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RIDOUT, JOSEPH DAVIS, marchand et homme d’affaires, né le 9 juin 1809 à Bristol, Angleterre, fils de George Ridout et de Mary Ann Wright ; il épousa Julia Elizabeth Gould, née Bramley, puis, en 1852, Caroline Cumberland ; décédé le 4 juin 1884 à Toronto, laissant dans le deuil sa femme et leurs deux fils.

Le père de Joseph Davis Ridout avait quitté Bristol en 1820 pour se rendre à Philadelphie, puis, en 1826, à York (Toronto). Mais Joseph Davis, comme son frère aîné George Percival*, demeura aux États-Unis où il travailla d’abord à New York, puis à Boston, pour la Tarratt, compagnie de marchands de fer qui était établie à Wolverhampton, Angleterre. En 1830, il alla s’installer à York où il ouvrit, avec le soutien de la Tarratt, une quincaillerie de détail, qui prit le nom de Joseph D. Ridout and Company. Son frère, George Percival, se joignit à lui en 1832, et l’entreprise, devenue la Ridout Brothers and Company, se lança également dans le commerce en gros. Les deux frères construisirent bientôt un vaste magasin qui, situé à l’angle nord-est des rues King et Yonge, allait être longtemps un des endroits les plus connus à Toronto.

Le succès en affaires donna à Ridout, comme à d’autres commerçants en gros de Toronto, la possibilité et le goût d’élargir ses secteurs d’activité. En 1847, il participa à la mise sur pied de la Farmers and Mechanics Building Society, société de prêts hypothécaires qui constituait la deuxième tentative du genre faite dans cette ville en vue de fournir à une population grandissante les fonds nécessaires aux travaux de construction ; il en fut le premier vice-président et en devint par la suite président. Ces sociétés étaient composées de souscripteurs qui versaient des cotisations fixes chaque mois durant une période limitée en échange du droit de faire des emprunts sur hypothèques pour financer des projets de construction. Elles s’avéraient populaires auprès des hommes d’affaires, des gens des professions libérales, des fermiers, des ouvriers et des employés de bureau parce qu’elles n’exigeaient pas de gros investissements, qu’elles répondaient à un besoin précis et urgent et que, au moment de la liquidation, elles avaient généralement des excédents de fonds à distribuer aux actionnaires. Ridout fut l’un de ceux qui virent les avantages qu’il pouvait y avoir, pour les investisseurs et les emprunteurs, à exploiter des sociétés de construction permanentes plutôt que de courte durée. Lors de la dissolution de la Farmers and Mechanics Building Society en 1855, il se joignit à des membres de cette société et à d’autres de la Toronto Building Society, dont la création datait de 1846, pour former la Canada Permanent Building and Savings Society (par la suite la Canada Permanent Mortgage Corporation) [V. Peter Paterson]. Premier président de l’entreprise, il occupa ce poste durant presque 30 ans et ne l’abandonna que pour des raisons de santé peu de temps avant de mourir. C’est à John Herbert Mason, secrétaire compétent, qu’étaient confiées les affaires courantes de la compagnie, mais Ridout, à titre de président, se révélait bien plus qu’un personnage décoratif. Sous la direction de ces deux hommes, l’entreprise devint bientôt, et de loin, la plus importante du genre au Canada.

Il existait des liens étroits entre la vie familiale de Ridout et ses activités commerciales. De 1843 jusqu’à la faillite de la Bank of Upper Canada en 1866, il siégea au conseil d’administration de cet établissement, dont le caissier en chef (directeur général), Thomas Gibbs Ridout*, qui occupa ce poste de 1821 à 1861, était son cousin et le mari de l’une des sœurs de sa première femme. Il fit partie du premier conseil d’administration de la Toronto, Simcoe and Lake Huron Union Rail-road Company en 1849 et ne cessa pas de s’intéresser aux affaires de cette entreprise ; environ dix ans plus tard, lorsque celle-ci, devenue la Northern Railway Company of Canada, se trouva en difficultés financières, il fit de nouveau partie de son conseil d’administration durant plusieurs années. Frederic William Cumberland, directeur général de la Northern Railway de 1859 jusqu’à sa mort en 1881, avait épousé lui aussi l’une des sœurs de la première femme de Ridout et il était le frère de sa seconde femme. Ridout joua un rôle actif au sein du Board of Trade de Toronto, notamment durant ses premières années d’existence, au cours du mandat de son frère Percival comme président, et il en devint lui-même vice-président en 1854. Avec son frère, il fit un peu de spéculation foncière à Toronto et dans les environs.

Ridout était de foi anglicane et d’allégeance conservatrice. Il ne se mêla pas activement à la vie politique, si ce n’est qu’il devint membre du premier Public School Board of Trustees de Toronto en 1850. Il était entré dans la milice d’East York en 1833 et avait fait du service durant la rébellion de 1837 ; il quitta la milice en 1867 avec le grade de major. Il participa en 1835 à la fondation de la St George’s Society de Toronto, dont il fut président de 1851 à 1854. Il siégea au conseil d’administration du Toronto Mechanics’ Institute durant quelques années et en fut président en 1860.

Lorsque son frère quitta le domaine de la quincaillerie en 1866, Ridout s’associa avec deux employés de longue date, James Aikenhead et Alexander Crombie, et la raison sociale de l’entreprise fut changée en celle de Ridout, Aikenhead and Crombie. En 1876, il se retira à son tour, laissant à ses associés la poursuite des affaires. Bien qu’elle soit maintenant la propriété de Molson Companies Limited, la firme continue toujours son activité sous la direction de la famille Aikenhead.

Douglas McCalla

Christian Guardian, sept.–oct. 1830.— Globe, 18501860.— Monetary Times, 18681884.— Toronto Daily Mail, 5, 9 juin 1884.— Dominion annual register, 1884 : 242s.— Toronto directory, 1850–1851 ; 1856 ; 1859–1860 ; 1861 ; 1866 ; 1867–1868.— Hist. of Toronto and county of York, II : 137–139.— Robertson’s landmarks of Toronto, I : 329, 360a, 368s. ; II : 759 ; III : 143, 208s., 211, 246.— The story of the Canada Permanent Mortgage Corporation, 1855–1925 (Toronto, 1925).— Michael Valpy, « Aikenhead’s business was founded in 1830 : notes for a store’s history », Globe and Mail (Toronto), 7 juin 1971.

Bibliographie générale

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Douglas McCalla, « RIDOUT, JOSEPH DAVIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/ridout_joseph_davis_11F.html.

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Auteur de l'article:   Douglas McCalla
Titre de l'article:   RIDOUT, JOSEPH DAVIS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   30 juillet 2014