours avec Schultz comme associé en second, il construisit un magasin plus vaste à l’intersection de la piste de Portage-la-Prairie et de la route principale qui reliait Upper Fort Garry et Lower Fort Garry. Il subit les moqueries des vieux colons qui trouvaient l’endroit trop isolé, mais d’autres personnes ne tardèrent pas à s’établir dans le voisinage. McKenney devint ainsi le fondateur de Winnipeg ; son magasin était situé là où se trouve de nos jours le coin des rues Portage et Main.

Le 8 juin 1861, McKenney avait été nommé magistrat des petites causes, et, le 25 novembre 1862, Alexander Grant Dallas, gouverneur d’Assiniboia, le désigna pour remplacer James Ross* aux fonctions de shérif d’Assiniboia et de directeur de la prison. Dans sa vie privée, McKenney s’avéra un plaideur infatigable : entre 1859 et 1869, il fut mêlé à 30 procès – sans importance dans la plupart des cas – tenus devant la Cour générale des sessions trimestrielles d’Assiniboia.

McKenney et Schultz mirent un terme à leur association en août 1864 et McKenney décida de conduire l’entreprise à lui seul. Il obtint une décision judiciaire qui forçait Schultz à payer sa part d’une dette de £600 contractée par la compagnie. Schultz refusa carrément de se soumettre, et McKenney, avec l’aide de deux constables spéciaux, le fit conduire en prison pieds et poings liés. Par la suite, les demi-frères devinrent des ennemis acharnés.

En août 1861, McKenney avait bâti une scierie sur la rivière Manigotagan, du côté est du lac Winnipeg, et il fut le premier à exploiter les ressources forestières de cette région. Il fit construire un schooner à trois mâts, le Jessie McKenney, pour haler le bois scié à la colonie de la Rivière-Rouge. Toutefois, l’entreprise de la rivière Manigotagan ne fut pas un succès, et McKenney, abandonnant ce projet à l’automne de 1869, renvoya la machinerie à Upper Fort Garry.

Au cours des dix années qu’il passa à la Rivière-Rouge, McKenney joua un rôle de premier plan dans la communauté et remplit fidèlement ses fonctions de magistrat, de shérif et de directeur de la prison. Cependant, en dépit de ses antécédents loyalistes, il fut, dans la colonie, l’un des rares Canadiens nés au pays à préconiser l’annexion aux États-Unis, lorsque Louis Riel prit le pouvoir en novembre 1869 et que l’avenir de Rupert’s Land fut mis en jeu. Il appuya l’élection d’Alfred Henry Scott*, qui était vendeur dans son magasin, au poste de représentant de Winnipeg à la convention de janvier 1870. Le bruit courut à la Rivière-Rouge qu’il y avait un motif particulier à l’attitude de McKenney à l’égard du Canada ; le 21 mars 1870, en effet, Alexander Begg* rapporta des propos suivant lesquels McKenney « crai[gnait] la venue du gouvernement canadien à la Rivière-Rouge en raison des vieilles dettes qu’il [avait] laissées derrière lui au Canada quelques années plus tôt ». Il se peut que l’animosité de McKenney contre Schultz ait eu quelque chose à voir avec son aversion pour le Canada.

Lorsqu’en mai 1870 l’union avec le Canada apparut inévitable, McKenney loua son magasin à une entreprise de quincaillerie, quitta son poste de shérif et déménagea à Pembina (Dakota du Nord) où il construisit un petit magasin et mit sur pied un moulin à scier. Il devint shérif du comté de Pembina le 9 juin 1871 ; il eut ainsi la distinction d’avoir exercé cette fonction dans les territoires américain et britannique. Comme il était difficile d’obtenir du bois pour son moulin, il le ferma et, en 1874, retourna à Winnipeg où il joua un rôle d’administrateur et de conseiller juridique auprès de ses fils qui avaient pris la succession de son magasin. En outre, il fit un peu de peinture à l’huile et se mêla de politique municipale, briguant un poste d’échevin aux élections tenues à Winnipeg en janvier 1876. Mais il fut celui qui obtint le moins de votes. En août 1876, McKenney vendit les biens qu’il possédait à Winnipeg, et l’on rapporte qu’il s’en alla en Oregon. Il mourut dans le Territoire de Washington à la fin de 1886.

George F. Reynolds

PAM, MG 2, B4-1 ; MG 9, A46 : 65 ; MG 12, E ; Vert. files, John Christian Schultz.— Begg, Red River journal (Morton).— Canadian North-West (Oliver), I : 478, 515.— J. J. Hargrave, Red River (Montréal, 1871).— Manitoba Daily Free Press, 12 févr., 10 mars 1875, 3 janv., 31 août 1876.— New Nation (Winnipeg), 28 avril 1870.— Nor’Wester, 2 nov. 1864, 1er déc. 1866, 25 août 1868.— William Douglas, « The forks becomes a city », HSSM Papers, [3e sér., no 1] (1944–1945) : 51–80.— G. F. Reynolds, « The man who created the corner of Portage and Main », HSSM Papers, 3e sér., no 26 (1969–1970) : 5–40.— « The sheriffs of Assiniboia, paper II », Western Law Times (Winnipeg), 2 (1891) : 1–10, 181–186.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

George F. Reynolds, « McKENNEY, HENRY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mckenney_henry_11F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/mckenney_henry_11F.html
Auteur de l'article:   George F. Reynolds
Titre de l'article:   McKENNEY, HENRY
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   21 décembre 2014