DCB/DBC Mobile beta
+

RACICOT, ZOTIQUE (baptisé François-Théophile Zotique), prêtre catholique, évêque auxiliaire et administrateur scolaire, né le 13 octobre 1845 à Sault-au-Récollet (Montréal-Nord), quatrième des six enfants de François-Xavier Racicot, notaire, et de Léocadie Tremblay ; décédé le 14 septembre 1915 à Sainte-Thérèse-de-Blainville (Sainte-Thérèse, Québec) et inhumé le 17 dans la crypte de la cathédrale Saint-Jacques, à Montréal.

Après des études classiques au petit séminaire de Montréal de 1857 à 1865 et des études théologiques au grand séminaire, Zotique Racicot est ordonné prêtre par Mgr Ignace Bourget* le 6 novembre 1870. Il est successivement vicaire à Saint-Vincent-de-Paul (Laval), en 1870–1871, à Saint-Rémi de Napierville, en 1871–1872, et de nouveau à Saint-Vincent-de-Paul, de 1872 à 1877. Racicot est aumônier des Sœurs du Bon-Pasteur d’Angers de 1877 à 1880. Il témoigne, dans l’exercice de ces fonctions, de ses talents d’administrateur : il aide à trouver des fonds pour la construction de la chapelle de la maison mère en 1878 et de l’académie Saint-Louis-de-Gonzague en 1880 [V. Marie-Elmire Cadotte*]. En août de cette année-là, il devient supérieur ecclésiastique de la communauté des Sœurs du Bon-Pasteur.

La même année, l’abbé Racicot est nommé procureur de l’évêché de Montréal, au moment où le diocèse croule sous les dettes ; en 1879, celles-ci ont atteint 750 000 $, et les intérêts, plus de 50 000 $ par an. L’évêque, Mgr Édouard-Charles Fabre*, a dû suspendre cette année-là les travaux de construction de la cathédrale Saint-Jacques qu’avait commencés Mgr Bourget. L’abbé Racicot se fait l’artisan obstiné du rétablissement des finances du diocèse. Il met en vente plusieurs propriétés du diocèse en 1882–1883, avant de reprendre en 1884 les travaux de construction de la cathédrale, qui est ouverte au culte en 1893. Pour en terminer la construction, Racicot a imposé de lourdes charges financières aux paroisses ; il a parcouru le diocèse et fait des sermons sur l’importance de la cathédrale dans la ville épiscopale comme monument et comme héritage.

Le succès de Racicot dans l’administration du diocèse et la construction de la cathédrale amène Mgr Fabre à le nommer chanoine titulaire et curé de la cathédrale en 1891. Il fait aussi partie, dès février 1891, de la corporation financière de l’université Laval à Montréal ; en novembre 1893, il est au nombre des administrateurs de l’université qui signent une pétition au premier ministre de Québec, Louis-Olivier Taillon*, pour qu’il augmente la subvention du gouvernement à l’université. En 1893–1894, il est président du conseil d’administration de l’université Laval à Montréal. Depuis le début des années 1890, il est véritablement le représentant financier de l’archevêché à ce conseil.

Le 8 octobre 1895, l’université Laval à Montréal inaugure son nouveau bâtiment de la rue Saint-Denis, fruit des subsides des sulpiciens et du labeur incessant du vice-recteur, l’abbé Jean-Baptiste Proulx*. Les rapports entre l’université mère de Québec et sa succursale de Montréal n’ont cessé d’être troublés, et l’abbé Proulx ne fait rien pour les apaiser : pour la cérémonie d’inauguration de l’édifice, il a été prévu que le recteur de Laval, Mgr Joseph-Clovis-Kemner Laflamme*, serait placé à la deuxième rangée sur l’estrade et qu’il ne s’adresserait pas aux invités ; insulté, le recteur de Laval quitte Montréal le soir précédant l’inauguration et rentre à Québec. Cette crise, qui s’ajoute à des années de tension, conduit les évêques de la province ecclésiastique de Montréal à rechercher un apaisement avec Québec. Le 16 octobre 1895, ils choisissent Racicot comme vice-recteur de l’université Laval à Montréal dans l’espoir qu’il ramène la paix en même temps qu’il assure une bonne gestion ; il occupera ce poste jusqu’au 10 septembre 1901. Durant son mandat, Racicot entretient de très bonnes relations avec l’université mère tout en assurant l’autonomie de la succursale de Montréal. Conscient, comme il le déclare le 24 octobre 1895, qu’« au lieu de choisir un homme de science, on a jeté les yeux sur un homme qui s’occupe d’affaires depuis plusieurs années, qui a connu les premières difficultés financières de l’Institution », il s’emploie à donner à l’université des bases financières solides. Pour lui, l’établissement a besoin avant tout de laboratoires, de bibliothèques et d’argent.

En juillet 1897, Racicot a été nommé vicaire général de l’archidiocèse de Montréal par son nouvel archevêque, Mgr Paul Bruchési*, qui a pleine confiance dans ses talents d’administrateur. Le 27 juin, il a succédé à ce dernier à titre de commissaire au Bureau des commissaires d’écoles catholiques romains de la cité de Montréal et, le 24 août, il devient président de cet organisme, fonction qu’il assumera jusqu’en mars 1905. À la suite d’une réorganisation en 1894, le clergé occupe une place importante au sein du bureau : trois des neuf commissaires sont des membres du clergé. L’archevêque de Montréal continue de désigner le président qui a, en fait, des attributions réduites et une liberté d’action restreinte. Il préside une fois par mois les réunions du bureau et a voix prépondérante en cas d’égalité. En réalité, à compter de 1894 et jusqu’en 1917, c’est le directeur général des écoles, responsable du fonctionnement du réseau scolaire à Montréal, qui a un rôle déterminant. En 1899, Racicot est nommé protonotaire apostolique. Après des demandes répétées de Mgr Bruchési, le Vatican accorde à l’archevêque de Montréal un évêque auxiliaire. Le 14 janvier 1905, Mgr Racicot devient évêque titulaire de Pogla et premier évêque auxiliaire de Montréal ; il reçoit la consécration épiscopale dans la cathédrale de Montréal des mains de Mgr Bruchési, assisté de Mgr Adélard Langevin, neveu de Racicot et archevêque de Saint-Boniface, et de Mgr Joseph-Médard Emard*, évêque de Valleyfield.

Très lié au développement de l’université Laval à Montréal, Mgr Racicot devient en 1905 doyen de sa faculté des arts, et il le sera jusqu’à sa mort ; il y était professeur d’histoire ecclésiastique depuis 1897. Les dernières années de sa vie sont douloureuses. Hospitalisé à l’hospice Drapeau de Sainte-Thérèse-de-Blainville jusqu’à sa mort en 1915, il « se survivait à lui-même, depuis quatre ans passés, dans la prostration nerveuse, la retraite et le silence », selon la Semaine religieuse de Montréal.

Durant plus de 30 ans, soit de la fin des années 1870 au début des années 1910, Mgr Zotique Racicot fut un prêtre très connu et très aimé de la population et du clergé montréalais. Il fut sans conteste un homme d’œuvres. Il se révéla un gestionnaire exceptionnel, en rassemblant les ressources pour terminer la construction de la cathédrale, en équilibrant les finances de l’archidiocèse, en donnant à l’université Laval à Montréal la solidité financière dont elle avait besoin, en exerçant la gestion quotidienne de l’archidiocèse comme vicaire général et évêque auxiliaire. Il compléta admirablement le travail de ses archevêques, Mgr Fabre et Mgr Bruchési.

Marcel Lajeunesse

ANQ-M, CE1-4, 13 oct. 1845.— Arch. de la chancellerie de l’archevêché de Montréal, 823.230 (vice-recteur) ; 879.100 (Commission des écoles catholiques de Montréal) ; 902.055 (fonds Mgr Zotique Racicot), .056 (sermons), .057 (nominations), .058 (décès).— Arch. de l’univ. de Montréal, P 3 (fonds Jean-Baptiste-Proulx) ; P 4 (fonds Zotique-Racicot) ; P 166 (fonds univ. Laval).— La Semaine religieuse de Montréal, 16, 20, 27, 30 sept., 4, 18 oct. 1915.— Gérard Brassard, Armorial des évêques du Canada [...] (Montréal, 1940).— « Courtes biographies des évêques coadjuteurs ou auxiliaires, des vicaires généraux actuels », dans l’Église de Montréal : aperçu d’hier et d’aujourd’hui, 1836–1986 ([Montréal, 1986]), 135.— « Feu S. G. Mgr Zotique Racicot », les Cloches de Saint-Boniface (Saint-Boniface, Manitoba), 14 (1915) : 303–305.— Renée Lescop-Baudoin, « Une étude du pouvoir officiel à la C.E.C.M. : les présidents de la Commission des écoles catholiques de Montréal de 1846 à 1965 » (mémoire de m.a., univ. de Montréal, 1967).— Rumilly, Hist. de la prov. de Québec, 7 ; 12.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Marcel Lajeunesse, « RACICOT, ZOTIQUE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/racicot_zotique_14F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/racicot_zotique_14F.html
Auteur de l'article:   Marcel Lajeunesse
Titre de l'article:   RACICOT, ZOTIQUE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   21 octobre 2014