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PÉRODEAU, NARCISSE, notaire, professeur de droit et homme politique, né le 26 mars 1851 à Saint-Ours, Bas-Canada, fils de Paul Pérodeau, cultivateur, et de Modeste Arpin ; le 23 avril 1883, il épousa dans la paroisse de Saint-Hyacinthe-le-Confesseur, Saint-Hyacinthe, Québec, Mary (Marie-Louise) Buckley (décédée le 2 février 1913), et ils eurent six enfants dont quatre, une fille et trois fils, survécurent ; décédé le 18 novembre 1932 à Montréal et inhumé le 21 au cimetière Notre-Dame-des-Neiges de la même ville.

Narcisse Pérodeau est le descendant, à la cinquième génération, de Jean-Baptiste Pérodeau, dit Lafleur, originaire de Montchaude, dans le diocèse de Saintes en Saintonge, en France, « caporal de la Cie de M. de Repentigny », selon ses conventions de mariage datées du 22 janvier 1731 avec Marie-Angélique Gallien (où on le nomme Jean Perrodot).

Après des études classiques au séminaire de Saint-Hyacinthe (1864–1872), Pérodeau s’établit à Montréal en 1873 et entreprend des études au McGill College, où il obtient un diplôme de bachelier en droit civil en 1876. Il est admis à la pratique du notariat le 17 mai de cette même année, bien que sa commission de notaire soit datée du 18. Il s’associe immédiatement avec des confrères pour exercer sa profession à Montréal. Il crée d’abord, avec les notaires Joseph-Louis Coutlée et Joseph-Hilarion Jobin (dont il a été le clerc), la société Jobin, Coutlée et Pérodeau, qui devient rapidement Jobin et Pérodeau. Puis, après avoir pratiqué le notariat pendant une couple d’années avec Charles-Marie Ducharme, il travaille ensuite, à partir du 1er mai 1889 jusqu’en 1901 ou 1902, avec George Châteauguay d’Irumberry De Salaberry dans l’étude Pérodeau et De Salaberry. Enfin, de 1923 environ jusqu’à sa mort, il sera associé avec son fils Arthur (Jules-Arthur) sous la raison sociale Pérodeau et Pérodeau. Par ailleurs, il participe très activement aux activités de son ordre professionnel. Dès le mois de mai 1880, il devient secrétaire montréalais de la Chambre des notaires de la province de Québec ; il partage cette tâche avec le notaire Jean-Baptiste Delâge, responsable du secrétariat de Québec. Pérodeau occupera cette fonction pendant 32 ans, soit jusqu’à son élection comme président, le 9 juillet 1912, pour un mandat de trois ans.

Le premier professeur de pratique notariale dans la province a été le notaire Léonard-Ovide Hétu, que François-Maximilien Bibaud* a invité, en 1861, à donner un tel enseignement à la première école de droit du Bas-Canada, inaugurée le 1er mai 1851 à Montréal, au collège Sainte-Marie. En 1876, les notaires font des démarches pour faire nommer des professeurs de notariat dans les universités de la province. On fait valoir que les professeurs de droit étant tous avocats, ils ont tendance à mépriser le notariat et à négliger l’étude de questions pouvant intéresser davantage les notaires. Le 26 juin 1880, la faculté de droit du McGill College annonce la nomination de Lewis Alexander Hart comme professeur de droit notarial. Ce n’est qu’en 1897 que l’université Laval décide de créer deux chaires de droit notarial, l’une à Québec et l’autre à Montréal (succursale qui deviendra l’université de Montréal en 1920). Les procès-verbaux de la faculté de droit de l’université Laval à Montréal, en date du 25 août 1897, mentionnent l’établissement d’une chaire de cours de pratique du notariat confiée au notaire Pérodeau. C’est ainsi que l’enseignement du droit notarial fait son entrée officielle dans cette université, presque 20 ans après sa fondation en 1878. À sa séance du 28 avril 1900, le conseil de la faculté adoptera une résolution pour que Pérodeau soit nommé professeur titulaire de cette chaire. La même année, l’université lui confère le titre de docteur en droit, ce que fera également le Bishop’s College en 1926.

Pérodeau est professeur de procédure notariale de 1898 à 1919 (il est alors remplacé par le notaire Victor Morin), ainsi que responsable de l’enseignement de la législation financière, commerciale et industrielle de 1914 à 1929 (Antonio Perrault*, avocat, lui succède). Le conseil de la faculté de droit propose en décembre 1931 qu’il soit nommé professeur émérite. Au sein de son université, Pérodeau est aussi membre du bureau d’administration (1902–1903 à 1918–1919), membre du sénat académique (du 12 avril 1920 jusqu’à sa démission le 29 novembre 1926) et délégué au comité exécutif (du 12 avril 1920 jusqu’à sa démission le 18 décembre 1924). Il fait également partie, à titre de représentant de son université, de la Corporation de l’École polytechnique de Montréal (de mars 1918 à sa démission le 18 décembre 1924).

Professeur à temps partiel, Pérodeau mène en parallèle une carrière d’homme politique pour le Parti libéral. Il ne briguera cependant jamais les suffrages. Le 23 décembre 1897, il est nommé conseiller législatif pour la division de Sorel par le gouvernement de Félix-Gabriel Marchand*, notaire qu’il connaît bien puisque ce dernier a été élu président de la Chambre des notaires de la province de Québec en 1894 pour un mandat de trois ans. Il est assermenté comme ministre sans portefeuille le 14 mars 1910 dans le cabinet de sir Lomer Gouin*, puis le 9 juillet 1920 dans celui de Louis-Alexandre Taschereau*. Il devient également leader du gouvernement au Conseil législatif le 9 août 1920. Il quitte les fonctions précédentes pour devenir le quatorzième lieutenant-gouverneur de la province de Québec, poste qu’il occupe du 10 janvier 1924 au 10 janvier 1929. Nommé de nouveau conseiller législatif le 28 novembre 1929, cette fois pour la division de Montarville, il devient le 5 décembre 1929, soit à l’âge de 78 ans, ministre sans portefeuille dans le cabinet de Taschereau et leader du gouvernement au Conseil législatif, fonctions qu’il occupera jusqu’à sa mort.

Au mois de mai 1905, Pérodeau a présenté au Conseil législatif le premier projet de loi qui propose une réforme importante du droit des successions ab intestat afin de permettre au conjoint survivant de participer au partage des biens avec les héritiers du sang. Il veut ainsi venir en aide à l’épouse survivante lorsque son conjoint décède sans l’avoir avantagée soit par contrat de mariage, soit par testament ou par une assurance sur sa vie. De nombreuses oppositions au projet de loi s’expriment et il faut attendre dix ans avant que la Loi amendant le Code civil relativement aux successions ne soit sanctionnée, le 5 mars 1915. Cette loi, qui sera connue sous le nom de loi Pérodeau, constitue non seulement une preuve de l’esprit réformateur de son parrain, mais aussi une étape importante pour l’égalité des droits des personnes au Québec, plus spécialement ceux de la femme mariée, qui peut désormais succéder à son conjoint. Selon Camille Charron, la province de Québec devançait ainsi la plupart des législations étrangères de droit civil.

Enfin, Pérodeau s’intéresse également beaucoup au monde des affaires, comme le montre sa participation à plusieurs conseils d’administration. Ses relations avec le milieu politique ainsi que ses connaissances du droit commercial sont certainement des motifs pour lesquels les entreprises recherchent ses conseils. Il est, entre autres, directeur de la Montreal Light, Heat and Power Company et de la Compagnie d’assurance Mont-Royal, président du bureau des commissaires-censeurs de la Banque provinciale du Canada, premier vice-président de La Sauvegarde, membre du bureau de direction de la Société d’administration générale et du Crédit foncier franco-canadien.

Narcisse Pérodeau a connu une longue carrière puisqu’il meurt à l’âge de 81 ans et 7 mois, au moment où il exerce encore une charge publique au sein du gouvernement Taschereau. Il a été considéré comme un des notaires les plus éminents de sa génération, un professeur de droit émérite, un législateur audacieux et un homme d’affaires remarquable. Victor Morin, en faisant son éloge funèbre, l’a décrit comme une figure importante du notariat, dont la carrière a été remplie de travail, de probité et d’honneur, conformément à la devise qu’il a adoptée dès son admission à la Chambre des notaires de la province de Québec, soit Labor, Probitas et Decor. Le prix Pérodeau, décerné depuis 1924 à un étudiant de la faculté de droit de l’université de Montréal, rappelle sa mémoire. Plusieurs rues de la province commémorent également le souvenir de ce grand notaire, notamment à Montréal et Québec, ainsi qu’à Saint-Ours, sa ville natale.

Jean Hétu

À la Div. des arch. de l’univ. de Montréal, nous avons consulté divers documents, et plus particulièrement le fonds de la faculté de droit (E 37), faculté dont les annuaires de 1898 à 1932 nous ont également été utiles. Nous avons aussi consulté les Arch. de l’École polytechnique de Montréal.

BAnQ-CAM, CE602-S1, 23 avril 1883 ; CE603-S6, 30 sept. 1833, 27 mars 1851.— Le Devoir, 18 nov. 1932.— La Presse, 3 févr. 1913.— Le Quartier latin (Montréal), 24 nov. 1932.— Arch. nationales du Québec, Inventaire des greffes des notaires du Régime français (32 vol. parus, Québec, 1942–    ), 21 (Joseph-Charles Raimbault, 1727–1737 ; Guillaume Barette, 1709–1744, 1964).— F.-J. Audet et al., « les Lieutenants-Gouverneurs de la province de Québec », Cahiers des Dix, 27 (1962) : 248–249.— BCF, 1927 : 19.— Canadian album (Cochrane et Hopkins), 2 : 95.— Camille Charron, « le Conjoint survivant et la succession légitime en droit québécois », Rev. de droit (Sherbrooke, Québec), 8 (1977–1978) : 197–336.— Pierre Ciotola et Jean Hétu, la Faculté de droit de l’université de Montréal et le notariat : 125 ans de formation (Montréal, 2004).— « L’Enseignement universitaire », la Rev. du notariat (Lévis, Québec), 1 (1898–1899) : 77–90.— Jean Hétu, Album souvenir, 1878–1978 : centenaire de la faculté de droit de l’université de Montréal (Montréal, 1978).— Frédéric Lemieux et al., l’Histoire du Québec à travers ses lieutenants-gouverneurs (Sainte-Foy [Québec], 2005), 167–173.— Victor Morin, « l’Honorable Narcisse Pérodeau », la Rev. du notariat, 35 (1932–1933) : 199–201.— Québec, Assemblée nationale, « Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours » : www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html (consulté le 12 avril. 2018).— J.-E. Roy, Histoire du notariat au Canada depuis la fondation de la colonie jusqu’à nos jours (4 vol., Lévis, 1899–1902), 4.— Gustave Turcotte, le Conseil législatif de Québec, 1774–1933 (Beauceville, Québec, 1933), 248, 280–281.— Who’s who in Canada, 1928–1929 : 988.

Bibliographie générale

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Jean Hétu, « PÉRODEAU, NARCISSE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 août 2019, http://www.biographi.ca/fr/bio/perodeau_narcisse_16F.html.

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Auteur de l'article:   Jean Hétu
Titre de l'article:   PÉRODEAU, NARCISSE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2019
Année de la révision:   2019
Date de consultation:   24 août 2019