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PAINTER, JOHN, marchand, fonctionnaire et officier de milice, né vers 1745 en Angleterre ; le 1er décembre 1786, il épousa dans l’église anglicane de Québec Margaret Stuart, et ils eurent six enfants ; décédé le 11 novembre 1815 à Québec.

C’est vers 1765 que John Painter quitte l’Angleterre et s’installe dans la ville de Québec, probablement comme représentant d’une maison de commerce britannique. En 1771, il annonce dans la Gazette de Québec qu’il dispose d’un stock de vêtements en provenance de Londres. Par la suite, il importe divers articles, tels que des spiritueux, des tissus, des chaussures et des outils, qu’il vend en gros ou au détail. En 1775, il fait l’acquisition d’une goélette, la Marie-Joseph, pour la somme de £133, sans doute en vue de pratiquer le cabotage sur le Saint-Laurent. On peut d’ailleurs supposer qu’il utilisait, pour les longs parcours, les navires des firmes britanniques qu’il représentait.

Pour des raisons inconnues, Painter liquide ses biens en 1776 et quitte la province de Québec pour la métropole britannique. Après sept ans d’absence, il décide de revenir dans la colonie afin de poursuivre son activité commerciale. Ainsi, en juin 1783, il arrive de Bristol, à bord du Lively, avec une variété de produits qu’il compte vendre dans la ville de Québec. Ses affaires semblent prospères, puisqu’en 1786 il achète un emplacement de 28 500 pieds carrés en bordure du fleuve et une maison de deux étages, rue Saint-Pierre, où il tiendra désormais commerce.

Dans une adresse transmise au lieutenant-gouverneur Henry Hamilton* en 1785, Painter s’était prononcé en faveur des procès par jurés dans les causes commerciales. Deux ans plus tard, il est nommé grand juré de la Cour du banc du roi du district de Québec. Désireux de jouer un rôle en politique, Painter soutient en 1792 la campagne électorale du candidat Adam Lymburner* ; ce dernier subit cependant la défaite dans la circonscription de la Basse-Ville de Québec.

Loin de délaisser le commerce, Painter développe ses relations avec les marchands étrangers ; en 1793, il est d’ailleurs le représentant de James Jones, négociant de Bristol, et de Thomas Franklin, négociant de Philadelphie. Il établit également des liens avec les producteurs locaux comme en témoignent les 1 666 gallons « d’Esprit de Beauport » qu’il achète pour £500 du distillateur de Québec James McCallum* en 1801. Depuis 1799, Painter avait installé sa maison d’affaires dans un immeuble, rue du Sault-au-Matelot, qu’il n’achètera qu’en 1803. Deux ans plus tard, il figure parmi les principaux actionnaires de la Compagnie de l’Union de Québec, société mise sur pied en vue de doter la ville d’un hôtel luxueux et d’une salle d’assemblée. Il deviendra d’ailleurs administrateur de cette compagnie, puis président de 1810 à 1814. Ces nouveaux investissements obligent Painter à intensifier ses échanges commerciaux ; c’est probablement pourquoi il s’oppose à la loi de 1805 sur les prisons, qui établissait une taxe sur le commerce.

Ayant acquis une certaine réputation auprès de la communauté marchande de Québec, Painter fut appelé à remplir des postes clés dans des organismes voués à la promotion du commerce. Ainsi, le 16 mai 1805, il avait été nommé par le lieutenant-gouverneur, sir Robert Shore Milnes*, membre de la Maison de la Trinité de Québec, fondée dans le but d’améliorer la navigation sur le Saint-Laurent [V. François Boucher]. En plus d’occuper la charge de trésorier au sein de cet organisme de juillet 1805 à septembre 1808, Painter remplit aussi la fonction de maître adjoint à partir de novembre 1805. En 1812, il est promu maître de la Maison de la Trinité en remplacement du marchand John Young. Au cours de ses années de service, il met sur pied, avec les autres membres de l’organisme, un fonds de secours pour les pilotes victimes d’accidents ou leurs familles, fait ériger en 1809 le premier phare du Saint-Laurent, à l’île Verte, et fait installer quelques bouées pour la sécurité des navires. En 1809, Painter se voit confier par une assemblée de commerçants de Québec une autre responsabilité d’importance ; en effet, il compte parmi les sept marchands dont le mandat consiste à mettre en place une association qui représenterait les intérêts des hommes d’affaires de Québec auprès des autorités politiques. Celle-ci voit le jour peu de temps après à Québec sous le nom de Committee of Trade.

Painter participa aussi à la vie communautaire de Québec. En 1790, il était devenu membre de la Société du feu où il siégea à titre de président en 1792 puis en 1799. En 1796, il avait obtenu le poste de juge de paix du district de Québec, qu’il conservera jusqu’à sa mort. Outre ces fonctions prestigieuses, il avait été nommé enseigne dans le Québec Battalion of British Militia la même année et promu au rang de lieutenant en 1801.

Selon toute vraisemblance, John Painter abandonne les affaires en 1814 ; cette année-là, il vend sa propriété qui lui servait à des fins commerciales, rue du Sault-au-Matelot, et se retire dans une maison de la rue Sainte-Ursule, à Québec, où il s’éteindra le 11 novembre 1815. Son inventaire après décès révèle qu’il possédait une fortune évaluée à plus de £17 000 et constituée surtout de créances qu’il détenait auprès de l’armée, de la marine, des marchands de Québec et de la métropole. En plus de cette somme considérable, Painter était propriétaire de neuf maisons dans la paroisse St Thomas the Apostle, dans le Devonshire, en Angleterre, qu’il avait héritées de sa cousine Elizabeth Painter. À ce patrimoine foncier s’ajoutaient 14 actions – dont 6 d’une valeur de £100 chacune – dans la Compagnie de l’Union de Québec.

Roch Lauzier

ANQ-Q, CE1-61, 1er déc. 1786, 15 nov. 1815 ; CN1-16, 17 janv., 23 mai 1811 ; CN1-26, 29 janv. 1806, 3 nov. 1807, 26 janv., 15 févr., 31 mai 1808, 3 mai 1810, 25 mars 1811 ; CN1-83, 16 déc. 1786 ; CN1-92, 17 mars 1794, 1er mars 1799 ; CN1-207, 11 avril 1775 ; CN1-230, 25 juin 1803, 8 août 1805, 6 mai 1807, 25 avril 1811, 28 nov. 1815 ; CN1-262, 26 janv. 1801.— Arch. du port de Québec (Québec), Maison de la Trinité de Québec, Procès-verbaux, 111.— B.-C., Statuts, 1805, c.16.— « Manifestes électoraux de 1792 », BRH, 46 (1940) : 99.— La Gazette de Québec, 13 juin 1771, 25 mai 1775, 19 sept. 1776, 12 juin 1783, 16, 23 juin 1785, 8 juin 1786, 17 mai 1787, 11 déc. 1788, 17 déc. 1789, 21 janv., 4 févr., 25 mars 1790, 14 juin 1792, 16 mai, 8 août, 12 déc. 1805, 22 sept. 1808, 2 mai 1811, 29 oct. 1812, 28 avril 1814, 16 nov. 1815.— Almanach de Québec, 1788–1815.— Wallot, Un Québec qui bougeait, 57s.— O.-A. Côté, « La Chambre de commerce de Québec », BRH, 27 (1921) : 26–28.

Bibliographie générale

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Roch Lauzier, « PAINTER, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/painter_john_5F.html.

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Auteur de l'article:   Roch Lauzier
Titre de l'article:   PAINTER, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   22 juillet 2014