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PORTLOCK, NATHANIEL, capitaine de navire, trafiquant de fourrures marines et auteur, né vers 1748 ; décédé le 12 septembre 1817 à Greenwich (maintenant partie de Londres).

Nathaniel Portlock s’enrôla dans la marine royale en 1772 comme matelot de deuxième classe sur le St Albans, commandé par Charles Douglas*. Sa rapide promotion au rang de midshipman laisse croire qu’il avait auparavant travaillé sur un navire marchand. Le 30 mars 1776, il fut inscrit comme sous-officier de navigation à bord du Discovery, sur lequel il prit part au troisième voyage de James Cook* dans le Pacifique ; en août 1779, il fut muté sur le Resolution, qui faisait également partie de l’expédition. Il revint en Angleterre avant les navires de l’expédition à titre de messager, et il passa ses examens de lieutenant le 7 septembre 1780, date à laquelle on le déclara officiellement âgé de « plus de 32 ans » . Ensuite il fit du service dans la flotte de la Manche à bord du Firebrand.

En mai 1785, Richard Cadman Etches et d’autres marchands formèrent une association, généralement connue sous le nom de la King George’s Sound Company, en vue de faire le commerce des fourrures marines entre la côte nord-ouest de l’Amérique du Nord et la Chine. Les propriétaires de la compagnie nommèrent Portlock capitaine du King George et commandant de l’expédition ; le Queen Charlotte, qui devait naviguer de conserve avec celui-ci, fut placé sous le commandement de George Dixon*. Ainsi que l’écrivit Portlock, « ayant tous les deux accompagné le capitaine Cook dans son dernier voyage sur l’océan Pacifique, [ils furent] jugés tout à fait aptes à une aventure qui exigeait des connaissances et une expérience peu communes ». Après avoir contourné le cap Hom en direction de l’ouest, les membres de l’expédition débarquèrent pour la première fois en terre nord-américaine, le 19 juillet 1786, à l’inlet de Cook (Alaska), où ils rencontrèrent des trafiquants russes. Portlock eut tôt fait de constater que les Britanniques et les Russes procédaient d’une manière différente pour se procurer des fourrures ; alors qu’il s’attendait à obtenir des peaux et de la nourriture en faisant du troc avec les Indiens, il vit que les Russes avaient amené des chasseurs indigènes avec eux et traitaient durement les gens de l’endroit. Le contraste était tout aussi évident aux yeux des Indiens : un intermédiaire indigène en arriva même à demander qu’on vienne, les armes à la main, protéger les siens contre les Russes, mais cette aide lui fut refusée.

Portlock était arrivé à la fin de la saison de traite et, par conséquent, il n’amassa qu’une maigre récolte de fourrures. Les deux navires reprirent la route du Sud en suivant la côte, mais, du 23 au 28 septembre, le mauvais temps les empêcha de pénétrer dans la baie de Nootka (Colombie-Britannique), où les deux capitaines avaient convenu de passer l’hiver, et c’est aux îles Sandwich (Hawaï) que les bâtiments entrèrent finalement en radoub. Au printemps suivant, les navires retournèrent à la côte nord-ouest et ils parvinrent à l’île Montague (Alaska) le 24 avril 1787. Quelque deux semaines plus tard, des Indiens conduisirent Dixon jusqu’au navire Nootka du capitaine John Meares, qui avait passé un hiver terrible avec son équipage au détroit du Prince-Guillaume (Alaska). Portlock aida à remettre le bateau en état de naviguer, et, le 18 juin, celui-ci fut prêt à reprendre la mer. Pendant ce temps, ayant appris que Meares attendait au cours du mois l’arrivée à la baie de Nootka d’un des navires de sa compagnie en provenance de la Chine, Dixon fit voile vers le sud à bord du Queen Charlotte afin de le devancer.

Cet hiver-là, Portlock et Dixon firent route séparément en direction de Macao (près de Canton, république populaire de Chine), où les 2 552 peaux qui se trouvaient dans leurs cales rapportèrent au total 54 857 piastres espagnoles. Se dirigeant ensuite vers l’Angleterre, ils atteignirent le port de Margate en août 1788 ; ils ramenaient au pays une cargaison de thé pour l’East India Company. Portlock rédigea un compte rendu de l’expédition, qui fut publié en 1789, dans lequel il présenta la liste des plantes et des animaux qu’il avait observés, souvent avec descriptions et illustrations, ainsi que des notes ethnographiques et un rapport géographique de l’ensemble du voyage.

Portlock réintégra la marine royale et fut nommé capitaine du brick Assistant, sur lequel il accompagna en 1791 le capitaine William Bligh dans la seconde tentative que faisait celui-ci pour transporter des plants d’arbre à pain de Tahiti aux Antilles. Le voyage s’avéra un succès et la chambre d’Assemblée de la Jamaïque attribua une somme de 1 000 guinées à Bligh et de 500 à Portlock. L’expédition regagna l’Angleterre en août 1793 et, le 4 novembre, Portlock fut promu capitaine de vaisseau. En 1799, il commanda le sloop Arrow qui, le 9 septembre, captura le navire hollandais Draak. Le 28 septembre, il obtint le grade de capitaine, mais en raison peut-être d’une mauvaise santé, il ne semble pas qu’il ait accompli d’autres missions en mer. Il mourut le 12 septembre 1817 à l’hôpital de Greenwich.

Nathaniel Portlock sut faire son chemin dans la vie ; homme de modeste origine, il tira profit de l’expérience et de la formation acquises durant le troisième voyage de Cook dans le Pacifique. Les commandements qu’il exerça par la suite sur cet océan contribuèrent largement à faire reconnaître l’expansion des intérêts commerciaux et coloniaux de la Grande-Bretagne dans cette région. Son deuxième fils, Joseph Ellison, devint major général dans le génie royal et fit une carrière remarquée dans les domaines de la géologie et de l’histoire naturelle.

Barry Morton Gough

Nathaniel Portlock est l’auteur de A voyage round the world, but more particularly to the north-west coast of America [...] (Londres, 1789 ; réimpr., Amsterdam et New York, 1968). Un portrait de l’auteur gravé par Mazel d’après l’œuvre de Robert Dodd forme le frontispice de l’ouvrage.

DNB.— B. M. Gough, Distant dominion : Britain and the northwest coast of North America, 1579–1809 (Vancouver, 1980).— J. T. Walbran, British Columbia coast names, 1592–1906 [...] (Ottawa, 1909 ; réimpr., Vancouver, 1979), 399s.

Bibliographie générale

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Barry Morton Gough, « PORTLOCK, NATHANIEL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/portlock_nathaniel_5F.html.

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Auteur de l'article:   Barry Morton Gough
Titre de l'article:   PORTLOCK, NATHANIEL
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   23 octobre 2014