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NEWBIGGING, JAMES, homme d’affaires, juge de paix, officier de milice et homme politique, né en 1805 ou 1806, probablement en Écosse ; le 26 janvier 1834, il épousa à York (Toronto) Anne Louise Hagerman, nièce de Christopher Alexander Hagerman, et ils eurent au moins deux fils ; décédé le 9 février 1838 à Toronto.

James Newbigging s’initia au monde des affaires canadien en travaillant à Montréal à titre de commis pour la Gillespie, Moffatt and Company. En 1829, il s’installa à York, où il acheta un magasin sur la place du marché. L’année suivante, il s’associa à Alexander Murray, auparavant commis au magasin de gros et de détail de William Proudfoot* à York. La Murray, Newbigging and Company était aussi une entreprise de gros et de détail ; elle vendait toute une gamme d’articles d’épicerie, de marchandises sèches et d’alcools. Les associés possédaient en outre un quai et un entrepôt, achetés de William Cooper en 1830, et agissaient en qualité de commissionnaires. L’élan que les entreprises de Newbigging, de Proudfoot, de Joseph Davis Ridout* et d’autres imprimèrent au commerce de gros à York amena un journal de la ville, le Courier of Upper Canada, à proclamer en 1832 : « Les marchands de la région n’ont plus à perdre temps et argent en visites à Montréal, puisqu’ils peuvent trouver à York autant de marchandises, à la fois sous le rapport de la variété et de l’abondance, et [se les procurer] aux mêmes conditions. »

La Murray, Newbigging and Company prospéra rapidement grâce, au début, aux fonds d’un associé commanditaire, le docteur George Gillespie Crawford, à qui son père avait légué une fortune. Crawford subit cependant de « lourdes pertes financières » et, en 1834, on confia ses affaires à deux syndics, John Strachan* et Robert Baldwin*. Apparemment, en dépit de l’importance de son investissement initial, ses difficultés n’ébranlèrent pas la compagnie.

Par ailleurs, dès 1832, la Murray, Newbigging and Company offrait un service de transport par chariot et par bateau qui, trois fois la semaine, reliait Toronto, Newmarket, Holland Landing et les Narrows (Orillia). Elle poursuivit cette activité secondaire au moins jusqu’en 1838, en collaboration avec une série d’associés de l’extérieur de la ville, dont Charles Scadding, de Newmarket, frère de Henry*.

Newbigging, tout jeune qu’il ait été au moment de son établissement à York, ne tarda pas à être reconnu comme un homme d’affaires énergique et compétent, et il s’engagea très vite dans des activités commerciales qui débordaient largement le cadre de son entreprise. Il fit partie du conseil d’administration de la succursale yorkaise de la Commercial Bank of the Midland District dès son inauguration en 1832. La Murray, Newbigging and Company devint la représentante de la Phoenix Assurance Company de Londres en 1833 et, l’année suivante, Newbigging entra au conseil d’administration de la première société d’assurances de Toronto, la Compagnie d’assurance de l’Amérique britannique contre le feu et sur la vie, fondée peu de temps auparavant. Il fut membre d’un comité provisoire chargé d’administrer la succursale torontoise de la Banque de l’Amérique septentrionale britannique au moment de son ouverture en 1837. Pendant la crise économique de 1836–1837, qui engendra une grave pénurie de numéraire dans le Haut-Canada, il figura parmi un petit groupe d’hommes d’affaires torontois appelés à témoigner devant un comité spécial de la chambre d’Assemblée sur le système monétaire de la province. En juin 1837, il proposa, sans succès, que l’Assemblée émette des billets portant intérêt, et les vende tant à la population qu’aux banques, de façon que ces dernières puissent relancer l’activité financière et par le fait même créer des emplois pour des « milliers de travailleurs alors au bord de la famine ».

En outre, dans les années 1830, Newbigging collabora étroitement au premier projet de construction d’une liaison ferroviaire entre Toronto et la baie Géorgienne. Au cours d’une assemblée publique tenue à Toronto le 26 juillet 1834, il fut élu secrétaire-trésorier du comité de promotion du projet. Il eut la responsabilité de superviser une bonne partie des travaux d’arpentage exécutés le long des trajets envisagés et, à titre de trésorier, il recueillait les souscriptions et conservait les livres dans son magasin de Toronto. En 1836, on constitua en société la City of ‘Toronto and Lake Huron Rail Road Company et Newbigging en était administrateur et secrétaire-trésorier. Un des plus gros actionnaires de la compagnie, il s’employait avec un enthousiasme remarquable à faire valoir les avantages du chemin de fer qui, disait-il, serait un lien précieux avec le Midwest américain. Toutefois, en dépit de ses efforts et de ses arguments (peut-être trop optimistes), la compagnie ne parvint pas à amasser un capital suffisant pour entreprendre les travaux de construction.

James Newbigging n’exerça pas ses talents d’organisateur uniquement dans les affaires. Il participa en 1833 à la fondation de la Commercial News Room et en 1837 à celle de l’Upper Canada Club (Toronto Club), dont il fut directeur et trésorier. De confession presbytérienne, il fit partie du conseil d’administration de la congrégation St Andrews, qu’il servit aussi à titre de secrétaire, en plus d’être directeur de la St Andrew’s Society de Toronto. Nommé juge de paix du district de Home en septembre 1837, il reçut le grade de capitaine dans les Toronto City Guards en décembre et fut élu le mois suivant échevin du quartier St David. Sa mort, résultat d’« un épuisement [...] consécutif à la rébellion », selon sa femme, mit précocement fin – il n’avait que 32 ans – à une carrière bien remplie et prometteuse. Peut-être n’avait-il légué à sa veuve que peu de liquidités. Sans ressources, elle allégua en 1844 qu’avant sa mort il avait acheté des droits sur environ 8 000 acres de terre réservées aux loyalistes, mais qu’elle n’en avait obtenu que 3 000, qui s’étaient révélées « sans valeur ».

J. K. Johnson

APC, RG 5, A1 : 100580–100583 ; RG 9, I, B5, 8 ; RG 68, General index, 1651–1841 : 508.— H.-C., House of Assembly, App. to the journal, 1837, app., « Report of the select committee, to which was referred the subject of the monetary system of the province », 4–6.— Town of York, 1815–34 (Firth).— Colonial Advocate, 23 avril, 3 déc. 1829,11 mars, 13 mai, 1er juill., 1er sept. 1830, 6 mars 1834.— Courier of Upper Canada (York [Toronto]), 4 août, 29 sept. 1832.— Patriot (Toronto), 1er août, 17 nov. 1834, 21 févr., 21 avril 1837, 13 févr. 1838.— Upper Canada Gazette, 19 nov. 1835, 7 févr. 1839.— Marriage notices of Ont. (Reid).— Toronto directory, 1833–1834, 1837.— F. H. Armstrong, « Toronto in transition : the emergence of a city, 1828–1838 » (thèse de {{ph.d.,}} Univ. of Toronto, 1965).— Canniff, Medical profession in U.C., 316–317.— F. H. Armstrong, « Toronto’s first railway venture, 1834–1838 », OH, 58 (1966) : 21–41.

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J. K. Johnson, « NEWBIGGING, JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/newbigging_james_7F.html.

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Auteur de l'article:   J. K. Johnson
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   21 avril 2014