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TATANKA-NAJIN (connu sous le nom de Standing Buffalo), chef héréditaire des Dakotas Sissetons-Santees, né à Otter Tail, Minnesota, vers 1820, décédé à Wolf Point, Montana, en 1870.

À la suite du traité de Traverse-des-Sioux avec le gouvernement des États-Unis en 1851, le groupe des Santees des Dakotas (aussi connus sous le nom de Sioux), qui comprenait quatre bandes, se vit attribuer des réserves le long de la Minnesota supérieure, dans un territoire au sol riche que les colons ne tardèrent pas à convoiter. Au cours des années 60, deux bandes, les Sissetons et les Wahpetons, vivaient et chassaient dans la région de l’Upper Agency (Granite Falls, Minnesota) ; la bande des Wakantonwans et celle des Gens-du-Lac (Mdewakantonwans) se trouvaient en grande partie dans la région de la Lower Agency (près de Redwood Falls, Minnesota). La guerre de Sécession vint compromettre le versement des sommes garanties par le traité, et en 1862 ces bandes n’avaient rien reçu. En août de la même année, des membres de la bande sisseton de Standing Buffalo s’emparèrent de provisions puis quittèrent leur région. Néanmoins, plus tard au cours du même mois, les Santees de la Lower Agency, affamés et agressifs, s’introduisirent par effraction dans les magasins du gouvernement, tuèrent un grand nombre de colons et s’emparèrent de vivres et de provisions. Standing Buffalo refusa de se joindre à ces bandes et admonesta leurs chefs dont Taoyateduta (Little Crow) ; il leur interdit l’entrée de sa réserve et, dans la mesure de ses moyens, protégea les colons de nouvelles attaques.

Le général Henry Hastings Sibley, délégué par le gouvernement des États-Unis pour réprimer l’agitation, pourchassa indistinctement pendant les quelques années qui suivirent ceux qui avaient combattu tout comme ceux qui étaient restés neutres. Standing Buffalo sauva de justesse sa bande d’un engagement à Big Mound, Iowa, en 1863. Les bandes se réfugièrent dans le territoire du Dakota ; durant les années 1862–1864, bon nombre de ces Indiens, souvent affamés, firent leur apparition dans le territoire anglais situé près de la rivière Rouge. Standing Buffalo, qui avait conclu un traité de paix avec les Sauteux de la rivière Souris (Manitoba), ne semble pas s’être fait scrupule de franchir les limites du territoire anglais au printemps de 1864, pour conduire 500 réfugiés jusqu’à Upper Fort Garry (Winnipeg). Tous les Sioux caressaient l’espoir que les Anglais honoreraient une promesse solennelle d’assistance faite à Montréal en 1778 et à l’occasion de laquelle plusieurs chefs dakotas, y compris des Sissetons, avaient reçu des médailles d’argent frappées à l’effigie de George III, en reconnaissance de leur appui au cours de la Révolution américaine. Les Dakotas affirmaient qu’ils avaient également pris le parti des Anglais au cours de la guerre de 1812.

Le gouverneur d’Assiniboia, William Mactavish, pressa Standing Buffalo de rentrer paisiblement aux États-Unis. La réticence du gouverneur à prêter assistance au chef indien s’expliquerait par la prudence dictée par le manque de vivres, le refus de prendre position dans un conflit américain et aussi la longue tradition d’hostilité entre les Dakotas et les Sauteux de la région de la Rivière-Rouge. Ces tribus étaient ennemies héréditaires depuis le jour où les Sauteux avaient chassé les Dakotas au sud et à l’ouest vers les plaines ; au milieu des années 40, cette animosité avait connu une trêve par suite d’une paix arrangée par le chef métis Cuthbert James Grant* ; en 1851 et en 1853, les chasseurs de bisons dakotas et métis s’étaient livré des luttes féroces.

Standing Buffalo et sa bande passèrent l’hiver dans le territoire du Dakota à la suite de leur insuccès à la Rivière-Rouge, puis ils retournèrent de nouveau à Upper Fort Garry au printemps de 1866. Encore une fois ils furent éconduits sans avoir obtenu les vivres, les armes et les munitions qu’ils sollicitaient. Pendant qu’ils chassaient le bison en Assiniboia, ils furent attaqués par les Sauteux ; ils se dirigèrent alors vers la région de Wood Mountain (Saskatchewan). En 1869, pendant que Standing Buffalo établissait son campement sur les bords de la rivière Souris, presque toute sa famille périt, victime de la petite vérole. Désespéré, il se joignit à un parti de guerriers dakotas dans le Montana, et l’année suivante il fut tué par des Indiens ennemis.

Matokinajin, fils de Standing Buffalo, prit la direction de la bande en 1878 et obtint une réserve près de l’endroit qui est aujourd’hui Fort Qu’Appelle, Saskatchewan. Les descendants des réfugiés santees vivent aujourd’hui dans plusieurs réserves du Manitoba et de la Saskatchewan. L’expérience vécue par ces Dakotas errants et démunis se répétera une décennie plus tard lorsque Sitting Bull* viendra chercher refuge au Canada.

Gontran Laviolette

APC, RG 10, B4, 766.— Archives privées, Gontran Laviolette (Winnipeg), Lettres de S. J. Brown, 16 avril 1923, de G. C. Allanson, 8 févr. 1934, et de W. G. Benson, 15 juill. 1938 ; Témoignages de Julius Standing-Buffalo, petit-fils de Tatanka-najin, de Louis Tawiyaka, d’Alfred Goodvoice, de Harry Goodpipe, de William Isnana, de Wojahunta, de Wacinhowaste, de Padani et al., de la réserve indienne Standing-Buffalo de Fort Qu’Appelle, Sask., 1935–1944.— Indian affairs ; laws and treaties, C. J. Kappler, édit. (2 vol., Washington, 1903).— Nor’Wester, 1861–1864.— R. K. Andrist, The long death : the last days of the Plains Indian (New York, 1964), 27–68.— Donald Gunn et C. R. Tuttle, History of Manitoba from the earliest settlement to 1835 [...] and from the admission of the province into the dominion (Ottawa, 1880).— I. V. D. Heard, History of the Sioux war and massacres of 1862 and 1863 (New York, 1863), 159–165.— M. A. Jamieson, Medals awarded to North American Indian chiefs, 1717–1922, and to loyal African and other chiefs in various territories within the British empire (Londres, 1936).— Gontran Laviolette, The Sioux Indians in Canada (Regina, 1944), 60–68.— M. A. MacLeod et W. L. Morton, Cuthbert Grant of Grantown : warden of the plains of Red River (Toronto, 1963).— R. W. Meyer, History of the Santee Sioux ; United States Indian policy on trial (Lincoln, Nebr., 1967).— Doane Robinson, A History of the Dakota or Sioux Indians from their earliest traditions and first contact with white men [...] (Aberdeen, S.D., 1904 ; réimpr., Minneapolis, Minn., 1967), 253–337.

Bibliographie générale

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Gontran Laviolette, « TATANKA-NAJIN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/tatanka_najin_9F.html.

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Auteur de l'article:   Gontran Laviolette
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   25 juillet 2014